Le temps du congrès : le temps du bilan

Le 75ème congrès du PS se termine dans un climat encore plus épais qu’auparavant. En effet, pour la première fois depuis 1990, pas de synthèse réalisée et pas de leader désigné avant la confirmation du vote des militants. Trois jours durant lesquels, j’ai pas mal attendu de mon parti et trois jours qui m’ont un peu contrarié.

Malgré tout, j’ai un sentiment assez mêlé vis-à-vis de ce congrès et bien que la presse fasse ses choux gras en parlant d’un PS déchiré, fragmenté, sans boussole, j’ai curieusement un avis assez différent non pas que les analyses du Monde ne soient pas fondées mais qu’à mon sens, il s’est passé quelque chose à Reims.

Le congrès de Reims n’est pas celui de Rennes (1990) dans la mesure où les questions de personnes n’ont pas été exclusives. En effet, on a largement et longuement débattu sur la stratégie à adopter face à Nicolas Sarkozy et sur la façon de rendre le parti plus attractif par rapport à nos compatriotes. Des paroles ont été échangés et le débat s’est installé en toute franchise même si cela n’a pas permis la fameuse synthèse. A propos de la synthèse justement, je me dis qu’au bout du compte – et au risque de surprendre nombre de personnes – mieux vaut pas de synthèse qu’une synthèse bâclée et très peu solide notamment si elle aurait été l’œuvre des motions A, C et D, motivé par un simple front TSS.

Dès lors, on pourrait se dire qu’il n’y a pas de vainqueurs mais que des vaincus à ce congrès. Mais au bout du compte, je pense que mon parti est à la fois le grand gagnant et le grand perdant de ce congrès. Le grand perdant car la synthèse n’est pas là et que des questions restent en suspens. Le grand gagnant néanmoins car malgré tout, certains sujets plus ou moins tabous ont été mis sur la table (comme celle des alliances ou bien encore la conception du parti) jetant les bases d’un débat à l’intérieur du parti, un débat reporté durant longtemps aux calendes grecques afin de ne froisser personne.

Et c’est en cela que le congrès de Reims – quoiqu’il arrive et quelque soit le Premier secrétaire désigné par les militants en fin de semaine – marque un tournant pour mon parti. Un tournant majeur dans la mesure où ce dernier doit une fois pour toutes déterminer une ligne et un axe idéologique. Et ce choix se fera en même temps que le vote des militants de jeudi prochain.

Le congrès de Reims – derrière son échec apparent et réel – marque donc un moment important dans la mesure où certains abcès idéologiques commencent à être crevés. De plus, il remet les militants au centre du jeu en faisant de l’élection du premier des socialistes l’élection majeure, celle qui doit mettre tout le monde d’accord. Aussi, je dirais que Reims fut finalement le théâtre d’un congrès « mi-figue, mi-raisin » et si les divergences se font jour dans notre maison commune, tout le monde est d’accord sur un point : cela ne peut plus durer comme cela et le temps de la rénovation a enfin sonné, qu’on le veuille ou non !