L’esprit de mai : épisode 1

Episode 1 : « Faut-il liquider mai 68 ? »

Venons-en directement au problème ! Il y a un an, le candidat de l’UMP, Nicolas Sarkozy disait devant ses partisans : « Il nous reste deux jours pour dire adieu à mai 68 »

Un an après, et si on regarde l’impact et l’importance des « commémorations » du 40ème anniversaire des évènements de mai, force est de constater que le chef de l’Etat s’est bel et bien trompé !

Tout d’abord, en raison de son attitude même : « Jouissez sans entrave » disait-on en 1968 ? Nicolas Sarkozy s’est comporté comme un président « bling-bling », amateur de montres et de jolies femmes au point de se permettre de divorcer pour ensuite épouser quelques semaines plus tard une mannequin-chanteuse.

Liquider mai 68, cela aurait pour sens de revenir à un certain conservatisme digne du temps du général de Gaulle et d’une France qui se voulait l’égale des deux hyper-puissances, les Etats-Unis et l’URSS. Liquider mai 68, c’est finalement renoncer à la formidable mise en avant de la société qui a été permise grâce aux évènements et à la révolte étudiante mais également syndicale.

Ce qui est assez curieux, c’est que Nicolas Sarkozy n’est pas un acteur de mai 68. Normal, il n’y avait que… 13 ans. Aussi, on peut facilement dire qu’il a profité des retombées à long terme de ce qui a constitué une rupture : une société plus libérée, moins corsetée qui a finalement porté des valeurs progressistes et qui a refusé de voir en la France, un pays figé sous la bienveillance du Général de Gaulle.

Aussi, je me suis demandé ce que Nicolas Sarkozy allait bien pouvoir faire. Un an après, je me dis tout simplement que liquider 68, c’était tout simplement un argument de vente électorale afin d’attirer les personnes âgées et tous ceux qui n’avaient pas digéré ce qui n’était qu’une remise en cause d’un modèle de société.

En s’exprimant de la sorte il y a un an, Sarkozy a finalement fait un très beau cadeau aux nostalgiques du mouvement de mai. En réalité, l’ancien ministre de l’Intérieur continue d’entretenir l’esprit de mai en menant une politique agressive et de remise en cause sans véritable contrepartie de notre modèle de société sous couvert de réformes.

La réforme est nécessaire pour notre pays, et j’aimerais qu’on ne pense pas que je suis opposé à tout changement. Pour autant, elle ne peut s’effectuer en rejetant d’un revers de la main notre histoire politique et sociale. L’héritage est lourd et il doit être préservé, cohésion sociale et unité nationale obligent. C’est en cela que l’esprit de mai existe encore et toujours. Nicolas Sarkozy pensait le liquider, mais il s’est bien rapidement retrouvé en décalage avec la société actuelle. Pour preuve, selon un sondage CSA pour le Nouvel Observateur réalisé en mars 2008, 74% des personnes interrogées estiment que « la période de mai 68 a eu un impact positif sur la société ».

Prochain épisode : Pourquoi la gauche n’a pas compris les évènements de mai ?

Edito n°8

Daniel Cohn-Bendit, un des meneurs de mai 68 en face des forces de l'ordre à la Sorbonne.

En mai, fais ce qu’il te plaît, comme on a l’habitude de dire !

Ben, il faut dire que je ne peux pas faire grand-chose malheureusement ! Je suis actuellement en partiels même si je bénéficie de larges plages de révisions en raison des ponts du 1er et du 8. Aussi, je ne serai pas tellement présent sur ce blog même si je tâcherais d’écrire un peu en vous proposant une nouvelle rubrique à l’occasion des quarante ans de mai 68.

S’intitulant « L’Esprit de mai », il s’agira moins de retracer les évènements qui ont secoué la France à la fin des années 1960 mais plutôt de voir ce qu’il reste de cette période en ce début du XXI° siècle. Une analyse plutôt personnelle qui tentera de traiter plusieurs aspects et enjeu des évènements de mai, en espérant que j’aurai le temps et la périodicité nécessaires pour tenir cette rubrique !

Toujours est-il que, même si examens me prennent un temps fou, je suis toujours autant l’actualité et je compte bien la commenter « avec une langue socialiste et une langue de vipère ! » (RIRES). Mais, bon, comme le temps, c’est de l’énergie à bien conserver…

Aussi, je vous laisse en ce 1er mai, synonyme de Fête du travail en vous souhaitant un bon repos. La fête du Travail reste un moment important puisque synonyme avant tout de lutte syndicale ! A ne pas oublier lorsque ces temps-ci, les chantages à l’embauche se multiplient dans l’entreprise !

Au prochain édito !