La (fausse) susceptibilité des communistes et de Mélenchon
Dans un entretien au Guardian, le célèbre quotidien britannique de centre-gauche, François Hollande a déclaré qu’il n’y avait plus de communistes en France.
Une petite phrase qui est loin d’être passée inaperçue et qui a provoqué l’ire du Parti communiste français et de Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche dont le PCF est membre.
Les propos de candidat socialiste peuvent s’avérer troublants pour ne pas dire choquants, en première lecture. En effet, le Parti communiste français bénéficie toujours d’une certaine aura en raison de son poids et influence historique mais aussi de la trace qu’il a laissée sur la scène politique et historique française notamment via la personnalité de Maurice Thorez ou de Georges Marchais. Ce qui explique notamment les propos courroucés de Jean-Luc Mélenchon et de Pierre Laurent, actuel secrétaire national du PCF qui y voient dans les propos de Hollande, l’expression de son pur mépris à l’égard de ses partenaires naturels.
Pour autant, la déclaration de François Hollande ne fait que confirmer une évolution qui s’affirme depuis une vingtaine d’années en France à savoir la mutation et la phase déclinante d’une mouvance qui avait un poids non négligeable sur l’échiquier politique. En 1981, le Parti communiste pesait encore plus de 15% de l’électorat, demeurait encore un allié indispensable et se présentait encore comme le parti des masses populaires. Un Parti communiste qui était encore lié au Parti communiste soviétique et qui n’a jamais véritablement pris ses distances avec le régime d’alors.
Trente ans après, le mur de Berlin est tombé, les partis communistes européens se sont profondément rénovés ou bien ont été démantelés et le vote communiste en France a fondu comme neige au soleil : en 2007, la candidate et secrétaire nationale de l’époque, Marie-George Buffet fait moins de 2% des voix à la présidentielle et les députés communistes doivent s’associer avec les écologistes pour former un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, les premiers n’étant pas suffisamment nombreux pour se constituer. Enfin, sur le plan local, le Parti communiste qui était particulièrement puissant et implanté dans les municipalités (notamment autour des grandes villes, banlieue parisienne en tête) a vu son influence réduite en peau de chagrin même s’il détient encore quelques bastions historiques et traditionnels.
La susceptibilité des communistes cache mal un manque de réalisme de ces derniers face à leur situation politique actuelle. Effectivement, le Parti communiste d’hier n’a absolument rien à voir avec celui de 2012, les communistes ayant d’une certaine manière effacé toute référence au marxisme-léninisme. Bien au contraire, le discours du Parti communiste se rapproche plus d’une gauche radicale, citoyenne et résolument anticapitaliste, tout en acceptant le processus et les institutions de la Cinquième république, ce qui la différence nettement de l’extrême gauche. Une telle attitude a notamment permis un rapprochement avec le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, dont les différences avec le PCF ne cessent de s’estomper d’années en années.

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français en compagnie de Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche et candidat du Front de gauche à la présidentielle
Aussi, on pourrait parler de fausse susceptibilité de la part des communistes français surtout quand on sait que le candidat qu’ils soutiennent ne se définit lui-même pas comme communiste mais véritablement de gauche, pour ne pas dire « socialiste » dans le sens originel du terme. Dans la campagne en cours, il s’agit pour le candidat du Front de gauche et ceux qui le soutiennent de montrer les crocs et rappeler à François Hollande qu’il devra compter sur eux pour la suite, notamment en cas de victoire du candidat socialiste en mai prochain. D’ailleurs, Hollande ne s’y est pas trompé en rappelant tout son respect et sa considération pour le Parti communiste français bien qu’il n’a fait que rappeler ce qui sonnait comme une évidence.
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.Si c’est Hollande au deuxième tour, on se souviendra de sa déclaration : “Aujourd’hui il n’y a pas de communistes en France, Il n’y a pas de crainte à avoir” !! Puisqu on n existe pas, nous, communistes, on ne pourra pas voter pour lui !! C’est con çà, hein ?… [http://www.facebook.com/photo.php?fbid=343571705677246&set=a.337275526306864.84153.100000732576346&type=3&theater]url:http://
Que de susceptibilités !
Et que répondez-vous lorsque votre champion, un certain Jean-Luc Mélenchon, répond qu’il n’est lui-même pas communiste ?