Gaudron, député légitime ?

Les présidentielles achevées, place aux législatives. Comme vous le savez, l’Assemblée nationale sera une nouvelle fois renouvelée et nous élirons nos représentants pour les cinq années à venir. L’occasion pour les quelques neuf mille candidats d’arpenter les rues et lieux de la circonscription dans laquelle ils se présentent afin de convaincre les électeurs.

Pour rappel, la ville de Bondy – là où je réside actuellement – a été scindée et désormais à cheval sur deux circonscriptions, conséquence de la révision (très contestée) de la carte électorale en 2009 – 2010. C’est ainsi que le canton sud-est de la ville a été rattachée à la dixième circonscription (Aulnay-sous-Bois, Pavillons-sous-Bois) tandis que le canton nord-ouest reste la neuvième.

Et c’est dans la dixième que je vote et que j’ai reçu dans ma boite aux lettres, un tract de candidat UMP et député sortant, Gérard Gaudron, la première depuis janvier. Un tract politique classique dans lequel il se présente comme un « député légitime », un point qui m’a immédiatement suscité l’attention.

L’ancien maire d’Aulnay-sous-Bois – battu en 2008 – est donc un député légitime, comprenez face à Daniel Goldberg, le candidat socialiste et lui aussi député sortant qui ne l’est pas. Pour étayer et renforcer ses arguments, le député Gaudron nous parle de proximité, de son expérience d’élu pour mieux cogner sur son challenger socialiste qui n’est là qu’au titre d’un « parachutage » et d’un « arrangement entre amis », pour reprendre l’expression de Katia Coppi, sa suppléante et première adjointe au maire des Pavillons sous Bois, faisant clairement référence à la nomination mouvementée de Goldberg à l’hiver dernier.

Un argument néanmoins à double-tranchant dans la mesure où si Gérard Gaudron est effectivement légitime, Daniel Goldberg l’est tout autant dans la mesure où tous deux sont membres (sortants) de la représentation nationale et qu’ils tirent leur légitimité de l’ensemble du peuple français (et pas seulement des administrés de leur circonscription). C’est d’ailleurs tout le sens d’une élection législative où si la dimension locale reste présente, la dimension nationale reste prépondérante. Qui plus est, Daniel Goldberg tire également sa légitimité du fait qu’il a désigné par les militants des sections socialistes de la circonscription (soit Bondy, Aulnay et Pavillons-sous-Bois). Un détail qui compte et qui remet à plat toute question relative à la légitimité ou non de tel ou tel candidat.

En mettant en avant sa légitimité en tant que député sortant, Gérard Gaudron cherche sans doute à faire diversion notamment par rapport à un bilan plus ou moins maigre au sein de l’Assemblée nationale durant les cinq dernières années. En face, Daniel Goldberg a non seulement un bilan, mais aussi des propositions pour la prochaine législature, un (autre) détail qui compter au moment du vote. C’est d’autant plus cocasse surtout quand on sait que Gérard Gaudron s’est particulièrement foulé à l’Assemblée nationale (pratiquement pas d’interventions en séance plénière ou en commission, et seulement trois rapports rédigés en cinq ans) là où Daniel Goldberg a un bilan plutôt impressionnant : plus de trois mille amendements cosignés, deux propositions de loi, interventions régulières en commission et en plénière, quatre rapports rédigés, 450 questions au gouvernement (écrites et orales). Un bilan impressionnant qui le place parmi les 150 députés les plus actifs de l’Assemblée nationale et le second en Seine-Saint-Denis, là où Gérard Gaudron est bon dernier.

Gaudron comme Goldberg sont légitimes in fine. Toutefois, la légitimité ne s’acquiert pas seulement sur le terrain ou par le vote, elle s’acquiert aussi par le travail effectué. Qui plus est, la légitimité n’est jamais acquise et peut facilement se perdre. Une donnée que Gérard Gaudron devrait prendre en considération s’il ne souhaite pas se retrouver dépourvu en juin prochain ! Et pendant que nous y sommes, espérons que le candidat UMP trouvera la même énergie pour s’interroger sur la candidature de François Fillon dans la seconde circonscription de Paris, l’ancien Premier ministre étant, tout le monde le sait, largement légitime, à tel point que Rachida Dati avait sérieusement envisagé de se présenter contre le député sortant de la Sarthe pour finalement renoncer à sa candidature.

Ton avenir, mon avenir

Le 11 mai dernier, le Parti socialiste européen a lancé une campagne en faveur de l’emploi des jeunes au sein de l’Union.

Le constat reste alarmant : plus de 5,5 millions de jeunes au chômage, plus d’un million en situation précaire et des taux de chômage affolants suivant les pays : 23% en France, 31% en Italie, 36% en Slovaquie et jusqu’à 50% en Espagne. Un tel constat ne peut que renforcer l’euroscepticisme et le sentiment de défiance à l’égard de l’Union.

Pour apporter des réponses concrètes et durables à ce problème épineux, plusieurs initiatives et propositions ont été mises sur la table comme en Autriche, ou bien encore en France avec le contrat de génération, une des propositions phares de François Hollande durant la campagne présidentielle. A l’échelle européenne, il s’agit de répondre à la politique d’austérité défendue par les gouvernements conservateurs qui ont largement trouvé leurs limites et surtout n’apportent pas de solutions durables et fortes pour l’emploi des jeunes.

Le PSE propose à cet effet une « Garantie jeune pour l’emploi », basée sur une réelle stratégie européenne pour l’emploi mais également une adaptation des politiques nationales permettant qu’au bout de quatre mois d’inactivité, l’accès à un emploi, un stage professionnalisant ou bien encore une formation soit garantie, prenant exemple sur ce qui se passe actuellement en Autriche où le taux de chômage chez les 18 – 30 ans a fortement baissé, passant désormais sous la barre des 10%.

L’emploi des jeunes est une question cruciale pour l’Union européenne et son futur. Venez rejoindre le mouvement pour qu’à l’horizon 2014, le nombre de jeunes chômeurs en Europe soit divisé par deux. Pour cela, cliquez sur le lien suivant. Et si vous êtes à Bruxelles en juin, venez assister à la conférence proposée par le groupe socialiste et démocrate au Parlement européen, une occasion idéale pour faire part de vos idées et de vos propositions. (Inscription jusqu’au 31 mai)