Exclu !

C’est hier que la commission nationale des conflits du Parti Socialiste, a voté à l’unanimité l’exclusion définitive du président de la région Languedoc Roussillon, Georges Frêche.

Georges Frêche, président de la région Languedoc-Roussilion en compagnie du premier secrétaire du PS, François Hollande (www.liberation.fr)

L’ancien maire de Montpellier est un adhérant de longue date de notre formation et il a occupé d’importantes fonctions. Il a certes apporté beaucoup à sa ville et la région. Toutefois, ces récents propos sur l’Equipe de France de football sont et restent inacceptables. L’homme a beau être jovial, avoir un fort tempérament méditerranéen, ses fonctions et ses responsabilités au sein de notre fonction auraient dû l’inciter à se montrer mesuré dans ses propos. Le PS a eu une attitude responsable en excluant un homme qui ne fait que déraper verbalement et qui, sans le vouloir, donne du tort à mon parti. En effet, nous ne pouvons défendre une certaine idée de la République si à côté, certains de nos camarades se permettent de se comporter de la sorte.

Je ne peux que féliciter la décision de la commission nationale des conflits qui a pris le temps de la réflexion avant de statuer. Certains insisteront sur le fait que la décision fut longue à prendre. C’est effectivement le cas, toutefois je le répète : notre parti a pris le temps de la réflexion et il a tout simplement respecté la procédure à suivre. D’autres insisteront sur le fait que cette décision arrive à moins de trois mois d’une élection majeure pour notre pays, et le PS n’a agi que par calcul politique. Je ne le crois absolument pas.

Toujours est-il que le PS a bien fait de se séparer qu’un homme qui tôt ou tard aurait dérapé à nouveau. Car une fois, ça passe, deux, c’est limite mais trois… Au risque d’être mauvaise langue, je tiens à rappeler que l’UMP a dans ses rangs, des hommes qui ont tenu des propos plus ou insultants envers certaines populations ou communautés, tel que le député du Nord, Christian Vanneste qui avait déclaré en 2005 : « L’homosexualité est une menace pour l’humanité ». Résultat des courses : un… blâme. Autre exemple – même si cette personne n’est pas encartée au parti sarkozyste : les propos de Pascal Sevran sur la bite des Noirs. Aussi, le président de l’UMP, chantre de la rupture, (euh, non ! C’est désormais la synthèse !) devrait en prendre de la graine et faire le ménage au sein de sa formation.

Les propos de Georges Frêche n’ont plus droit de cité au PS et ce dernier en a tenu compte. Georges Frêche a réalisé de nombreuses choses pour les montpelliérains, cela est vrai, mais il ne faut en aucun cas oublier tous ses dérapages. Son exclusion marque un pas important pour que chacun se sente respecté et fasse pleinement partie de notre République.

Ségolène Royal à Grenoble !

Après une visite de trois jours aux Antilles, qui a regonflé notre candidate, Ségolène Royal se déplacera à Grenoble dans le cadre d’un débat participatif consacrée à la jeunesse, le 1er février à la Halle Clemenceau à 19h. Pour vous y rendre : Tram C, arrêt « Hôtel de Ville de Grenoble ».

Ouverture des portes dès 17h !

Gilles

PS : venez nombreux

Ripostes

Dimanche soir, à la maison. En pleine préparation d’un exposé collectif pour Mme Chaltiel – mes amis de l’IEP sauront bien sûr de qui je veux parler – sur « les pouvoirs d’initiative et d’exécution de la Commission européenne » (tout un programme je vous assure !), j’ai une envie soudaine de m’arrêter un peu. J’allume la télé, je zappe et je tombe sur Serge Moati qui annonce qu’il reçoit dans son émission, « Ripostes« , cet homme que voici :

Philippe de Villiers, président du Mouvement Pour la France (MPF) et candidat à l'élection présidentielle

J’ai donc décidé de suivre l’émission, délaissant Mme Chaltiel et son exposé. Il faut dire également que cela faisait longtemps que je souhaitais écrire un article sur le président du MPF – également du Conseil général de Vendée – mais à chaque fois, l’occasion ne s’était pas présentée.

Philippe de Villiers a évoqué ses deux sujets de prédilection : l’islamisation de la France et sa croisade contre l’Europe bureaucratique. A cette occasion, il en a profité pour débattre avec Tariq Ramadan – islamologue à Oxford – et avec Elisabeth Guigou, franche partisante de la construction européenne. Au sortir de l’émission, j’ai trouvé un Philippe de Villiers extrémiste – en tout cas, beaucoup plus que son premier interlocuteur qu’il tentait de mettre en cause – et teinté de nationalisme.

Le président du MPF nous propose une société du repli, marqué par la fierté dit-il d’être Français. Je suis tout autant que lui fier d’être Français, toutefois je ne partage en rien sa conception de la fierté nationale. Si « fier d’être Français », c’est favoriser, à la longue, un nationalisme exacerbé et agressif, alors je m’inscris en faux. Etre fier d’être Français, c’est tout d’abord donner la possibilité pour tous de l’être en donnant l’opportunité pour tous de participer à un projet collectif, à la construction de notre pays et à la consolidation -qui reste à faire – de notre société. Qui plus est, Philippe de Villiers est volontiers opportuniste lorsqu’il tire à boulets rouges contre l’Europe qu’il juge technocratique. Un peu plus et on aurait cru Jean-Marie Le Pen !

Le candidat à la présidentielle se veut l’héritier de Charles Maurras et de Maurice Barrès, chantres d’une France nationaliste, au pouvoir autoritaire et fortement conservatrice. « Le nationalisme, c’est la guerre » martelait François Mitterrand à la fin de sa vie, au Parlement européen de Strasbourg en 1994. Ne n’oublions pas ! A l’heure où l’Europe est en crise majeure, la question nationale ressurgit et elle devient le fond de commerce de personnes qui ne voient que pour la France un salut synonyme à un repli sur soi.

Vous me direz que j’exagère pas mal! Toujours est-il que Philippe de Villiers assume volontiers ce discours et que l’actuel président du conseil général de Vendée sert de trait d’union entre l’UMP sarkozyste et le FN. Les propos de Villiers ne me font que renforcer dans l’idée que l’Europe doit être la nouvelle frontière de la France. Toujours est-il que notre pays doit se relancer plain-pied dans le jeu européen, ce qui passe par redonner confiance aux citoyens sur la question européenne.

Dès lors, j’éteins la télé et je reviens voir Miss Chaltiel et l’exposé à préparer pour la conférence de méthode (Rires)

Mélange des genres !

Nicolas Sarkozy est à l’affût de sa rivale et fait tout pour la déstabiliser à tel point que selon le Canard Enchaîné, le ministre de l’Intérieur aurait commandé une enquête menée par les Renseignements Généraux au sujet du couple Royal-Hollande et de son entourage – on parle entre autres de Bruno Rebelle, l’ancien numéro deux de Greenpeace International et qui a rejoint l’équipe de campagne de Ségolène Royal -, ce que le locataire de la place Beauvau dément bien évidemment.

Nicolas Sarkozy, le 24 janvier dernier (www.lemonde.fr)

Pour ma part, je ne sais pas si cette enquête a bien eu lieu et de toute façon, cela m’étonnerait fort qu’on en sache davantage. Toujours est-il que cette révélation paru dans le Monde.fr et le Nouvel Obs.com, montre qu’il existe bel et bien un mauvais mélange des genres pratiqué par le ministre-président-candidat Nicolas Sarkozy. L’homme est partout et veut être tout à la fois. Il occupe la scène médiatique de façon ostensible, ce qui fait donne le tournis à la longue. Qui parle aux Français ? Le ministre de l’Intérieur sortant, le président de l’UMP ou le candidat à la présidentielle ?

Nicolas Sarkozy utilise tous les rouages de l’Etat et de sa fonction pour mener campagne. De fait, il est horriblement contradictoire dans ce qu’il dit et dans ce qu’il fait : pour preuve, il exploite au maximum ses interventions et passages télévisés afin de renforcer son image et son statut de prétendant. C’est un mélange des genres car on ne sait pas à quel jeu joue Nicolas Sarkozy. Cela est d’autant plus insupportable que l’attitude affichée par Sarkozy ne date pas d’hier mais depuis 2003 au moins, date à laquelle il ne cachait plus ses ambitions élyséennes.

C’est un mélange des genres périlleux mais quelque peu utile pour le locataire de la place Beauvau pour qui l’Intérieur est une pièce indispensable dans le cadre de sa conquête élyséenne. Aussi, qui mieux que Sarko pour défendre un bilan quelque peu calamiteux des cinq dernières années passées à l’Intérieur – avec un intermède entre avril 2004 et mai 2005 ?

Nicolas Sarkozy veut incarner une rupture, pourtant il est bien contradictoire dans ses méthodes et ses manières. Oui, il est contradictoire. Il déteste Chirac ? Cela ne l’empêche pas d’être le premier des chiraquiens. Pour preuve, son discours d’ « investiture » du 14 janvier dernier où de plus de citer Zola, Jaurès, Moquet – les pauvres, ils doivent se retourner dans leur tombe – il veut se présenter comme le candidat de tous les Français. Pas sûr que ses « propositions » aillent dans l’intérêt de tous les Français.

Aussi, nous assistons à un mélange des genres quelque peu scandaleux. Sarkozy veut incarner un changement, il fait encore parti d’un gouvernement qui porte un bilan bien peu flatteur. Dès lors, il s’agit de soulever ces contradictions afin que nos concitoyens ne porte pas au pouvoir un homme qui ne cesse de promettre alors qu’il n’a jamais autant disposé du pouvoir entre 2002 et aujourd’hui. L’homme fera tout pour s’imposer en mai prochain et pour lui, tout les coups seront permis même les plus condamnables.

Patate chaude !

Mardi dernier, le président des Etats-Unis, George Walker Bush, présentait son discours sur l’Union devant un Congrès nettement dominé par les démocrates et mené par Nancy Pelosi, première femme à occuper le poste de « speaker » à la Chambre des représentants. A ce titre, la question irakienne fut bien évidemment évoquée, le locataire de la Maison Blanche demandant au Congrès de lui accorder « une chance pour son plan » qui prévoit le renfort de 20 000 soldats en Irak.

Le président américain, George W. Bush, lors de son discours annuel sur l'état de l'Union prononcé devant le Congrès, le 23 janvier 2007. (www.lemonde.fr)

Comment sortir de cet enfer – que constitue désormais l’Irak – par le haut ? C’est la question à laquelle le président des Etats-Unis doit répondre et je dois reconnaître que cela n’est pas évident, vraiment pas évident. George W. Bush tient une patate chaude entre ses mains et il est clair qu’il est impossible pour lui de se désengager de l’Irak. A première vue, toutes les solutions sont mauvaises : un retrait aurait un effet désastreux pour l’avenir de l’Irak qui ne serait qu’un horrible tas de ruines. Toutefois, le maintien des troupes américaines n’est guère mieux, puisque celles-ci sont un vecteur de haine pour la population irakienne, toutes confessions confondues.

Le dossier irakien est une véritable patate chaude et les Etats-Unis doivent se sortir de ce guêpier par le haut s’ils souhaitent retrouver un crédit, déjà bien entamé. Toutefois, cela ne nous interdit pas, nous autres pays occidentaux et autres organisations mondiales telles que l’ONU par exemple, de nous impliquer avec Washington afin de tirer par le haut un pays qui tôt ou tard ne manquera pas de déstabiliser encore un peu plus le Moyen-Orient. Il n’est de l’intérêt de personne de voir cette région majeure du monde empêtrée dans la tourmente et le chaos. Sortir l’Irak par le haut, cela passera sans doute par la négociation avec des régimes et des pays au combien peu fréquentable. Personnellement, cela ne me réjouit pas que nos démocraties négocient avec la Syrie et la République islamique d’Iran mais force est de constater que leur poids politique, démographique et religieux ne sont pas à négliger d’autant plus que ce sont des facteurs évidents d’influence. Actuellement, le grand gagnant de la situation actuelle en Irak est… l’Iran qui exerce une influence évidente sur l’Irak.

J’ai un souhait : que les Etats-Unis retrouvent leur idéal de liberté, pour laquelle ils se sont portés en faux contre le communisme durant les années « Guerre froide ». Vous pourrez me traiter d’idéaliste, mais force est de constater que les Etats-Unis ont cru, à tort, que la puissance pouvait tout et – surtout – vous exonérait de tout même des conseils de vos proches partenaires. Aussi, il faut faire en sorte que l’Irak soit tirée par le haut, il en va de l’intérêt de tous

Dimanche +

Pour ceux qui n’ont pas pu voir l’émission de Florence Ferrari, le 21 janvier dernier, je vous propose l’intégralité de l’entretien de Ségolène Royal, notre candidate socialiste. Bien évidemment, vous en jugerez par vous-même, moi j’ai trouvé qu’elle a fait une bonne prestation et qu’elle a été très claire notamment sur les tentatives de déstabilisation à son égard.

Bonne lecture vidéo !

Gilles


Oups ! J’ai juste fait une erreur : il s’agit bien sûr de Laurence Ferrari et non de Florence.

L’inquiétante rupture tranquille de Monsieur Sarkozy

Nicolas Sarkozy, le chantre de la rupture ! Durant les cinq dernières années, il n’a cessé de nous bassiner avec ce credo, nous promettant actuellement des lendemains qui chantent pour notre beau pays.

L’ouvrage du secrétaire national du PS, Eric Besson, vise à décortiquer le président-ministre-candidat et à le confronter à ces idées ainsi qu’à ses actes mot pour mot. Je suis actuellement en train de lire ce livre dont l’objectif est d’inviter les internautes – et donc les Français – au débat. « La France est-elle prête à voter pour un néoconservateur à passeport français ? » La question mérite d’être posée tout en tombant pas dans l’antisarkozysme primaire et gratuit. L’homme voulait être jugé sur ses actes, c’est l’occasion pour nous tous de le confronter à son bilan qui est loin d’être bon contrairement à ce que déclare son nouvel ami, Alain Juppé, l’actuel Maire de Bordeaux.

Aussi, je vous invite à lire ce livre et à vous faire votre propre opinion, et je m’adresse tout particulièrement aux indécis, à ceux qui ne font qu’assister au débat sans prendre véritablement parti. Enfin parlez-en autour de vous afin que tout le monde puisse en savoir un maximum sur cet homme à l’idéologie troublante et inquiétante pour l’avenir de notre pays.

Pour télécharger le livre cliquez sur le lien suivant : http://www.box.net/public/static/aomobg2lj8.pdf ou dirigez vous directement sur le site du PS.

C’était l’Abbé Pierre

Vous le savez, mon blog est exclusivement consacré à l’actualité politique française et internationale et je me tiens toujours rigoureusement à cette ligne. Cependant, je vais faire exception, pour rendre hommage à cet homme :

L'Abbé Pierre en 1954 (source http://www.lemonde.fr)

Vous le savez tous, l’abbé Pierre – de son vrai nom Henri Grouès – s’est éteint au petit matin à l’âge de 94 ans à Paris, à l’hôpital du Val de Grâce à Paris. Sa mort est, malgré son âge, surprenante et elle montre au combien, l’abbé Pierre aura contribué à faire avancer des causes essentielles en faveur des plus démunis.

L’abbé Pierre est pour moi un homme politique, à sa façon. Il n’a cessé de faire jouer sa notoriété au service des autres et tout en restant humble. Il reste également pour moi un homme d’Eglise moderne au même titre que Monseigneur Jacques Galliot. Ce sont tous deux, des hommes qui sans remettre en cause leur foi, ont fait preuve d’ouverture et de tolérance envers les autres et dans des questions épineuses de société. Ainsi, l’abbé Pierre a soulevé la question importante du célibat des prêtres : face à un clergé catholique qui reste attaché à son conservatisme, il est essentiel pour l’Eglise de s’ouvrir même si cela passe par l’ordination de prêtres mariés. Il a certes, pas mal dérangé bon nombre de personnes tellement bien pesantes, mais tellement hypocrites au bout du compte : car on peut aimer Dieu mais aussi aimer tout court (j’allais dire aimer d’amour)

L’abbé Pierre fut résolument en phase avec la société notamment avec ceux qui n’ont y trouvaient pas leur place. Je disais que c’était un homme politique à sa façon puisqu’il a obligé les politiques à prendre conscience dans un premier temps de la situation des mal logés. Désormais, c’est à nous citoyens de faire en sorte que l’action de l’abbé Pierre ne tombe pas dans l’oubli maintenant qu’il nous a quitté. L’action « coup de poing » des Enfants de Don Quichote en décembre dernier – dont l’un des fondateurs se réclame de l’abbé défunt – montre désormais qu’il n’est plus possible de se montrer seulement compatissants et à se contenter de mesures « cache-misère »

Aussi, c’était l’abbé Pierre. L’homme n’est plus mais son esprit doit demeurer afin que nous soyons toujours exigeants avec nous même en refusant la situation de ceux qui vivent dans le dénouement le plus total, tombant ainsi dans l’indifférence.

L'Abbé Pierre, récemment (www.liberation.fr)

Nicolas renonce

Nicolas n’entrera pas en course. Non, il ne s’agit – malheureusement pas – de Nicolas Sarkozy qui lui n’a aucune envie de se retirer tellement qu’il est obnubilé par la magistrature suprême. Je parle bien évidemment de l’autre Nicolas :

Nicolas Hulot, lors de sa conférence de presse à Paris, le 22 janvier 2007.

Nicolas Hulot, le producteur et animateur de TF1, ne rentrera pas dans la course, ce dernier estimant qu’il a rempli en partie sa mission de sensibilisation à la classe politique sur les problèmes environnementaux majeurs que connaît notre planète.

L’apport de Nicolas Hulot aurait quelque peu dynamité le débat présidentiel en plaçant la question environnementale en enjeu majeur. Toutefois, l’animateur de l’émission « Ushaïa Nature » aurait rencontré des difficultés ainsi que de nombreuses contradictions. En effet, le projet présidentiel qu’il aurait défendu n’aurait pu en aucune façon être exclusivement centré sur son fameux pacte écologique. Aussi, une candidature Hulot aurait plus lassé l’électorat que le mobiliser réellement tout au long de la campagne. Qui plus est, l’animateur de TF1 aurait été confronté au difficile choix du second tour et dans la mesure où son pacte écologique a rassemblé des personnalités politiques classés aussi bien à droite qu’à gauche, son choix n’aurait pas manqué d’être interprété.

A qui profite la non-candidature de Nicolas Hulot ? Ben à tous les candidats finalement et tout particulièrement aux Verts, sans doute victimes d’un manque de lisibilité. En faisant ma revue de presse ce matin, il est fait état dans Le Monde.fr du « soulagement » de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal. Notons d’ores et déjà que la renonciation d’Hulot vaut engagement pour les prétendants à la magistrature suprême de prendre résolument en compte la question environnementale tant qu’il y va de notre avenir. A ce titre, la prise de conscience semble être collective. Toutefois, cela n’empêche pas d’aller au-delà de cette simple prise de conscience. A ce titre – pardonnez-moi si je redeviens polémique – il me semble que la Gauche et tout particulièrement Ségolène Royal est la mieux à même à mener de front cette question du développement durable. En effet, lorsque Nathalie Kosciusko-Morizet, députée de l’Essonne et spécialiste de l’écologie au sein de l’UMP, déclare que le président de l’UMP est « en avance sur le PS en ce qui concerne l’écologie » cela me laisse sceptique. Pour preuve, je tiens à vous préciser que la question de l’aménagement du territoire fait partie du développement durable et que le ministre Sarkozy est non seulement en charge de l’Intérieur mais aussi de l’Aménagement du territoire. Inutile de vous dire qu’il s’est beaucoup plus occupé d’Intérieur que d’Aménagement…

Objectif 2009

Tandis que certains préfèrent parler chiffons, lancer des rumeurs et poser des peaux de bananes, moi, je préfère parler de politique. La vraie politique, celle où on débat.

Ségolène Royal, candidate socialiste, a proposé, hier, la tenue d’un nouveau référendum sur le Traité constitutionnel européen pour l’horizon 2009, traité fortement révisé et simplifié, le cadre institutionnel devant en être l’ossature.

Ségolène Royal, le 15 janvier dernier

La présidente de la région Poitou-Charentes fait preuve de courage et semble tenir compte du vote négatif de nos concitoyens lors de la précédente consultation sur le TCE le 29 mai 2005. En effet, il ne faudrait pas oublier que 55% des Français ont rejeté souverainement ce traité et qu’il est du devoir des politiques de prendre en compte ce verdict. Le candidat de l’UMP, Nicolas Sarkozy affiche une ambition bien différente puisqu’il propose de ratifier une sorte de « mini-traité » par la voie… parlementaire ! Je ne peux que pester sur la proposition du président de l’UMP puisque celle-ci va à l’encontre de la décision des Français, méprisant ainsi leur vote du printemps 2005. Cela démontre également qu’il est dénoué de tout européanisme préférant comme les Britanniques observer le « Grand Large »

L’Europe est en crise, sans doute la plus grave depuis les débuts de la construction européenne et comme je le dis à maintes reprises, l’Europe ne peut plus se poursuivre sans les citoyens. Nous devons redonner confiance aux Français vis-à-vis de l’Europe et ce n’est pas en ratifiant un « mini-traité » par voie parlementaire que nous y parviendrons. Nicolas Sarkozy ne cesse de dire « qu’ensemble, tout devient possible ». Manquerait-il soudainement d’ambition sur la question européenne en ne choisissant pas la voie référendaire ?

Ségolène Royal a compris que pour réconcilier les Français avec la question européenne, il fallait que ces derniers se sentent impliqués. Rien que tel qu’un référendum pour que nos concitoyens aient à nouveau le sentiment d’exprimer leur avis. C’est effectivement un risque de passer par la voie référendaire mais une question de cet ordre – l’organisation future de l’Union Européenne et de ses institutions – est primordiale si nous voulons aller de l’avant.

A terme, cela permettrait à notre pays – via sa population – de redonner un signe fort à nos partenaires. Encore faut-il remettre l’Europe dans le jeu électoral, sans nul doute que la construction européenne fera partie des projets phare de notre candidate.