Ségolène au perchoir ?

Ségolène Royal, lors du premier tour de la primaire citoyenne, le 9 octobre dernier

L’information est encore peu commentée mais mérite un détour.

Il y a quelques jours, en effet, Ségolène Royal, actuelle présidente de la région Poitou-Charentes et candidate (très) malheureuse à la primaire socialiste envisagerait de se présenter à la députation en juin prochain.

Une intention qui peut surprendre notamment quand on sait que l’ancienne candidate à la présidentielle de 2007 s’était vigoureusement et clairement opposée au non-cumul des mandats au point de montrer l’exemple en se l’appliquant à elle-même au lendemain de l’élection, renonçant ainsi à son mandat de députée pour mieux se consacrer à sa charge de présidente de région. Une stratégie somme toute payante puisque Ségolène Royal fut largement réélue à la tête du Conseil régional de Poitou-Charentes en mars 2010 devant l’ancien ministre des Transports et président du Conseil général de Charente-Maritime, Dominique Bussereau.

Dès lors, la décision de Ségolène Royal peut contrarier certains, notamment si on ajoute le fait qu’il n’est pas exclu qu’elle cumule avec la présidence du conseil régional même si elle prête à renoncer à ce mandat. D’autres en revanche accueillent positivement le projet de Royal qui entend peser et avoir un rôle majeur dans la campagne présidentielle de son ancien compagnon, François Hollande, un François Hollande qui lui aurait promis la création d’un ministère des Droits des femmes.

Toutefois, le probable retour de Ségolène au Palais Bourbon ne s’explique pas uniquement par la nostalgie de ce bâtiment mais plutôt par l’envie d’occuper le perchoir de l’Assemblée, comprenez la présidence. En effet, certains – dont je fais partie – considèrent que l’ancienne députée des Deux-Sèvres souhaiterait occuper la présidence de l’institution, ce qui permet de comprendre un peu les motivations de Ségolène Royal.

Ségolène Royal, alors députée des Deux-Sèvres, posant une question à l’Assemblée nationale

Une motivation qui n’est pas nouvelle d’ailleurs puisqu’en 1997, elle avait présenté sa candidature à la présidence de l’Assemblée à la majorité socialiste, communiste et radicale d’alors. Une candidature qui n’a pas fait long feu face à celle de Laurent Fabius qui était de toute façon acquise depuis un bail. Malgré tout, et en guise de lot de consolation – ou de compensation, c’est selon ! – Ségolène Royal fit son entrée au gouvernement en devenant ministre délégué à l’enseignement scolaire.

Aussi, c’est plutôt son envie de conquérir le perchoir qui pousse sans doute Ségolène Royal à se présenter aux législatives, quitte à se mettre quelque peu en contradiction sur le principe de non-cumul des mandats. De fait, tout dépendra de ce qu’elle fera si elle est effectivement élue en juin prochain, membre de la représentation nationale. Elle qui avait justifié sa décision de ne pas se présenter en juin 2007 en raison de son mandat de conseillère régionale toujours en cours, devra de toutes façons faire face à ses contradictions et montrer que son retour au Parlement national n’est pas uniquement motivé par sa conquête du perchoir, du moins qu’il ne soit pas perçu comme un « deal » conclu entre cette dernière et le père de ses enfants en échange de son soutien sans faille dans la course à la présidentielle.

Une motivation qui ne fait pas que des heureux si j’en lis un article de Sud Ouest, à ce propos !