Rencontre trilatérale – Partie 3

Vendredi 13 et Samedi 14 novembre

Suite et fin de mon récit sur la rencontre trilatérale à laquelle j’ai participé à Saint-Germain en Laye dans les Yvelines.

Durant une réunion de travail du groupe auquel j'appartenais, le vendredi 13 novembre (photo prise de mon téléphone portable)

Après une virée dans la capitale avec les membres hongrois et allemands, le 11 novembre et la reprise de nos travaux le lendemain au Lycée International, nous avons poursuivi ceux-ci dans nos ateliers respectifs au lycée Poquelin.

Dans le mien, nous avons réfléchi à l’identité européenne, cinq ans après l’élargissement et pour mieux confronter nos points de vue, nous nous sommes opposés dans un débat. Le principe du jeu était simple : il fallait défendre notre point de vue face à notre interlocuteur jusqu’à qu’on soit remplacé par un membre de l’atelier qui partageait notre idée, sachant qu’on pouvait être remplacé à tout moment. Un exercice assez intéressant dans la mesure où il faut être capable d’être synthétique et de dire le maximum de choses !

Par la suite, nous avons visionné une vidéo de la Commission européenne dans laquelle on trouvait des personnes originaires des dix nouveaux Etats membres et qui nous expliquaient ce que l’entrée dans l’UE avait changé pour eux. Témoignages intéressants mais assez policés pour moi et l’ensemble du groupe même si par la suite, on a pu relever des thèmes essentiels comme la libre-circulation, la défense et la protection des consommateurs ou bien encore la mise en place de la monnaie unique, l’Euro.

Puis en soirée, nous avons présenté nos travaux au maire de Saint-Germain en Laye ainsi qu’aux habitants de la ville, malgré l’absence de députés européens qui ont du décommander au dernier moment.

Présentation de nos travaux dans la salle du conseil municipal de Saint-Germain en Laye, le 13 novembre dernier (photo prise de mon téléphone portable)

Le lendemain, dernier jour du séminaire et dernière conférence. Toujours à l’Hôtel de Ville de Saint-Germain en Laye, nous avons assisté à un colloque sur les Vingt-ans de la Chute du Mur et nous avons dialogués avec les témoins de l’époque. Je retiendrai notamment le témoignage de ce pasteur allemand qui, lors de la révolution populaire et pacifique d’octobre 1989 contre le régime communiste de l’ex-RDA, n’a pas hésité de prendre fait et cause pour les manifestants en cachant notamment des journalistes et certains d’entre eux dans le temple.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin et c’est avec pas mal de nostalgie que j’ai fini le séminaire, le temps de saluer tous les participants avec qui j’ai tissé des liens et dont j’espère bien garder ! Toujours est-il que je garderai pour longtemps un sacré souvenir de ce séminaire : j’ai vécu l’Europe au quotidien avec des gens de ma génération loin du débat et de la bulle franco-française. En tout cas, j’espère dans un avenir proche, me rendre en Hongrie, ainsi qu’en Allemagne (Stuttgart et Leipzig) pour tous les revoir !

Et je voulais en profiter pour remercier, via mon blog, madame Regina Lecointe ainsi que Virginie et Manuella pour avoir organisé avec le Mouvement Européen de Hongrie, la Europa-Haus Leipzig et le Internationales Forum Burg Liebenzell, cette superbe rencontre trilatérale.

En compagnie de quelques participants (Christoph, Christine, Gertrhud, Emilie, Regina Lecointe, Bettina, Carolin, Bénédicte, Anna-Maria...) devant l'Hôtel de ville de Saint-Germain en Laye (Yvelines) au moment du départ, le 14 novembre

Rencontre trilatérale – Partie 2

Mardi 10, Mercredi 11 et Jeudi 12 novembre

Séance de rattrapage en cette semaine !

Suite à mon séminaire consacré aux 20 ans de la Chute du Mur, je n’ai pas tellement eu le temps de revenir sur mon blog pour évoquer ce moment majeur. Mais comme, les évènements restent encore frais et que nous sommes dimanche, je vous propose une séance de rattrapage !

Au lendemain des commémorations de la Chute du Mur de Berlin, suite de mon séminaire avec des conférences et une soirée-littéraire à la clé à Saint-Germain mais aussi à Poissy dans les Yvelines. J’ai notamment des jeunes d’un lycée professionnel dans lequel nous avons commencé nos activités.

Trois thèmes étaient consacrés : 1) ce qui a changé entre 1989 et 2009, 2) où en sommes-nous, cinq ans après l’élargissement ? 3) la question des frontières. Ces ateliers se tenaient sur trois jours et nous étions répartis sur les trois groupes, mélangés entre nationalités.

Au lycée International de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), le 12 novembre, peu avant la suite de nos travaux. (Photo prises de mon téléphone portable)

Durant nos travaux, nous avons échangé nos différents points de vues mais aussi débattu, ce qui fut extrêmement intéressant dans la mesure où nous n’avons pas forcément les mêmes avis et que nous visions de l’Europe et de la construction européenne peuvent être nuancées. Malgré tout, nos échanges furent intenses et surtout très instructifs (et dans la langue de Shakespeare s’il vous plaît !!) avec souvent des face à face mais aussi des analyses critiques sur des documents et vidéos.

Mais le point culminant lors de ces trois jours fut notre rencontre avec les élèves du lycée International de Saint-Germain-en-Laye. Répartis dans différentes classes de Terminale, nous avons pu échanger avec des adolescents qui ont l’âge de mon frère et qui ne sont pas nés lors de la chute du Mur. L’écart d’âge n’est pas énorme en soit (six, sept ou huit ans) mais finalement important dans la mesure où les participants à la rencontre trilatérale sont nés avant la chute du Mur (alors que nous n’avons pratiquement pas de souvenir bien précis à l’instar du 11 septembre 2001 par exemple). Malgré tout, leur perception et leur avis sur l’évènement furent précieux et vraiment intéressants dans la mesure où venant de différents pays (principalement européens), leur regard est quelque peu particulier.

De ces différentes rencontres, je n’oublie pas, la soirée-littéraire qui permet une interaction entre la politique, l’Histoire et la littérature. A travers cette dernière, le regard sur la Chute du Mur et sur les vingt années qui s’en sont suivies est particulièrement fort notamment si on est du côté Est du Mur. C’est ainsi que j’ai ressenti cette soirée.

A suivre !

Sarko refait-il l’Histoire ?

En ces temps de commémoration des Vingt ans de la chute du Mur de Berlin, nos responsables politiques vont de leur petite histoire et nous racontent volontiers ce qu’ils faisaient le 9 novembre 1989 lorsque le Mur de Berlin est tombé.

Nombreux ont été les témoignages. Ainsi, Daniel Cohn-Bendit était à Francfort lorsqu’il a appris la nouvelle et s’est empressé de se rendre à Berlin pour assister à l’évènement. Bruno Le Maire, l’actuel ministre de l’agriculture, était en train de traduire un texte allemand en français lorsqu’il est tombé sur les infos. Quant à Jean-Marc Ayrault, ce dernier était tout simplement à Nantes et avait confié sur le site Internet de Libération, son regret de ne pas avoir été présent.

D’autres personnalités politiques hexagonales ont aussi voulu raconter ce qu’ils faisaient à ce moment précis. Ainsi, notre président de la République avait écrit, sur sa page Facebook, s’être rendu immédiatement, en compagnie d’Alain Juppé, sur Berlin après la lecture de dépêches AFP indiquant que les choses évoluaient sur la capitale allemande.

Nicolas Sarkozy (alors maire de Neuilly sur Seine (Hauts-de-Seine) et député), en novembre 1989 après la chute du Mur de Berlin)

On pourrait se dire qu’il s’agit là d’un récit comme un autre. Or, à y regarder de plus près, il semblerait que Nicolas Sarkozy se soit trompé dans son récit. A première vue, rien de choquant, après tout l’erreur est humaine ! Sarkozy serait arrivé non pas dans la soirée du 9 novembre – et ce d’autant plus que personne n’avait imaginé et anticipé la chute du Mur – mais le lendemain.

Toutefois, les choses semblent se corser dans la mesure où d’autres personnes affirment maintenant que Nicolas Sarkozy, alors secrétaire adjoint du RPR, ne serait venu sur Berlin non pas le 10 au matin mais le 16 ! Et c’est là que le bas blesse dans la mesure où le président s’arrange avec la réalité, ce qui est quelque peu minable à mon sens !

En effet, Nicolas Sarkozy – qui n’est plus à un mensonge près ! – pensait une fois de plus profiter de l’incrédulité des gens et se placer ainsi à l’égal des grands de ce monde en faisant croire qu’il a participé à l’Histoire en marche. Mais en agissant de la sorte, Sarko n’obtient le contraire de l’effet recherché. Pire, il se ridiculise une fois de plus en prétendant avoir été présent au soir du 9 novembre !

Personnellement, on se fiche de savoir si celui qui était à l’époque député-maire de Neuilly était à présent à Berlin le 9 ou le 16 novembre, d’autant plus qu’il y ait allé. Mais cette façon de s’arranger avec l’Histoire afin de faire partie des acteurs de l’Histoire montre un certain cynisme de la part du chef de l’Etat qui n’a que pour obsession et souci de redorer son image. Qui plus est, c’est une nouvelle façon de tirer la couverture à lui et d’attirer l’attention (en gros, créer le buzz !)

Aussi, je ne comprends pas trop l’obsession du président de la République mais une telle façon de réécrire l’Histoire et s’arranger avec son Histoire est quelque peu inquiétante ! Mais peu importe, au bout du compte ! Notre monarque-président voulait se faire voir et attirer l’attention ? Hé ben c’est gagné !

Rencontre trilatérale – Partie 1

Dimanche 8 et Lundi 9 novembre

Durant cette semaine spéciale, en plus de l’actualité et des commémorations proprement dites, je vous parlerai du séminaire auquel je participe, tant que cela correspond parfaitement à mon engagement européen, sans compter qu’il s’agit d’une bonne occasion pour rencontrer d’autres jeunes européens.

En effet, la Maison de l’Europe des Yvelines organise durant cette semaine une rencontre trilatérale entre des jeunes âgés de 20 à 30 ans et venant principalement de France, d’Allemagne et de Hongrie à l’occasion des Vingt ans de la Chute du Mur. Ainsi et jusqu’au 14 novembre, je suis à Saint-Germain en Laye avec une trentaine de participants afin de célébrer mais aussi confronter nos différents points de vue sur la construction européenne ainsi que sur son avenir.

Et je dois dire que jusqu’ici, je ne suis pas déçu : l’ambiance est bonne et les participants sympas, certains francophones même si dans la pratique, c’est l’anglais qui est le plus fréquemment utilisé. Des jeunes qui viennent de tous les horizons et avec un parcours parfois original. Ainsi, je pense à Tomas, mon camarade de chambre originaire de Leipzig et qui avait huit ans lors de la Chute du Mur. Autant dire qu’il en garde quelques souvenirs !

La Maison de Jean Monnet (1888 - 1979), un des Pères fondateurs de l'Europe à Bazoches sur Guyonne (Yvelines) (Photo prise de mon téléphone portable)

Après une première journée dédiée aux présentations, place au vif du sujet, le lendemain. Au programme de ce 9 novembre, visite de la Maison de Jean Monnet à Bazoches sur Guyonne (non loin de Rambouillet) et rencontre avec l’ambassadeur d’Autriche, le représentant de l’ambassade de Hongrie, celui d’Allemagne et le vice-président de la Commission européenne chargé des libertés et affaires intérieures, Jacques Barrot (et non pas Barroso ! n’est-ce pas papa ?). Puis après un rapide déjeuner, conférence-débat autour de la question des frontières (à partir des réflexions de Jean Monnet) avant de retourner à Saint-Germain en Laye, participer à une rencontre avec des témoins directs de la chute du Mur de Berlin organisée par la municipalité. J’ai, à ce titre, particulièrement apprécié, la boutade de l’intervenante polonaise qui nous rapportait les explications de son père concernant le changement soudain de régime, lorsqu’elle avait sept ans : « le communisme, c’est quand tu avais de l’argent mais qu’il n’y avait rien sur les étagères et le capitalisme, c’est quand les étagères sont remplies mais que tu n’as de sous pour acheter les produits ! »

Vingt ans après, la boutade est toujours d’actualité !

A suivre !

Un peu d’histoire pour commencer !

Si la chute du Mur de Berlin a été un évènement planétaire, il y a vingt ans, un petit rappel historique reste nécessaire pour replacer les choses en son contexte. Bref rappel car je suis sur que tout le monde sait désormais ce qui s’est passé le 9 novembre 1989.

Mais en revanche, il reste encore des gens qui ne savent pas les raisons qui ont conduit à l’édification du Mur de la Honte, ce que je me propose de vous expliquer !

Afin de contenir la fuite de citoyens est-allemands vers la République fédérale d’Allemagne via Berlin-Ouest (alors occupée par les armées françaises, britanniques et américaines), les autorités de RDA ordonnent l’édification d’un mur le long de la ligne de démarcation séparant l’Ouest et l’Est de la capitale allemande. (Voir carte ci-dessous)

Tracé du mur de Berlin de 1961 à 1969

C’est chose faite dans la nuit du 13 août 1961. A leur réveil, les Berlinois, stupéfaits et impuissants, assistent à la scission de leur ville, scission rapidement condamnée par les puissances occidentales.

Long d’une centaine de kilomètres, le Mur de Berlin a séparé des centaines de milliers de Berlinois durant près de trente ans. Nombreux sont ceux qui tenteront de franchir le Mur de la honte, bien souvent au péril de leur vie. Ainsi, on dénombre près d’une cinquantaine de morts entre le 13 août 1961 et le 9 novembre 1969.

Symbole de l’affrontement Est-Ouest, deux présidents américains viendront s’exprimer en défenseur du monde libre au pied du Mur. Ainsi, en 1963, John Fitzgerald Kennedy prononcera son fameux « Ich bin ein Berliner » (« Je suis un Berlinois ») et en 1987, Ronald Reagan invitera Mikhaïl Gorbatchev à « abattre ce mur » (« Tear down this Wall » dans la version originale).

Le Mur de Berlin en 1986

Mais le 9 novembre 1989 marque un tournant que personne n’attendait : ce soir-là, les autorités est-allemandes viennent de donner à leurs citoyens la possibilité de voyager librement sous réserve de l’obtention d’un visa. Mis au courant de la nouvelle, des milliers de Berlinois de l’est se ruent aux postes-frontières. Dépassés, les gardes-frontières est-allemands laissent passer des milliers de gens à Berlin-Ouest, provoquant par la même occasion le démantèlement du Mur dès le lendemain.

Il s’agit là d’un résumé très exhaustif et sans doute incomplet mais vous servira de base afin de mieux comprendre cet évènement majeur. Si à titre personnel, je n’ai aucun souvenir de la Chute du Mur, il n’en demeure pas moins que cela reste un évènement majeur qui a durablement marqué l’Histoire de l’Europe tant que les conséquences restent fortes (surtout en ce qui concerne la construction européenne). C’est d’ailleurs tout l’objet du séminaire auquel je participe actuellement et dont je vais vous faire le premier compte-rendu, dans l’article qui suit !

Semaine berlinoise !

Actupol passe à l’heure berlinoise !

Du 8 au 14 novembre, je reviendrai sur les vingt ans de la Chute du Mur de Berlin, mais aussi, à partir de cet évènement qui a bouleversé le continent européen, sur les conséquences directes et indirectes.

Je ne serai malheureusement pas présent à Berlin pour commémorer le vingtième anniversaire de la Chute du Mur. Mais, durant toute la semaine, je serai à Saint-Germain en Laye (Yvelines) dans le cadre d’une rencontre trilatérale rassemblant des Français, des Allemands et des Hongrois pour revivre, à travers des réunions, des débats et des manifestations, cet évènement historique.

A très vite sur Actupol !

Gilles

Berlin, le 10 novembre 1989, les autorités est-allemandes abattent le Mur