
Jean-Marie Le Pen, président du Front national de 1972 à 2011, président d'honneur du mouvement depuis cette date. Ancien candidat à la présidentielle
Jean-Marie Le Pen n’aime pas – comme n’importe quel papa sur terre, mine de rien – qu’on s’en prenne à sa fille et il le fait savoir.
Souvenez-vous ! Jeudi dernier, Marine Le Pen était l’invitée de l’émission « Des Paroles et des actes » sur France 2. Face à elle, Jean-Luc Mélenchon, le leader du Front de gauche et candidat à la présidentielle dans un débat ou plutôt un non-débat, le leader frontiste ayant clairement signifié son refus de discuter. Une non-confrontation qui a clairement et logiquement tourné à l’avantage de Mélenchon.
Un débat qui a laissé des traces dans le camp Le Pen et qui a suscité certaines réactions notamment celle du papa qui a qualifié Mélenchon de « voyou » s’en prenant à une femme, une manière assez brute de souligner le manque de courage et de courtoisie mais également toute la violence verbale dont fait preuve le patron du Parti de gauche.
L’affaire est donc entendue : le leader néo-communiste manque de savoir-vivre face à une femme, et est un goujat de première. Qui plus est, il s’attaque à la fille de l’ancien chef, ce n’est guère mieux. En clair, Mélenchon est l’agresseur et Marine Le Pen, la pauvre fille qui s’est faite injustement violentée, trainée dans la boue. La victimisation, marque de fabrique traditionnelle du Front national semble refaire surface.
Jean-Marie Le Pen court donc au secours de sa fille, comme l’aurait fait n’importe quel papa. Le geste est touchant et affectif mais cache mal une certaine réalité : que la campagne de Marine Le Pen patine dangereusement, la candidate ayant du mal à se montrer crédible auprès des Français notamment en raison d’un programme économique et social mal ficelé et bien peu solide, sans oublier certaines fausses polémiques comme la viande halal.
Dès lors, la figure du père est indispensable, histoire de rassurer la fille mais également les militants qui pourraient commencer à paniquer. Néanmoins, si la figure du père est rassurante, elle pourrait très encombrante. On l’a vu récemment avec les propos de Jean-Marie Le Pen sur Robert Brasillach, poète collaborationniste et admirateur de l’Allemagne nazie tristement célèbre, mais aussi il y a quelques années lorsque l’ancien président du Front national n’avait pas hésité à s’en prendre violemment à une candidate socialiste à Mantes-la-Jolie, lors des législatives anticipées de 1997 alors qu’il était venu soutenir sa fille aînée, Marie-Caroline, comme le montre cet extrait du Journal télévisé de France 2 :
Aussi, on ne peut qu’être amusé par les propos de Jean-Marie Le Pen à l’égard de Mélenchon surtout si on a en tête ces images où l’ancien président du Front national était à mille lieues de la courtoisie et du respect de la gent féminine. Des propos qui cachent mal en tout cas, le manque de sérénité d’un parti qui se rend compte que la présidentielle est sans doute jouée pour elle.





















