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18 février 2012 / gilles

Cette variété molle qu’on appelle le centre (suite)

Hervé Morin, ministre de la Défense de 2007 à 2010, président du Nouveau Centre

Dans la série des retraits de candidature à la présidentielle, j’appelle Hervé Morin.

En effet, l’ancien ministre de la Défense et président du Nouveau Centre a annoncé mercredi dernier, son retrait de la course à l’Elysée, sa candidature ne devant pas être une obstination, selon ses dires. Dans la foulée, il a officialisé son ralliement à Nicolas Sarkozy, quelques heures avant l’annonce officielle de sa candidature.

Hervé Morin jette l’éponge après avoir lui aussi rué dans les brancards de la majorité comme d’autres auparavant (Christine Boutin par exemple). Celui qui voulait créer les conditions de la victoire de Sarkozy via la présence des idées centristes dès le premier tour de la présidentielle, aura lui aussi mis de l’eau de son vin.

Sans doute que la campagne en elle-même et les sondages pour le moins catastrophiques ont fini par l’achever et le convaincre de rendre les armes. En effet, l’actuel président du Nouveau Centre ne recueillait qu’à peine 1% d’intentions de vote et avait bien de la peine pour exister politiquement dans le débat. Qui plus est, ses « amis » politiques au sein de son mouvement avaient tous fait le choix de soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy au lieu de François Bayrou, pourtant plus proche sur le plan des idées.

Ce ralliement d’Hervé Morin est au bout du compte logique et montre une nouvelle fois la particularité du centre-droit français. Un centre-droit qui reste faible électoralement parlant (car basé avant tout sur un parti d’élus et non de masse) et qui reste dépendant de l’UMP pour exister, comme cela fut le cas pour l’UDF par rapport au RPR, il y a quelques années auparavant. Preuve en est, les cadres du Nouveau Centre sont pour la plupart candidats à l’Assemblée nationale en juin prochain et craignaient tout simplement de subir les conséquences d’un maintien de la candidature d’Hervé Morin à la présidentielle surtout si elle portait préjudice à celle de Nicolas Sarkozy !

Toujours est-il que le retrait de Morin donnera sans doute des arguments supplémentaires à celles et ceux qui voient dans le centre, une « variété molle » pour reprendre l’expression de François Mitterrand. Un mouvement qui n’a jamais la force de ses convictions et qui finalement préférera les compromis, pour ne pas dire les compromissions politiques en échange de quelques postes et autres nominations.

Hervé Morin en compagnie de Nicolas Sarkozy en mai 2010

Une sacrée aubaine pour François Bayrou, autre candidat issue de la mouvance centriste et président du Mouvement démocrate qui pourra toujours axer sa stratégie sur le bipartisme du système qui broie les autres formations. Une sacrée aubaine surtout dans la mesure où celui qui avait réalisé 18% des voix il y a cinq ans pourra toujours dire qu’à l’inverse de ses anciens camarades, il n’a jamais renié ses croyances et ses convictions. Reste à voir, si une telle attitude sera de mise au soir du 22 avril, lorsqu’il faudra faire un choix pour le second tour, ce à quoi il est engagé de faire dans l’hypothèse où il ne serait pas qualifié.