Entre amertume et soulagement

Le 6 juillet 2005 est une date que Français et Britanniques n’oublieront pas. Surtout les Français.

Ce jour-là, le Comité International Olympique, par la voix de son président, Jacques Rogge, désignait Londres comme ville organisatrice des Jeux olympiques de 2012. Une annonce qui fut accueillie comme un coup de massue et qui fut difficile à digérer tant le soutien autour de la candidature parisienne était large et enthousiaste. Une véritable union sacrée autour de ce projet rassemblant aussi bien la majorité que l’opposition.

A cette époque, j’étais un jeune homme de vingt ans qui avait eu du mal à cacher sa déception à l’annonce du verdict sur mon écran de télévision. Pour moi, le dossier parisien était le meilleur pas seulement parce que je suis Parisien mais tout simplement car il était le plus abouti et surtout le plus réaliste. Paris 2012 devait être l’accélérateur devant permettre à toute une ville, une région et même un pays de se moderniser et montrer son savoir-faire notamment dans le cadre si particulier de la mondialisation. Comme l’explique Agnès Nobreca dans l’édition anglophone de France 24, « cela aurait été une opportunité d’améliorer les infrastructures de la ville et accueillir des visiteurs en provenance du monde entier ».

Sept ans après, l’amertume de tout un peuple est passé et le 6 juillet 2005 est désormais un souvenir. Il y a même un certain soulagement perceptible chez certains Parisiens, finalement bien contents que les Britanniques organisent les Jeux Olympiques, dans la mesure où ils n’auront pas régler la facture par la suite.

Car entre-temps, la crise est passée par là et l’organisation des Jeux d’été est devenue un souci financier supplémentaire pour le Royaume-Uni qui mise beaucoup sur l’évènement pour relancer son économie en ces temps compliqués. Entre temps, l’enthousiasme des Londoniens en a pris un sacré coup et nombre d’entre eux s’interrogent encore sur l’opportunité d’organiser un tel évènement même si la fête et la compétition en cours devraient sans doute convaincre les derniers sceptiques.

Cela explique sans doute le soulagement de certains Français quant à l’organisation et surtout le coût des JO de Londres dont la facture n’a cessé de gonfler ces sept dernières années. Un soulagement qui se traduit également par une certaine indifférence comme l’ont démontré la campagne d’Annecy pour les Jeux olympiques d’hiver de 2018, une campagne discrète qui a reçu un bien faible soutien populaire à l’inverse de celle de Pyeongchang en Corée du sud, ville qui fut finalement et largement désignée par le CIO en juillet 2011.

Parisiens quittant l’Hôtel de Ville, après l’annonce du CIO attribuant l’édition 2012 des JO à Londres, le 6 juillet 2005

La crise, sans compter trois grands échecs au CIO, explique sans doute l’attitude plus que prudente du Comité national olympique et sportif français mais également du gouvernement Ayrault, notamment vis-à-vis l’éventualité d’une nouvelle candidature française au JO d’été. A ce titre, les résultats de l’audit commandé par Valérie Fourneyron, l’actuelle ministre des Sports, seront sans doute très attendus dans la mesure où il doit analyser et expliquer les raisons du rejet de la candidature de Paris et d’Annecy par le CIO. Un audit important car il déterminera l’attitude du gouvernement français quant à l’opportunité ou non de soumettre une nouvelle candidature au Comité international olympique, malgré les encouragements de ce dernier – via son président Jacques Rogge – mais également les déclarations de François Hollande et Jean-Marc Ayrault. Le Grand Paris pourrait, à ce titre, être un atout majeur, une base sur laquelle pourrait s’appuyer la capitale ainsi que les autres acteurs locaux. Toutefois, reste à retrouver l’esprit et l’enthousiasme de 2005, ce qui ne sera une mince affaire sans compter qu’au bout du compte, nombre de Français – même s’ils ne s’opposeraient pas à une nouvelle candidature in fine – espèrent au bout du compte que les conclusions de l’audit donnent un résultat tout autre, à savoir dissuader le gouvernement de se lancer à nouveau dans l’aventure, comme l’explique si bien Ben McPartland, dans l’article de France 24.

PS : pour mémoire, le clip officiel de la candidature de Paris pour les JO de 2012 en 2005, un clip désormais collector sur fond de Serge Gainsbourg

Ici Londres !

Stade olympique de Londres à East End (Grande-Bretagne)

Après quatre ans d’attente, les Jeux Olympiques d’été s’ouvrent à Londres à compter du 27 juillet et ce, pour quinze jours de compétition et d’exploit.

Durant cette XXX° olympiade, je vous propose un carnet d’été sur cet évènement sportif planétaire, sous un œil et une analyse politique bien entendu. Il s’agit notamment de voir l’impact actuel et à venir des Jeux sur la Grande-Bretagne, ainsi que le rapport des Britanniques avec cet évènement hors-norme. L’occasion également de parler de l’olympisme et de la perception française notamment depuis les échecs successifs de 2005 et de 2011 pour l’obtention des Jeux Olympiques d’été comme d’hiver. Une rubrique que j’espère poursuivre sur place jusque c’est dans la capitale britannique que je vais passer mes vacances au lendemain de cette grande compétition.

Alors bonne quinzaine olympique sur actupol 3.0 !

Une question de transparence

Alors que la session extraordinaire du Parlement va bientôt s’achever et que les députés vont partir en vacances, petit retour sur la polémique concernant l’IFRM, une polémique qui n’est pas prête de s’éteindre à mon sens, d’autant plus qu’elle a traversé les frontières si je me réfère à un article de la BBC sur son site internet.

Charles de Courson, député UDI de la Marne

Il y a quelques jours en effet, Charles de Courson, député du Nouveau centre et membre du groupe UCI, avait déposé un amendement sur une réforme de l’Indemnité de représentation de frais de mandat en proposant notamment un contrôle sur les sommes non utilisées. Un amendement qui fut rapidement rejeté par les députés de l’opposition mais également par ceux de la majorité, socialistes en tête.

Pour rappel, et pour ceux qui s’y perdraient, l’IFRM est une somme – une sorte de réserve – allouée à chaque député lui permettant de se faire rembourser de certaines dépenses de fonctionnement dues à leur fonction comme la location d’une permanence parlementaire ou bien encore la publication d’un journal. Cette somme de 6 400 euros mensuels s’ajoute à l’indemnité mensuelle de 7 100 euros en plus des 9 000 euros leur permettant de recruter du personnel, notamment des assistants parlementaires et/ou des secrétaires à l’Assemblée comme en circonscription.

L’IFRM n’est cependant soumise à aucun contrôle, ce qui donne lieu à certaines dérives et des dépenses injustifiées. Cette pratique concerne l’ensemble des députés – toutes tendances confondues – et provoque quelques controverses comme celle concernant Pascal Terrasse, mis en cause pour avoir utilisé son IFRM à titre privé. Le député socialiste de l’Ardèche rejette toute accusation et met en avant sa bonne foi.

La proposition de Charles de Courson avait pour but de mettre de l’ordre dans certaines pratiques parlementaires et ce, dans un contexte de défiance de la classe politique. L’initiative est louable d’autant plus que ce n’est pas la première fois que les responsables politiques sont montrés du doigt. Ainsi en 2010, Christian Blanc, alors secrétaire d’Etat en charge du Grand Paris du gouvernement Fillon, avait du démissionner pour s’être offert des cigares cubains en utilisant des fonds publics et pour un montant de 12 000 euros. L’histoire avait fait scandale et était même révélatrice du rapport de nos chers dirigeants avec l’argent public surtout en ces temps de crise.

Il convient de rappeler que nombre de députés sont au clair avec leurs dépenses et font de leur IFRM, une utilisation tout à fait normale et honnête. Il ne s’agit donc pas de s’engager dans une chasse aux sorcières ou dans une course à la démagogie dans laquelle, il s’agirait de chaque député de jouer à celui qui est le plus honnête ou le plus transparent (et inversement). Toutefois, le contexte de la crise ainsi que des efforts demandés aux Français « obligent » d’une certaine manière les députés à montrer l’exemple afin d’éviter tout soupçon à terme. C’est dans cette logique qu’il faut comprendre la proposition de Charles de Courson qui craint que ce manque de transparence soit préjudiciable aux membres de la représentation nationale, à l’instar du scandale des notes de frais à la Chambre des communes britanniques en 2010.

Dès lors, la position des députés socialistes mais également de l’UMP reste pour le moins étrange d’autant plus qu’il s’agit là d’une occasion de repenser l’IFRM à défaut de le soumettre à un contrôle. Ainsi par exemple son montant pourrait être modulé en fonction des besoins des députés, les exigences d’élu en ville n’étant pas les mêmes que de celui venant d’un milieu rural. Qui plus est, une refonte de cette indemnité irait dans la droite ligne tracée par le président de la République et l’ensemble du gouvernement qui a réduit de 30% le montant de leurs indemnités respectives, crise oblige.

Aussi, le débat sur l’IFRM ne fait sans doute que commencer et souligne assez justement le rapport des élus à l’argent public et à son utilisation. Dans un contexte de crise et de défiance envers la classe politique, la question soulevée par Charles de Courson aurait eu le mérite d’être sérieusement étudiée sans aucun tabou et non balayée d’un revers de la main par la majorité. En effet, une telle attitude ne peut que renforcer le sentiment d’opacité, ce qui est préjudiciable en démocratie. De fait, on est encore loin de l’exemple scandinave où on ne rigole absolument pas avec l’utilisation de l’argent public comme le rappelle si bien la mésaventure qu’a connu Mona Shalin en 1995 relatif à l’affaire Toblerone[1]. Un exemple que nos députés devraient garder en tête afin de se prémunir de tout scandale à l’avenir et du retour de flammes qui s’en suivrait alors.


[1] Alors ministre et pressentie pour devenir le leader du SAP (le parti social-démocrate suédois), elle fut contrainte à la démission, mise en cause dans l’utilisation de sa carte bancaire professionnelle à des fins privées malgré le fait qu’elle ait avancé sa bonne foi.

La journée de la robe

Alors que l’été fait (enfin !) son apparition, certains hommes semblent encore rappeler aux femmes qu’elles sont des femmes avec une certaine inélégance et dont Cécile Duflot en a fait les frais.

Mardi dernier, la ministre du logement, portant une robe, répondait, au nom du Premier ministre, à une question de Jean-Christophe Fromentin, député centriste des Hauts-de-Seine, lorsqu’arrivé au micro, elle est accueillie sous les sifflets et autres réflexions machistes de la part de parlementaires de l’opposition. La jeune ministre ne s’est pas laissée débiner et a même lancé un regard désapprobateur à l’attention des députés concernés, Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, ayant lui aussi fait part de sa désapprobation.

Il faut dire que ce n’est pas la première fois que l’ancienne secrétaire générale d’Europe Ecologie-Les Verts fait l’objet de remarques pour le moins déplacées en raison de sa tenue vestimentaire. Déjà en mai dernier, cette dernière était arrivée en jean au premier Conseil des ministres, ce qui avait suscité les critiques acerbes de… Nadine Morano et de Valérie Pécresse qui y voyaient là une entorse au protocole républicain.

Les réactions plus que limites de certains députés UMP qui en dit long sur la véritable place des femmes dans la vie politique française. A l’heure où nos chers responsables politiques vantent l’égalité homme-femme, l’attitude de certains élus et d’une manière plus large de l’ensemble des partis montre qu’il y a encore du travail pour que les femmes soient considérées comme des responsables politiques à part entière et qu’elles méritent à ce titre le respect et tout particulièrement Cécile Duflot. Porter une robe – surtout en ce temps estival – ne vous rend pas moins crédible, compétente, et surtout légitime ce que semblent oublier certains élus de l’opposition (mais pas seulement). A ce propos, Bernard Debré, député et conseiller de Paris, n’en est pas en reste, ce dernier ayant déclaré au sujet de l’éventuelle candidature de Rachida Dati qu’il n’était pas sur que « Vuitton ou Dior ait sa place à ce niveau-là« , une manière très maladroite de disqualifier l’ancienne Garde des Sceaux sur son apparence en lieu et place de sa compétence (du moins supposée !)

Rachida Dati (députée européenne PPE et maire du VII° arrondissement de Paris) et Bernard Debré (député de Paris) lors d’une séance du Conseil de Paris

Car un tel problème dépasse largement le clivage gauche – droite dans la mesure où il concerne l’ensemble des partis. On a souvent reproché à l’UMP de préférer payer des amendes pour non-respect de la parité au lieu d’investir des femmes dans le respect de la loi. Néanmoins, le machisme et autres attitudes plus ou moins affligeantes touchent l’ensemble de la classe politique française soulignant un petit peu plus la place encore particulière de la femme politique même encore en 2012. A ce titre, on peut rappeler les propos plus que limites de certains Eléphants socialistes qui se demandaient « qui allaient garder les enfants » de Ségolène Royal alors que cette dernière s’apprêtait à proposer sa candidature à l’élection présidentielle de 2007.

La « mésaventure » de la ministre du logement reste néanmoins instructive et surtout être utile pour la suite. A ce titre, l’attitude de Cécile Duflot est remarquable dans le fait où elle ne s’est pas défilée tout en minorant l’incident, tournant en ridicule les députés concernés. Le machisme a cependant encore de beaux jours devant lui et la France restera loin derrière les pays scandinaves (Suède en tête) tant qu’elle aura au sein de l’Assemblée nationale des parlementaires qui préféreront se concentrer sur du détail qu’au discours d’une ministre.

Toujours est-il qu’il y a une personne qui doit bien se frotter les mains : le tailleur de Cécile Duflot qui ne s’attendait pas à tant de publicité !

NKM, droite dans ses bottes

 

Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie (2010 – 2012), porte-parole de Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle de 2012 et actuelle députée-maire UMP de Longjumeau

Alors que l’affrontement Copé – Fillon pour le leadership de l’UMP se prépare, d’autres personnes espèrent tirer leur épingle du jeu, comme Nathalie Kosciusko-Morizet.

L’ancienne ministre de l’Ecologie vient, au sein de l’UMP, en effet de fonder son mouvement, « La France Droite » où elle entend à sa façon peser sur les débats à venir lors du congrès de novembre prochain dans lequel sera élu un nouveau président. Un mouvement qui se veut dans la fidélité à l’action menée par Nicolas Sarkozy, NKM ne reniant en rien ses convictions vis-à-vis de l’ancien président de la République.

L’actuelle députée-maire de Longjumeau dévoile à son tour ses ambitions. Elle entend jouer un rôle majeur au sein du premier parti d’opposition et pourquoi pas en prenant la tête de l’UMP à l’automne prochain. A ce titre, elle revendique l’héritage du sarkozysme et sa fidélité aussi bien à l’idée qu’à l’homme, déclarant même à L’Express être « totalement sarkozyste ». Dès lors, l’ancienne porte-parole n’hésite pas à faire le tour des fédérations pour défendre mais surtout distiller ses idées, une manière assez subtile et cocasse de faire campagne sans en avoir l’air.

François Fillon (alors Premier ministre) et Nathalie Koscisuko-Morizet durant la campagne présidentielle de 2007

Bien que NKM ne se soit pas officiellement déclarée, il parait de plus en plus probable que cette dernière se présente à la présidence de l’UMP en novembre prochain contre François Fillon (déjà déclaré) et Jean-François Copé, l’actuel secrétaire général. En effet, face à l’affrontement entre l’ancien Premier ministre et l’actuel député-maire de Meaux, l’ancienne ministre veut apparaître comme une troisième voie, et incarner une droite qui s’assume et qui ne veut en aucun cas appliquer le droit d’inventaire du sarkozysme, histoire surtout de rassurer certains militants.

Une éventuelle candidature de NKM pourrait servir de recours pour certains ténors de l’UMP qui n’ont toujours pas choisi leur camp et/ou qui ne veulent pas choisir entre Fillon et Copé (de peur d’insulter l’avenir). Aussi, l’ancienne ministre compte sur sa notoriété et sa stature politique pour peser à terme et dans la perspective de l’élection présidentielle de 2017 surtout si elle n’est pas en situation de s’imposer face aux deux principaux favoris.

Car si NKM vise la présidence de l’UMP, il n’en demeure pas moins qu’elle dispose de peu de troupes au sein de son parti, ce qui constitue un handicap majeur face à Fillon et Copé. Qui plus est, elle sait qu’elle a besoin de temps pour être bien identifiée auprès des Français, surtout dans la perspective des primaires de 2016 qui doivent désigner le candidat de l’UMP. Aussi, NKM cherche – via une éventuelle candidature à la présidence de son parti – à se montrer indispensable pour la suite. En d’autres termes, sa candidature est un moyen, une solution pour exister et imposer ses vues à l’intérieur du premier parti d’opposition, quitte à négocier un ralliement au plus offrant par la suite.

Aussi, Nathalie Kosciusko-Morizet cherche à tirer profit de l’affrontement à venir entre Jean-François Copé et François Fillon en se montrant comme une éventuelle alternative mais également indispensable aussi bien pour l’un comme l’autre. En agissant de la sorte, elle espère être utile pour servir au mieux ses ambitions futures.

Lionel reprend du service

L’ancien Premier ministre (1997 – 2002) et premier secrétaire du PS Lionel Jospin (1981 – 1988 puis 1995 – 1997), le 4 juillet 2012 à Paris

Lionel Jospin reprend du service. En effet, il vient d’être chargé par François Hollande de présider une commission devant réfléchir à la moralisation de la vie politique. Cette commission devra entre autres, faire des propositions concernant le financement des partis politiques et des campagnes électorales mais également le non-cumul des mandats sans oublier l’éventuelle réforme du mode de scrutin (avec l’introduction d’une dose de proportionnelle aux prochaines législatives)

Une commission dans laquelle siègera Roselyne Bachelot, ancienne ministre de la Solidarité sous le gouvernement Fillon mais également des universitaires tels que Jean-Claude Casanova (le président de la Fondation Nationale des Sciences Politiques), Julie Benetti (professeur à l’université de Reims) sans oublier des magistrats comme Chantal Arens (présidente du tribunal de grande instance de Paris) et Jean-Louis Gallet, conseiller à la Cour de cassation.

Je dois avouer que le choix de l’ancien Premier ministre est quelque peu surprenant même s’il parait parfaitement justifié en raison de l’intégrité et du sérieux de ce dernier. Lionel Jospin est en effet un homme qui est connu pour son probité et sa compétence sans oublier sa grande intelligence sans compter qu’il est détaché de toute action politique depuis 2002 et son retentissant échec au premier tour de l’élection présidentielle. Aussi, l’homme peut faire part de son expérience mais aussi de son regard particulier sur la vie politique française et son évolution pour faire émerger certaines idées et propositions. Toutefois, reste à savoir si cette future commission – dont les travaux doivent être rendus publics pour début novembre – trouvera l’audace de faire de véritables recommandations et surtout si ces recommandations seront suivis des faits par nos chers responsables politiques.

François Hollande et Lionel Jospin, à Toulouse, lors du second tour de l’élection présidentielle, le 3 mai dernier

Car si l’intention de François Hollande est louable – sans compter qu’il a fait de la moralisation de la vie politique, un de ses chevaux de bataille durant la campagne présidentielle – reste à savoir si une telle entreprise apportera des solutions concrètes et surtout mises en oeuvre par des responsables politiques qui ont parfois du mal à mettre en application des principes pourtant acceptés par tous, la récente discussion sur le non-cumul des mandats au sein de la majorité l’a récemment montrée. Sans compter que l’idée n’est pas nouvelle en soi dans la mesure où cela fait deux décennies que le législateur tente de moraliser la vie politique, sans véritable succès et même de volonté.

De fait, la Commission Jospin, pour gagner en crédibilité (et donc en respectabilité) devra montrer qu’elle est avant tout utile au débat politique et que ses recommandations seront suivies des faits. Il devra surtout, via ses propositions, initier une réflexion profonde sur la pratique politique en France afin de réconcilier les Français avec la politique. Il s’agit même là d’une sorte d’impératif, la défiance de nos concitoyens envers nos institutions et responsables politiques demeurant encore importante comme le rappelle le taux de participation aux récentes élections législatives.

Aussi, la tâche de Lionel Jospin s’annonce quelque peu hardi, lui qui doit avant tout démontrer que sa présence à la tête de la Commission est avant tout utile, certains s’interrogeant toujours sur la pertinence d’un tel choix et qui considèrent cela comme une sorte de services rendus – à l’instar d’Edouard Balladur lorsque ce dernier fut nommé à la tête de la commission sur la réforme de la Constitution par Nicolas Sarkozy en 2007 –, comme le laisse assez clairement sous-entendre un article de L’Express.

Un Quatorze Juillet (presque) normal

François Hollande, en compagnie du Chef-Amiral Edouard Guillaud lors la revue des troupes lors du traditionnel défilé militaire du Quatorze Juillet

Samedi dernier, avait lieu le traditionnel défilé militaire du Quatorze Juillet, sous un temps nuageux et gris, sur les Champs-Elysées en présence du président de la République, du Premier ministre et de l’ensemble du gouvernement mais également de Martin Schulz, président du Parlement européen.

Un défilé présidé pour la première fois par François Hollande en tant que chef des armées et qui se voulait dans la sobriété et dans le retour à la tradition. Ainsi, le chef de l’Etat s’en est tenu au protocole et à sa fonction même s’il a en profité pour partir à la rencontre du parachutiste qui fut sérieusement blessé après s’être mal réceptionné devant la tribune présidentielle à l’issue d’un exercice de figuration.

Une journée du Quatorze Juillet qui fut également marquée par le retour du traditionnel entretien télévisé piloté par Laurent Delahousse (pour France 2) et Claire Chazal (pour TF1). Durant trois quart d’heure, le chef de l’Etat est notamment revenu sur l’annonce de la fermeture de l’usine PSA d’Aulnay mais aussi sur sa politique économique et sociale où il entend maintenir le cap qu’il s’est fixé. Il est également revenu sur l’affaire du tweet provoqué par sa compagne Valérie Trierweiler, de la polémique qui s’en est suivi et qui fut relancé par son fils aîné, considérant qu’il s’agit d’une affaire d’ordre privée et que les déclarations relatives à celles-ci devaient se faire dans ce cadre.

Plus de deux mois après sa victoire à l’élection présidentielle et sa prise de fonction, François Hollande cherche à renouer avec les Français tout en poursuivant son entreprise de liquidation du sarkozysme. Aussi, cherche-t-il toujours à apparaître comme un homme simple, au contact de ses compatriotes, histoire de dire qu’il est proche de leurs préoccupations malgré sa stature internationale.

L’exercice parait compliqué mais essentiel dans un contexte économique et international trouble dans lequel nombre de compatriotes espèrent le changement promis par l’actuel chef de l’Etat. Ce dernier ne s’est d’ailleurs pas trompé en voulant se montrer compréhensif, à l’écoute, mais aussi et surtout pédagogue pour expliquer et défendre sa politique actuelle. Une prise de position et une attitude largement saluée par Martine Aubry, la première secrétaire du Parti socialiste qui voit dans le discours de Hollande « une autre façon de faire de la politique »

Toujours est-il que le premier Quatorze Juillet de François Hollande en tant que président de la République fut finalement assez réussi, lui qui voulait insister sur la sobriété tout en renouant avec la tradition, jouant ainsi sur son image de président normal proche des Français. Ainsi, a-t-il profité de la Fête nationale pour ouvrir les jardins de l’Elysée aux badauds, voulant une nouvelle fois marquer sa différence avec son prédécesseur.

En clair, ce fut un Quatorze Juillet (presque) normal !

Les nouvelles ambitions de Jean-Christophe Lagarde

Jean-Christophe Lagarde, député de Seine-Saint-Denis et maire de Drancy, fondateur de la Force européenne démocrate, nouveau parti centriste

De retour sur le blog après quelques jours bien chargés aussi bien sur le plan personnel que professionnel. Plusieurs jours en effet bien chargés et qui m’ont quelque peu fatigué mais qui ont également permis de prendre le recul nécessaire sur cette trépidante et folle vie politique.

Et juste avant de revenir sur le premier défilé du 14 Juillet de François Hollande, en tant que président de la République, je souhaitais évoquer une info qui est passée inaperçue mais qui n’en demeure pas moins essentielle politiquement parlant, surtout au sein de la galaxie centriste.

Jean-Christophe Lagarde, député de Seine-Saint-Denis et maire de Drancy, vient en effet de créer un nouveau parti, la Force européenne démocrate. Un parti démocrate-chrétien qui rassemble pêle-mêle, des ex-membres du Modem, du Nouveau Centre mais aussi des membres de la Gauche Moderne et dont l’objectif est de former une grande confédération du centre sur la base de l’ex-ARES (Alliance républicaine, écologiste et sociale) mort-née.

La formation fondée et présidée par l’actuel premier magistrat de Drancy s’ajoute donc à la longue liste des partis et autres mouvements qui se sont formés suite à l’éclatement de l’UDF en 2007 et qui se revendiquent toutes de l’héritage de son initiateur, Valéry Giscard d’Estaing, ajoutant un peu plus de confusion dans une galaxie centriste sans dessus dessous et dont les ambitions personnelles de certains se font de plus en plus nettes.

Jean-Christophe Lagarde n’échappe pas à la règle et affiche, de fait, et de manière très claire, ses nouvelles ambitions, lui qui après avoir été un fidèle de François Bayrou en 2007, s’est rallié à Nicolas Sarkozy au lendemain de l’élection présidentielle en rejoignant le Nouveau Centre d’Hervé Morin pour ensuite le quitter après avoir durement critiqué les ambitions présidentielles de l’ancien ministre de la Défense. En formant la FED, Jean-Christophe Lagarde cherche moins à fédérer les centristes autour d’un nouveau projet collectif et de Jean-Louis Borloo mais plutôt de former sa propre chapelle politique en parlant à son compte et en attendant que son heure arrive enfin.

Jean-Christophe Lagarde, lors de la campagne de François Bayrou, candidat à la présidentielle en 2007

De fait, Jean-Christophe Lagarde aurait pu profiter des multiples rétropédalages d’Hervé Morin pour s’imposer au sein du Nouveau Centre, lui qui rêvait de devenir calife à la place du calife. Toutefois, la FED est également un moyen pour l’actuel député-maire de se refaire une virginité politique en se dissociant d’un parti qui a soutenu sans réserve la politique menée par la précédente majorité entre 2007 et 2012 tout en s’affirmant dans l’opposition face à la majorité socialiste-écologiste actuelle. Qui plus est, la récente défaite de François Bayrou aux législatives et sa marginalisation accélérée sur la scène politique marque une occasion inattendue pour l’ambitieux Lagarde qui espère récupérer l’espace désormais laissé vacant par l’ancien candidat à la présidentielle même s’il entend travailler en toute intelligence avec Jean-Louis Borloo au sein du groupe de l’Union Démocrate et Indépendante à l’Assemblée nationale.

Car rien ne dit que celui qui est le porte-parole de groupe hétérogène (qui rassemble l’ensemble des composantes centristes) sera indéfiniment et totalement loyal envers l’ancien ministre de l’Ecologie de François Fillon. Jean-Christophe Lagarde roule désormais pour lui-même et espère bien peser au sein de l’opposition dans les mois et années à venir. L’homme est résolument ambitieux et fera de tout son possible pour atteindre l’objectif qui s’est fixé quitte à trahir et à nouer de nouvelles alliances politiques le moment venu. Aussi, Jean-Christophe Lagarde doit sans doute suivre avec grand intérêt la bataille qui s’engage au sein de l’UMP entre François Fillon et Jean-François Copé pour la direction du parti afin de se déterminer le moment venu, à moins que cela ne soit déjà fait !

Les projets ambivalents de Martine Aubry

Harlem Désir, député européen et actuel numéro deux du Parti socialiste

Et si Martine Aubry prolongeait finalement son bail à la tête du Parti socialiste ?

Ce lundi, Harlem Désir, numéro deux du parti a déclaré à l’AFP (Agence France Presse) qu’il ne se présenterait pas au poste de Premier secrétaire si Martine Aubry se représentait, confirmant une information dévoilée au Figaro, il y a quelques jours.

Bien que passés relativement inaperçues, les propos de l’actuel député européen n’en demeurent pas moins instructifs notamment les véritables intentions de l’actuelle maire de Lille. En avril dernier, elle avait toutefois déclarée qu’elle ne briguerait un nouveau mandat à la tête du Parti socialiste considérant que sa tâche fut accomplie, à savoir rénover le parti, remporter les élections locales et nationales et surtout désigner un candidat à la présidentielle à travers l’organisation des primaires. Suite à son annonce, Harlem Désir et Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris et secrétaire national du PS en charge de l’International, avait officiellement fait acte de candidature.

A quelques semaines du congrès de Toulouse, les spéculations restent vives quant à l’avenir politique de Martine Aubry et le doute subsiste. L’ancienne ministre de l’Emploi et de la Solidarité reste discrète quant à ses projets mais pourrait, si on en croit les déclarations d’Harlem Désir, finalement rester à la tête du Parti socialiste, notamment pour continuer à jouer un rôle majeur dans la majorité, à défaut d’être au gouvernement.

Martine Aubry, actuelle maire de Lille, premier secrétaire du Parti socialiste

Sans compter qu’un nouveau mandat de Martine Aubry à la tête du Parti socialiste ferait les affaires de tous. De l’intéressée qui pourrait ainsi continuer à avoir une assise nationale tout comme de François Hollande qui a besoin d’un parti structuré et surtout en ordre de bataille notamment au sein d’une gauche française dont certains de ses éléments seraient tentés à ruer dans les brancards afin de mieux se faire entendre tel le Front de gauche et dans une moindre mesure les Verts. Forte de ses relations avec les autres partis, le maintien de Martine Aubry à la tête du Parti socialiste pourrait s’avérer fort précieux pour un François Hollande qui aura à cœur de calmer les velléités à venir de ses partenaires et autres soutiens politiques notamment dans le cadre de l’action gouvernementale et des décisions prises par le gouvernement.

D’autant que rester à la tête du Parti socialiste constituerait un net avantage pour Martine Aubry qui pourrait continuer à exister politiquement et essayer de peser sur la stratégie gouvernementale de Jean-Marc Ayrault, elle qui s’était préparée à devenir Premier ministre jusqu’à ce que François Hollande en ait décidé autrement. Martine Aubry le sait, elle a besoin d’une assise nationale et doit surtout se rendre utile et donc servir d’éventuel recours. Sa présence, rue de Solferino, pourrait dès lors s’avérer comme un atout majeur pour la suite sans compter qu’il soit peu probable qu’une autre candidature émerge pour lui barrer la route et donc contester sa légitimité dans le cas où elle se présenterait. C’est d’ailleurs tout le sens de la récente déclaration d’Harlem Désir qui, sans doute par loyauté, préfère sans doute s’effacer au bénéfice de l’ancienne ministre.

Jean-Marc Ayrault, premier ministre, en compagnie de Martine Aubry, le 7 juin dernier lors du premier tour des législatives

De fait, il est difficile de savoir ce que veut concrètement l’actuelle maire de Lille mais il est fort à parier qu’elle ne se contentera pas de jouer les seconds rôles, elle qui aurait finalement bien aimé devenir Premier ministre de François Hollande, en guise de reconnaissance et de loyauté affichée durant toute la campagne présidentielle. Et même si certains analystes politiques considèrent qu’elle a peu de troupes au sein du Parti socialiste, le fait qu’elle détienne le parti reste un point non négligeable sur lequel elle peut s’appuyer pour continuer à peser au sein de la majorité notamment face au Premier ministre envers qui elle se pose en partenaire loyale mais vigilante.

Génération 1992

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