Patate chaude !

Mardi dernier, le président des Etats-Unis, George Walker Bush, présentait son discours sur l’Union devant un Congrès nettement dominé par les démocrates et mené par Nancy Pelosi, première femme à occuper le poste de « speaker » à la Chambre des représentants. A ce titre, la question irakienne fut bien évidemment évoquée, le locataire de la Maison Blanche demandant au Congrès de lui accorder « une chance pour son plan » qui prévoit le renfort de 20 000 soldats en Irak.

Le président américain, George W. Bush, lors de son discours annuel sur l'état de l'Union prononcé devant le Congrès, le 23 janvier 2007. (www.lemonde.fr)

Comment sortir de cet enfer – que constitue désormais l’Irak – par le haut ? C’est la question à laquelle le président des Etats-Unis doit répondre et je dois reconnaître que cela n’est pas évident, vraiment pas évident. George W. Bush tient une patate chaude entre ses mains et il est clair qu’il est impossible pour lui de se désengager de l’Irak. A première vue, toutes les solutions sont mauvaises : un retrait aurait un effet désastreux pour l’avenir de l’Irak qui ne serait qu’un horrible tas de ruines. Toutefois, le maintien des troupes américaines n’est guère mieux, puisque celles-ci sont un vecteur de haine pour la population irakienne, toutes confessions confondues.

Le dossier irakien est une véritable patate chaude et les Etats-Unis doivent se sortir de ce guêpier par le haut s’ils souhaitent retrouver un crédit, déjà bien entamé. Toutefois, cela ne nous interdit pas, nous autres pays occidentaux et autres organisations mondiales telles que l’ONU par exemple, de nous impliquer avec Washington afin de tirer par le haut un pays qui tôt ou tard ne manquera pas de déstabiliser encore un peu plus le Moyen-Orient. Il n’est de l’intérêt de personne de voir cette région majeure du monde empêtrée dans la tourmente et le chaos. Sortir l’Irak par le haut, cela passera sans doute par la négociation avec des régimes et des pays au combien peu fréquentable. Personnellement, cela ne me réjouit pas que nos démocraties négocient avec la Syrie et la République islamique d’Iran mais force est de constater que leur poids politique, démographique et religieux ne sont pas à négliger d’autant plus que ce sont des facteurs évidents d’influence. Actuellement, le grand gagnant de la situation actuelle en Irak est… l’Iran qui exerce une influence évidente sur l’Irak.

J’ai un souhait : que les Etats-Unis retrouvent leur idéal de liberté, pour laquelle ils se sont portés en faux contre le communisme durant les années « Guerre froide ». Vous pourrez me traiter d’idéaliste, mais force est de constater que les Etats-Unis ont cru, à tort, que la puissance pouvait tout et – surtout – vous exonérait de tout même des conseils de vos proches partenaires. Aussi, il faut faire en sorte que l’Irak soit tirée par le haut, il en va de l’intérêt de tous