Yes, he (still) can ? [1]

Il y a un an, le monde et les Américains étaient en effervescence : Barack Obama, élu 44ème président des Etats-Unis, était investi à Washington devant des milliards de téléspectateurs qui scandaient le désormais célèbre : « Yes, we can ! » [2]

Un an après, l’enthousiasme et la folie des débuts sont quelque peu retombés : Obama reste encore populaire mais sa côté n’a cessé de décliner durant sa première année de mandat. L’hôte de la Maison Blanche a été rapidement confronté aux réalités du pouvoir et à la difficulté de changer l’aiguillage de la politique américaine. Certes, sur le plan extérieur, il y a la volonté des Etats-Unis de se montrer moins arrogants et plus coopératifs avec les pays amis et partenaires. Il y a également eu la main tendue à l’Iran et aux pays du monde arabe (comme cela fut le cas en Egypte en mai dernier lorsque Barack Obama prononça un discours à l’Université du Caire). Puis, il y a ce prix Nobel de la Paix attribué avec surprise au président américain, mais qui fait plus office de cadeau empoisonné (ou plutôt de pari sur l’avenir)

Car dans le même temps, Barack Obama poursuit l’effort de guerre en Afghanistan tant que les Talibans regagnent de plus en plus du terrain et semble réaffirmer sa fermeté dans la lutte contre le terrorisme si on en croit sa mise en garde contre le Yémen. Enfin, sur le plan intérieur, l’hôte de la Maison Blanche semble piétiner dans sa réforme du système de santé et les choses sont d’autant plus compliquées depuis que ce dernier a perdu sa super-majorité au Sénat, dimanche dernier, le candidat républicain ayant conquis le siège occupé durant plus de quarante ans par Robert Kennedy jusqu’à sa mort en août dernier.

En clair, un an après, les Américains sont quelque peu sur leur faim et si Barack Obama n’est pas le Messie que tout le monde a attendu, il n’en demeure pas que son action est finalement bien meilleure que celle de son prédécesseur. De toute façon, il ne pouvait pas faire pire à mon sens. Au bout du compte, les déceptions de certains sont à la hauteur du fol espoir qu’il a suscité il y a un peu plus d’un an et cela est finalement logique dans la mesure où le principe de réalité a vite repris ses droits.

Caricature de Cécile Bertrand parue sur site Internet du quotidien belge "La Libre Belgique", le 30 décembre 2009 (www.lalibre.be)

Malgré tout, « yes, he still can ? » Je crois qu’on aura la réponse à notre question plutôt sur la longue durée. Il est en effet, trop tôt pour se faire une opinion tranchée sur l’action de Barack Obama tout comme il me paraît bien prématuré et je dirai même stupide de faire un bilan de la politique du patron de la Maison Blanche. Charge pour ce dernier de montrer qu’il peut toujours le faire !

[1] Peut-il toujours le faire ?

[2] Oui, nous le pouvons !

2 réflexions sur “Yes, he (still) can ? [1]

  1. C’est assez étrange que les américains continuent d’être plus convaincus par la nécessité de sortir vainqueur de cette guerre plutôt que de changer fondamentalement leur pays. C’est très conservateur ! :-))

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