
Harlem Désir, actuel député socialiste et démocrate au Parlement européen, futur premier secrétaire du PS
Martine Aubry a donc choisi. Elle a proposé qu’Harlem Désir, actuel numéro deux du Parti socialiste, lui succède à la tête du parti majoritaire, en étant le premier signataire de la motion déposée par l’actuelle maire de Lille et le premier ministre, Jean-Marc Ayrault. De son côté, Jean-Christophe Cambadélis, longtemps pressenti pour occuper la tête du PS a pris acte de la décision de Martine Aubry et a en appelé au rassemblement derrière Harlem Désir qui sera épaulé par Guillaume Bachelay (actuel député et futur numéro deux) et d’Olivier Faure (député de Seine-et-Marne).
L’actuel député européen et ancien président-fondateur de SOS Racisme deviendra dans quelques semaines le nouveau chef des socialistes, à l’issue du Congrès de Toulouse et du vote des militants qui devraient confirmer ce choix. Un choix quelque peu logique dans la mesure où Harlem Désir avait la confiance de Martine Aubry mais aussi le soutien d’une grande partie du gouvernement à commencer par Jean-Marc Ayrault, lui-même et même du président de la République, selon Europe 1. Qui plus est, son intérim à la tête du PS durant les primaires fut particulièrement apprécié par les cadres comme par les militants.

Harlem Désir, en compagnie de Martine Aubry, première secrétaire du PS en exercice, et de Jean-Christophe Camdabélis, député de Paris
Toutefois, reste à savoir ce qu’Harlem Désir pourra apporter à la tête du Parti socialiste dans les semaines et surtout les mois à venir, à l’heure où les Français s’interrogent et critiquent la stratégie mise en place par l’exécutif. En effet, s’il est logique et naturel que le Parti socialiste, premier parti de France – en terme d’élus – soutienne la politique gouvernementale, il n’en demeure pas moins qu’il garde un certain esprit critique et qu’il reste surtout aux prises de la société française. En clair, rester au contact des Français afin d’anticiper les problèmes et les griefs à venir.
Harlem Désir sait que sa tâche ne sera pas simple dans la mesure où il devra exister politiquement tout en montrant qu’il est légitime pour occuper le poste de premier secrétaire. A ce titre, il est bon de rappeler que nombre de personnes ont déploré le mode de désignation du premier secrétaire, laissant peu de manœuvre aux militants qui ont l’impression d’avoir été privés, d’une certaine manière d’un débat, notamment sur l’orientation du parti et surtout sur les personnalités qui devraient incarner ce changement. A ce propos, certaines personnes ont plaidé pour un renouvellement en profondeur des têtes avec l’émergence d’une nouvelle génération à la direction du parti, comme Gaétan Gorce par exemple, ancien député et désormais sénateur de la Nièvre, qui s’est également lancé dans la course à Solferino. Dans l’optique du rassemblement, Harlem Désir sait qu’il devra donner des garanties et surtout des gages aussi bien à certains cadres qu’aux militants, afin de gagner en légitimité et en autorité et tout particulièrement par rapport à des ses deux adjoints. Cela suppose un premier secrétaire qui prenne des initiatives, voire des risques et qui n’hésite pas à critiquer le gouvernement si cela est justifié. C’est à cette condition que le futur Premier secrétaire pourra se faire entendre et surtout se faire respecter par l’ensemble des sensibilités et courants qui composent le Parti socialiste.
C’est donc une sorte de triumvirat qui s’installe à Solferino et qui devra notamment mener la campagne des municipales et des européennes de 2014. Harlem Désir sait qu’il devra faire ses preuves et surtout se montrer utile au Parti socialiste en lieu et place d’un premier secrétaire godillot, sorte de béni oui-oui à l’instar des hommes qui se sont succédés à la tête du secrétariat général de l’UMP durant la présidence de Nicolas Sarkozy. La tâche n’est pas simple mais elle est primordiale pour qu’Harlem Désir anticipe et surtout fasse taire toute éventuelle bronca ou contestation sur sa personne (ce qui ne serait pas surprenant en raison de la façon dont à laquelle il fut désigné). C’est à ce titre que le choix de Martine deviendra anecdotique.
























