
François Fillon, à l’époque Premier ministre, visitant le nouveau siège de l’UMP en compagnie de Jean-François Copé, secrétaire général du parti
François Fillon et Jean-François Copé se sont rencontrés dans les bureaux de l’Assemblée nationale afin de discuter de la situation actuelle de l’UMP et de réfléchir à un compromis acceptable pour tous. A l’issue de cette rencontre (la première depuis le 25 novembre), les deux hommes sont tombés d’accord… pour une nouvelle rencontre dans la journée.
Il s’agit donc d’un nouvel épisode dans ce vaudeville qui plonge le premier parti d’opposition depuis l’élection du président du mouvement, le 18 novembre dernier. Une élection remportée sur le fil par Jean-François Copé mais vivement contestée par François Fillon et ses partisans qui soupçonnent fortement l’ancien président du groupe UMP à l’Assemblée nationale de tricheries et de manipulations. De son côté, ce dernier accuse l’ancien Premier ministre des mêmes causes et les deux prétendants se renvoient la balle à coups d’insultes et de déclarations potaches.
Depuis lors nombres de médiations et de propositions de compromis ont été menées afin de ramener le calme et surtout mettre fin à ce spectacle affligeant pour l’opposition. Ainsi, Alain Juppé, l’ancien Premier ministre, y a mis de sa personne afin de réconcilier les deux prétendants. Echec total. Même Nicolas Sarkozy, annoncé comme le sauveur de l’UMP, son parti, a du reconnaitre l’échec de sa médiation, essuyant le refus clair et net de Jean-François Copé de toute solution de compromis, notamment la tenue d’un référendum relatif à l’organisation ou non d’un nouveau vote.
Cette nouvelle rencontre entre les deux protagonistes ne devrait pas sensiblement changer la donne dans la crise que traverse l’UMP tant le fossé et le désaccord entre les deux camps est profond. Tout juste, permettra-t-il de renouer le dialogue, ce qui n’est déjà pas mal. Toutefois, reste à voir ce que les deux personnes auront à se dire et surtout qui sera prêt à lâcher du lest dans cette lutte sans merci, Fillon comme Copé (et surtout Copé) ne voulant perdre la face devant leurs partisans.
En effet, personne n’a finalement intérêt à ce qu’une telle rencontre aboutisse sur quelque chose de concret si ce n’est que de gagner du temps. C’est d’ailleurs dans cette logique que Jean-François Copé et ses partisans avaient formulé l’idée d’organiser une nouvelle élection du président de l’UMP pour 2014 dans la mesure où cela sert clairement ses intérêts. Le président contesté de l’UMP le sait, sa victoire a été confirmée par l’appareil (via la COCOE et la CONARE) et il sait qu’il a tout intérêt à jouer la montre tout en montrant qu’il joue la carte de l’apaisement et surtout du rassemblement, histoire de répondre à l’ancien Premier ministre qui joue habilement sur ce terrain-là.
De son côté justement, l’actuel député de Paris cherche également à jouer la carte de l’apaisement tout en mettant Copé au pied du mur. En clair, le forcer à entendre ses requêtes et donc à faire d’importantes concessions auquel cas, il ira jusqu’au bout de sa logique, à savoir le schisme au sein de l’UMP, déjà matérialisé par la création d’un groupe parlementaire filloniste à l’Assemblée nationale (et en discussion au Sénat). Toujours est-il que l’ancien Premier ministre n’entend pas céder aussi facilement notamment face à Jean-François Copé.
Dès lors, cette rencontre entre les deux prétendants à la présidence de l’UMP n’a d’intérêt que si elle permet une situation de déblocage pour un parti qui est tombé bien bas et dans laquelle tout le monde y a laissé des plumes et le peu d’intégrité qui lui restait, Sarkozy compris. Autrement dit, le rendez-vous entre Fillon et Copé ne sera utile que si l’un comme l’autre est prêt à des concessions. Dans le cas contraire, le vaudeville a de bonnes chances de se poursuivre avec des conséquences difficiles à quantifier tant les enjeux restent importants. En clair, bien malin celui ou celle qui pariera sur une prochaine sortie de crise à l’UMP tant les deux camps restent campés sur leur position et ne semblent pas prêts à véritablement céder en dépit des pressions internes comme externes.





















