Un métro à Bondy ?

L'actuelle Gare RER de Bondy, là où pourrait s'arrêter la ligne de métro automatique à l'horizon 2020 - 2025

C’est le débat du moment dans ma commune d’origine. Y’aura-t-il une ligne de métro à Bondy d’ici à l’horizon 2020 – 2025 ?

Dans le cadre du Grand Paris, deux projets de ligne de métro automatique sont actuellement en discussion. Le premier est soutenu par le gouvernement et vise à relier les grands ensembles économiques de la région Ile de France. Conçu sous forme de grand huit, cette ligne passerait en Seine-Saint-Denis en reliant l’aéroport Charles de Gaulle à l’actuelle gare RER de Noisy-Champs via Clichy sous Bois et Montfermeil.

L’autre projet est défendu par la région Ile de France. Baptisé Arc Express, il reprend l’idée de ligne contournant la capitale afin d’améliorer les relations de banlieue à banlieue. Si le tracé n’est pas encore définitif, il semblerait que Bondy est sur les rails puisque cette ligne pourrait faire deux arrêts sur la commune, l’un au Pont de Bondy (où passe l’actuelle ligne de tramway et en future correspondance avec la ligne de bus en site propre) et l’autre à l’actuelle gare RER et tramway.

Tracés des deux projets de métro automatique sur le département de Seine-Saint-Denis

Bien qu’habitant Bondy de manière très discontinue, il n’en demeure pas moins que je reste concerné par les évolutions actuelles et à venir de ma commune d’origine. Ainsi, le projet de métro circulaire me semble une opportunité énorme à saisir pour la ville dans la mesure où cela améliorait fortement le réseau de transport. Car si Bondy, situé en plein cœur du département, reste correctement desservi (deux lignes de tramway, une ligne de RER, un réseau de bus assez bien réparti, un important réseau autoroutier), il n’en demeure pas moins que quelques failles subsistent. Ainsi, pas de ligne de métro, la ligne la plus proche se situant à la préfecture de Bobigny, à dix minutes de chez mes parents (quand cela roule bien). A cela ajoutez le dernier RER qui passe aux alentours d’une heure du matin et une ligne qui s’arrête au centre de la capitale (à la station Hausmann-St Lazare, en attendant son prolongement à Mantes-la-Jolie via La Défense), vous comprendrez qu’il n’est pas si aisé de circuler en transport en région parisienne.

Et cela d’autant plus vrai en Seine-Saint-Denis où, réseau en étoile convergeant vers la capitale oblige, pour aller de Bondy à Saint-Ouen ou à Aubervilliers, vous êtes obligé de passer par Paris si vous voulez gagner du temps, la rocade nord du tramway n’étant pas très efficace. Une aberration qui n’en finit pas d’étonner plus d’un notamment les délégués de Quartiers en Crise, une association regroupant les collectivités territoriales de périphérie en Europe. Lors de sa présence sur notre département dans le cadre du congrès annuel de l’association, les membres étaient assez frappés par les anomalies du réseau parisien, un réseau pourtant jugé comme performant.

D’où l’intérêt ô combien majeur pour notre département que l’un de ces deux projets de métro automatique soit réalisé. Pour ma part, j’ai une préférence pour le projet proposé par la région dans la mesure où 1) il reprend en grande partie le tracé du projet proposé par le gouvernement et 2) il passe par Bondy, ce qui faciliterait grandement la mobilité des Bondynois notamment des jeunes qui, pour se rendre à l’Université Paris XIII de Villetaneuse ou à l’Université Paris VIII de Saint-Denis, sont contraints de passer par la capitale et multiplier les correspondances. Mais au bout du compte, ce que reste primordial, c’est l’amélioration et le désenclavement de notre département d’ici à quinzaine d’années, élément important pour le développement et le rayonnement de ma Seine-Saint-Denis et la région Ile de France.

Douche irlandaise

Brian Cohen, Toaiseach (Premier ministre) d'Irlande

Après quelques tergiversations, le gouvernement irlandais a accepté l’aide financière de l’Union européenne pour sortir de la crise financière qui touche son secteur bancaire depuis un certain temps.

Le gouvernement de centre-droit de Brian Cowen avait en effet longuement hésité, le Toaiseach (Premier ministre en gaélique) ayant affirmé à plusieurs reprises qu’il n’avait pas besoin de l’aide de Bruxelles pour faire face à ses problèmes sans compter qu’on était loin d’une situation à la grecque. En effet, alors qu’Athènes s’approchait dangereusement de la banqueroute il y a encore un an, Dublin pouvait encore souffler, ce dernier ayant encore quelques réserves. Cependant, l’optimiste affiché du chef du gouvernement irlandais n’a pas convaincu les marchés financiers et autres spéculateurs qui s’interrogeaient sur l’état de santé des banques irlandaises et de la réelle capacité du pays à régler ses emprunts contractés sur les marchés. Une crainte qui, une fois encore, a bien failli parasiter la zone Euro.

Car à travers la situation irlandaise, c’est une fois encore la monnaie unique qui est visée et notamment sa stabilité et sa résistance d’autant que certains s’interrogent sur sa viabilité. A plusieurs reprises, l’Euro a montré quelques signes de faiblesse à la grande frayeur des gouvernements et des marchés financiers notamment lorsque certains s’amusent à prophétiser la fin de la monnaie unique.

Or, il n’en demeure pas moins que derrière ce qu’il convient d’appeler une douche irlandaise, se cache nombre d’imperfections et inachèvement à propos de la monnaie unique. Je m’en suis d’ailleurs rendu compte durant mes révisions du cours d’Intégration économique européenne (European Economic Integration, le cours est en anglais et dispensé par un économiste italien, Paolo Guierreri) dans l’optique (déjà) des partiels au Collège d’Europe. Le constat est clair est sans appel : à partir du moment où on crée une union monétaire, la logique voudrait qu’on aille jusqu’au bout à savoir approfondir l’union politique.

Car l’un ne va sans l’autre. Plus d’union politique suppose une meilleure et solide union monétaire, ce qui suppose une convergence des politiques économiques et sociales au sein de la zone Euro puis au sein de l’Union européenne. Cela est un fait déconcertant quand on sait qu’à partir du moment où on crée une intégration économique, les économies des Etats-membres interagissent de plus en plus. Ainsi, sauver l’économie grecque hier et sauver l’économie irlandaise aujourd’hui devenaient une obligation non par charité mais parce que celles-ci sont sensiblement liées à nos économies.

Des économies qui restent malgré tout bien instables faute d’une intégration économique qui n’est pas allée au bout de sa logique, à savoir aller vers une intégration plus poussée notamment via la mise sur pied d’un véritable gouvernement économique européen. Cela est d’une logique débordante et suppose un nouveau transfert de compétences et de souveraineté à l’Union européenne, ce qui ne peut que faire grincer les dents des europhobes de tout poil. Mais c’est la conclusion logique lorsqu’on a décidé d’aller vers une union économique et monétaire à partir des années 1970. Une logique même envisagé par certains libéraux notamment si j’en crois les écrits d’un économiste belge Paul de Grouwe, membre de l’Open VLD (le parti libéral néerlandophone) et membre du Sénat de 1995 à 2003[1]

La situation irlandaise doit dès lors nous faire absolument réfléchir. L’Union européenne, si elle s’est montrée réactive, ne peut se permettre l’économie d’une remise en question et doit en tirer les conclusions en incitant les Etats-membres à aller jusqu’au bout de leur logique. Car si l’Euro est une belle aventure, elle a paradoxalement davantage profité à certains qu’à autres ! Ainsi l’Irlande qui forte de sa fiscalité avantageuse fait preuve de concurrence déloyale vis-à-vis de la France et de l’Allemagne quand celle-ci exerce une pression sur les salaires rester compétitive et attractive aux dépens de certains pays comme le Portugal ou bien encore l’Italie.

L’heure est donc aux questions si on veut que l’Euro ne subisse plus de crises chroniques. Il en va pour son statut et sa crédibilité face au dollar.


[1] Se référer à son livre paru en 2009 « The Economics of Monetary Union », chapitre 5 : « Monetary and Political Union ». Je cite un liberal, ce qui est rare pour être souligné ! ;)