Cela faisait plusieurs semaines que je souhaitais écrire un article sur l’engagement de Nicolas Hulot. Après plusieurs reports, c’est désormais possible. Voilà et bonne lecture
Gilles
PS : comme toujours vos commentaires sont les bienvenus. Je vais toutefois, rappeler une règle d’usage : mon blog est fait pour débattre et non pour attaquer de manière vile et inutile tel ou tel personne ou la façon dont je travaille et administre ce site. Si certains d’entre vous abusent de ce qu’on appelle la liberté d’expression, refusant ainsi de débattre sur le thème évoqué, ou prennent des libertés en insultant tel ou tel groupe ou personne, je me réserve le droit de supprimer son commentaire. (Vous aurez l’occasion d’en savoir plus, quant aux motivations d’une telle décision, ultérieurement, sans doute vendredi prochain)
Bonne lecture, mais dans le respect des règles vis-à-vis du travail d’autrui.
G.
Ira ? Ira pas ? C’est toute la question qui tourmente, depuis quelques semaines, l’animateur-producteur de télévision, Nicolas Hulot. A ce titre, j’ai suivi avec intérêt Dimanche +, ce week-end dernier où le présentateur de l’émission Ushuaia Nature était l’invité de Laurence Ferrari.

L'animateur et producteur de télévision, Nicolas Hulot
Cela fait plusieurs mois que Nicolas Hulot émerge sur la scène politique et il en profite pour évoquer un sujet qui nous concerne tous : l’avenir écologique de notre planète. Ses idées ont le mérite d’être étudiées et prises en considération et je ne peux que le féliciter d’évoquer un tel sujet. Seulement, reste à s’interroger : entrera-t-il dans la prochaine course à l’Elysée ?
Personnellement, je trouverais cela quelque peu bizarre tant qu’il y aurait un mélange des genres. De fait, la pratique veut que faire de la politique ne s’improvise pas et qu’il s’agit – qu’on le veuille ou non – être un minimum professionnel. L’idée qu’il puisse se présenter à l’Elysée paraît louable et séduisante, seulement, Nicolas Hulot, si tel était le cas, ne pourra pas s’appuyer sur son seul "Pacte écologique".
Néanmoins, la présence de Nicolas Hulot est synonyme de défi pour les autres candidats à l’Elysée. Elle démontre tout d’abord que la question écologique ne peut plus être occultée comme cela fut le cas durant longtemps et que désormais, elle doit être véritablement prise au sérieux. Depuis 1974 – date à laquelle René Dumont fut le premier candidate écologiste à la présidentielle – on ne cesse de tirer la sonnette d’alarme sur nos conditions de vie et nos méthodes de consommation des ressources. A mon sens, l’un des soucis de mon parti – le PS – fut d’avoir « sous-traité » la question de l’écologie aux Verts alors qu’il aurait fallu développer notre propre pensée sur ce sujet. De l’autre côté, les Verts n’ont pas su devenir la force politique qu’ils espéraient pour pouvoir peser sur la scène politique à l’inverse de leurs collègues allemands par exemple.
La candidature réelle ou fictive de Nicolas Hulot montre d’une certaine manière, un certain échec des politiques dans la question de l’écologie. Nous n’en avons pas fait assez sans doute. Sans doute ? Sûrement ! Preuve en est, le rôle et la place accordée à l’environnement au sein d’un gouvernement qu’il soit de droite comme de gauche. La question de l’écologie est avant toute chose une question de moyens et force est de constater que ceux-ci demeurent encore bien peu suffisants. C’est également un manque d’ambition. C’est bien beau que Nelly Olin – actuelle ministre de l’Environnement et du Développement Durable – applique les directives européennes à propos de la chasse et se batte avec les éleveurs du Béarn au sujet de l’introduction de l’ours dans les Pyrénées, il demeure que les actions menées sont à l’image du ministère : peu "constructives".
Aussi, lorsque Nicolas Hulot a proposé la création d’un poste de vice-premier ministre en charge de l’Ecologie, tout le monde à bondi, pensant que cela était incompatible avec l’esprit de nos institutions, etc. Même si je reste réservé sur la création d’un tel poste, je pense pour autant qu’il ne faut totalement exclure une telle proposition bien que je considère que le renforcement du ministère de l’environnement en terme de moyens et de missions me soit la solution la mieux appropriée.
La présence de Nicolas Hulot pose enfin un dernier point : la place des Verts dans le paysage politique. Les Verts n’ont malheureusement pas un poids politique suffisamment important pour pouvoir peser dans la bataille. Qui plus est, c’est une question de culture sociopolitique : longtemps, on a fait l’éloge d’une société d’abondance et de consommation. Aujourd’hui, on commence à ressentir les effets contraires d’une telle politique. Les Verts auraient pu relayer ce constat mais leur poids reste un handicap majeur. Si Nicolas Hulot s’invite dans le débat politique, c’est sans doute parce que les Verts n’ont pas réussi à donner satisfaction.
Aussi, l’initiative de Nicolas Hulot est loin d’être vaine et charge aux politiques de prendre la mesure de ce véritable enjeu qu’est l’écologie et l’avenir de notre planète. Bien évidemment, cette question est loin d’être nouvelle. Toutefois, elle doit avoir sa place dans le débat présidentiel et législatif tout comme d’autres termes majeurs. Un nouveau défi attend de fait, la classe politique. Alors Nicolas Hulot : ira ou ira pas ? Tout dépend d’eux !