Vers une majorité absolue ?

Le premier tour des législatives a livré son verdict et ses premiers résultats.

Tout d’abord, un taux d’abstention qui atteint des sommets puisque 42% des électeurs ne sont pas déplacés pour voter et accomplir leur devoir électoral. La faute sans doute à un scrutin plus ou moins compliqué mais aussi à la périodicité de l’élection, faisant bel et bien des législatives une élection de second rang, confirmant les résultats des présidentielles et devant assurer une majorité au président nouvellement élu, et renforçant le sentiment de défiance envers les institutions et ceux qui les représentent.

La gauche parlementaire (Parti socialiste, Europe Ecologie Les Verts et Front de gauche) remporte largement le premier tour de ces législatives en recueillant près de 47% des voix, dont 35% pour le seul PS. Face à elle, la droite parlementaire (UMP et Nouveau Centre) n’obtient que 35% des suffrages exprimés, écartant de fait toute perspective de cohabitation. De son côté, le Mouvement démocrate de François Bayrou poursuit sa longue descente aux enfers en ne recueillant que 2% des suffrages, bien loin des 7% qu’il avait recueilli il y a cinq ans et marginalisant encore un peu plus le parti de François Bayrou (et son leader) de la scène politique. Quant au Front national, il recueille près de 14% des voix, soit dix points de plus qu’en 2007. Bien que le parti de Marine Le Pen ne soit pas en mesure de se maintenir dans nombre de circonscriptions au second tour, ce score s’inscrit dans la bonne dynamique de la présidentielle d’avril dernier, permettant d’exercer une pression encore plus forte sur l’UMP, cette dernière voulant limiter la casse pour le second tour.

La perspective d’une cohabitation semble complètement mise de côté comme le montre les résultats en voix mais aussi la projection en sièges où le Parti socialiste obtiendrait entre 283 et 315 sièges. Autrement dit, ce dernier pourrait facilement avoir la majorité absolue, ce qui lui permettrait d’avoir les coudées franches face notamment aux Verts mais aussi et surtout au Front de gauche. Une majorité qui n’est pas totalement acquise mais qui demeura sans doute plus large que celle obtenue par Lionel Jospin en 1997. Une telle configuration parait importante pour le gouvernement Ayrault qui se mettre à l’abri d’éventuelles pressions du Front de gauche, qui demeure l’un des grands perdants de ce premier tour.

En effet, avec 8,5% des voix, la coalition de gauche radicale menée réalise un résultat décevant et semble être en recul notamment en banlieue parisienne (et en Seine-Saint-Denis tout particulièrement) mais aussi et surtout dans le Nord, où son leader et co-président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon a été éliminé dès le premier tour face à Marine Le Pen à Hénin-Beaumont. Le patron du Front de gauche paye sans doute une campagne qu’il a voulu comme le prolongement de la présidentielle, ce qui a profité à la présidente du Front national qui semble bien partie pour être élue députée, le 17 juin prochain.

Le premier tour de la législative semble largement favorable à la gauche et tout particulièrement au Parti socialiste qui pourrait détenir la majorité absolue qu’il souhaite in fine, notamment face à une droite dont les principaux leaders sont clairement menacés. Une configuration quelque peu logique qui confirme le caractère secondaire de cette élection, à savoir qu’elle confirme le choix des Français à l’élection présidentielle, permettant ainsi au président de la République et à son gouvernement de gouverner.