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20 février 2012 / gilles

Le candidat du peuple ?

Nicolas Sarkozy, during son discours à Marseille (Bouches du Rhône)

Nicolas Sarkozy, le candidat du peuple ? C’est le message que le candidat sortant voulait transmettre aux Français, hier après-midi au Parc Chanot de Marseille (Bouches-du-Rhône).

Devant près de 15 000 personnes, le président de la République, postulant à sa propre succession, a défendu son bilan et longuement fustigé la gauche et le candidat du Parti socialiste, François Hollande, qu’il accuse de mentir vis-à-vis des Français. A cette occasion, le candidat de l’UMP s’est posé en tant que candidat du peuple contre l’ordre établi des élites que les autres candidats sont censés de représenter, Hollande en tête. A ce titre, il a réaffirmé son envie de recourir au référendum ou bien encore d’introduire une dose de proportionnelle aux élections législatives tout en plaidant pour une réduction du nombre de députés à l’Assemblée nationale.

Les réactions ne sont pas fait attendre notamment du côté du Parti socialiste et du Front national qui ont rapidement fustigé « le candidat du peuple » qu’entend désormais incarner Sarkozy. Pour Martine Aubry, première secrétaire du premier parti de gauche, le président sortant est avant tout le président de la « triple dégradation » de la France tandis que Marine Le Pen, la leader du parti d’extrême droite s’est largement moqué d’un homme qu’elle considère comme faisant parti intégrante du système qu’elle entend combattre.

Il faut dire que le positionnement de Nicolas Sarkozy est quelque peu risqué, pour ne pas dire gonflé. En effet, pour de nombreux Français, Sarkozy c’est avant tout l’homme du Fouquet’s (ce célèbre et surtout coûteux restaurant situé sur les Champs-Elysées à Paris), l’homme du yacht de Vincent Bolloré sans oublier le côté bling-bling du début du quinquennat. Une image qui a sérieusement choqué bon nombre de nos compatriotes qui croyaient dur comme fer au « Gagner plus, pour travailler plus », son slogan phare de 2007, résumant son discours sur le travail et l’effort.

De fait, Nicolas Sarkozy cherche à réactiver sa précédente stratégie en se présentant comme un homme qui veut casser les codes et remettre en cause une élite dont il est tout de même issu, qu’il le veuille ou non. D’où son appel au peuple qui se veut aussi un cri patriote mais aussi un clin d’œil très appuyé aux électeurs du Front national de Marine Le Pen qui, malgré un reflux dans les sondages, reste une menace immédiate pour le président-sortant.

Un candidat sortant qui se présente donc comme issu du peuple, quitte à ce que cela sonne assez faux, pour mieux gommer son image de président des riches. La stratégie est risquée et pourrait bien se retourner contre lui surtout si d’autres concurrents s’inscrivent dans le même créneau, Marine Le Pen en tête. Qui plus est, la posture que Nicolas Sarkozy cherche à adopter risque de rester en décalage avec l’action de ce dernier à la tête de l’Hexagone, ces cinq dernières années si on en croit le bilan souvent sans concession des Français. Et c’est justement à eux de considérer si le président sortant est bel et bien le candidat du peuple… ou pas.