Bataille au perchoir

Qui pour succéder à Bernard Accoyer à la présidence de l’Assemblée nationale ? Et surtout qui pour occuper ce poste ?

Depuis la défaite de Ségolène Royal à La Rochelle, les cartes sont rebattues et de nouvelles ambitions se sont faites jour même si certaines indiscrétions avaient eu lieu ici et là. Ainsi, diverses personnalités du Parti socialiste ont plus ou moins faire part de leur intention de briguer la présidence de la chambre basse lors de la session constitutive du 26 juin prochain. Si certains comme Jack Lang (battu) ou Marylise Lebranchu (qui reste finalement au gouvernement) semblent définitivement hors-jeu, d’autres espèrent bien tirer leur épingle du jeu et tout particulièrement Elisabeth Guigou, Claude Bartolone et Jean Glavany. Laurence Dumont, députée du Calvados était également candidate avant finalement de se retirer de la course et d’apporter son soutien à Elisabeth Guigou. Petite revue des trois prétendants :

ELISABETH GUIGOU, la « disponible » :

Députée de Seine-Saint-Denis depuis 2002, l’ancienne ministre des Affaires européennes et Garde des Sceaux, s’est déclarée disponible pour succéder à Bernard Accoyer. Une éventuelle élection d’Elisabeth Guigou serait un signal fort dans la mesure où cela serait la première fois qu’une femme accéderait à la présidence de l’Assemblée nationale, ce qui serait d’autant plus conforme à la promesse qu’a faite le président de la République de placer une femme au perchoir en réservant initialement cet honneur à Ségolène Royal.

Qui plus est, Elisabeth Guigou ne manque pas d’atout : fin connaisseuse de l’Union européenne, elle plaide pour une meilleure interaction entre le Parlement européen et le Palais Bourbon, chose de plus en plus évidente notamment depuis la mise en place du Traité de Lisbonne en 2009. Enfin, ancienne vice-présidente de la Commission des Affaires étrangères, puis de l’Assemblée, c’est en toute logique qu’elle vise la présidence car se considérant comme la plus légitime d’une certaine manière.

CLAUDE BARTOLONE, le connaisseur :

Claude Bartolone semble en très bonne position pour devenir le quatrième personnage de l’Etat, selon nombre d’analystes politiques. L’ancien ministre de la Ville fait en effet figure de favori au perchoir sans compter qu’il peut compter sur son expérience et sa parfaite connaissance de l’Assemblée où il siège depuis 1981. L’actuel président du Conseil général y a ses réseaux et ses soutiens, un élément qui sera probablement déterminant dans la campagne interne. Qui plus est, l’homme semble déterminé, lui qui n’a finalement pas été nommé ministre dans le gouvernement Ayrault et qui espère bien décrocher le perchoir en guise de compensation.

JEAN GLAVANY, l’outsider :

L’ancien ministre de l’agriculture pense également avoir de sérieuses chances d’occuper le perchoir. Egalement vice-président de l’Assemblée et député des Hautes-Pyrénées depuis 1981, il est réputé pour connaitre parfaitement les rouages du Palais Bourbon. Toutefois, et malgré le fait qu’il se soit lancé dans la bataille notamment contre Ségolène Royal, il fait désormais plutôt figure d’outsider sans compter que sa disqualification change fortement la donne.

Trois candidatures et trois personnalités différentes s’affrontent donc pour conquérir le perchoir et succéder ainsi à Bernard Accoyer. Les députés socialistes devront trancher le 21 juin prochain, jour de la fête de Musique et accorder leurs violons pour trouver un consensus, sans compter que l’on s’achemine plutôt vers un duel entre Guigou et Bartolone, avec un Claude Bartolone clairement favori pour beaucoup. Toutefois, une surprise n’est pas à exclure, bien que peu probable.