Quel Premier pour Hollande ?

C’est demain que François Hollande dévoilera le grand mystère entourant la nomination de son Premier ministre qui sera nommé dans la foulée de la passation de pouvoirs entre le nouveau président de la République française et son prédécesseur, Nicolas Sarkozy.

Plusieurs noms sont régulièrement cités et souvent avec insistance : Jean-Marc Ayrault l’actuel député-maire de Nantes, et fidèle du nouveau chef de l’Etat, Martine Aubry, l’actuelle première secrétaire du Parti socialiste ou bien encore Manuel Valls, député-maire d’Evry et surtout indispensable directeur de la communication du candidat Hollande durant la campagne. D’autres personnes sont également citées tel Pierre Moscovici, le directeur de campagne de Hollande mais également Michel Sapin, ancien ministre de l’Economie et ami intime de nouveau Président, à la différence qu’ils apparaissent désormais comme des outsiders.

Jean-Marc Ayrault, actuel député-maire de Nantes

A ce titre, les spéculations vont bon train même si l’ensemble des journalistes et des analystes politiques semblent s’accorder sur un nom : celui de Jean-Marc Ayrault. Président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale depuis 1997, Ayrault a l’avantage d’être un homme discret et surtout fin connaisseur du Palais Bourbon, une qualité somme toute essentielle lorsqu’on aspire à être chef du gouvernement. Qui plus est, l’homme est germanophile, ce qui peut être bien utile notamment face à Angela Merkel, la chancelière allemande.

Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, actuelle maire de Lille

Face à cela, Martine Aubry parait une alternative sérieuse. Patronne du Parti socialiste, elle jouit d’une forte popularité chez les militants et est souvent considérée comme étant à gauche du mouvement. A cela, s’ajoute un bon contact avec les partis à gauche du PS, tel Europe Ecologie Les Verts et surtout le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon qui ne manquera pas d’être particulièrement exigeant avec la présidence Hollande, quitte à jouer les agitateurs si nécessaire. Enfin, Aubry est réputée pour avoir de la poigne et de l’autorité, ce qui pourrait s’avérer utile lorsqu’on dirige une équipe gouvernementale. Toutefois, une éventuelle nomination d’Aubry parait déjà compromise. D’une part parce que les relations entre l’actuelle maire de Lille et le futur Président n’ont jamais été très simples sans compter qu’il est peu probable qu’Aubry accepte de devenir le premier ministre d’un homme qu’elle a vivement combattu durant les primaires, considérant qu’il incarnait la « gauche molle ».

Manuel Valls, député-maire d’Evry (Essonne)

Enfin reste le cas Manuel Valls. Homme ambitieux et surtout efficace, le choix de Valls reste plausible surtout dans le contexte de la crise et de la montée des extrêmes. Toutefois, il est plus que probable qu’une éventuelle nomination de l’actuel député de l’Essonne n’interviendra que dans un second temps, en fonction de l’évolution du quinquennat de Hollande. Autrement dit, Valls demeure plus comme un joker, un recours possible même s’il parait évident qu’il jouera un rôle-clé dans le futur gouvernement.

Dès lors, Jean-Marc Ayrault semble bien parti pour succéder à François Fillon, le 15 mai prochain et devenir ainsi le premier chef du gouvernement de la présidence de François Hollande. Cependant, une telle consécration risque d’être contrariée en raison d’une condamnation pour favoritisme, vieille de quinze ans. L’homme a toujours reconnu les faits et ne s’en même jamais caché, l’édile nantais considérant que ce n’est pas sa personne ou sa fonction qui fut mis en cause mais le fait qu’il n’avait pas respecté qu’il n’avait fait un manquement au principe de la liberté d’accès et d’égalité devant la commande publique. Autrement dit, cette histoire ne devrait pas être prise en compte d’autant plus qu’elle n’atteint pas la responsabilité morale de Jean-Marc Ayrault. Reste à savoir si cela ne rentrera pas en contradiction avec l’idée de république irréprochable si chère à François Hollande.

Dès lors, l’enjeu est le suivant : si Hollande fait un choix de raison, il choisira Martine Aubry, qui malgré leurs différences aura bien du mal à refuser Matignon, le poste de Premier ministre étant une sorte de consécration. S’il fait un choix de cœur, il choisira Jean-Marc Ayrault, l’hypothèse la plus plausible à ce jour sans compter qu’il pourra compter sur un homme qui lui restera fidèle et qui ne cherchera pas à s’émanciper davantage. Toujours est-il que le choix de demain est attendu et il n’est pas impossible qu’une surprise se produise sur le perron de l’Elysée lorsque le secrétaire général du « Château » annoncera le nom de l’heureux élu.

 

Dans les coulisses d’une campagne #10

#10 : 6 mai, 21 heures 27. Place de la Bastille

6 mai 2012. 21 heures 27, place de la Bastille. Je suis assis sur un rebord de l’Opéra en face d’un kiosque à journaux attendant des amis. La nuit est en train de tomber, la place est noire de monde et il y a une ambiance de fou. Je prends mon I-Phone, me connecte sur Facebook et écris sur mon mur :

« Place de la Bastille, 21h27. Ravi mais j’ai encore du mal à réaliser, tellement c’est un truc de fou ! Il l’a fait alors que personne n’y croyait il y a encore un an ! Hollande président ! HOLLANDE PRÉSIDENT ! »

Quelques heures auparavant, dans la matinée. Je me dirige dans mon bureau de vote pour participer au second tour de la présidentielle. J’y vais en famille puisque ma mère, mon père et mon petit frère sont avec moi. Le temps est très couvert mais qu’importe ! Il y a du monde au gymnase Léo Lagrange. Je me rends dans l’isoloir, glisse le bulletin « François Hollande » dans l’enveloppe, prend une photo pour la postérité et me dépose mon enveloppe dans l’urne. Il est près de 11 heures, j’ai officiellement voté.

Ayant rempli mon devoir de citoyen, j’ai l’occasion rare de le faire une seconde fois puisque Lucie, une de mes amies, m’a donné procuration pour voter à sa place. Direction, l’école maternelle Roger Salengro pour voter une nouvelle fois en faveur de François Hollande ! Il est environ 11 heures 30, il ne reste plus qu’à attendre le verdict.

Durant toute l’après-midi, je reste collé à l’écran de mon ordinateur et suis avec attention mon fil Twitter. Je suis avec anxiété les dernières infos et indiscrétions sur les sites belges. Vers 13 heures 30 – 14 heures, les premiers résultats tombent : Hollande a écrasé Sarkozy en Guadeloupe et en Martinique, avec près de 70% des voix, ce qui augure de bonnes choses pour la suite. Puis, vers 15 heures, un premier sondage sorti des urnes et publié sur La Libre Belgique et repris par Le Soir donne Hollande gagnant avec 53% des suffrages. Je reste méfiant, la tendance peut encore être contredite mais cela s’annonce plutôt bien.

17 heures : je ne suis plus sur l’ordinateur mais toujours collé à mon fil Twitter via mon I-Phone. Je ne quitte plus les tweets et autres déclarations en message codé. La tendance reste inchangée, Hollande est bien parti pour être le nouveau chef de l’Etat. Je reste encore prudent mais réalise peu à peu que Sarkozy est sur le point d’être battu. Je devrais être ravi mais je contiens ma joie. Il est encore trop tôt pour crier victoire, je crains toujours une victoire sur le fil de Sarkozy ou pire que les instituts de sondages se soient trompés. Entretemps, je m’amuse à relayer le résultat en message codé, en mode « Radio Londres », prétextant vouloir un billet Thalys pour Amsterdam à 53 euros pour 20 heures.

Vers 18 heures. J’en suis désormais certain, François Hollande sera le nouveau président de la République française. On parle même d’estimation sur le site de la RTBF. Je me rends alors rue de Solferino, au siège du PS. Bus, métro, RER et de nouveau le métro… je descends à la station « Solferino ». Le quai est bondé comme jamais. Des militants et des sympathisants qui crient : « François Président ! ». L’affluence est telle que les responsables de la RATP nous demandent d’emprunter la seconde sortie qui donne sur le Boulevard Saint-Germain.

Boulevard Saint-Germain, le 6 mai 2012, vers 19 heures

Ce même boulevard est rempli au point qu’il est difficile de se frayer un chemin. La foule est chantante, enthousiaste, heureuse d’être là. On danse, on installe en haut des abribus, on entend des percussions de tam-tam, on prend des photos… Il y a tellement de monde que je n’arrive pas à joindre Morgane pour qu’on se retrouve, le réseau est saturé ! Qui plus est, je n’arrive pas à avancer et à me diriger rue de Solferino sur laquelle est installé un écran géant. En attendant, je suis l’édition spéciale de France 2, non pas sur mon I-Phone (le réseau 3 G est indisponible) mais sur celui d’un badaud qui a encore du réseau… jusqu’à que son téléphone perde le signal à seulement une minute trente de l’annonce des résultats.

19 heures 59 : le décompte est lancé. La foule se prépare, elle sait que Hollande a gagné la présidentielle mais fait comme si. 20 heures : les cris et les clameurs de joie prennent place. François Hollande est officiellement élu président de la République. La foule est en délire et crie : « Sarkozy, c’est fini ! ». Les premières bouteilles de champagne sont ouvertes pour fêter ce jour historique. Curieusement, je n’explose pas de joie. Il faut dire que je suis seul et qu’il n’y a aucun de mes amis pour partager ce moment si spécial. Qui plus est, j’ai encore du mal à réaliser ce qui se passe.

J’arrive à m’engouffrer rue de Solferino et aperçois l’écran géant. Nicolas Sarkozy, président déchu, prend la parole, il est rapidement et copieusement sifflé. Puis direction, La Bastille, Morgane m’ayant laissé un message sur mon portable et me disant qu’elle se dirigeait là-bas finalement.

Direction, la place de La Bastille alors. Je passe par la place de la Concorde pour prendre le métro et celle-ci est désespérément vide. C’est là où Nicolas Sarkozy devait fêter sa réélection. La fête n’aura pas lieu au bout du compte. Je prends ensuite la ligne 1 du métro à la station « Concorde ». Le quai est bondé et la foule crie « Hollande président », suivi de « Sarkozy c’est fini ». 10 minutes après, j’arrive place de la Bastille et me pose du côté de l’Opéra, attendant Morgane et ses amis.

Place de la Bastille, aux alentours de 23 heures

21 h 27. Après avoir posté mon message sur Facebook, j’attends toujours. La foule est telle qu’il me parait compliqué de voir mes potes. Je quitte donc l’Opéra pour prendre des photos et me mélanger à cette foule. Je n’arrive toujours pas à réaliser. Hollande a gagné la présidentielle, la gauche est retour à l’Elysée ! La nuit est désormais tombée et le concert en l’honneur de la victoire du candidat socialiste se poursuit. Je fais le tour de la place et regarde cette colonne de Juillet envahie de monde. J’ai vraiment du mal à me frayer un passage et tente de trouver des copains à moi, impossible en raison de l’affluence. Malgré tout ce beau monde, j’ai réussi à croiser Guy Bedos, qui était là incognito et même Michel Destot, le maire de Grenoble !

Vers 23 heures. Après avoir mangé un énorme sandwich – les baraques à frites ont du pas mal en profiter ce soir là ! – je prends le métro et rentre chez moi. Non pas que je m’ennuyais mais tout simplement parce que je devais anticiper en raison d’un arrêt de travail des conducteurs de bus du dépôt RATP de Pavillions-sous-Bois qui voulaient protester contre l’agression dont fut victime un de leurs collègues, la nuit précédente. C’est finalement de chez mes parents que je verrais l’arrivée triomphale du président élu au Bourget puis à place de la Bastille.

C’était il y a tout juste une semaine.

L’austérité ou le chaos

Prêtre orthodoxe votant lors des législatives grecques du 6 mai dernier

Dimanche dernier, les Grecs se sont rendus aux urnes pour renouveler leur Parlement dans le cadre d’élections législatives anticipées, conséquence directe de la chute du gouvernement socialiste d’Andreas Papandréou en octobre dernier.

Une élection qui s’est déroulée dans le contexte de plus en plus pesant de la crise et qui a donné un verdict sans appel puisque la Nouvelle-Démocratie (ND, conservateurs) et le PASOK (le parti socialiste grec) ont été tous deux sanctionnés ne recueillant qu’un tiers des voix.

Conservateurs et socialistes ont donc été désavoués par les électeurs en raison d’une politique d’austérité de plus en plus impopulaire et surtout de plus en plus insupportable[1] pour nombre de Grecs qui voient leur vie quotidienne s’aggraver davantage. Une désespérance qui s’est transformée en colère et qui a largement profité aux extrêmes et autres mouvements radicaux. Un ensemble très hétérogène puisqu’il regroupe pêle-mêle, la gauche radicale du SYRIZA, des dissidents de ND, des nationalistes grecs mais aussi les néo-nazis d’Aube Dorée qui se sont même payés le luxe d’obtenir une vingtaine de sièges à La Vouli et dont le leader ne cache pas son admiration pour l’Allemagne hitlérienne. Leur seul point commun : rejeter tout plan d’austérité, du moins dans les conditions fixées par la Commission européenne et par le Fonds monétaire international.

Alexis Tsipras, leader du SYRIZA et Nikolaos Michaloliakos, leader d’Aube Dorée, le parti néo-fasciste

La Grèce est tout près du chaos politique au lendemain de l’élection puisqu’aucun parti n’est parvenu à former un gouvernement de coalition à ce jour, notamment Nouvelle Démocratie et son leader Antonio Samaras qui a misé sur ces élections anticipées pour rafler la mise et relancer sa carrière politique, en dépit des recommandations de l’UE.

Résultats en voix et en répartition des sièges

Toujours est-il qu’Athènes joue clairement avec le feu même s’il convient de prendre le vote des Grecs de dimanche dernier comme un sérieux avertissement. En effet, la politique d’austérité mise en œuvre actuellement et imposée par l’Union européenne (avec la bénédiction de l’Allemagne d’Angela Merkel) a clairement trouvé ses limites et finit par broyer des citoyens qui n’en peuvent plus et espèrent trouver leur salut des les extrêmes. Dès lors, il parait primordial de repenser la stratégie actuellement menée si on veut que la Grèce s’en sorte effectivement et durablement. Cependant, ce chaos politique n’est en aucun cas la solution dans la mesure où elle enfonce le pays un peu plus dans la crise. A ce titre, de nouvelles élections semblent tenir la corde bien qu’il soit à craindre qu’elles ne résoudront pas grand-chose, hormis de satisfaire quelques ambitions personnelles.

Aussi, le spectre d’une faillite de la Grèce et d’une sortie de cette dernière de la zone Euro refait surface, bien que tout le monde soit conscient des dangers. Car ni l’Union européenne et surtout Athènes ont intérêt à ce qu’un tel scénario se produise. De fait, la clé du problème se trouve ni en Grèce, ni au sein de la Commission européenne mais plutôt à Berlin où la chancelière allemande semble encore réticente à reconsidérer sa stratégie. L’élection de François Hollande à la présidence de la République française est malgré tout, une bonne occasion de changer la donne, le futur Chef de l’Etat socialiste considérant que l’austérité tout azimut ne peut être une fatalité et qu’il convient également d’atteindre des objectifs de croissance pour relancer la machine européenne. Reste à voir s’il sera entendu par Merkel, et ça c’est cela risque d’être une tâche difficile (mais pas impossible, pour autant)

 


[1] A ce propos, je vous invite à lire un article rédigé par Elodie Lamer, journaliste belge au Soir et publié en avril dernier. Un article poignant et surtout édifiant.

Au secours, la gauche revient ! (suite)

Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP

Au secours, la gauche revient ! Depuis la victoire de François Hollande à la présidence de la République, les cadres de l’UMP ont ce même mot à la bouche : « équilibre » (sous-entendez, équilibre des pouvoirs)

Ne l’oublions pas, la présidentielle terminée, vient le temps des élections législatives des 10 et 17 juin prochains. A ces dates, les Français retourneront aux urnes afin d’élire les membres de la représentation nationale pour la prochaine législature. L’objectif est de première importance, donner une majorité au nouveau président de la République pour qu’il puisse gouverner et mettre en œuvre son programme.

Si le désormais chef de l’Etat ainsi que le Parti socialiste ont exhorté les Français à leur donner les moyens nécessaires pour gouverner et réaliser le changement tant attendu, la droite sarkozyste ne l’entend pas de cette oreille. Pour elle, il est avant tout nécessaire, pour ne pas dire primordial que la gauche ne détienne pas l’ensemble des leviers de pouvoirs dans notre pays, histoire qu’un équilibre puisse être maintenu dans l’intérêt de tous. Un tel message est abondamment relayé par Nathalie Kosciusko-Morizet, Xavier Bertrand, Jean-François Copé et Cie, histoire de battre le rappel des troupes et forcer, pourquoi pas, à une cohabitation.

Car c’est l’objectif clairement affichée par l’actuelle majorité parlementaire : provoquer une cohabitation, histoire de contrôler le Parlement à défaut de la Présidence, désormais à gauche et ce, au nom de ce fameux principe d’équilibre. Une situation d’autant plus souhaitable dans la mesure où la droite considère un tel objectif comme réaliste et surtout possible à atteindre, mettant en avant l’idée que Nicolas Sarkozy a été battu de manière « honorable », loin de la Bérézina annoncée.

Si l’idée parait, dit comme cela, séduisante, elle n’en demeure pas moins farfelue sauf si on pense que les Français sont des gens incohérents et que par souci d’équilibre, ils se payeront le luxe d’une cohabitation au risque de créer un conflit entre le président de la République et le gouvernement. Depuis toujours, les Français ont toujours accordé à un président nouvellement élu la majorité dont il avait besoin pour gouverner. Une question de bon sens dans la mesure où les Français veulent s’assurer que celui qui vienne d’élire à la tête de l’Etat aura les mains libres pour gouverner, histoire qu’il n’ait aucune excuse si les choses tournaient mal.

C’est dans cette logique d’ailleurs que Nicolas Sarkozy, à peine installé à l’Elysée, avait obtenu la majorité dont il avait besoin pour gouverner. D’ailleurs, les caciques de l’UMP et du gouvernement n’avait pas manqué d’insister sur la nécessité d’avoir une Assemblée majoritairement à droite dans l’intérêt du pays et pour le bon déroulement des réformes, comme le rappelle cette vidéo de François Fillon lors de la campagne législative de 2007. Le même qui vous explique, les dangers d’appuyer une majorité de gauche au Parlement, cinq ans après, allez comprendre !

Toujours est-il que cette attitude de l’UMP cache assez mal la panique qui envahit la majorité sortante. La panique face à un pouvoir qui s’échappe peu à peu et qu’on considère qu’on en est le seul et unique propriétaire. Aussi, rien de tel que d’agiter le chiffon socialiste, histoire de remobiliser les troupes abattues par la défaite de leur champion le 6 mai dernier. C’est de bonne guerre mais pas sur que cela suffise pour convaincre les Français qui selon les études d’opinion souhaitent une majorité de gauche à l’Assemblée nationale, comme le confirme la carte ci-dessous dans laquelle François Hollande arrive en tête dans plus de 330 circonscriptions.

Source : Le Monde.fr

Dès lors, le véritable enjeu de ces législatives n’est pas de savoir s’il y a une majorité de gauche à l’Assemblée (c’est l’hypothèse qui me paraît la plus logique et la plus sérieuse à ce jour) mais l’ampleur de celle-ci : absolue ou relative ? C’est sous cet œil-là qu’il faut étudier la question des législatives plutôt que sur une possible cohabitation, seulement souhaitée par une majorité sortante qui cherche à se maintenir au pouvoir, à tout prix.

Un vrai-faux départ ?

Nicolas Sarkozy, prononçant son discours de défaite, le 6 mai 2012, à La Mutualité (Paris)

Quel avenir pour Nicolas Sarkozy ? La question se pose naturellement et légitimement depuis la défaite du chef de l’Etat sortant à l’élection présidentielle de dimanche dernier.

Le candidat de l’UMP l’a dit et répété : il quittera la vie politique en cas de désaveu des Français. Une décision qui semble se confirmer puisque ce dernier ne reconduira pas la liste des législatives de juin prochain, laissant le soin aux dirigeants de l’actuelle majorité de le faire. Qui plus est, Sarkozy souhaite prendre du recul et se mettre au vert selon ses dires, afin de faire le point sur lui-même.

Dans l’immédiat, Nicolas Sarkozy ne devrait pas tellement souffrir de son brusque changement de statut : services alloués de l’Etat, retraite mensuelle (qu’il ne touchera qu’à partir de 62 ans cependant), carte illimitée lui permettant de voyager en première classe sur la compagnie Air France… le chef de l’Etat sortant devrait plutôt arriver à survivre et à supporter le choc financièrement.

Toutefois, si Nicolas Sarkozy semble vouloir faire un trait avec la vie politique, d’autres au sein de l’UMP espèrent encore qu’il ne tourne pas le dos à une passion de trente-cinq ans, certains l’imaginant même comme un possible recours en 2017, lorsque l’UMP se sera suffisamment divisée et déchirée entre les ambitions de Jean-François Copé (l’actuel secrétaire général), les manœuvres de François Fillon (l’actuel chef du gouvernement), les intrigues de Xavier Bertrand (l’actuel ministre du Travail) et Cie. Leur point commun ? Une ambition pour la prochaine élection présidentielle.

Jean-François Copé, Xavier Bertrand et François Fillon, en 2010, lors de l’Université d’été de l’UMP

Pour ma part, je reste plutôt sceptique sur la probabilité d’un scénario à savoir, un retour de Sarkozy après une période de purgatoire. Pour cela, il faudrait que l’UMP se déchire effectivement, ce qu’elle ne manquera pas de le faire. Qui plus est, il faudrait aussi que les Copé, Fillon et compagnie soient vraiment hors-jeu et se mettent d’accord pour mettre de côté leur ambition présidentielle au nom de l’intérêt de leur parti, ce qui me paraît impensable dans la mesure où ils considéreront que leur tour est arrivée et que Sarkozy est d’une certaine manière illégitime puisqu’il s’est mis en retrait de la vie politique. Enfin, la perspective de primaires version UMP, pour désigner celui qui affrontera François Hollande me paraît comme une volonté de tourner la page dans la mesure où même si Nicolas Sarkozy souhaitait revenir dans le jeu politique, il devra passer par un processus dont il n’est pas certain qu’il en sortira vainqueur.

D’ailleurs, très rares sont les chefs d’Etat battus qui réussissent un retour en politique et au premier plan. La plupart des cas, ce « come-back » fait pschitt comme celui de Lech Walesa par exemple. Syndicaliste polonais mythique dans les années 1980, il fut élu à la présidence de la République en 1990 pour finalement être battu cinq ans après par Alexander Kwasniewski. En 2000, il tente à nouveau la présidence de la République polonaise et ne recueille qu’à peine 1% des voix, en raison d’un contexte politique radicalement différent.

Aussi, il est finalement probable que Nicolas Sarkozy quitte définitivement la vie politique, du moins au premier plan, à la différence que son retrait n’est pas similaire à celui de Lionel Jospin en 2002, l’ancien Premier ministre ayant quitté la politique, au soir de son élimination surprise à l’élection présidentielle, de manière brutale laissant un Parti socialiste totalement à la dérive.

Le changement, c’est maintenant !

Les Français ont donc tranché. Ils ont porté le socialiste François Hollande à la présidence de la République française avec un score de 51,64% des voix contre 48,38% pour le chef de l’Etat Nicolas Sarkozy.

Le président sortant n’a donc pas réussi son pari : rempiler pour un second mandat de cinq ans à la tête de la cinquième puissance mondiale et convaincre les Français qu’il était l’homme de la situation en dépit de la crise financière. L’anti-sarkozysme a sans doute joué mais ce phénomène ne saurait expliquer à lui seul, l’échec de Nicolas Sarkozy. Toujours est-il que l’homme, visiblement sonné, a immédiatement pris sur lui et s’est même payé le luxe de prononcer un discours digne et profond à l’adresse de ses soutiens réunis à la Mutualité, une salle mythique de Paris. Un Nicolas Sarkozy qui, selon ses propres dires, veut assumer seul, la responsabilité de cet échec et qui a confirmé, le lendemain, son retrait de la vie politique.

Nicolas Sarkozy va laisser la place à François Hollande le 15 mai prochain, lors de la passation de pouvoirs au Palais de l’Elysée. Une passation exceptionnelle puisque cela fait dix-sept ans qu’un responsable politique de gauche n’avait pas été élu à la présidence de la République. Un évènement bien évidemment salué par les partisans de l’actuel député de Corrèze, notamment place de la Bastille où des centaines de milliers de personnes sont venus faire la fête et acclamer le nouveau chef de l’Etat aux alentours de 1 heures 15 du matin.

Paris, place de la Bastille, le 6 mai 2012 après l’annonce de la victoire de François Hollande

Comme je l’ai déjà écrit, l’élection de François Hollande est exceptionnelle, non seulement parce que c’est la première fois qu’un socialiste retrouve le chemin de l’Elysée depuis 1988 mais parce qu’elle signe la fin d’une époque. Celle de dix ans de gouvernance de droite dont cinq ans de sarkozysme qui ont plus ou moins secoué l’Hexagone. Qui plus est, l’élection de François Hollande a quelque chose d’audacieux en particulier dans le contexte d’une Union européenne en crise. D’ailleurs, c’est le premier défi qui attend le futur chef de l’Etat socialiste : faire renouer l’Europe avec la croissance afin de relancer durablement la construction européenne. L’affaire paraît compliquée dans une Union européenne largement dominée par les partis conservateurs et libéraux mais l’élection de François Hollande pourrait, à ce titre, changer la donne notamment face à Angela Merkel, la chancelière allemande. C’est du moins ce qu’espèrent nombre de spécialistes qui redoutent les effets secondaires de la politique d’austérité tel que conçue et mise en œuvre actuellement, sous la forte pression de Berlin.

François Hollande aura aussi pour défi de rassembler les Français et de les réconcilier tout en prenant compte du désenchantement, voire de la désespérance de certains. A ce titre, le vote en faveur de Marine Le Pen, la candidate du Front national mais également celui en faveur de Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche, demeure une sérieuse piqure de rappel. Le président élu le sait, il n’a pas le droit à l’erreur et devra donner des premiers résultats concrets, s’il souhaite gagner en autorité et surtout en soutien populaire. La tâche parait ardue mais au bout du compte, possible à relever.

C’est d’ailleurs à ce titre que, peu de temps après son élection, François Hollande a appelé les Français à lui donner une majorité à l’issue des élections législatives de juin prochain. Un scrutin qui reste encore ouvert en raison du score réalisé par Nicolas Sarkozy bien que ce dernier ait également annoncé qu’il ne conduirait pas la campagne de la majorité sortante. De plus, il est fort probable que les Français souhaiteront donner une majorité à François Hollande qu’il puisse diriger sa politique, reste à savoir l’ampleur de celle-ci.

Dans les prochaines heures, (ou prochains jours), je vous proposerai une analyse plus ramassée des enjeux qui attendent François Hollande, mais également la gauche, la droite aussi bien sur le plan intérieur qu’international. Il saura notamment question des relations entre la France et le Canada, les souverainistes du Parti québécois, comptant beaucoup sur un retour de la politique de « ni ingérence, ni indifférence » avec l’élection de François Hollande.

Nous y sommes (ou presque)

Nous y sommes. La campagne électorale pour l’élection du président de la République française touche à sa fin. Dimanche, à vingt heures (un peu avant en fait), nous serons qui de Nicolas Sarkozy ou de François Hollande sera le nouveau chef de l’Etat.

Il ne s’agit pas seulement d’élire un président via sa personnalité, sa vision ou son projet pour la France. Il s’agit aussi de choisir le destin de l’Hexagone, un destin qui va bien au-delà des cinq années à venir.

Un choix s’offre à nous après-demain : soit on continue avec une politique à bout de souffle, qui a échoué et surtout ne cesse d’opposer les Français les uns aux autres, soit on ose le changement, on ose une nouvelle direction dans laquelle on a une France apaisée et des Français en pleine cohésion.

Le choix que nous avons à faire est crucial, sans doute le plus important depuis une trentaine d’années.

Comme vous le savez, je soutiens la candidature de François Hollande à l’élection présidentielle, un homme qui a montré toute sa constance et surtout sa stature présidentielle. Une stature présidentielle qui s’est affirmée et affinée au point que personne ne la conteste, ce qui aurait été impensable, il n’y a pas même pas un an. Un homme qui a clairement une vision pour la France et surtout pour les Français et notamment pour les jeunes avec pour question fondamentale : est-ce que ma génération vivra-t-elle mieux que celle de mes parents ? Une question essentielle si on veut préparer l’avenir de la France dans des conditions optimales.

De son côté, Nicolas Sarkozy a choisi son camp, celui de la conquête tous azimuts des voix de Marine Le Pen sans retenue et surtout sans discernement. L’homme est moins motivé par l’envie de gagner l’élection que de conserver le pouvoir à tout prix, peu importe les mots prononcés, les compromissions et les conséquences de ses propos notamment sur son propre camp. Il n’en demeure pas moins qu’un ressort a été durablement cassé et la vie politique française connaîtra des mouvements majeurs, quelque soit le résultat de l’élection présidentielle, ce dimanche.

Parce que l’enjeu est important, je vous invite à vous déplacer et à voter massivement en faveur de François Hollande, le 6 mai prochain. Ne nous laissons pas abuser par les sondages et autres enquêtes d’opinions qui, quoique favorables, n’ont jamais fait une élection. Au contraire, c’est de notre mobilisation à gauche que dépendra le résultat final de dimanche.

La droite sarkozyste est sacrément aux abois et joue délibérément la carte de la peur et du désespoir pour mobiliser son camp et les derniers indécis. Une stratégie redoutable dans la mesure où la peur permet de manipuler n’importe qui et n’importe quoi. Face à cela, nous devons oser le changement et l’oser avec détermination et enthousiasme.

Alors nous y sommes. Il ne reste pas grand-chose pour tourner la page du sarkozysme, une parenthèse que nombre d’entre nous voulaient à prix refermer et ce, depuis le 6 mai 2007 à 20 heures et 01 seconde. A nous de provoquer le changement, n’ayons pas peur ! Dimanche, il n’attend plus que nous !

Le changement, c’est dimanche !

PS : en application avec la loi électorale, mon blog ne sera pas mis à jour du 5 mai minuit au 6 mai 20 heures. Il en sera de même de mon compte Twitter et Facebook. D’ici là, vos commentaires seront modérés durant toute cette période.

Le choix de raison de François Bayrou

François Bayrou, président du Mouvement démocrate

François Bayrou a donc choisi. Il votera pour François Hollande à titre personnel, tout en laissant le soin à ses électeurs de voter librement.

Le président du Mouvement démocrate et candidat à la présidentielle a finalement tenu parole, lui avait indiqué qu’il prendrait ses responsabilités à l’issue du débat de l’entre-deux-tours entre les deux prétendants à la magistrature suprême. Un choix qui n’engage que lui, comme il aime à le rappeler, mais qui reste lourd de sens et surtout de symboles.

En appelant à voter pour le candidat du Parti socialiste et du Parti radical de gauche, à la veille d’un choix décisif pour l’avenir de notre pays, François Bayrou ne condamne pas seulement la stratégie honteuse de Nicolas Sarkozy qui consiste à récupérer vaille que vaille les voix de Marine Le Pen, mais désavoue également ses ex-amis centristes qui ont décidé de rejoindre le président sortant dès le premier tour et qui n’ont pas pipés un mot depuis le 22 avril dernier sur la droitisation de l’UMP et de son candidat. En effet, pas un mot – ou presque – de Jean-Louis Borloo, de Rama Yade ou bien encore d’Hervé Morin qui aimait pourtant rappeler à qui veut l’entendre que le Nouveau Centre, n’était pas un parti suppôt de l’UMP !

C’est d’ailleurs le second enseignement qu’il faut tirer du choix de raison de Bayrou. Celui qui consiste à rappeler que le Mouvement démocrate reste un parti centriste qui se veut indépendant en toute circonstance. Un rappel sans doute douloureux pour l’UMP et ses militants qui, avec l’habitude, ont souvent considéré le Modem comme ils considèrent le Nouveau Centre, à savoir un prolongement de l’ex-UDF, à la différence que le second s’est très vite comporté comme affidé à l’UMP. Ce qui explique sans doute les propos amers, voire méprisants de certains cadres de l’UMP à l’annonce du choix de François Bayrou, ces derniers pensant que le leader centriste finirait par rejoindre Nicolas Sarkozy, en dépit de ses attaques sans concession, histoire de compenser la stratégie très droitière de leur candidat à l’égard du Front national.

Toujours est-il que le soutien personnel de Bayrou à François Hollande n’est que la suite logique d’une vague d’appels de militants et d’élus Modem en faveur du candidat socialiste qui a eu lieu peu avant le premier tour. Soucieux avant tout de la cohésion et de l’unité de son parti, Bayrou savait qu’un choix différent aurait marqué la fin de sa carrière politique surtout quand on sait que nombre de ses cadres s’étaient déjà exprimés à titre personnel pour le candidat socialiste, sachant que leur parole, quoi qu’on en pense, a quand même un certain poids.

Le choix de raison de François Bayrou en faveur de François Hollande est donc un pari sur l’avenir. On pourrait même dire qu’il s’agit d’un choix vigilant dans la mesure où le leader du Modem pourra toujours se désolidariser de ce dernier, le moment venu, apparaissant ainsi comme un éventuel recours notamment au centre. Choisir Nicolas Sarkozy aurait été un contre-sens extraordinaire, sauf à considérer que l’UMP ait changé et soit résolument républicaine, ce dont on peut sincèrement en douter depuis un certain moment et ce qui explique la décision de Bayrou.

Caricature de Plantu, pour Le Monde

Le positionnement du leader du Mouvement démocrate constitue incontestablement une mauvaise nouvelle pour Nicolas Sarkozy qui aurait finalement souhaité que François Bayrou ne prenne pas position comme en 2007. Une attitude semblable à celle de Jacques Chirac qui en 1981 n’avait indiqué aucune consigne de vote tout en déclarant qu’il appuierait Valéry Giscard d’Estaing à titre personnel. La suite, on la connait ! Qui a dit que l’Histoire était un éternel recommencement ?

« Moi, président de la République »

Trois heures de débat pour un match plutôt équilibré dans lequel on a vu un candidat à l’offensive et un autre sur la défensive. C’est un peu la conclusion que je tire du débat de l’entre-deux-tours d’hier soir entre François Hollande et Nicolas Sarkozy.

François Hollande et Nicolas Sarkozy lors du débat de l’entre-deux-tours, le 2 mai dernier

Les deux prétendants à la magistrature suprême avaient, en toute apparence, l’envie d’en découdre et de montrer qu’ils étaient, l’un comme l’autre, dignes de diriger la cinquième puissance mondiale. Aussi, l’un comme l’autre n’ont pas hésité à rendre coup pour coup, et à ne pas se faire de cadeaux, afin que l’un puisse clairement dominer l’autre et prendre une option décisive sur la victoire finale le 6 mai prochain.

A ce jeu, François Hollande, le candidat socialiste, a clairement affirmé son envie de diriger la République française tout démontrant qu’il maitrisait les sujets. Pour dissiper les derniers doutes de certains, il devait prendre des risques malgré les dernières enquêtes d’opinion qui lui semblent toujours lui promettre une large victoire, dimanche prochain. Aussi, a-t-il cherché à mettre en avant son projet présidentiel, sa vision de la France tout en plaçant Nicolas Sarkozy face à ses responsabilités, face à un bilan qu’il est contraint et forcé d’assumer.

En face, justement, le président sortant comptait beaucoup sur le débat présidentiel pour ne faire qu’une bouchée de son rival socialiste, réputé terne, mou, insipide. Le candidat de l’UMP comptait également sur ses talents supposés d’orateur et de bête de scène médiatique pour faire la différence, et pourquoi pas, emporter la décision des Français. Toutefois, on a vu un Nicolas Sarkozy à la peine, ayant toutes les difficultés du monde à dégager un projet et surtout une vision pour la France, sans oublier un bilan qu’il avait du mal à défendre dans la mesure où il avait du mal à l’assumer.

Un Nicolas Sarkozy qui a sans doute (pour ne pas dire surement) sous-estimé son adversaire, bien pugnace et surtout précis dans ses propositions et ses attaques, preuve que l’un avait assurément mieux préparé le débat que l’autre (du moins, ne l’avait pas pris à la légère). Cela donne des séquences cocasses comme celle où Nicolas Sarkozy botte en touche lorsque François Hollande demande à son contradicteur si le parti de Silvio Berlusconi – l’ancien président du conseil italien – est membre du Parti populaire européen ou celle encore plus impressionnante où François Hollande expose sa vision de la présidence de la République. Une séquence qui, à elle seule, résume assez bien la tonalité du débat : un François Hollande déterminé qui renforce sa stature présidentielle face à un Nicolas Sarkozy qui s’incline et qui n’ose pas le contredire alors qu’il aurait du le faire pour la simple et bonne raison qu’il est le chef de l’Etat sortant et candidat à sa propre succession !

Un débat présidentiel – et notamment celui de l’entre deux tours – n’a jamais fait une élection et il est fort à parier qu’il aura peu d’impact sur les électeurs qui, au bout du compte, se trouvent confortés dans leur choix final. Toutefois, il parait clair qu’à défaut d’une victoire par KO, François Hollande s’est clairement imposé dans cette confrontation. Il a réussi le tour de force de dérouler son projet pour la France et de piéger Nicolas Sarkozy dans ses approximations, l’actuel chef de l’Etat passant pour quelqu’un sur la défensive et en manque de confiance, comme s’il venait de découvrir un exercice auquel il avait donné bonne impression il y a cinq ans.

Ce qui explique probablement la grande satisfaction des militants de François Hollande et la mort dans l’âme des partisans de Nicolas Sarkozy à l’issue du débat. Comme je viens de l’écrire, un débat ne fait pas (forcément) l’élection mais il donne des enseignements précieux sur l’état d’esprit de chacun et permet surtout de marquer les esprits, ce que François Hollande a su remarquablement faire avec son « moi, président de la République »

Le grand débat : le live-blogging

20 : 20 : c’est avec un peu de retard sur l’heure indiquée que je commence ce live-blogging sur le débat de l’entre deux tours. La Bellevilloise est pleine à craquer et la tension monte au fur et à mesure que l’on approche du moment fatidique

20 : 22 : comme au Bourget, je suis à côté de Juan, l’auteur de Sarkofrance ! :)

20 : 24 : Gérald Dahan est sur les lieux ! Appelera-t-il Sarko en se faisant passer pour Hollande ?

20 : 28 : #voteHollande. C’est le hastag sur lequel vous pourrez me suivre ce soir

20 : 31 : 29 minutes nous séparent désormais du débat ! La tension continue de monter même les brouhahas couvrent encore la salle

20 : 39 : l’ambiance est assez détendue, mais on se concentre d’ores et déjà. On twitte, on blogue ! On se prépare pour le grand match

20 : 44 : En attendant, on meuble sur France 2. Julian Brugier présente une édition spéciale avec Serge Moati ! Jean-François Copé passe à la télé, il se fait copieusement huer

20 : 49 : plus que dix minutes ! Romain Pigenel chauffe la salle et remercie l’ensemble des twittos et autres bloggeurs que nous sommes !

20 : 50 : Vincent Feltesse, directeur de la campagne numérique de François Hollande s’exprime à son tour !

20 : 54 : On motive les troupes, plus que six minutes !

20 : 55 : il n’y a pas seulement que les bloggeurs socialistes ce soir ! Les écologistes, les chevènementistes, des centristes, des membres du Front de gauche sont là pour un seul objectif : battre la droite

21 : 00 : C’EST PARTI !

21 : 10 : Le débat a commencé et WordPress fait des siennes ! Hollande démarre fort !

21 : 13 : Sarkozy cherche à cogner et tente de se faire passer pour une victime

21 : 15 : On commence par un sujet réjouissant : le chômage !

21 : 38 : c’est officiel, j’ai une connexion de merde !! Sinon, je trouve que Sarkozy est assez nerveux, ce soir !

21 : 39 : de son côté, Hollande est combatif, on sent qu’il a préparé et s’est préparé à son débat !

21 : 55 : J’ai changé de réseau, la connexion est vraiment nulle !

21 : 57 : Nicolas Sarkozy regarde tout le temps Pujadas et Ferrari, et pas Hollande ! Il commence à fuir ?

22 : 01 : le débat est quelque tendu ! Et il n’a rien à voir avec celui de 2007 !

22 : 04 : « Moi je protège les enfants de la République. Vous, vous protégez les plus privilégiés » dixit Hollande. Et un scud de plus ! Et un !

22 : 10 : « C’est vous qui avez augmenté les prélèvements obligatoires » dixit Hollande !

22 : 14 : Les infirmières font partie de la fonction publique… territoriale ! Merci de le rappeler ! ;)

22 : 21 : On passe à l’Europe !

22 : 33 : On parle de la Grèce et Sarkozy a oublié de parler de son ami, Silvio Berlusconi

22 : 35 : « Ne confondez pas la France et votre personne » dixit Hollande

22 : 47 : « Vous avez parfaitement droit de changer, moi je ne change pas ! » (François Hollande à propos du droit de vote des étrangers pour les élections locales)

23 : 07 : il est plus de vingt-trois heures, je baille mais le débat reste passionnant ! Je sens que François Hollande est à l’aise face à un Nicolas Sarkozy en perdition !

23 : 20 : on parle de « République irréprochable »

23 : 22 : Hollande semble calme, lorsque Sarko continue à se noyer !

23 : 31 : Sarkozy pensait répliquer avec DSK, il a eu un boomerang sur la figure !

23 : 34 : on parle international maintenant !

23 : 45 : Le débat se termine enfin ! Hollande conclut le premier