Dans les coulisses d’une campagne #10

#10 : 6 mai, 21 heures 27. Place de la Bastille

6 mai 2012. 21 heures 27, place de la Bastille. Je suis assis sur un rebord de l’Opéra en face d’un kiosque à journaux attendant des amis. La nuit est en train de tomber, la place est noire de monde et il y a une ambiance de fou. Je prends mon I-Phone, me connecte sur Facebook et écris sur mon mur :

« Place de la Bastille, 21h27. Ravi mais j’ai encore du mal à réaliser, tellement c’est un truc de fou ! Il l’a fait alors que personne n’y croyait il y a encore un an ! Hollande président ! HOLLANDE PRÉSIDENT ! »

Quelques heures auparavant, dans la matinée. Je me dirige dans mon bureau de vote pour participer au second tour de la présidentielle. J’y vais en famille puisque ma mère, mon père et mon petit frère sont avec moi. Le temps est très couvert mais qu’importe ! Il y a du monde au gymnase Léo Lagrange. Je me rends dans l’isoloir, glisse le bulletin « François Hollande » dans l’enveloppe, prend une photo pour la postérité et me dépose mon enveloppe dans l’urne. Il est près de 11 heures, j’ai officiellement voté.

Ayant rempli mon devoir de citoyen, j’ai l’occasion rare de le faire une seconde fois puisque Lucie, une de mes amies, m’a donné procuration pour voter à sa place. Direction, l’école maternelle Roger Salengro pour voter une nouvelle fois en faveur de François Hollande ! Il est environ 11 heures 30, il ne reste plus qu’à attendre le verdict.

Durant toute l’après-midi, je reste collé à l’écran de mon ordinateur et suis avec attention mon fil Twitter. Je suis avec anxiété les dernières infos et indiscrétions sur les sites belges. Vers 13 heures 30 – 14 heures, les premiers résultats tombent : Hollande a écrasé Sarkozy en Guadeloupe et en Martinique, avec près de 70% des voix, ce qui augure de bonnes choses pour la suite. Puis, vers 15 heures, un premier sondage sorti des urnes et publié sur La Libre Belgique et repris par Le Soir donne Hollande gagnant avec 53% des suffrages. Je reste méfiant, la tendance peut encore être contredite mais cela s’annonce plutôt bien.

17 heures : je ne suis plus sur l’ordinateur mais toujours collé à mon fil Twitter via mon I-Phone. Je ne quitte plus les tweets et autres déclarations en message codé. La tendance reste inchangée, Hollande est bien parti pour être le nouveau chef de l’Etat. Je reste encore prudent mais réalise peu à peu que Sarkozy est sur le point d’être battu. Je devrais être ravi mais je contiens ma joie. Il est encore trop tôt pour crier victoire, je crains toujours une victoire sur le fil de Sarkozy ou pire que les instituts de sondages se soient trompés. Entretemps, je m’amuse à relayer le résultat en message codé, en mode « Radio Londres », prétextant vouloir un billet Thalys pour Amsterdam à 53 euros pour 20 heures.

Vers 18 heures. J’en suis désormais certain, François Hollande sera le nouveau président de la République française. On parle même d’estimation sur le site de la RTBF. Je me rends alors rue de Solferino, au siège du PS. Bus, métro, RER et de nouveau le métro… je descends à la station « Solferino ». Le quai est bondé comme jamais. Des militants et des sympathisants qui crient : « François Président ! ». L’affluence est telle que les responsables de la RATP nous demandent d’emprunter la seconde sortie qui donne sur le Boulevard Saint-Germain.

Boulevard Saint-Germain, le 6 mai 2012, vers 19 heures

Ce même boulevard est rempli au point qu’il est difficile de se frayer un chemin. La foule est chantante, enthousiaste, heureuse d’être là. On danse, on installe en haut des abribus, on entend des percussions de tam-tam, on prend des photos… Il y a tellement de monde que je n’arrive pas à joindre Morgane pour qu’on se retrouve, le réseau est saturé ! Qui plus est, je n’arrive pas à avancer et à me diriger rue de Solferino sur laquelle est installé un écran géant. En attendant, je suis l’édition spéciale de France 2, non pas sur mon I-Phone (le réseau 3 G est indisponible) mais sur celui d’un badaud qui a encore du réseau… jusqu’à que son téléphone perde le signal à seulement une minute trente de l’annonce des résultats.

19 heures 59 : le décompte est lancé. La foule se prépare, elle sait que Hollande a gagné la présidentielle mais fait comme si. 20 heures : les cris et les clameurs de joie prennent place. François Hollande est officiellement élu président de la République. La foule est en délire et crie : « Sarkozy, c’est fini ! ». Les premières bouteilles de champagne sont ouvertes pour fêter ce jour historique. Curieusement, je n’explose pas de joie. Il faut dire que je suis seul et qu’il n’y a aucun de mes amis pour partager ce moment si spécial. Qui plus est, j’ai encore du mal à réaliser ce qui se passe.

J’arrive à m’engouffrer rue de Solferino et aperçois l’écran géant. Nicolas Sarkozy, président déchu, prend la parole, il est rapidement et copieusement sifflé. Puis direction, La Bastille, Morgane m’ayant laissé un message sur mon portable et me disant qu’elle se dirigeait là-bas finalement.

Direction, la place de La Bastille alors. Je passe par la place de la Concorde pour prendre le métro et celle-ci est désespérément vide. C’est là où Nicolas Sarkozy devait fêter sa réélection. La fête n’aura pas lieu au bout du compte. Je prends ensuite la ligne 1 du métro à la station « Concorde ». Le quai est bondé et la foule crie « Hollande président », suivi de « Sarkozy c’est fini ». 10 minutes après, j’arrive place de la Bastille et me pose du côté de l’Opéra, attendant Morgane et ses amis.

Place de la Bastille, aux alentours de 23 heures

21 h 27. Après avoir posté mon message sur Facebook, j’attends toujours. La foule est telle qu’il me parait compliqué de voir mes potes. Je quitte donc l’Opéra pour prendre des photos et me mélanger à cette foule. Je n’arrive toujours pas à réaliser. Hollande a gagné la présidentielle, la gauche est retour à l’Elysée ! La nuit est désormais tombée et le concert en l’honneur de la victoire du candidat socialiste se poursuit. Je fais le tour de la place et regarde cette colonne de Juillet envahie de monde. J’ai vraiment du mal à me frayer un passage et tente de trouver des copains à moi, impossible en raison de l’affluence. Malgré tout ce beau monde, j’ai réussi à croiser Guy Bedos, qui était là incognito et même Michel Destot, le maire de Grenoble !

Vers 23 heures. Après avoir mangé un énorme sandwich – les baraques à frites ont du pas mal en profiter ce soir là ! – je prends le métro et rentre chez moi. Non pas que je m’ennuyais mais tout simplement parce que je devais anticiper en raison d’un arrêt de travail des conducteurs de bus du dépôt RATP de Pavillions-sous-Bois qui voulaient protester contre l’agression dont fut victime un de leurs collègues, la nuit précédente. C’est finalement de chez mes parents que je verrais l’arrivée triomphale du président élu au Bourget puis à place de la Bastille.

C’était il y a tout juste une semaine.

Dans les coulisses d’une campagne #9

#9 : retour sur la soirée du premier tour (dimanche 22 avril)

La campagne étant ce qu’elle est – exigeante, stressante et surtout fatigante – je n’ai pas eu le temps de revenir à mon carnet de route sur la présidentielle et sur les coulisses de celle-ci. A cela, s’ajoutent quelques activités parallèles (comme la recherche toujours aussi longue de mon premier emploi et la gestion d’un projet associatif) et vous avez un Gilles pas loin de la (grosse) rupture de charge. Ainsi, j’ai finalement préféré me reposer chez moi et ne pas aller au meeting parisien de Hollande, dimanche dernier. Bien dommage mais il faut savoir dire « stop » des fois, la santé avant tout !

Toujours est-il que j’avais envie de vous raconter cette soirée électorale du premier tour, une soirée qui a vu le candidat socialiste réaliser un très bon score, arrivant en tête de cette élection présidentielle.

Quelques heures auparavant, je m’étais acquitté de mon devoir de citoyen en allant voter de bonne heure à mon bureau de vote. Le gymnase Léo Lagrange accueillait les habitants du quartier De Lattre mais il paraissait assez clairsemé. Un peu inquiet, je m’interroge alors sur la participation à venir et j’en fais part au gardien qui me rassure malgré tout. Je pars ensuite accomplir mon droit de vote en compagnie de ma mère. A l’intérieur, je me présente, montre ma carte d’électeur et ma carte d’identité, prends l’ensemble des bulletins qui me sont proposés (histoire qu’on ne sache pas pour qui je vote), me dirige dans l’isoloir, glisse un nom dans l’enveloppe (inutile de vous dire lequel !), sort de l’isoloir, fait rapidement la queue, me présente au président du bureau, donne ma pièce d’identité et ma carte d’électeur, et glisse enfin mon enveloppe après que le président ait décliné mon prénom. Il est aux alentours de 9 h 45, j’ai officiellement voté.

La journée se passe tranquillement, je m’informe des premières tendances sur internet. Pas besoin d’aller loin, il suffit de se rendre sur les sites d’information belges qui communiquent les résultats définitifs des Outremers. Ah, nos chers voisins d’Outre Quiévrain ! Avec eux, tu as les résultats deux heures en avance mais tu as un gouvernement un an après écrira quelqu’un sur Twitter plus tard. Bien vu comme remarque ! Malgré tout, je suis satisfait des résultats dans les Antilles et à la Réunion, Hollande semble être en tête, il reste plus qu’à attendre la tendance générale.

Vers 18 heures, les choses semblent se préciser. Hollande et Sarkozy seront bel et bien au second tour et le candidat socialiste arrive en tête. Soulagement et prudence à la fois surtout lorsqu’arrive l’estimation du score de Marine Le Pen, compris entre 18 et 22%. Curieusement, cela ne me surprend que très peu, même si cela me réjouit peu ! C’est surtout le signe que la stratégie de droitisation de l’agité de l’Elysée s’est fracassée et que la leader du FN en a tiré les marrons du feu. Quant au score de Mélenchon (11,7%), il est un peu décevant surtout quand on pense à la campagne qu’il a mené. Mais bon, l’essentiel est là, Hollande en tête et Sarkozy avec un score bien en deca qu’il avait fait en 2007.

20 heures. David Pujadas annonce officiellement le nom des deux finalistes. Je suis devant mon poste de télévision, pas de réaction particulière. Non pas parce que je savais depuis quelques heures mais parce que je sais qu’une nouvelle campagne commence. La nuit tombe progressivement, sur les coups de 21 heures 15, je pars de chez moi pour rejoindre le QG de François Hollande pour la soirée électorale du premier tour.

N’ayant pas pu avoir d’accréditation pour me rendre au siège du PS pour assister aux résultats, c’est avec joie que je me rends au 59 de l’avenue de Ségur pour suivre la suite de la soirée. Arrivé au QG, l’ambiance est à la fois décontractée et sereine. Hollande est en tête mais l’objectif n’est pas encore atteint, il reste deux semaines. Dans la salle, on twitte, on échange sur Facebook, on poste les premiers billets à chaud sur son blog, on se restaure aussi, un buffet a spécialement été dressé pour l’occasion. L’heure tourne, je croise à Juan de Sarkofrance, sans doute satisfait du résultat. « Sarko s’est pris une claque ! » me dit-il. C’est vrai qu’avec seulement 27% des voix, le président sortant réalise un score bien bas pour la droite républicaine française !

Arrive ensuite, Romain Pigenel, le responsable du pôle influence de la campagne numérique de François Hollande. Il se félicite du score de notre candidat, insiste sur le fait que la droite a réalisé un faible résultat et que le rapport gauche – droite nous est largement favorable. Puis, point d’orgue de la soirée : François Hollande en passage à son QG aux alentours de 1 heure du matin.

C’est donc tout naturellement que je suis resté pour assister au retour de celui qui va peut-être devenir président de la République. A 20 heures, il était à Tulle où il a prononcé son discours à l’annonce des résultats. Quelques heures après, on le voit atterrir à l’aéroport du Bourget et se diriger au 59 Ségur sous l’œil des caméras de BFM TV. La voiture s’engage sur l’autoroute A1 puis sur le périphérique et enfin dans les rues de Paris. Notre candidat arrive bientôt, il sera accueilli avec les honneurs.

1 heure 15. François Hollande arrive à son QG. Les bloggeurs et twittos que nous sommes lui faisons une haie d’honneur. Tout sourire malgré une journée fatigante et stressante (on peut s’en douter), le candidat a encore le temps et l’énergie nécessaire de nous saluer. Pour nous c’est un peu une récompense même je n’aurai satisfaction que le 6 mai, lorsqu’il sera élu à la présidence de la République.

L’ambiance est chaude, malgré nos mines et je trouve l’énergie de scander « On va gagner » comme le montre cette vidéo :

François Hollande nous quitte alors. Avant de réfugier dans son bureau pour rédiger sa profession de foi pour le second tour, il nous quitte en disant : « tweetez bien ! ». La soirée se termine. Il est plus d’une heure et demie. Romain se fait interviewer par BFM TV et je remballe mes affaires. On rentre groupés et certains prennent un taxi. Pour moi, cela sera le Noctilien et c’est parti pour plus d’une heure de trajet jusqu’à Bondy. Le second tour ne fait que commencer, nous sommes désormais à quinze jours du changement.

Dans les coulisses d’une campagne #8

#8 : Meeting à domicile (lundi 26 mars)

Quelques jours auparavant. Je consultais mon profil Facebook lorsque Gilbert Roger, ancien maire de ma commune et désormais sénateur de Seine-Saint-Denis, lance une grande annonce : François Hollande tiendra meeting le 26 mars au Palais des Sports après s’être rendu dans les quartiers à la rencontre des habitants.

L’annonce n’a pas tardé à être diffusée sur le fameux réseau social et confirmée les jours suivants notamment sur les murs de la ville qui furent placardées d’affiches indiquant l’heure et surtout le lieu qui avait changé. Exit le Palais des Sports (officiellement pour cause de tournoi de judo), c’est finalement à l’Hôtel de ville qu’aura lieu le meeting.

Jour du meeting. Je me prépare pour écouter le candidat socialiste à la présidentielle. L’exercice ne devrait pas être difficile pour lui, Bondy est une ville socialiste depuis la Seconde Guerre mondiale et la droite quasi-inexistante. On devrait recevoir pas mal de monde d’ailleurs, notamment nos camarades socialistes de l’ensemble du « 9 – 3 » qui se sont organisé niveau transports. Quelques heures auparavant, Valentin m’envoie un texto et me demande si je serai bien là ! L’Hôtel de ville se trouvant à seulement trois minutes de chez mes parents, la réponse ne peut être que oui !

Seulement, une course pour ma mère à l’autre bout de la ville – côté gare – a bien failli me faire manquer le meeting. Je me dépêche donc pour m’acquitter de ma tâche et rendre service à ma chère maman lorsque j’observe un attroupement devant la brasserie « Le Murat ». Lucie, une amie d’enfance, m’informe alors que François Hollande est à l’intérieur, ce qui explique la nuée de passants et de journalistes. Je m’étais souvenu que l’ancien Premier secrétaire du PS était l’invité du BondyBlog, le média en ligne créé par les journalistes suisses de L’Hebdo en 2005, peu de temps après la crise des banlieues. Je me dirige alors vers la cohue, l’épicerie exotique se trouvant tout juste à côté de la brasserie. Hollande sort de celle-ci, passe juste devant le magasin et en profite pour saluer les clients d’un signe de la main. Les passants sont plutôt ravis et s’amusent de tant d’agitation.

Retour chez moi. Une bonne douche, une nouvelle tenue et direction l’Hôtel de ville. L’esplanade est pleine de monde, je comprends rapidement que le meeting se tiendra sur les marches menant à la salle du conseil municipal et à celle des mariages. Je retrouve mon ami Valentin venu d’Aubervilliers ainsi que d’autres camarades. La foule est importante mais il y aurait pu encore avoir plus de monde me disent certains militants et Bondynois. Il faut dire que la communication autour de l’évènement aurait pu être amélioré, certains ayant été mis au courant que quelques heures semble-t-il. Mais ces détails n’auront pas d’impact tant l’enthousiasme et la bonne humeur sont présents.

Alentours de 20 heures 20. François Hollande s’avance enfin sur l’esplanade entourée de Sylvine Thomassin, la maire de Bondy et de Claude Bartolone, député et président du Conseil général de Seine-Saint-Denis sans oublier Gilbert Roger et bon nombre des personnalités socialistes du département dont Elisabeth Guigou, Matthieu Hanotin, Yannick Trigance et Daniel Goldberg. La maire prend la parole suivi de Bartolone. Vient ensuite François Hollande et les hauts parleurs retentissent sur l’esplanade et au-delà, les habitants des rues adjacentes et de la cité de Lattre de Tassigny suivant attentivement la réunion.

Vingt-minutes. C’est le temps qu’il a fallu à François Hollande pour prononcer son discours sur l’esplanade Claude Fuzier. Un discours plus rapide que je ne l’ai pensé mais comme toujours clair et net. La nuit est tombée, la foule se disperse et je discute avec mon camarade Valentin. Sur le chemin du retour, je retrouve Nicolas un bon ami à moi. On prend un verre au restaurant en face de l’Eglise et dans lequel je retrouve nombre de mes camarades. Un peu de détente, ça fait quand même du bien après cette intense après-midi !

Ce fut en tout cas, une belle visite que nous a fait François, lui qui a promis de revenir à Bondy après un autre passage en décembre. Manquait plus qu’il monte et prenne le café avec ma mère, cela aurait été avec plaisir !

Dans les coulisses d’une campagne #7

#7 : Porte à porte (dimanche 25 mars)

Samedi 24 mars. Une semaine qui se termine et une campagne qui reprend après la tragédie de Toulouse et de Montauban. Il faut retrouver le rythme, d’autant plus que je me suis trouvé au « chômage technique » suite à la suspension de la campagne décidée par l’équipe de François Hollande. Aussi, son passage au Grand Journal du 19 mars que je devais commenter au sein de notre habituelle riposte party fut tout simplement annulé et reporté sine die.

Mais après cette semaine particulière, la vie reprend ses droits et la politique aussi. En douceur.

Quelques jours auparavant, Nicholas, mon camarade franco-britannique du Collège d’Europe m’informe qu’il irait faire du porte-à-porte à Noisy-le-Sec, non loin de chez moi donc ! Nicholas est rompu à l’exercice qu’il en faisait dans le cadre des élections britanniques en 2005. C’est ainsi que j’ai décidé de le rejoindre, par curiosité pour cette forme de militantisme que je n’avais jamais effectué jusqu’ici.

16 heures 30. Je retrouve Nicholas à la gare RER de Noisy-le-Sec. Direction l’école Léo-Lagrange, à quelques dizaine de minutes à pied. Il reçoit un coup de fil, nous sommes en retard et nous pressons le pas. Arrivé devant l’école. Une dizaine de militants est là parmi lesquels Medhi en charge de l’organisation et Corinne Bord, conseillère municipale et conseillère régionale. Alda Pereira-Lemaitre, autre conseillère municipale, nous rejoindra quelques minutes après. En attendant, nous nous organisons et faisons les équipes : un expérimenté et un novice. Etant totalement novice, je me retrouve avec Delphine, une jeune et mignonne rousse – qui m’a étrangement fait penser à une fille dans la résidence où je vivais à Grenoble – et nous commençons à investir un des blocs d’immeubles qui se trouve en face de l’école. Avec nous, tout le matériel militant : tracts, programme présidentiel de François Hollande, mais également une feuille sur laquelle on indique combien de portes nous ont été ouvertes, l’objectif national étant d’ouvrir cinq millions de portes.

Premier hall, Delphine et moi croisons une dame qui sort son chien. On lui parle des élections et elle nous fait part de son scepticisme sur l’air : « Vous savez, les politiques, ils sont tous pareils, à quoi ça sert d’aller voter ? ». Je prends quand même le temps de lui expliquer l’enjeu de ce scrutin et il dit qu’elle a encore un mois pour se décider. On n’ira pas plus loin dans la conversation, on grimpe les étages.

L’accueil est positif malgré un temps très ensoleillé à l’extérieur. Les gens nous ouvrent, on se présente brièvement et leur rappelle que le premier tour des élections approche à grands pas. Les réactions sont globalement positives, certains nous disant même qu’ils iront voter Hollande, le 22 avril prochain, profitant pour dire tout le mal qu’il pense de la politique du président sortant. Il faut dire qu’il s’agit d’un quartier plutôt favorable à gauche. Malgré tout, on sent que l’envie est là et on en profite pour rappeler quelques points utiles notamment concernant les modalités du scrutin ou bien encore le bureau de vote dans lequel ils iront exercer leur devoir civique.

Nous avançons dans le bloc d’immeubles et nous croisons ma camarade et amie Alda ainsi qu’une autre militante socialiste. En bas d’un hall, Alda discute avec une habitante du quartier qui ne la lâche pas et qui l’appelle toujours « madame le maire » bien qu’elle ne soit plus la première magistrate depuis sa défaite en décembre 2010 face à Laurent Rivoire, un homme qui se dit « apolitique » mais (très) proche du Nouveau Centre. L’échange est vraiment convivial et la militante qui accompagne Alda me dit que cette dernière a gardé intact sa popularité dans le quartier et qu’elle reste toujours autant appréciée. On est bien loin du contexte particulier et difficile qu’elle a connu il y a un peu plus d’un et on se dit alors que cela ne peut être que positif pour la suite.

On poursuit notre porte-à-porte avec Delphine pour rejoindre quelques temps après Medhi devant l’école. On fait les comptes. Environ une porte sur deux d’ouverte ce samedi, le bilan est moins bien qu’à l’accoutumée semble-t-il comparé à d’autres quartiers, notamment la Cité du Londeau. Cela s’explique en grande partie par le magnifique soleil qui domine. D’ailleurs, Corinne Bord l’avait un peu anticipé, quelques minutes auparavant. Notre concurrent aujourd’hui a été le beau temps ! Malgré tout, cela reste positif tout comme les discussions avec les passants sur les marchés. Rien à voir avec la campagne de 2007 !

Le porte-à-porte prend fin mais pas l’action militante. Direction un autre quartier de Noisy-le-Sec, tout près de l’Usine de la Madeleine sur la route nationale 3. Là aussi, plusieurs immeubles et une école, nichée entre la route nationale et la grande gare de triage de Noisy, très à l’écart. Je viens pour la première fois dans ce quartier alors qu’habituellement je ne fais que passer lorsque je prends le bus pour aller à Pantin, rejoindre le métro.

En bas d’un hall, on déballe notre matériel pour un apéro-politique, un « rendez-vous du changement » comme l’appellent mes camarades. Biscuits, gâteaux, boissons… il s’agit d’un moment convivial où on en profite pour faire part des propositions de François Hollande et de discuter avec les habitants, notamment qui se sentent souvent délaissés par les responsables et élus politiques. Le rendez-vous se déroule pour le mieux, nombre d’enfants se massent autour de la table et nous demandent qui nous sommes. Trop jeunes pour voter, c’est sur et puis plus intéressés par la bouteille de Coca et de Miranda mais bon, il faut un début à tout, non ?

On en profite pour discuter avec les plus anciens et les mères de familles. Certaines d’entre elles me demandent si François Hollande va venir sur les lieux. On leur dit avec sourire que non mais qu’il sera en revanche présent à Bondy, le 26 mars où il fera un meeting. Les dames prennent note.

La nuit tombe, et l’apéro va prendre fin. Je discute alors avec une autre habitante du quartier. Cela fait trente ans qu’elle habite en France me dit elle et qu’elle n’a jamais vu la situation de notre pays se dégrader autant sous Sarkozy. Pour elle, le choix est fait : elle ira voter Hollande, elle qui ne s’est jamais déplacée pour aller voter auparavant. Elle ajoute même qu’elle est arrivée à convaincre les personnes âgées dont elle s’occupe !

C’est sur cette discussion que s’achève cette journée de porte-à-porte. Direction Rosny 2 et son centre commercial, je redeviens un citoyen comme un autre. La campagne est encore longue mais on sent bien que le changement est toujours attendu, à nous de le provoquer enfin !

Dans les coulisses d’une campagne #6

#6 : Hollande face aux Français (lundi 27 février)

Lundi 27 février. La campagne s’anime et change du tout au tout, en fonction des évènements et autres faits marquants. Ainsi, les jours précédents ont été marqués par l’entrée officielle de l’agité de l’Elysée et par sa remontée dans les sondages, une remontée qui ne semble affoler ni François Hollande, ni ses partisans, bien au contraire. J’ai d’ailleurs pu m’en apercevoir par moi-même, hier soir en me rendant au QG de notre champion pour notre habituelle et traditionnelle « riposte party ».

Comme toujours, je suis en retard malgré le fait que j’ai pris mes précautions en partant plus tôt de chez mes parents. Il faut dire que le bus de la ligne 351 a mis près d’une heure pour faire la jonction entre Bondy et la Place de Nation, embouteillages monstres sur l’autoroute et autour des Puces de Montreuil obligent ! A cela ajoutez les vingt-minutes en métro et la dizaine de minutes à pied avant de rejoindre le « 59 », et vous avez un Gilles à la bourre ! Sur la fin de mon trajet, j’ai quand même croisé, Ariane Vincent, en charge de la parole numérique pour la webcampagne et celle qui est la voix de Hollande sur Twitter, sortant du QG et au téléphone.

Comme à l’habitude, je m’annonce à l’entrée et me dirige au premier étage. La salle est remplie à craquer, il n’a pratiquement plus de chaises et de places disponibles. J’arrive finalement à trouver un emplacement et commence à m’installer jusqu’à que Ambre me demande de céder ma place pour Romain, notre chef d’orchestre. Je m’exécute en passant de l’autre côté de la table afin de lui laisser de la place mais on me fait comprendre qu’il faut carrément que j’aille ailleurs. Un peu agacé, j’avoue – il faut dire que j’ai une heure et demie de transport dans les pattes et je voudrais m’installer assez rapidement afin d’être réactif – mais finalement, je trouve une place sur un coin de table et je peux bloguer et twitter dans de bonnes conditions.

Romain, donnant les dernières instructions avant le lancement de la riposte party

20 : 52. Le générique de l’émission « Parole de candidat » retentit, l’émission démarre. Auparavant, Medhi nous a donné les habituelles consignes pour ce soir et les hastags à utiliser, soit #FH2012 et #pdc. Tout le monde est prêt, concentré, j’aperçois mon camarade et ami Valentin – qui arrive à trouver une place malgré tout – et Romain nous encourage pour ce soir, nous annonçant qu’il y aura quelques invités de marque, ce soir au QG (une manière subtile de nous inciter à rester un peu plus longtemps ? ^^’)

L’émission suit son cours. Comme à son habitude, Hollande est bon, ne se démonte pas face aux questions plus ou moins pointues de certains Français sélectionnés pour représenter le panel. De mon côté, je me concentre aussi même si mon ventre commence à crier famine. Il faut dire que je n’ai pas eu le temps de manger un vrai repas ce jour-là. Dès lors, j’espère que le ravitaillement va me permettre de calmer ma faim. Entre temps, deux journalistes (l’un pour le Figaro.fr et l’autre pour BFM TV) font leur reportage et nous observent en pleine concentration, prêt à la moindre déclaration de Hollande.

Au fur et à mesure, je reste attentif en bloggant et en twittant même si j’ai un peu de mal en raison du rythme de l’émission que je trouve trop saccadé, limite plan-plan. Il faut dire que je commence à être fatigué d’autant plus que je meure de faim. Les sandwiches ne sont pas encore disponibles, il faut encore attendre. Première surprise de la soirée, Pierre Moscovici et Safia Okotoré viennent nous rendre une furtive visite au premier étage et nous encouragent.

22 : 46. Vu sur mon fil d’actualité Twitter : un sondage IPSOS pour Le Monde et France Télévisions à paraitre pour demain confirme la pole-position de Hollande et la montée de Sarkozy (31,5% contre 27), un tweet qu’on retweete et qu’on diffuse largement. Cependant, il semblerait que cette info était sous « embargo », comme l’a fait remarquer Arnaud Leparmentier – journaliste au Monde – c’était-à-dire qu’il ne devait pas être rendu publique d’ici à demain. Mais bon, comme le souligne si bien un des membres de la riposte party, « un embargo, c’est fait pour être levé ». De mon côté, je n’efface pas le tweet. Seconde surprise de la soirée : Thomas Hollande, le fils ainé de notre candidat qui vient lui aussi nous rendre visite.

Thomas Hollande (à gauche) au QG de campagne

23 : 00. L’émission se termine. On distribue (enfin) les sandwiches. Mais l’énergie fut telle que le jambon – emmental que j’ai avalé ne suffit pour calmer ma faim. Les premiers bloggeurs et twittos commencent à remballer leurs affaires et à partir. Je m’apprête à faire de même lorsque j’en profite pour m’adresser à Thomas Hollande. Un garçon du même âge que moi, plutôt sympa et accessible. On parle un peu de la campagne, de la prestation de son père et du think-tank qu’il a récemment rejoint à Marseille, sans plus. Mais bon, il n’a pas agi avec cette arrogance et cette froideur qu’ont parfois les « fils de », parce qu’ils sont « fils de » justement, ce qui est bien !

23 : 38. Le dernier carré de bloggeurs et de twittos reste rivé sur l’écran, regarde et commente la prestation de Jérôme Cahuzac, le président de la commission des finances à l’Assemblée, en charge du projet de Hollande en matière de budget dans l’émission « Mots croisés » sur France 2. Je remballe enfin mes affaires, salue Romain et me dirige vers le métro. Une heure et quinze minutes plus tard (problème dans le RER E oblige), je rentre enfin chez moi. Vaisselle, internet… couché à 4 heures.

Six heures après, je lis mon Facebook. Gaëlle m’écrit :

« Tiens, tu as accompagné mon réveil, à 5h je t’ai entraperçu dans un reportage sur le live-blogging sur BFM ! A part cette info qui sert à rien, j’espère que tu vas bien :D Bisous »

Merci Gaëlle ! Cette attention, même minime, ça fait plaisir. On se dit qu’on ne milite pas et qu’on ne dépense pas toute cette énergie pour rien !

Dans les coulisses d’une campagne #5

#5 : le rythme de croisière (première quinzaine de février)

La campagne suit son cours, s’accélère et se durcit de jour en jour. A peine vous apprenez une nouvelle, un fait, à peine vous la traitez et déjà elle est obsolète, on passe à autre chose. C’est d’ailleurs un peu le cas ces jours derniers en cette première quinzaine de février. La campagne s’emballe et commence à peser sur les organismes. Elle s’invite aussi de plus en plus dans ma vie quotidienne surtout quand on est bloggeur comme moi. La moindre info, la moindre intox, il faut le twitter, bloguer ou commenter sur son Facebook. Il faut aussi être présent pour ne rien manquer de la mobilisation surtout au sein de la webcampagne.

C’est ainsi que je deviens un habitué des ripostes parties, un rendez-vous qui devient habituel et dans lequel on retrouve les habitués, bloggeurs comme twittos, mais aussi des nouveaux et des gens qu’on n’aurait pas pensé trouver dans ces lieux comme une jeune assistante parlementaire que je connais et que je côtoie dans le cadre de mon activité militante au PS. On se retrouve volontiers, on apprend à se connaitre sur coup de : « C’est quoi ton blog ? », « T’es quel pseudo sur Twitter ? » ou tout simplement « Tu fais quoi dans la vie ? » entre deux interventions, deux déclarations de François Hollande ou de nos adversaires que nous suivons attentivement sur les deux écrans plats de la salle de conférence au QG, avenue de Ségur.

Un QG qui devient au fur et à mesure de mes passages, une véritable fourmilière où l’armée virtuelle d’internautes pro-Hollande sévit ou bien défend son champion quand l’occasion s’y prête. Le 7 février, c’était à l’occasion du 20 heures de France 2. Une semaine après, c’était lors du grand meeting de Rouen mais aussi le soir où l’agité de l’Elysée officialisait sa candidature. D’ailleurs, réactivité immédiate sous la direction de Romain : on passe d’i-Télé où on regardait et commentait le discours d’Hollande à TF1 où on analyse et critique l’intervention de Sarkozy. Sur Twitter, on passe rapidement de #FH2012 à #SarkoCaSuffit

Des ripostes parties où on passe de bons moments même si le côté diététique en prend un peu un coup bien que les pizzas ont laissé place aux saucisses cocktails et autres crackers sans oublier les chips ! C’est un peu plus léger néanmoins et nous évite d’avoir un bilan santé un peu moins glorieux à la fin de la campagne (du moins espérons-le ! ;) )

Aussi, on voit la campagne défiler et surtout les jours qui nous séparent du vote final défiler. A chaque jour, à chaque mobilisation, notre détermination reste la même, ce qui explique sans doute que nous répondions toujours aussi présent à chaque riposte party organisée par Romain, même lorsqu’on est prévenu seulement quelques heures auparavant, aléas de la campagne oblige. Mais l’envie est là, l’envie d’apporter sa pierre à l’édifice et de préparer le changement que tout le monde attend !

Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres, porte-parole de François Hollande

Et cela est d’autant plus enthousiasmant lorsque vous avez une invitée de marque qui vient twitter avec vous. Comme cela fut le cas jeudi dernier lorsque Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres et porte-parole de François Hollande avait assisté avec nous à l’intervention de François Hollande au Journal de TF1, en réponse à l’annonce de candidature de Nicolas Sarkozy la veille. Bon moment, et surtout bonne ambiance dans la salle.

La campagne prend bel et bien son rythme de croisière.

Dans les coulisses d’une campagne #4

#4 : Ce soir, c’est Sarkoshow ! (dimanche 29 janvier)

Ce qui est bien avec une campagne, c’est qu’il n’y a jamais de place pour la routine. Cela est encore plus vrai avec une présidentielle.

En rentrant de la fête de la Rose de la section socialiste de Bondy, je consulte mes mails et lis un message de Romain qui invite les bloggeurs à participer à une nouvelle riposte party au QG de François Hollande. Cette fois-ci, il s’agit de commenter et réagir à l’entretien télévisé de l’agité de l’Elysée qui aura lieu lendemain. En revanche, il faut se décider vite : la riposte aura lieu au quatrième étage du QG, là où est logée l’équipe web et les lieux étant exigus, ça sera « premier arrivé, premier servi ! ». Pas de temps à perdre, je m’inscris avant d’aller me coucher.

Le lendemain dimanche. Après un dimanche de remise en forme dans mon club de boxe et après avoir poliment écouté les opinions politiques de mon entraineur (« Lui, il vote Mélenchon, communard de merde ! Sarko, il parle ce soir à la télé ! Vous allez voir ce que c’est que parler aux gens ! »), direction le QG, au 59 avenue de Ségur. Enfin, pas tout à fait, je dois faire une course pour ma mère à Sevran. Sentant les choses arriver et vu l’heure, je prends mon PC avec moi pour pouvoir partir directement sur Paris, évitant donc de passer par Bondy.

Mais dans la précipitation, j’ai oublié l’appareil photo numérique ! L’heure ayant avancé et la distance entre Sevran et Bondy sont telles qu’il serait suicidaire de revenir à la maison sans compter qu’à coup sur, je raterai l’entretien de Sarkozy. Tant pis, reste mon I-Phone. La qualité sera moindre comparé au Canon mais bon, j’aurai quand même quelques clichés !

Après cette déconvenue et la course pour ma mère, direction la Gare d’Aulnay sous Bois pour le RER, jusqu’à Denfert-Rochereau et la ligne 6 à la station Sèvres Lecourbe. Arrivé au QG aux alentours de 20 heures, juste à temps pour me présenter à l’accueil, vérifier que je suis bien sur la liste et monter les quatre étages qui me séparent des autres bloggeurs.

C’est en montant les marches que je reconnais Julien Baud, un des journalistes du Petit Journal de Canal +, et son équipe. Ce dernier me demande alors si je suis un bloggeur ou un twitto. Je réponds oui et là une caméra se braque sur moi. Pris au dépourvu, pressé et me rappelant de la réputation présumée de l’émission de Yann Barthès (que j’adore au passage), je leur fais comprendre que je n’ai pas le temps et que je suis en retard.

Quatre étages plus haut, j’arrive dans un des locaux de la campagne web de François Hollande. La salle est remplie à craquer. Je pensais que nous serions d’une dizaine, voire une vingtaine, nous sommes finalement une quarantaine. Pas mal pour un dimanche soir ! Je salue Romain qui arrive quand même à une trouver une place et une chaise. Je m’installe et prêt à twitter, j’ai décidé de ne pas faire de live-blogging.

20 heures 12. Le Sarkoshow démarre. Contrairement aux précédentes ripostes parties, la salle était toute hostile à la personne en question, ce qui nous empêchait pas de l’écouter pour faire notre travail au mieux même si des huées, des sourires narquois et autres ricanements ont émaillé la soirée tant le président sortant semblait approximatif et surtout en totale perdition. Comme toujours, les sacro-saintes pizzas et autres boissons étaient de la partie.

Durant l’intervention de Sarkozy, la concentration reste de mise. Un moment une personne de l’équipe de Hollande nous fait part de la volonté du Petit Journal de faire quelques plans. Refus, on est concentré et on ne veut pas être dérangé. On blogue, on twitte, on commente la prestation du candidat officieux de l’UMP, on en sort globalement sceptiques.

21 heures 25. Place aux réactions politiques à chaud. D’abord, celle de Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Parti de gauche et du Parti communiste français. Puis celle de Benoit Hamon et de Bernard Cazeneuve, en direct du QG de Hollande.

Tiens mais c’est quatre étages plus bas non ? Je descends alors les marches pour assister à la conférence de presse et prendre quelques photos avec mon I Phone. La salle de conférences est remplie, la presse écrite, radio et télévisée ayant bien sur fait le déplacement. D’ailleurs, un petit buffet leur a été spécialement dressé pour l’occasion. Dans le hall, j’attends et écoute la conférence, souvent par intermittence puisque la porte est bien souvent fermée. De l’autre côté, des gens sortent du bureau de François Hollande, parmi lesquels Manuel Valls, le directeur de la communication du candidat qui vérifie si tout se passe bien et qui se fait interviewer mais aussi, David Assouline, sénateur de Paris ainsi que Jérome Cahuzac, député et président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, portant un curieux pull orange (en tout cas, il ne passe pas inaperçu !).

La conférence se poursuit, Hamon et Cazneuve tacle sur la TVA sociale, un nouvel impôt pour eux. Puis, viennent les questions et pour finir les interviews. De mon côté, je prends en photo Le Petit Journal en pleine discussion. Je demande alors à Julien Baud s’il est d’accord qu’on prenne une photo ensemble. Il refuse m’expliquant qu’il ne préférait pas être pris en photo avec des gens mais qu’en revanche, cela ne lui posait pas de souci d’être pris sur le vif, en train de travailler ou de discuter. Auraient-ils pris le melon au Petit Journal ? En tout cas, je suis un peu déçu mais bon, peu importe !

Benoît Hamon sort de la salle des conférences et il est rapidement interviewé par Le Petit Journal. J’en profite pour remonter les quatre étages et rédiger mon compte-rendu sur l’intervention de Nicolas Sarkozy. Les bloggeurs sont partis progressivement, nous sommes qu’une dizaine dans la salle de la webcampagne. On discute, l’ambiance est sympa, je rencontre de nouveaux bloggeurs, s’exclament lorsque je leur dis que je suis l’auteur d’Actupol 3.0, mais je n’aurai pas le temps de terminer mon article, il est temps de rentrer, on vide les lieux.

23 heures. La riposte party prend fin. Je prends le métro avec deux autres bloggeurs. On refait encore le match, on reparle de la soirée.

00 heures 15. Je rentre chez moi. La campagne présidentielle en général et celle de François Hollande en particulier me passionne de plus en plus !

Dans les coulisses d’une campagne #3

#3 : Des paroles et des actes (ou une soirée de hastags) (jeudi 26 janvier)

Déjà jeudi. Au fur et à mesure, Le Bourget et le discours mémorable de Hollande appartient déjà au passé. La campagne n’attend pas et le candidat socialiste non plus. Il faut sans relâche convaincre les indécis, celles et ceux qui s’interrogent encore malgré un début de campagne plus que correct.

La campagne se joue sur tous les terrains y compris sur la toile où on redouble d’efforts pour relayer le projet et les idées du candidat. A ce propos, François Hollande a présenté ses 60 engagements un peu plus tôt dans la matinée et il fera de même dans l’émission « Des Paroles et des actes » sur France 2 face à David Pujadas mais aussi un « bon client » Alain Juppé qui sera son contradicteur.

Pour l’occasion, la cellule web a prévu une nouvelle riposte party afin de relayer via nos blogs et nos twitters la prestation et les propositions de François Hollande. Rendez-vous est pris au QG, avenue de Ségur. C’est du moins ce que je croyais !

Car arrivé sur place, je trouve les lieux bien trop calmes ! Et si l’évènement n’avait pas eu lieu finalement ? C’est un peu bizarre d’autant plus qu’il s’agit d’un moment important de la campagne ! Mes doutes sont renforcés par le fait que le vigile ne semblait pas être au courant de la Riposte Party. C’est finalement deux autres permanents du QG qui me préviennent et m’informent que la soirée aura lieu au siège du Parti socialiste, rue de Solferino. « Ils sont tous partis là-bas ! » me dit l’une d’eux. Pas de temps à perdre, direction Solfé, le temps que j’explique au vigile ce qu’est une Riposte Party qui prend soin de pousser littéralement vers la sortie. Un peu bizarre le vigile : demandeur d’informations et dans le même temps, me vire littéralement en poussant la porte derrière moi et me sortant : « Il faut y aller maintenant ! »

Alors j’y vais. Station Ségur, ligne 10 correspondance à Sèvres-Babylone puis ligne station Solferino.


On y est, au siège du Parti socialiste. C’est la seconde fois que je vais sur les lieux, la dernière fois remontant à mai 2006, lors des célébrations du 70ème anniversaire de la victoire du Front populaire. Je me présente à l’accueil, prends des photos (hé oui, je suis bloggeur non ^^’) et me dirige dans la salle du bureau national qui sera le point de rassemblement des bloggeurs pour la soirée. Là bas, je retrouve Romain, le responsable des bloggeurs et des twittos pour la campagne FH2012. Je m’installe à vision immédiate de la télé à écran plat afin de ne rien manquer de la soirée. A ma table, je rencontre deux « Hugo ». Le premier est un militant MJS du Vaucluse, désormais étudiant à Paris. Le second est le responsable web de la campagne pour le MJS. Le premier Hugo m’a fait impression avec son T-shirt « Socialgeeks ». Je dois dire que cela lui correspond assez bien : décontracté, possesseur d’un Macintosh, tout comme le second Hugo d’ailleurs !! Argh, promis ! Mon prochain PC sera un Mac ou ne le sera pas !

Après une rapide discussion avec Romain, je me rends compte que le premier Hugo discute avec une journaliste de France 2 qui réalise un reportage pour l’émission « Envoyé spécial, la suite ». Leur sujet ? Retrouver de jeunes militants ayant fait campagne en 1995 et comparer les formes de militantisme avec celles d’aujourd’hui. C’est sur que cela risque d’être épique car c’est un peu le jour et la nuit entre 1995 et 2012. Durant toute la soirée, les journalistes nous filmeront et interrogeront Romain, un peu (et c’est bien normal !) le chef d’orchestre de la soirée.

Au fur et à mesure que les minutes défilent, les bloggeurs que nous sommes sont de plus en plus concentrés. D’ailleurs, cela a beau être une Riposte party, il y a du coca, des jus de fruits et de la bière, l’enjeu n’en reste pas moins sérieux. D’ailleurs, c’est au moment où arriveront les pizzas que Romain, Hugo (le second) et Valerio Motta, le responsable web du PS nous rappellent l’enjeu de la soirée et les objectifs à atteindre afin qu’on soit visible sur les réseaux sociaux et Internet. Deux hastags importants à insérer sur nos tweets : #FH2012 (pour François Hollande 2012) et #dpda (pour « Des paroles et des actes ») afin qu’on puisse être repérés mais aussi repris par les internautes.

20 heures 46. Le générique retentit dans la salle du Bureau national, l’émission démarre. Concentration maximale, c’est parti pour plus de deux heures de direct. La salle a les yeux rivés sur l’écran plat et sur celui qui diffuse les tweets envoyés tout au long de la soirée. La première partie de l’émission se passe bien, mais elle manque de rythme. Certains ironisent – via leur blog ou leur compte Twitter – sur les questions posées par David Pujadas et Nathalie Saint-Criq notamment sur le caractère et (plus surprenant) sur la transformation physique de François Hollande. La suite aura en revanche un peu plus d’intérêt avec le programme économique du candidat socialiste passé au crible par François Langlais, un journaliste économique plutôt de droite. Les questions sont pointues, on sent que Langlais cherche la petite bête pour mieux déstabiliser Hollande mais ce dernier ne se débine pas. Puis, lorsque le journaliste économique évoque le problème de compétitivité de la France par rapport à l’Allemagne, Raphaël, mon voisin de table, trouve un graphique d’Eurostat qu’il s’empresse de twitter afin de contre-attaquer les affirmations de Langlais. Je fais de même en retwittant le graphique.

22 heures. Enfin un peu d’action dans cette soirée un peu plan-plan ! Alain Juppé fait son entrée en scène. Hugo (le premier) demande aussitôt : « Juppé a-t-il un compte twitter ? » On vérifie, il en a un ! Je m’abonne afin de mieux suivre ce qu’il pourrait dire (enfin un de ses conseillers) pourrait dire. On suit attentivement le débat entre l’actuel ministre des Affaires étrangères et le candidat socialiste. En début de soirée, j’exprimais quelques inquiétudes pour le débat, Juppé étant une personnalité de premier plan, un bon contradicteur (enfin ce n’est pas Morano quoi !). Le fait qu’il monte au créneau n’était pas du au hasard, il devait être là pour écraser Hollande et le décrédibiliser même si l’équipe web de la campagne avait prévu des contre-argumentaires à l’adresse de Juppé.

On suit donc avec attention le débat. Un débat où on sent que Juppé perd ses moyens et dans lequel il reste fidèle à lui-même : arrogant et méprisant face à un François Hollande plutôt calme. D’ailleurs, en parlant d’arrogance, l’ancien maire de Tulle aura une réplique terrible à l’adresse de Juppé qui venait de le traiter d’arrogant : « En matière d’arrogance, je crois que certains ont à faire un examen de conscience » Applaudissements dans la salle du Bureau national.

Environ de 23 heures. L’émission se termine. La salle reste attentive mais si l’énergie du début est un peu retombée. La fatigue est là, et moi-même je commence à décrocher un peu. Fait aggravant, je me suis trop gavé en coca et pizza et je me sens un peu trop ballonné. Malgré tout, on suit l’émission jusqu’au bout et surtout on bloggue et on twitte jusqu’au bout.


23 heures 13 : l’émission se termine enfin. On remballe les affaires. Romain fait un rapide bilan de notre mobilisation sur le net et nous encourage à nouveau en précisant que la campagne est encore longue et qu’il y aura encore des soirées de type au QG ou à Solferino. Les bloggeurs et autres twittos sont pour l’ensemble satisfaits. Hollande a été bon ainsi que les premiers retours à chaud. Sur le site du Monde.fr, un rapide sondage fait état que 74% des internautes considèrent que Hollande est sorti vainqueur du débat avec Juppé.

La salle du BN se désemplit peu à peu, les tables sont rangées. Les dernières pizzas non consommées sont embarquées. Pour ma part, je prends trois cartons, cela sera mon repas de samedi même si j’ai un peu la nausée des pizzas ! D’ailleurs, il faudra que la webcampagne innove à la prochaine Riposte Party parce que une pizza ça va, c’est quand il y en a à répétitions que cela pose des problèmes ! ;)

PS : voici une vidéo qui résume assez bien la Riposte Party à laquelle j’ai assisté ce jeudi et qui vous montre également les coulisses de notre webcampagne ! Pour les plus attentifs, je suis sur la vidéo mais c’est assez furtif ^^’

Dans les coulisses d’une campagne #2

#2 « Back 2 the web » : dans les locaux du QG de campagne (dimanche 22 janvier)

Le Bourget, c’est déjà derrière soi. Mais la campagne continue et pas de temps de répit !

Après le périple des transports (bus et tramway), de retour chez mes parents histoire de troquer une tenue plus classe (pantalon et gilet) contre une tenue plus décontractée (jean et polo). Mais mon matériel de campagne reste avec moi, direction le QG de campagne de François Hollande pour assurer le SAV du Bourget. En effet, tous les bloggeurs qui suivent la campagne de ce dernier sont invités à la « Riposte Party », comprenez une soirée post-meeting où on se détend autour de quelques bières et pizzas tout en poursuivant notre travail militant notamment le web, histoire de ne pas perdre une miette de ce qui a été dit, twitté ou blogué.

Le temps dans les transports en revenant du Bourget ainsi que la halte chez moi furent tels que je suis arrivé aux alentours de 20 heures 20, soit pratiquement deux heures de retard. Auparavant, j’en ai profité en chemin pour repérer les lieux et l’environnement immédiat. Avenue de Ségur, dans le chic 7ème arrondissement non loin du siège de l’Organisation des nations unies pour la culture et la science (plus connu sous le nom d’UNESCO) mais surtout proche de deux stations de métro : Ségur sur la ligne 10 et Cambronne sur la 6. Une info qui peut toujours être utile pour les prochaines fois.

Le quartier arpenté, j’arrive dans les locaux de campagne, un hôtel particulier avec un homme qui fait à la fois réceptionniste et vigile vu sa corpulence. Je me présente en lui disant que je suis bloggeur et je viens à la soirée « Back 2 the web ». Au même moment, François Hollande est interviewé par Claire Chazal sur TF1. Je n’y prête pas tellement attention, souhaitant monter à l’étage le plus rapidement possible.

Un étage plus haut, j’arrive à la salle des conférences de presse. Une salle remplie avec des bloggeurs et des ordinateurs posés sur les tables (beaucoup de Mac au passage) mais une salle silencieuse et concentrée sur l’interview de Hollande. On commente, on scrute, on analyse. Quand vient la fin de l’entretien, on applaudit. Le candidat a été bon, dans le prolongement du Bourget.

Notre enthousiasme n’a pas été le même lorsque le JT de TF1 a diffusé un sujet consacré à la visite de Nicolas Sarkozy en Guyane. Commentaires bien plus ironiques, pour ne dire hostiles. Sarkozy passé, on zappe pour se connecter sur BFM TV. La Une, c’est bien mais à très petite dose !

La soirée se poursuit, les bloggeurs bloggent et les twittos tweetent. J’en profite pour faire la connaissance d’autres bloggeurs comme « La Bienveillante » (drôle de nom pour un blog ^^’) ou bien encore Abindinte (en référence à Robert Badinter), assis à ma gauche. L’heure tourne, il est 21 heures et les premiers commencent déjà à partir. C’est le moment que je prends pour rédiger mes impressions du meeting du Bourget aussi bien pour mon journal mais également pour le Globe.ca, un média citoyen canadien pour lequel je couvre la présidentielle.


Mais au même temps, les pizzas (tant attendues) arrivent ! Etre un bloggeur-militant c’est bien mais ça creuse l’esprit et surtout l’appétit d’autant plus que je n’ai pas cessé de manger sur le pouce ce dimanche ! Une part par-ci, une autre par-là… je discute avec des militants et d’autres bloggeurs et on repart sur son ordinateur.

L’ambiance est plutôt calme, le meeting du Bourget nous ayant pas mal éreinté. Il faut dire que la journée a commencé bien tôt, mais malgré tout, on continue de bloguer, de twitter. De son côté, Romain fait une vidéo où il explique les dessous de la webcampagne de Hollande et la manifestation de ce soir dans le QG.

De mon côté, je termine le brouillon de mon article lorsque le rédacteur du Globe.ca m’envoie un message privé sur Twitter. « Il faudrait peut être rebondir sur le discours de Hollande », écrit-il, ce à quoi je lui réponds : « C’est votre jour de chance, je viens de le terminer ! Je vais juste le travailler pour le public québécois ! ;) », ce à quoi il réplique par un grand « NICE ».

22 heures. L’article est pratiquement prêt et prêt à être diffusé sur mon blog et sur le site canadien. En deux relectures, on parle de Nadine Morano et de la riposte numérique de l’UMP suite au discours de Hollande. Mais patatras ! Plus de connexion internet ! Mon ordi ne capte plus rien. Je change d’endroit, rien ! Je désactive le wifi puis le réactive, encore rien ! Je rallume mon PC et je me réinstalle à l’endroit où j’étais précédemment, je capte à nouveau le wifi. Cette gymnastique a duré une bonne vingtaine de minutes, moi qui voulait partir à 22 heures 30 au plus tard, c’est raté !

22 heures 30 justement. L’article est enfin mis en ligne. Il est temps de rentrer, j’ai une bonne heure de transport pour revenir à Bondy et qui plus est, la salle de conférence se vide. De soixante-dix environ nous sommes tombés à une vingtaine de courageux qui continue à veiller sur internet. J’aurai pas dit non de rester quelques minutes mais là, non ! Je suis crevé et puis j’ai une pile de vaisselle qui m’attend !

Je remballe mes affaires, salue les bloggeurs et prévoit déjà de revenir jeudi pour commenter la prestation de François Hollande dans l’émission « Des paroles et des actes ». Direction le métro (après avoir pris la mauvaise direction), et retour chez les parents vers minutes et quart. Vaisselle et encore Internet. Couché à quatre heures.

Le lendemain (lundi), bibliothèque d’histoire de la ville de Paris. Je vais sur la page Facebook de Romain et je vois qu’il a été taggué avec la vingtaine de bloggeurs restant en compagnie de… François Hollande qui était venu leur faire un petit coucou dans le QG de campagne, juste après que je sois parti ! Manque de pot, la campagne c’est aussi ces petits moments qu’on rate et qui font plaisir en même temps dans la mesure où en dépit d’une folle journée, le candidat socialiste ait trouvé quelques minutes pour saluer, encourager et remercier des bloggeurs qui s’investissent sur le web de façon totalement bénévole.

Bon, c’est râpé pour moi mais au fond, il y a bien d’autres occasions de (re)voir François Hollande au QG. Jeudi peut-être ?

Dans les coulisses d’une campagne #1

Note au lecteur :

Régulièrement, au cours de cette campagne présidentielle, je vous ferai part de mes impressions personnelles sous la forme d’un carnet de voyage dans lequel je vous ferai découvrir les coulisses de la campagne de François Hollande en tant que bloggeur. En effet, je participe désormais à la webcampagne du candidat socialiste et vous pourrez trouver des images prises par mes soins sur un compte Flickr que j’ouvrirai très prochainement !

En attendant, voici le premier carnet relatant les coulisses du meeting du Bourget. Bonne lecture !

Gilles

#1 : les coulisses du Bourget (dimanche 22 janvier)

9 heures 30, dimanche 22 janvier. Un réveil un peu difficile (je me suis encore couché vers les quatre heures du matin) mais qui ne m’empêche pas de me lever et de me préparer pour le meeting de François Hollande, un meeting largement attendu car devant donner le ton de la campagne du leader socialiste.

Je rassemble tout pour la circonstance : PC portable, I Phone, chargeur… Exit le jean et le polo, place au gilet et pantalon, sait-on jamais. Une douche, quelques courriels à envoyer et à consulter… J’attends l’accréditation que Romain doit m’accorder. La veille, il n’était pas encore certain de m’en fournir une. Dans le doute, je prends quand même mon PC et le numérique que m’a prêté Isabelle, ma pote journaliste. Je claque la porte, direction l’arrêt du 105 à l’église de Bondy… il est 11 heures.

Le trajet jusqu’au Bourget se déroule normalement : Tramway du Pont de Bondy jusqu’à La Courneuve puis le bus 152 jusqu’aux Parc des Expositions. Du monde – déjà ! – descend et je retrouve un ancien camarade isérois du temps où j’étais étudiant à Sciences Po Grenoble. Au passage, je fais la connaissance d’un secrétaire fédéral rhodanien. Il est 12 h 15. Un peu plus tôt, j’avais consulté mon I-Phone. Bonne nouvelle, Romain a une accréditation, j’ai bien fait d’avoir embarqué mon PC avec moi ! Je couvrirai donc le meeting en tant que bloggeur.

J’arrive avec quinze minutes d’avance sur l’heure que m’avait fixé Romain. J’en profite pour analyser les lieux, on est tout prêt du Musée de l’Air et de l’Aéroport du Bourget. De plus en plus de monde ne cesse d’affluer et des cars de toute la France arrivent à destination. Il est temps pour moi de prendre mon accréditation.

Mais apparemment, je me suis trompé d’accès ! Le Service d’ordre refuse de me laisser entrer et m’ordonne de faire le tour du hall, l’accès en question étant réservé aux personnalités du Parti socialiste. C’est donc avec une militante MJS que je contourne le hall 2 pour atteindre l’accès réservé au MJS et aux bloggeurs, après avoir prévenu Romain de mon arrivé.

Une fois sur place, et après avoir croisé Pierre-Yves Le Borgn’, premier secrétaire fédéral des Français de l’étranger et candidat dans la septième circonscription des Français vivant hors de France, Romain me remet mon accréditation. Un badge sur lequel est écrit « Bloggeurs », véritable sésame me permettant de circuler librement dans le hall sans aucun souci.

Il est aux alentours de 12 heures 45, 13 heures. Je m’installe tranquillement et déballe mes affaires. Je fais la connaissance d’autres bloggeurs et de twittos. Puis un homme se présente. « Bonjour, je suis Juan de « Sarkofrance » » !

Ma parole ! Juan, ce fameux bloggeur connu pour ses chroniques sans concession sur la présidence de Nicolas Sarkozy ! Le hasard fait terriblement bien les choses ! J’avais une image toute faite de lui et je dois dire que cela me fait particulièrement d’être assis et de bloguer à ses côtés, tant que je suis un lecteur assidu de ses articles. Pendant ce temps-là, les Jeunes Socialistes chauffent la salle et je commence à prendre des photos de la scène.

Une scène sur fond bleu avec l’inscription « François Hollande 2012 » en rouge capitale et des drapeaux français et européen planté un peu plus en arrière. Les gens continuent à affluer et les Jeunes Socialistes continuent à mettre l’ambiance.

Retour au carré des bloggeurs. A 13 heures 25, Delphine Batho, secrétaire nationale du PS en charge de la sécurité et députée des Deux-Sèvres, nous rend visite et nous demande si tout va bien, si nous n’avons besoin de rien. J’en profite pour la saluer et lui serrer la main.

Puis quelques minutes après, l’ambiance monte d’un cran avec l’arrivée des ténors du parti : Ségolène Royal, Manuel Valls apparaissent sur les écrans géants et la foule est enthousiaste. Puis viennent Elisabeth Guigou, Jean-Marc Ayrault. Les personnalités de la société civile et du monde du spectacle sont là également tel Pierre Lescure ou le comédien Gérard Darmon. Les brouhahas sont tels qu’on entend très difficilement « Foule sentimentale » d’Alain Souchon. C’est dommage, c’est une chanson que j’adore !

Bientôt 14 heures. François Hollande devrait être sur scène dans une heure. En attendant, l’heure H, on fait connaissance entre bloggeurs, on visite les stands, les personnalités continuent à affluer. Vient alors Martine Aubry, très chaleureusement applaudie. Lionel Jospin le sera également quelques minutes après.

Reste celui qu’on attend tous, François Hollande. Pour nous faire patienter, des clips, un sur une (énième) promesse non tenue de Nicolas Sarkozy (celle de ramener le taux de chômage à 5% à la fin de son quinquennat) et celle sur les faits historiques marquants qui ont marqué le Parti socialiste. La foule est en délire.

14 heures 27 : Laurianne Deniaud, ancienne présidente des Jeunes Socialistes, entre sur scène. Encore quelques minutes de patience ! Elle fait un rapide discours, nous dit qu’on est plus de 25 000 personnes. Un bloggeur se montre quelque peu ironique, je lui réponds que de toute façon, une campagne présidentielle qui se respecte est une campagne où on bluffe un peu, même si je peux vous l’assurer, nous étions particulièrement nombreux à tel point que certains ne pourront même pas accéder au hall pour des questions de sécurité même si deux, trois personnes feront du forcing pour écouter François Hollande, quitte à bousculer le Service d’Ordre.

Puis vient Yannick Noah qui interprète trois de ses plus grands titres. La salle est impatiente mais l’ambiance est toujours là. François Hollande ne devrait plus tarder. Je me tiens prêt et attends le moment fatidique.

Sauf que j’ai bien failli ne pas le commenter. Quelques minutes seulement avant le début, une panne d’alimentation s’est produite dans le carré des bloggeurs, nous empêchant de remplir nos carnets et nos twitts durant une vingtaine de minutes et comble de l’ironie, mon I-Phone ne captait plus de réseau ! Finalement, la situation s’est arrangée juste au moment où le candidat du PS entre dans l’arène. La foule est alors encore plus excitée que jamais.

Une heure et demie de discours que j’écoute tout en faisant du live-blogging. Un exercice difficile car il suppose de la rapidité mais aussi de la concentration pour ne pas perdre une miette de ce qui a été dit. Un peu dur au départ mais finalement je m’en suis pas trop mal tiré.

16 heures 30. Fin du meeting. Je remballe mes affaires et salue certains de mes camarades bloggeurs. Le hall se vide, encore quelques photos ci-et-là, à prendre. Puis je vais à l’extérieur pour voir s’il n’y a pas de l’animation. J’arrive juste à temps pour voir François Hollande partir, et il y a encore des partisans pour crier « François président ! ». Après quelques minutes, je décide de rentrer à la maison. Le bus 152 est bondé comme jamais et ce, jusqu’à La Courneuve.

Le meeting était mémorable mais ma journée de bloggeur n’est pas terminée pour autant.

A suivre : #2 « Back 2 the web » : dans les locaux du QG de campagne