Le tour du monde en un marché… et une chanson !

Dimanche 26 août

Le tour du monde en un marché… et une chanson !

Après un mois et demi de tour du monde virtuel, j’ai décidé de revenir à la réalité et en Sarkozie. Aussi, rien de tel que d’aller se promener dans les rues de la capitale pour voir la diversité de notre pays, la France. Mais il existe un autre endroit où cette diversité est forte et criante où il est possible de faire le tour du monde en un marché ! (Si, si ! Je vous l’assure !)

Bienvenue à Saint Denis, sous-préfecture de la Seine-Saint-Denis. Pour bon nombre de nos concitoyens, Saint-Denis c’est avant tout et surtout, le Stade de France. Mais, ce n’est pas uniquement que cela. Pour preuve de que j’avance, il suffit de se promener en plein centre-ville, centre-ville célèbre pour son grand marché.

Un grand marché dans lequel, on croise pas mal de nationalités. Des Italiens, des Yougoslaves, des Africains, des Maghrébins… Venez faire un tour dans la grande Halle où vous trouverez bon nombre de spécialités culinaires, où la choucroute et la boucherie chevaline cohabitent sans aucune difficulté avec le boucher hallal et le couscous. Un marché où on se tutoie sans problème, où on négocie assez âprement mais dans la bonne humeur !

Marché de Saint-Denis (93), près de la rue de la République, le 26 août 2007. (Photo prise de mon téléphone portable)

En gros, le marché de Saint-Denis, c’est le tour du monde en une heure et la France dans toute sa diversité. C’est un peu ma France à moi, une France conviviale où les cultures ne font plus qu’une seule. Là où, on s’exprime sans complexes son amour pour la France tout en étant fier de ses origines.

La Seine-Saint-Denis ne saurait se résumer uniquement au marché de Saint-Denis. Néanmoins, je suis quelque peu enchanté lorsque je m’y promène car on a là, une autre image du 9-3, un département (et en l’occurrence une ville) où il est possible de faire le tour du monde tout en faisant son marché.

Ainsi, sur ces notes, se terminent mes carnets d’été. J’espère que vous aurez apprécié cette rubrique assez particulière et quelque peu à côté de la politique sans pour autant s’éloigner. Il est temps pour moi de reprendre le fonctionnement habituel de mon blog mais juste avant, j’aimerais vous quitter en vous laissant avec le clip (et le texte) de Grand Corps Malade et son titre « Saint-Denis ». Lisez-le, il résume tout à fait ma pensée.

Gilles

Grand Corps Malade, « Saint-Denis » (2006)

J’voudrais faire un slam pour une grande dame que j’connais depuis tout petit
J’voudrais faire un slam pour celle qui voit ma vieille canne du lundi au samedi
J’voudrais faire un slam pour une vieille femme dans laquelle j’ai grandi
J’voudrais faire un slam pour cette banlieue nord de Paname qu’on appelle Saint-Denis
Prends la ligne D du RER et erre dans les rues sévères d’une ville pleine de caractère
Prends la ligne 13 du métro et va bouffer au McDo ou dans les bistrots d’une ville pleine de bonnes gos et de gros clandos
Si t’aimes voyager, prends le tramway et va au marché. En une heure, tu traverseras Alger et Tanger.
Tu verras des Yougos et des Roms, et puis j’t’emmènerais à Lisbonne
Et à 2 pas de New-Deli et de Karashi (t’as vu j’ai révisé ma géographie), j’t’emmènerai bouffer du Mafé à Bamako et à Yamoussoukro
Et si tu préfères, on ira juste derrière manger une crêpe là où ça sent Quimper et où ça a un petit air de Finistère
Et puis en repassant par Tizi-Ouzou, on finira aux Antilles, là où il y a des grosses re-noi qui font « Pchit, toi aussi kaou ka fé la ma fille ! »
Au marché de Saint-Denis, faut que tu sois sique-phy. Si t’aimes pas être bousculé tu devras rester zen
Mais sûr que tu prendras des accents plein les tympans et des odeurs plein le zen
Après le marché on ira ché-mar rue de la République, le sanctuaire des magasins pas chers
La rue préférée des petites rebeus bien sapées aux petits talons et aux cheveux blonds peroxydés
Devant les magasins de zouk, je t’apprendrai la danse. Si on va à la Poste j’t’enseignerai la patience…
La rue de la République mène à la Basilique où sont enterré tous les rois de France, tu dois le savoir ! Après Géographie, petite leçon d’histoire
Derrière ce bâtiment monumental, j’t’emmène au bout de la ruelle, dans un petit lieu plus convivial, bienvenu au Café Culturel

On y va pour discuter, pour boire, ou jouer aux dames. Certains vendredi soir, y’a même des soirées Slam
Si tu veux bouffer pour 3 fois rien, j’connais bien tous les petits coins un peu poisseux
On y retrouvera tous les vauriens, toute la jet-set des aristocrasseux
Le soir, y’a pas grand chose à faire, y’a pas grand chose d’ouvert
A part le cinéma du Stade, où les mecs viennent en bande : bienvenue à Caillera-Land
Ceux qui sont là rêvent de dire un jour « je pèse ! » et connaissent mieux Kool Shen sous le nom de Bruno Lopez
C’est pas une ville toute rose mais c’est une ville vivante. Il s’passe toujours quelqu’chose, pour moi elle est kiffante
J’connais bien ses rouages, j’connais bien ses virages, y’a tout le temps du passage, y’a plein d’enfants pas sages,
j’veux écrire une belle page, ville aux cent mille visages, St-Denis-centre mon village
J’ai 93200 raisons de te faire connaître cette agglomération. Et t’as autant de façons de découvrir toutes ses attractions.
A cette putain de cité j’suis plus qu’attaché, même si j’ai envie de mettre des taquets aux arracheurs de portables de la Place du Caquet
St-Denis ville sans égal, St-Denis ma capitale, St-Denis ville peu banale.. où à Carrefour tu peux même acheter de la choucroute Hallal !
Ici on est fier d’être dyonisiens, j’espère que j’t’ai convaincu. Et si tu m’traites de parisien, j’t’enfonce ma béquille dans l’… non !
J’voudrais faire un slam pour une grande dame que j’connais depuis tout petit
J’voudrais faire un slam pour celle qui voit ma vieille canne du lundi au samedi
J’voudrais faire un slam pour une vieille femme dans laquelle j’ai grandi
J’voudrais faire un slam pour cette banlieue nord de Paname qu’on appelle Saint-Denis.

Grand Corps Malade

Pour faire simple

Samedi 25 août

Pour faire simple

Mon tour du monde virtuel s’achève bientôt et je voulais à cette occasion vous parler de la Turquie. Néanmoins, je reste quelque peu pris par le temps et qui plus est, je vous ai à nombreuses reprises pas mal parlé de la Turquie. Aussi, je vous invite à lire ou à relire les quelques articles que j’ai consacré à la « Petite Anatolie », en m’excusant à l’avance. Mais bon, j’ai décidé de faire simple pour une fois mais c’est pour mieux revenir ! Et puis, tout a été dit il me semble sur la Turquie !

Gilles

Découvrez ou redécouvrez mes articles en cliquant sur les liens suivants :

Tête de turc (article publié le 29 juin 2007)

29 mai (article publié le 29 mai)

Pour la laïcité ! (article publié le 30 avril)

Le politique ne doit pas se subsituer à l’historien (article publié le 01 novembre 2006)

Made in China

Vendredi 24 août

Made in China

Hu Jintao, président de la République populaire de Chine et secrétaire général du Parti Communiste Chinois (PCC)

Impossible également de ne pas faire ce tour du monde sans parler de l’Empire du milieu. A vrai dire, il est impensable de ne pas parler de la Chine tant que cette dernière occupe une place de choix sur la scène mondiale.

La Chine fascine mais elle fait peur également. Elle fascine car on a là, une civilisation ancienne et connue, un certain génie mais elle fait peur également car la Chine entre dans plein pied dans la mondialisation et qu’elle fait déjà du mal à nos économies. Elle fait également peur car Dieu sait que ce pays est ambitieux et qu’il compte bien conquérir le leadership mondial.

Dès lors, une question s’est posée à nos chers dirigeants occidentaux : faut-il combattre ou s’accommoder de la Chine, ce pays au 1,3 milliard d’habitants ? La réponse fut toute trouvée notamment depuis le 11 septembre 2001 : la Chine semble du côté des nations combattant le terrorisme et c’est d’ailleurs à ce titre qu’elle justifie sa présence militaire au Tibet avec les dégâts et les conséquences que l’on sait.

On a également oublié que la Chine reste un pays peu regardant des droits de l’homme. Bon, vous me direz qu’il y a débat et certains d’entre vous diront que les Chinois n’ont pas à adopter notre vision occidentale des droits de l’homme et de la démocratie. Toutefois, il me semble que la peine de mort, la censure ou les arrestations arbitraires soient peu compatibles avec les droits de l’homme tout de même !

Si je vous évoque cela, c’est que dans moins d’un an, auront lieux les Jeux Olympiques de Beijing. A ce titre, j’aurai à démontrer dans un mémoire que je réaliserai en 3ème année à Sciences Po, que la Chine se servira de ses Jeux pour montrer une autre image : celle d’un pays à géométrie (très) variable. Officiellement, le régime est communiste mais officieusement, il est clair que l’idéologie communiste s’est faite la malle. Ou plutôt, on n’en a gardé que les aspects les plus répressifs et réactionnaires, dignes de l’époque maoïste. Aujourd’hui, on pourrait résumer la Chine à ceci : « Le communisme, c’est le communisme mais le capitalisme, c’est le capitalisme ! ». Aussi, la Chine semble adopter un compromis quelque peu historique, une sorte de capitalo-communisme qui lui permet de marquer des points précieux sur la scène internationale.

Toujours est-il que nos chers dirigeants occidentaux font preuve d’une grande hypocrisie tant à la question chinoise. On ferme les yeux sur la question tibétaine, il en est de même à propos de l’Ile de Formose (plus connue sous le nom de Taïwan) et au bout du compte, on s’accommode bon gré, mal gré des fameux produits « made in China » malgré un dumping social évident et scandaleux.

Il est clair que la Chine est le pays qui va compter dans les quinze prochaines années et il n’en demeure pas moins que les Jeux de Beijing serviront de vitrine politique et économique au régime communiste de Hu Jintao, l’objectif étant la crédibilité de l’Empire du milieu. Dès lors, faisons – nous occidentaux – comme si de rien n’était ! On oubliera ainsi qu’en Chine, les dissidents politiques sont purement et simplement éliminés, que la liberté de la presse se passe de commentaires, que ce pays refuse toujours de signer le protocole de Kyoto et que la peine de mort reste pratiquée en « grandes pompes ». Made in China comme on dirait ! Et pendant ce temps, je me promène sur la place Tienanmen où en juin 1989, des étudiants furent purement et simplement massacrés pour avoir seulement réclamé une plus grande libéralisation du régime !

Un manifestant posté devant les chars, à Beijing, le 4 juin 1989 (une image éminemment célèbre !)

Pour aller plus loin :

Puisqu’on parle des Jeux Olympiques, je vous invite à consulter le site officiel des Jeux de Beijing 2008 en cliquant ici

Sur la route des Indes

Jeudi 23 août

Sur la route des Indes

Si il y a bien un pays qui est incontournable sur Terre, c’est bien l’Inde. Pour preuve, il suffit de voir l’importance croissante de ce pays au milliard d’habitants sur les plans économiques et technologiques notamment. A cela, on pourrait ajouter le plan culinaire mais aussi culturel avec les fameux films « Bollywood » connus pour la musique à outrance et les histoires d’amour à dormir debout (Du genre, « Je t’aime, mais on ne se touche pas surtout ! Même pas un smack ! » (RIRES)) mais qui sont bizarrement très appréciées chez nous, allez savoir pourquoi !

Lakshmi Mittal, indo-britannique, fondateur de Mittal Steel

De France, c’est un peu la vision que nous avons de l’Inde. Il n’en demeure pas moins que ce pays investit de plus en plus la scène internationale au point d’être considéré comme un pays avec lequel il faudra compter dans un avenir proche. Preuve en est, la saga Lakshmi Mittal. Cet homme, présenté comme l’une des plus grosses fortunes de l’Inde, s’est fait parler de lui en France pour sa tentative d’OPA sur l’entreprise sidérurgique Arcelor, l’an dernier. A ce titre, je ne me rappelle que trop bien de l’émoi qu’avait suscité l’initiative de Lakshmi Mittal au point même que le gouvernement De Villepin s’en mêle. La tentative a finalement réussi, Arcelor ayant eu plus une logique d’affaires que de patriotisme économique.

C’est cela l’Inde. Ces grands hommes d’affaires, capable de rivaliser avec les Occidentaux, de nouvelles classes moyennes qui n’ont rien à envier aux classes moyennes européennes ou américaines, des Silicon Valley à perte de vue… Mais pourtant !

Pourtant, il semble assez loin le rêve de Gandhi, le héros de l’indépendance de l’Inde, le 15 août 1947. Je dirais même que son rêve d’unification de son pays s’est évanoui à partir du moment où Indiens (de confession hindoue) et Pakistanais (de confession musulmane) ont consacré la partition de l’ancien Empire des Indes, sous la bénédiction de l’ancien pays colonisateur, le Royaume-Uni. Résultats des courses, l’Inde et le Pakistan sont deux pays qui ne cachent plus leur animosité envers l’autre et on craint que celle-ci mène à une guerre ouverte entre New Delhi et Islamabad, ce qui ne reste pas à exclure d’autant plus que ces deux pays détiennent l’arme nucléaire.

Gandhi, surnommé "la Grande Ame" (1869 - 1948)

Il semble également loin le rêve de Gandhi, ce dernier souhaitant sortir son pays de la pauvreté. Bon, il est vrai que l’Inde connaît une croissance exponentielle à faire pâlir les capitales européennes. Pour autant, les inégalités n’ont jamais été aussi criantes sur le subcontinent indien malgré une classe moyenne en expansion. Qui plus est, derrière la modernité affichée de l’Inde, résiste toujours un fort conservatisme. Je vous évoquais, en guise d’introduction, des fameux films « Bollywood » (qui à la longue deviennent lassants surtout quand vous avez une cousine qui enchaîne avec ce genre de films toute la journée ! (RIRES)) dans lesquels sont racontées des histoires d’amour très allusifs, rien à voir avec nos histoires et scènes d’amour très suggestives ou carrément explicites. C’est qu’en Inde, la pudeur fait légion et ce que tout se qui est suggestif est considéré comme obscène. Ainsi, l’acteur américain Richard Gere en a fait la douloureuse expérience en se montrant en position délicate avec une actrice indienne, ce qui lui a valu des poursuites et des excuses publiques.

Sonia Gandhi, veuve de Rajiv Gandhi, petit-fils de Gandhi et leader du "Parti du Congrès" parti au pouvoir depuis juin 2004

Ainsi va l’Inde, un pays moderne mais rempli de conservatismes avec ces codes notamment dans la société. On peut ainsi faire l’allusion aux castes qui dominent et hiérarchise la société malgré une remise en cause de plus en plus évidente du gouvernement dirigé par le Parti du Congrès, parti fondé par Gandhi lui-même et dirigé par une des arrière-belle-filles, Sonia Gandhi. Pour cela, on s’emploie à une véritable politique de discrimination positive ayant pour but de casser les traditions et les conservatismes (rien à voir avec la discrimination positive à la Nicolas Sarkozy, véritable leurre)

Enfin, comment ne pas évoquer l’Inde sans parler du fleuve sacré, le Gange. Il s’agit d’un des fleuves des plus connus du monde mais aussi des plus pollués. Malgré tout, la tradition et la religion semblent prendre le dessus sur les questions de santé publique. Aussi, la question environnementale sera l’un des nombreux défis que l’Inde, future puissance mondiale et plus grande démocratie du monde devra répondre tout comme son voisin chinois. D’ailleurs, cela tombe bien puisque je traverse la chaîne de l’Himalaya pour atterrir à l’Empire du milieu.

A suivre

Pour aller plus loin :

Je vous conseille de visionner un documentaire qu’a consacré Stéphane Bern à ce magnifique pays lors de son émission estivale « Un autre monde » le 19 juillet dernier sur France 2, vidéo que vous pouvez louer ou acheter en VOD (Vidéo à la demande) en cliquant ici. Bonne lecture ! Sinon, vous pouvez toujours aller dans un restaurant indien, cela ne coûte pas cher et on y mange bien ! Pour ceux que cela intéresse, j’ai une excellente adresse à Paris mais aussi à Grenoble, vous n’avez qu’à me demander ! ;-)

C’est la droite « bling bling » !

Mercredi 22 août

C’est la droite « bling bling » !

Couverture du numéro 538 de Marianne du 17 août 2007 (www.marianne-en-ligne.fr)

Bon soyons honnêtes ! La droite a changé ! Fini la bonne droite de papa. Une droite conservatrice, gaulliste et pas dans ses baskets. Voici une nouvelle droite. Certains l’appelleront « Jet Set » (ce qui est vrai), moi, je préfère l’appeler « bling bling ». Cela sonne plus.

Une droite « bling bling » qui se la pète, qui fait comme si c’était la première fois qu’elle accédait aux responsabilités. Une droite qui ne jure que par la communication. Une droite – ou plutôt un homme – qui s’affiche avec people et paillettes, star du petit écran (TF1 de préférence, mais pas seulement, vous en avez pour tous les goûts), une droite – ou plutôt un homme – qui est présente aussi dans Le Figaro qu’à Gala ou Voici.

La droite « bling bling ! » C’est assez drôle tout de même car si on y réfléchit, on s’aperçoit que ceux qui la compose sont présents sur la scène politique depuis des années. Vous savez, les Alliot-Marie, Borloo, Fillon, Sarkozy et Cie. Pour palier et faire plus « djeun » on affiche la diversité, de façon ostensible avec Rama Yade et Rachida Dati, nouvelles égéries de la maison UMP. On y pratique l’ouverture également avec des personnalités se disant de gauche, histoire de ne pas trop culpabiliser sur le fait qu’ils ont fait cocu à des gens qui, eux, se sentent vraiment de gauche (je veux parler des militants).

Une droite « bling bling » qui n’hésite pas à faire de gros bras d’honneur à ceux qui lui font pourtant confiance. « Gagner plus en travaillant plus ? ». Chiche ! Mais cela n’empêche pas notre cher président de la République de passer ses vacances dans une luxueuse villa dans une station balnéaire huppée des Etats-Unis. Si on applique sa maxime, a-t-il vraiment mérité de telles vacances si on pense surtout que l’action de Nicolas Sarkozy ne se résume qu’à travers une communication à outrance ?

Une droite « bling bling » qui est plus ou moins arrogante. En réalité, cela n’est pas une nouveauté en soi. De son temps, le RPR (ancêtre (?) de l’UMP) savait aussi s’y prendre pour jouer les « monsieur je sais tout ». L’ancien Premier ministre (1993 – 1995), Alain Juppé, en est d’ailleurs un expert ! Mais là, on n’hésite plus à afficher sans doute, certains allant même jusqu’à qualifier leurs adversaires de jolis mots tel que « salope » par exemple (Enfin, c’est juste un exemple !)

Bref, c’est une droite « bling bling » qui se la pète comme on peut le voir sur la couverture de Marianne, en guise d’illustration. Cette droite fait la belle alors que durant ce temps, on a un Premier ministre (Il s’appelle comment déjà ?) qui sert de plante verte, un Président de la République qui est aussi, président de l’UMP, ministre de l’Intérieur, ministre de la Justice et accessoirement supporter du Tour de France.

Dès lors, je m’interroge. Où est le débat de fond, le débat d’idées ? Il est aussi parti en vacances ? Parce que là, cela commence à devenir inquiétant ! A ce rythme, les aventures de Cécilia risquent de devenir la série à succès durant ces cinq prochaines années !

La République des clandestins

La République des clandestins

Lundi 20 août

Suite à l’article que j’ai consacré à la Françafrique, Khadija – une camarade de lycée – m’a envoyé le message suivant : « Un petit documentaire qui va surement t’intéresser ! » et ce, avec le lien adéquate.

Après visionnage du documentaire, je vous invite à voir La République des clandestins, film réalisé pour France 5 et diffusé en octobre 2006. On y montre la réalité et l’envers du décor de l’immigration clandestine subsaharienne, immigration composée d’hommes qui risquent leur vie et font table rase de leur passé (au risque de trouver la mort, malheureusement) dans le simple espoir de croire en des jours meilleurs et à l’eldorado européen.

Un documentaire à voir, en cliquant ici !


Gilles

Immigrés clandestins recueillis au large de l'ile de Lampesuda en Italie

« Dis papa, c’est quoi la Françafrique ? »

« Dis papa. C’est quoi la Françafrique ? »

Dimanche 19 août 2007

Nicolas Sarkozy en compagnie du président de la République du Gabon, Omar Bongo (www.lepoint.fr)

Suite à mon article consacré à l’Afrique, j’ai voulu prolonger ma réflexion sur le continent noir en évoquant notamment un système qui ne devrait plus exister, du moins sous sa forme actuelle.

En juillet dernier, mes parents et moi sommes tombés sur une chaîne de télévision un peu particulière car vachement militante. Il s’agit de Zalea TV, chaîne qui a mystérieusement disparue. Qu’a cela ne tienne, nous nous sommes rattrapés sur 3A TéléSud (chaîne disponible sur le Canal 95 de la Freebox). Dans les deux cas, on parlait d’un système plus ou moins paternaliste, plus ou moins équitable, plus ou moins corruptible, plus ou moins néocolonial : la Françafrique.

« Dis papa, c’est quoi la Françafrique ? ». Cette question, je ne l’ai jamais véritablement posée à mon père, ce dernier me parlant de ce système dès que j’étais en âge de comprendre. Ce qui m’a surpris, c’est l’émergence de plus en plus claire de sujet, notamment sur le plan politique et économique. Ce qui me surprend également – et agréablement je dois dire – c’est que la Françafrique est évoquée au grand jour, sans tabou par les médias. Cela m’amuse au passage, car le grand public à l’air de découvrir un système qui existe, en réalité, depuis les indépendances (formelles) des Etats africains francophones.

La Françafrique, c’est quelque peu la contrepartie aux indépendances politiques et économiques pour lesquelles les leaders politiques africains se sont battus. C’est à mon sens, la trahison de la France envers des Etats qui ne cherchaient qu’à s’inspirer du modèle et des valeurs démocratiques de l’hexagone. C’est enfin un système qui rend économiquement dépendant les ex-colonies francophones. En gros, les règles du jeu sont inégalitaires.

Il y a encore dix ans, on n’aurait pas parlé ouvertement de la Françafrique et de ceux qui ont été au cœur, notamment les conseillers à l’Elysée spécialistes du continent, dont un des plus célèbres reste Jacques Focard, véritable faiseur de pluie et de beau temps dans les Etats africains francophones. Toujours est-il qu’il y a une prise de conscience qui émerge. Pour cela, il suffit de lire les nombreux ouvrages de François-Xavier Verschave mais aussi se référer aux actions menées par l’association Survie qui dénonce de tels agissements. Enfin, notons également les nombreuses conférences organisées à ce sujet par le Centre de documentation Inter-Peuples de Grenoble (notamment la plus récente organisée en avril dernier : « Françafrique : le réseau Chirac – la relève Sarkozy ? »)

Il ne s’agit pas d’adopter une logique revancharde ou de règlements de compte à mon égard. Seulement que certains de mes compatriotes comprennent les véritables enjeux et problèmes du continent noir. En effet, il saurait injuste de voir uniquement en l’Afrique, un continent miné par la faim, la guerre et le SIDA et dont sa population n’aurait qu’une seule ambition : immigrer pour piquer le pain des Français aux dires de certains. Qu’on se le dise : l’immigration massive des populations africaines n’est que la conséquence perverse d’un système qui vise, en une relation unilatérale, de protéger les intérêts de la France, de mon pays.

Un système qui ne peut se comprendre que si on se rappelle que ceux qui y ont participé – de près ou de loin – sont des « enfants de la colonisation ». En effet, dans les années 1960, un homme comme Jacques Chirac avait une trentaine d’années et un homme comme François Mitterrand, une cinquantaine. Aussi, le réflexe paternaliste prend le pas sur la volonté d’un véritable rapport bilatéral.

Manifestations de Togolais après la victoire contestée de Faure Gnassingbé, lors du scrutin présidentiel d'avril 2005

La France a une place en Afrique qu’on le veuille ou non. Néanmoins, ce sont les règles du jeu qui doivent être changées. Cela est d’autant plus nécessaire qu’un pays comme la Chine n’hésite plus à investir dans notre pré-carré afin d’amplifier son réseau d’alliance et d’influence. Aussi, si on parle de nouvel horizon dans les relations franco-africaines, cela doit pour autant dépasser le cadre des simples intentions. Nombreuses ont été les occasions manquées notamment en 1990 lors du sommet de la Baule mais aussi – dans un cas particulier – en février 2005 au Togo lors de la mort du général Etienne Gnassingbé Eyadema au pouvoir durant 38 ans. A ce titre, je reste toujours aussi sceptique par rapport à l’explication que m’a donné Michel Barnier – à l’époque ministre des Affaires étrangères du gouvernement Raffarin – à propos de la gestion de la crise togolaise lors de la conférence qu’il a donnée le 6 avril dernier à Sciences Po Grenoble. Comment en effet dire que l’élection présidentielle – qui a vu la victoire du fils du dictateur décédé (drôle de coïncidence, ceci dit en passant) – s’est déroulée dans de bonnes conditions alors que dans le même temps, on voyait des militaires s’emparer d’urnes électorales, certaines ayant même été découvertes bourrées. La colère des Togolais n’en était que prévisible et logique.

La France doit garder un rôle de premier plan en Afrique tout en modifiant sensiblement les règles du jeu. Dès lors, j’observe ce que fera Nicolas Sarkozy. On peut effectivement penser que quelque chose peut évoluer dans le sens que c’est quelqu’un qui n’a pas connu « le temps béni des colonies » (pour reprendre les paroles d’un de ses amis, Michel Sardou. Toutefois, je reste extrêmement méfiant d’autant plus quand on sait que l’actuel locataire de l’Elysée est un ami personnel du président de la République Omar Bongo, véritable dictateur en son pays…

Aussi, si l’Afrique doit se prendre en main, elle ne peut le faire que si la France décide (enfin) de revoir les règles du jeu. Et si l’élan venait de la société civile ?

Pour aller plus loin :

Je vous recommande de visiter le site de l’association Survie, fondée par François-Xavier Verschave mais aussi de lire un article que j’avais rédigé en février dernier à l’occasion du dernier sommet franço-africain de Jacques Chirac

A lire également, les trois principaux ouvrages de ce dernier :

La Françafrique, le plus long scandale de la République (éd. Stock)

Noir silence : Qui arrêtera la Françafrique ? (éd. les Arènes)

Noir Chirac

PS : ci-joint, voici le résumé de Noir silence (livre publié en 2000), histoire que vous fassiez une certaine idée.

Couverture du livre "Noir silence" publié en 2000

Il existe un pays où, depuis son palais, le chef de l’Etat recrute librement des mercenaires et pilote des guerres civiles sur un autre continent.

Ce livre donne des noms, des dates, des témoignages.

Il existe un pays qui attise les conflits ethniques et déverse des armes sur des régions à feu et à sang, pour rester maître du seul vrai pouvoir : l’argent.

Ce livre raconte ces crimes sans tribunal.

Il existe un pays qui, pour défendre ses intérêts, autorise ses services spéciaux à d’allier, en terre étrangère, avec les réseaux mafieux et les milices d’extrême droite.

Ce livre recoupe les enquêtes en France et à l’étranger pour démonter l’engrenage.

Il existe un pays où un candidat à l’élection présidentielle, deux fois ministre de l’Intérieur, peut s’appuyer, en toute impunité, sur les circuits des casinos et des ventes d’armes.

Ce livre donne des clés pour comprendre son ascension et son pouvoir.

Il existe un pays qui, loin de ses frontières, truque des élections et couvre l’assassinat de ses propres coopérants.

Ce livre permet de comprendre la logique de ce monde absurde.

Ce pays, c’est la France.

Le continent humilié, c’est l’Afrique.

Leur liaison incestueuse, c’est la Françafrique.

Comment en finir avec un aussi noir silence ?

2002

2002. Un chiffre, une date, un symbole. 2002 jours qu’une femme est quelque part dans la jungle colombienne. 2002 jours que sa vie ne tient plus à qu’un fil. 2002 jours que sa famille mais pas seulement attendent son retour. 2002 jours que ses enfants se demandent si elle reviendra.

Depuis le 23 février 2002, Ingrid Bétancourt est l’otage – parmi tant d’autres – des Forces Révolutionnaires de l’Armée Colombienne (FARC). Depuis 2002, un conflit entre des révolutionnaires marxistes et un gouvernement ultra conservateur qui se trouve dans l’impasse la plus totale. Depuis 2002, le manque de volonté entre les deux camps. Depuis 2002, un bras de fer incessant.

Comme je l’avais écrit précédemment [cf.article], Ingrid Bétancourt se retrouve au cœur d’un conflit dans lequel, elle n’y est pour rien bien entendu. En 2002, Ingrid Bétancourt voulait seulement faire entendre sa voix démocratiquement à l’occasion des élections présidentielles colombiennes. Mais depuis 2002, Ingrid n’a pratiquement rien dit. Pour être plus exact, on ne l’entend plus en raison de toute l’intransigeance des FARC mais aussi de la politique du président Alvaro Uribe, politique jusqu’au boutiste et absurde.

Depuis les débuts, la France joue un rôle de premier plan dans la gestion de cette crise. En effet, il ne faudrait pas oublier qu’Ingrid Bétancourt est également citoyenne française et que son sort nous concerne en premier ordre. A ce titre, la diplomatie s’est attachée – à mon sens – à agir avec la plus grande discrétion possible, tout en se rappelant que chaque jour supplémentaire que passe l’ancienne candidate à la présidentielle de 2002 augmente davantage les risques pour sa vie. Toutefois, il ne faudrait également pas oublier que les acteurs de la situation sont des durs à cuire et qui n’hésiteront pas à aller jusqu’au bout par idéologie et en raison de celle-ci.

Le 6 mai dernier, au soir de sa victoire à la présidentielle, Nicolas Sarkozy avait déclaré que la France n’oubliera jamais Ingrid Bétancourt. Dès lors, tout s’est accéléré : le président de la République a reçu la famille d’Ingrid qui a aussitôt placé ses espoirs dans la nouvelle équipe gouvernementale.

Mais depuis… rien !

Rien ! Pas un mot ! L’activisme constaté de Nicolas Sarkozy se serait-il transformé en pétard mouillé ? Alors certains d’entre vous diront que je polémique mais tout de même ! Sans doute que Nicolas Sarkozy s’est-il rendu compte que les FARC, ce n’est pas comme avec le colonel Kadhafi et les infirmières bulgares. Qu’envoyer Cécilia ne serait pas LA solution permettant la libération d’Ingrid Bétancourt.

A ce titre, je considère que la diplomatie française ne se montre pas assez ferme avec les FARC mais aussi avec le président Uribe. En effet, entre les deux principaux protagonistes de la situation, se trouve une victime Ingrid, coincée dans une guerre des nerfs et une guerre idéologique que se livrent ces derniers. L’idéologie vaut-elle plus que la vie d’une femme ? L’idéologie justifie-t-elle qu’Ingrid Bétancourt « bénéficie » d’un traitement différent de celui des infirmières bulgares ? Ou est-ce tout simplement la diplomatie de Sarkozy qui doit être étudiée sous différents angles ?

Toujours est-il que durant ce temps-là, une femme est en train de croupir dans une véritable geôle à ciel ouvert et elle attend. Elle attend qu’une véritable volonté politique prenne le pas sur une diplomatie convenue et compassionnelle. Que la communauté internationale se saisisse enfin de cette affaire et fasse pression sur le président Uribe afin qu’il fléchisse sa politique de fermeté qui ne mène pour l’instant au raidissement des deux camps. Que la France se contente de mener à bien son rôle de médiateur au lieu que son président nous sorte des envolées lyriques et joue les Mac Gayver par déclarations de presse interposées et arrières pensées politiciennes. En gros, elle attend que quelqu’un sorte de cet enfer. 2002 jours, c’est long ! Extrêmement long ! Sans compter que si il y a une sorte aussi redoutable que la mort, c’est bien l’oubli. Aussi, faisons en sorte qu’Ingrid Bétancourt –notre compatriote – bénéficie du même activisme présidentiel qui a conduit à la libération des infirmières bulgares (dans les conditions que l’on sait ne l’oublions pas !), la vie d’une femme en dépend !

Continent maudit ?

Continent maudit ?

Mardi 14 août

A mes lecteurs

Mon tour du monde se poursuit et rassurez-vous, je tiens le rythme. Il faut dire que ces derniers temps, j’ai été en mode « HP 7 » (Harry Potter and the Deathly Hollows si vous préférez). Je viens de terminer le livre et pour ceux qui avaient la flemme de lire dans la langue de Shakespeare, un conseil : réservez votre journée du 26 octobre et courrez chez votre libraire ! Le livre est tout simplement génial (RIRES).

Mais après cette page promotionnelle, place maintenant à un sujet beaucoup plus sérieux qu’il concerne un continent qui me tient à cœur : l’Afrique.

Vue générale de Lomé, capitale du Togo (avec au centre, la Place de l'Indépendance)

Il m’était impossible pour moi de faire ce tour du monde virtuel sans poser le pied en Afrique et notamment au Togo, un pays très important puisque c’est là où se trouvent une partie de mes racines. J’ai en effet, une partie de ma famille qui vit là-bas et c’est, tout de même, l’occasion de leur rendre une petite visite. C’est aussi l’occasion de vous parler d’un continent qui me tient à cœur : l’Afrique.

On pourrait en dire sur l’Afrique, vraiment en dire ! Une Afrique multiculturelle, multiethnique, une Afrique diverse. D’Europe, on a souvent une vision caricaturale du continent noir entre compassion et répulsion, entre paternalisme et idées reçues. Au passage, cela me fait bien rire. N’est-ce pas cet imbécile de Charles Trenet qui avait sorti du temps de son vivant : « les Africains sont de grands enfants ? ». Ou certains de dire : « Les Africains, ceci », « l’Afrique, cela », la famine, la guerre, etc. etc.

Alors l’Afrique, continent maudit ? Continent maudit par les guerres, le colonialisme, la Françafrique et autres formes d’ingérences politiques ? Continent maudit et menacé par le réchauffement climatique et le SIDA ? Alors, on pourrait voir le verre à moitié vide et baisser les bras, se dire que le continent noir ne fait que vivre qu’une tragédie et qu’on n’y peut rien.

Il y a quelques semaines, Nicolas Sarkozy déclarait à Dakar (Sénégal) que l’Afrique devait se prendre en main. Cela est effectivement le cas et pour une fois, je suis d’accord avec le Président de la République. Mais où il y a divergence, c’est entre le discours et la méthode. Nombre de fois, les Africains ont entendu les discours volontaristes des différents chefs d’Etat français et nombre de fois la déception fut au rendez-vous. L’enjeu est quelque peu simple : on ne peut prôner le développement pour le continent africain et en même temps, tirer à profit du potentiel africain. Autrement dit, on nous peut se permettre de promettre le développement et parler démocratie et dans le même temps, mettre volontairement à mal l’économie et le système politique de la plupart des pays africains, notamment francophones.

Le Togo en est l’exemple évident. Durant trente-huit ans, ce pays a été dirigé d’une main de fer par le général Etienne Gnassingbé Eyadema et ce, avec la bienveillance de la diplomatie française toutes tendances politiques confondues. Aussi lorsque Gnassingbé Eyadema meurt en février 2005, quelle n’a pas été ma surprise d’entendre Jacques Chirac – à l’époque chef de l’Etat – déclarer : « Je perds là un ami personnel ! ». Mais cela est finalement (bien) peu par rapport à cette autre (et vieille) déclaration : « La démocratie est un luxe pour les pays africains ».

Le continent africain a de précieux atouts mais qui restent assez mal exploités en raison notamment d’un système – la Françafrique entre autres – qui infantilise davantage les pays francophones anciennement colonies françaises. Si le continent africain doit prendre son avenir en main, cela ne peut se faire sans une réelle indépendance et non factice, comme c’est réellement le cas actuellement. Pour illustrer mes propos, je peux évoquer le cas du Franc CFA qui reste une devise bien dépendante de l’Euro tout comme elle l’était avec le Franc Français.

Alors l’Afrique, continent maudit ? Cela est à fortement nuancer d’autant plus que le berceau de l’humanité – hé oui, il ne faudrait pas l’oublier – est en train de bouger. Certains pays comme l’Afrique du Sud ou bien encore le Maroc n’ont plus grand-chose à envier aux pays occidentaux. Qui plus est, la jeunesse constitue une force redoutable pour un tel continent face à une Europe qui ne cesse de vieillir.

Aussi lorsque Nicolas Sarkozy invite les Africains et – notamment les plus jeunes – à se prendre en main, je dis « chiche ». Toutefois, le président de la République ne peut se permettre de jouer sur deux tableaux : nous jouer « Sarkozy, l’ami de l’Afrique » et jouer « Sarkozy, père fouettard de l’immigration choisie ». A ce propos, j’ai toujours considéré que le meilleur moyen d’en finir avec l’immigration était peu être d’arrêter un système : la Françafrique. Mais cela, c’est une autre histoire que j’aurai l’occasion de vous raconter ultérieurement.

A suivre (Prochaine destination : l’Inde. Viendront ensuite, la Chine, la Turquie, les Pays-Bas et une petite surprise !)

Gilles

Un Janus à deux visages

Un Janus à deux visages

Jeudi 9 août

Contrairement, à ce qui fut prévu, j’ai décidé de changer ma destination pour remonter tout le continent américain et atterrir ainsi aux Etats-Unis. L’Afrique attendra un peu.

Direction donc New York, la fameuse « Big Apple » et son côté multiculturel. La ville des « Irish-Americans », la ville aux nombreuses nationalités. La ville du gigantisme aussi et de toutes les excentricités : les fameux gratte-ciel à vous faire perdre la tête, ses fameux taxis jaunes, le célèbre Central Park mais aussi ceci :

Depuis le 11 septembre 2001, New-York a une plaie béante. C’est le fameux Ground Zéro, lieu où se dressaient les tours du World Trade Center. A ce titre, j’ai déjà évoqué sur mon blog, mes impressions à propos des attentats de septembre 2001. Toujours est-il que malgré cette tragédie et la peur qui est encore bien présente, les New-Yorkais semblent vouloir aller de l’avant et poursuivent ainsi leur folle existence.

Si, dans un ordre général, je devais décrire les Etats-Unis, je pourrais dire que c’est un véritable Janus ou encore, un pays a deux visages, un peu comme Docteur Jekyll et Mister Hyde. Le docteur Jekyll serait, à mon sens, l’Amérique profonde (« Mainstream America » en anglais), une Amérique bien pensante, plus ou moins manichéenne, plus ou moins conservatrice ou la morale est la norme, une Amérique quelque peu repliée sur elle-même. La série télévisée Seven Heavens (plus connue en France sous le titre Sept à la maison) en est pour moi, le symbole évident.

Quant à Mr Hyde, je verrais sans hésiter New-York incarner un tel personnage. En effet, il n’y a pas si longtemps, New-York, c’était la criminalité, les endroits plus ou moins sombres, etc. Mais New-York, c’est aussi l’ouverture sur le monde, le multiculturalisme, le libéralisme au niveau de la morale, bref, une Amérique qui n’hésite pas à évoquer tous les sujets mêmes les plus tabous. A ce titre, les séries Ally Mc Beal mais également Dawson’s Creek (bien que l’action ne se passe pas dans la Grosse pomme) sont également des symboles.

Pourquoi je vous parle de tout cela ?

C’est qu’à mon sens, les Etats-Unis sont terriblement tiraillés entre une volonté d’exprimer leur liberté, leur ouverture sur le monde et la défense de valeurs – qui pour certaines sont communes aux nôtres – mais aussi un repli sur soi plus ou moins marqué, plus ou moins fort. Si les Etats-Unis ont toujours balancé entre ces deux tendances, il n’en demeure pas moins que le 11 septembre 2001 a changé quelque peu les choses.

En 2004 – peu de temps avant les présidentielles américaines – Christine Ockrent publiait Bush – Kerry : les deux Amériques. Effectivement, il y a bien deux Amériques qui s’affrontent, du moins qui s’opposent. C’est en cela que les Etats-Unis sont un véritable Janus à deux visages. Ce sont deux Amériques qui s’affrontent sur l’image à donner de ce pays. Cette opposition est encore plus vive depuis le 11 septembre 2001 et les terribles attentats de New-York et de Washington. Si à New-York, on se montre volontiers cosmopolite, dans le fin fond du Texas, on n’hésite pas à montrer une vive hostilité envers les immigrés clandestins ou pas. Si à New York, les couples gays et lesbiens s’affichent plus ou moins facilement, dans l’Amérique profonde, ils restent considérés comme l’incarnation du Mal. Enfin, si dans à New-York et dans le reste des côtes Est et Ouest, on se veut ouvert sur le monde pour mieux le comprendre et moins le caricaturer, dans l’Amérique profonde, on croit dur comme fer que les Etats-Unis ont un rôle messianique à jouer pour l’ensemble de l’humanité.

Bon, je caricature un peu. Toujours est-il qu’en voyant ce trou béant que constitue Ground Zero – trou qui se sera comblé par la construction de deux nouvelles tours et d’un mémorial en souvenir des victimes du 11 septembre 2001 – je me dis que comme pour le Chili, l’Amérique est à la croisée des chemins ou plutôt de son destin. Les Etats-Unis ne doivent pas s’engager sur une pente dangereuse, celle du repli et d’une vision plus ou moins manichéenne où on se permettrait de donner les bons points et de rendre les coups à tel ou tel pays sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Les Etats-Unis doivent continuer à faire rêver, à montrer un visage d’ouverture, de multiculturalisme et de tolérance. Un pays où la lutte contre le terrorisme ne se justifie par une restriction des libertés individuelles (le fameux Patriot Act), un pays où l’arrogance ne se traduit pas par une volonté d’imposer au reste du monde son modèle au mépris des cultures. Si les Etats-Unis veulent se montrer orgueilleux, c’est en affichant leur liberté et leurs valeurs fondamentales, celles qui font que les Etats-Unis furent un pays si longtemps respecté.

C’est cette Amérique là dont je rêve. Aussi, quand je quitte New-York, je me dis que cela reste encore possible. Tout dépendra des prochaines élections de novembre 2008.

A suivre (Prochaine destination : le Togo)

PS : afin de prolonger mes propos, je vous conseille de regarder les films polémiques de Michael Moore tel que Bowling for Columbine et Fahrenheit 9 /11 mais également un autre film September 11 (mais cela j’aurais l’occasion de vous en parler un peu longuement, le 11 septembre prochain)