AB…spective 2006 : de R à Z

Suite et fin de notre ab…spective 2006. Dernière partie : de R à Z

R

ROYAL Ségolène :

« Pour nous, c’est elle ! » Evidemment, ce n’est pas son slogan de campagne mais cela suffit pour souligner tout le parcours mené pour s’imposer au sein du PS et des socialistes. Au terme d’un débat exemplaire et transparent – contrairement à ce que certaines mauvaises langues veulent bien prétendre – la présidente de la Région Poitou-Charentes s’est montré stratégique avec une détermination à toute épreuve. L’année 2006 fut l’année de la révélation pour Royal qui a mené un travail de rassemblement à l’intérieur du parti (ex : le ralliement d’Arnaud Montebourg en juillet dernier) et même en dehors avec le PRG et le MRC de Jean-Pierre Chevènement. Pour ceux qui douteraient encore, Royal est bien de gauche et qui bouillonne d’idées. Aussi, je vous propose de visionner un reportage diffusé le 23 novembre dernier dans l’émission « Envoyé spécial » sur France 2 où on montrait notre candidate à la présidentielle, en véritable stratège, durant la primaire interne (Je dédie d’ailleurs cette vidéo et tous les sceptiques et militants de l’UMP qui ne cessent de singer notre candidate sans véritablement la connaître)

Envoyé Spécial – « La Révolution Royal »
Vidéo envoyée par skidoo

RALLIEMENTS :

Choisis ton camp militant ! L’année 2006 fut celle des ralliements et des alliances multiples. Dans la majorité : fort d’avoir verrouillé son parti, Nicolas Sarkozy a obtenu le ralliement de la quasi-totalité des chiraquiens historiques (tout récemment, Alain Juppé, le fils préféré et « meilleur d’entre nous » selon notre Jacquot national) plus soucieux de la suite de leur carrière politique que d’une force de conviction sur le sarkozisme. Pour autant, l’UMP qui se voulait un parti de la droite et du centre a manqué son parti, quatre ans et demi après sa création. L’UDF résiste et quant au FN…

La dynamique du rassemblement est incontestablement à gauche notamment au sein du PS autour de Ségolène Royal et au sein de la Gauche républicaine.

S

SARKOZY Nicolas :

Là, je laisse le soin à Arnaud d’évoquer le ministre de l’Intérieur, président du Conseil général des Hauts-de-Seine, de l’UMP, j’en passe et des meilleurs !

Le ministre de l’Intérieur a voulu faire de 2006 une année utile : omniprésence et arrogance, digne d’un « Monsieur Je sais tout », assumant sans complexe ses contradictions, avec une bonne dose de démagogie (Du squat de Cachan à l’été 2006 à l’action des « Enfants de Don Quichote » à propos des SDF, observez le grand écart). Nicolas Sarkozy fait – comme dans les autres années précédentes – dans la démesure et dans la provocation. L’homme a une nouvelle fois excellé dans la contradiction, voulant se présenter comme un homme à la stature internationale (ex : sa rencontre avec le président américain G. W. Bush en septembre dernier). Si Sarkozy a officiellement annoncé sa candidature le 30 novembre dernier – précipité par le succès de Ségolène Royal – il fait en réalité campagne depuis longtemps en mélangeant outrageusement les genres. 2006 en fut l’exemple parfait.

à suivre !

Pendu !

Des images de la pendaison de Saddam Hussein ont été diffusées samedi 30 décembre au matin sur la télévision al-Iraqiya (www.lemonde.fr)

J’ai appris ce matin, au réveil, l’exécution de l’ancien dictateur irakien Saddam Hussein à 6 heures du matin (4 H, heure de Paris). Comme je vous l’avais dit à l’annonce de sa condamnation le 5 novembre dernier, je n’ai aucune pitié pour cet homme sanguinaire et génocidaire. Pour autant, je m’interroge du caractère – très – expéditif de l’exécution de sa peine et une telle rapidité n’augure rien de bon pour la suite.

L’ancien raïs devait être jugé, cela ne fait aucun doute. Néanmoins force est de constater que ceux qui souhaitaient sa mort – à commencer par la Maison Blanche – sont tombés dans le panneau. De fait, ils ont joué le jeu de l’ancien dictateur qui apparaîtra désormais pour ses partisans (et n’allez pas croire qu’ils ne sont qu’une simple minorité) un martyr de l’occupation américaine. La mort de Saddam Hussein sera un argument supplémentaire à ceux qui profèrent des menaces contre les Etats-Unis, notamment les volontaires au Djihad.

A ce titre, le président américain George Walker Bush avait annoncé que la mort de Saddam Hussein allait marquer une étape essentielle vers la démocratisation de l’Irak. Disons-le tout de suite : la mort de Saddam Hussein ne fera que renforcer les rancoeurs et les affrontements entre sunnites et chiites. Qui plus est, elle plonge un pays sans Etat de droit sous influence totale de l’Iran qui est,  à l’heure actuelle, la grande gagnante de la situation actuelle en Irak. Croire que la démocratisation de l’Irak sera facilitée par la mort de Saddam Hussein, c’est faire preuve d’amateurisme géostratégique. De fait, la communauté internationale a laissé une occasion majeure de juger elle-même Saddam Hussein via le Tribunal Pénal International. Le raïs faisait partie de la même catégorie de crapules que feu Slodoban Milosevic, l’ancien président yougoslave (suicidé dans sa cellule à La Haye, il y a quelques mois, au moment de son procès) mais décidément, leur sort était bien différent que l’on soit jugé par La Haye ou Washington – via le tribunal pénal spécial irakien.

Quelles leçons allons-nous transmettre à l’Irak qui n’est plus qu’un champ de ruines ? Que la démocratie rime avec vengeance (à travers un procès fleuve et expéditif ?) Je me trompe peut-être mais j’aurai aimé avoir tort il y a bientôt trois ans lors du début des hostilités. L’Irak a besoin de stabilité et c’est tout le contraire qui se produit !

Pendre Saddam Hussein, c’est prendre le risque d’en faire un martyr – d’ailleurs, c’est qu’il a cherché à être jusqu’à la fin. Aussi, je reste très sceptique pour l’avenir de l’Irak qui brûle à petits feux par des dissensions intérieures et les ambitions de ses voisins, l’Iran en premier. En effet, le régime islamique de Téhéran a eu tout intérêt dans la mort du raïs pouvant ainsi mettre l’Irak sous tutelle et exporter sa révolution islamique. Aussi, il est du devoir de la communauté internationale de tirer l’Irak vers le haut : il en va de la stabilité de tout le Moyen Orient.

AB…spective 2006 : de I à P

Suite de notre ab…spective. 2nde partie : de I à P

I

IRAK :

Vers l’implosion. L’année 2006 n’aura pas épargné ce pays plongé – disons-le une fois pour toutes – dans la guerrre civile et ce n’est pas la pendaison prochaine de Saddam Hussein qui améliorera les choses. Au contraire puisqu’une mise à mort de l’ancien dictateur ne fera que renforcer la rancoeur de ses partisans qui sont plus nombreux qu’on ne le pense. Pour sortir la tête haute de cet inextricable guépier qu’est devenu l’Irak, charge est aux Etats-Unis mais aussi à nous, Européens, de trouver la meilleure sortie de crise. Le président américain sait très bien que son crédit est bien entamé auprès du peuple américain, tout comme il sait que l’image des Etats-Unis n’a jamais été autant entachée. Et si la sortie de crise passait par une négociation avec deux pays aux régimes infréquentables ? Ne croyez pas que cela me réjouisse que nos pays et les Etats-Unis négocient avec l’Iran et la Syrie. Mais bon, entre deux maux, il faut choisir le moins pire et il est de plus en plus nécessaire que les Américains sortent de cet enfer.

NB : le reportage du 19/20 de France 3 du 05 novembre 2006

IRAN :

Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, aime faire dans la provocation et joue volontiers avec nos nerfs. Résultats des courses : un dossier nucléaire qui patine côté négociations et des sanctions toutes récentes votées par le Conseil de Sécurité de l’ONU. Mais la situation actuelle montre un manque de volonté certain des deux camps (L’UE d’une part qui négocie, le régime iranien de l’autre). Peut-on faire confiance à l’Iran lorsque son président – qui entre nous a plus le rôle d’un premier ministre que d’un véritable président – ne cesse de provoquer en niant sciemment l’Holocauste et en organisant des conférences à vous faire vomir ? Oui, l’Iran a droit au nucléaire civil selon les dispositions du TNP mais à la condition que ce pays se plie au contrôle des inspecteurs de l’AIEA, ce que l’Iran refuse toujours à ce jour. A ce titre, certains se sont offusqués à propos des déclarations de Ségolène Royal (Durant sa visite du Proche-Orient, fin novembre dernier, elle avait affirmé que l’Iran ne devait pas accéder au nucléaire civil). Mais réfléchissons un peu : peut-on faire confiance à l’Iran ?

De fait, la crise iranienne devient quelque peu épineuse d’autant plus qu’elle démontre, en réalité, une politique de « deux poids, deux mesures » pratiquée par les pays occidentaux : preuve en est, l’Inde et le Pakistan mais aussi Israël : ces trois pays ont la bombe atomique et cela n’a l’air de gêner personne, guerre contre le terrorisme oblige !

ISRAEL :

Ariel Sharon, l'ancien Premier ministre israélien, actuellement dans le coma

2006 marquera-t-il un tournant dans l’histoire du pays ? A l’heure actuelle, Ariel Sharon est toujours dans le coma et les Israéliens ont élu un nouveau Premier ministre, Ehud Olmert, en mars dernier. J’ai longtemps cru qu’il y avait de la mauvaise volonté de la part d’Israël d’aller vers la paix avec la Palestine. Au cours de cette année, j’avais quelque peu nuancé. Pour autant, le conflit contre le Hezbollah, l’été dernier m’a quelque peu refroidi sur la volonté de l’Etat hébreu. Oui, Israël a droit à sa sécurité mais cette dernière doit agir avec retenue, ce qu’elle a manqué de faire l’été dernier.

cf. également : « LIBAN », « PALESTINE »

J

JOSPIN Lionel :

cf. PARTI SOCIALISTE

K

KI-MOON Ban :

cf. « ONU »

L

LIBAN :

Obsèques de Paul Gemayel, en novembre dernier

Pour que vive le Liban. Cette année encore, le pays du Cèdre a été au coeur de toutes les rivalités et affrontements au Proche-Orient. La guerre qu’a menée Israël contre le Hezbollah en juillet dernier, l’assassinat du ministre de l’Industrie, Paul Gemayel en novembre dernier… les premières victimes de cette situation sont les Libanais qui aspirent à vivre, tout simplement. Toujours est-il que la communauté internationale prend peu à peu conscience. Qui veut la peau du Liban ? Cette question mérite d’être posée tant que ce pays vit dans une instabilité chronique dont il se serait bien passé

LYBIE :

Surprise ! Mauvaise surprise ? La communauté internationale a exprimé son indignation, il y a quelques jours, lors du procès en appel qui confirmait la condamnation à mort des infirmières bulgares et du médecin palestinien suspectés d’avoir inoculer volontairement le virus du SIDA à des centaines d’enfants libyens dans des hôpitaux alors que les démonstrations scientifiques prouvent le contraire ! Mauvaise surprise ? Finalement, il ne fallait pas être surpris de la sentence : de fait, énoncer une autre sentence autre que celle attendue par les Libyens, c’était remettre en cause le régime de Kadhafi. Au bout du compte, c’est bien ce dernier qui a entre ses mains la vie des quatre innocents. Affaire à suivre !

M

MONTEBOURG Arnaud :

cf. « PARTI SOCIALISTE », « ROYAL Ségolène »

N

O

OUTREAU (Commission parlementaire) :

André Vallini, en janvier à l'Assemblée nationale (www.lemonde.fr)

Une commission parlementaire pour comprendre. Comprendre l’incompréhensible, un fiasco. C’est ce que la commission parlementaire, présidée par le député socialiste André Vallini, a tenté de faire en décryptant les dessous d’un fiasco judiciaire majeur qui a, tout de même, brisé la vie d’une dizaine d’innocents. Mon seul regret ? C’est l’acharnement médiatique sur le juge Fabrice Burgaud. Il est bien évidemment responsable et a répondu de ses actes mais qu’il soit le seul à porter le chapeau, cela est inacceptable. TOUT le monde est responsable : le juge, sa hiérarchie, les médias mais également nous les citoyens, qui ont incriminé bien trop vite, ces innocents. Nous sommes tous responsables de ce fardeau. De ce fiasco, une réforme de la justice est née et qui fut votée il y a quelques semaines. Seulement, elle est au deçà ce qui était attendu.

ONU :

En septembre dernier, l’Assemblée générale s’est réunie pour la 60ème fois et il fut question, bien évidemment, de la réforme de l’Organisation des Nations Unies mais également de la désignation officielle du nouveau secrétaire général de l’instance mondiale, le Sud-Coréen Ban Ki-Moon (cf. photo). Nous ne connaissons pas grand chose de ce diplomate, toujours est-il qu’il est le symbole d’une nouvelle ère – du moins, l’espoir d’une nouvelle ère. Avec le départ du Ghanéen Kofi Annan, l’ONU a su se montrer comme un partenaire viable, sans pour autant s’imposer comme il se doit dans les relations internationales. Toutefois, le dossier du nucléaire iranien et le conflit au Proche-Orient sont de nouvelles occasions pour l’ONU de reprendre la main et de devenir un contrepoids efficace face à la diplomatie de certains Etats. Trop idéaliste me direz-vous ? Sans doute toutefois, l’ONU – à travers Kofi Annan – a montré, en 2006, toute sa raison d’être afin de promouvoir la paix et la sécurité.

P

PINOCHET Augusto :

cf. CHILI

PARTI SOCIALISTE :

Sur un blog, lors du congrès socialiste du Mans (novembre 2005), j’avais écrit que l’année 2006 serait une année cruciale pour ma formation. A mon sens, cela fut bien le cas ! 2006 a été une année importante mais une riche année pour le PS : le nombre de militants est passé en trois mois de 130 000 à 220 000 (de mars à juin) – il est actuellement à 280 000. On nous avait promis les pires catastrophes, un parti divisé à la peine pour choisir son champion parmi bon nombre de candidats possibles : Martine Aubry, Dominique Strauss Khan, Laurent Fabius, François Hollande, Lionel Jospin et bien sûr, Ségolène Royal : au contraire, nous avons mené un débat de qualité, riche en propositions et clair, contrairement à ce que nos adversaires ont bien pu dire. Qui plus est, le PS a adopté un projet dans lequel les militants ont joué un rôle de premier plan mais le plus important, fut le choix de notre candidate qui a été désignée démocratiquement et dans la plus totale transparence. 2006 fut l’année de la préparation, 2007 sera l’année de la conquête et de la durée aux responsabilités. Charge désormais à nous militants de mener campagne afin de défendre notre projet et notre vision pour la France, tous derrière notre candidate : Ségolène Royal.

A suivre : dernière partie : de R à Z

MAM en piste ?

Michèle Alliot-Marie rentrerait-t-elle dans la danse élyséenne ? Si, en effet, elle a déclaré dans le quotidien Sud-Ouest qu’elle renonçait à briguer la candidature UMP au sein de son parti, elle ne s’avoue pas vaincu, bien au contraire ! En effet, elle semble avoir « très envie » de briguer de participer au débat présidentiel et devrait en dévoiler un peu plus sur ses intentions d’ici le 14 janvier.

La Ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie (www.liberation.fr)

Ira ? Ira pas ? MAM semble entretenir le suspense. Personnellement, je ne sais pas si l’actuelle ministre de la Défense se lancera ou non dans la course. Toujours est-il que les sarkozystes devraient se méfier d’une éventuelle candidature « hors-parti » de MAM. De fait, l’UMP sarkozyste est aveuglée par sa prétendue force et son excès de confiance. Beaucoup d’entre eux pensent qu’elle n’ira pas jusqu’au bout. Ils ont peut-être raison. Mais ils ont peut-être tort.

La sortie (ou plutôt la tentative de sortie) de MAM montre une fois de plus le déficit démocratique qui existe au sein de l’UMP. L’actuelle UMP est un parti où toute référence au gaullisme n’existe plus (encore faut-il qu’elle ait existé) et dans lequel, les militants ne jurent que par Sarkozy, un homme au service de sa seule ambition et non de la France. A ce titre, l’UMP a tenté de remettre en cause l’organisation de nos débats internes dans le cadre de la désignation de notre candidate à la présidentielle, en organisant elle-même des forums ! Peine perdue : les forums de l’UMP ont montré l’évidence : un parti tenu d’une main de fer par le ministre de l’Intérieur où toute différence de ton avec la doctrine officielle est réprimée ! L’actuelle ministre de la Défense a du s’en convaincre lors de ces simulacres de débats organisés par l’UMP, ce qui la pousse un peu plus à sauter le pas.

Toutefois, assistons-nous à une énième manoeuvre des chiraquiens ? Sans doute ! Toujours est-il que les sarkozytes devraient se méfier au lieu de ne pas prendre au sérieux les ambitions de MAM. L’hypothétique candidature de cette dernière démontre bien que le rassemblement n’est pas si naturel que veulent le prétendre les groupies de Sarkozy et que si rassemblement il y a, il n’est du que sur la personnalité de cet homme et non de son projet. Cela démontre surtout que l’UMP a noyé toute possibilité de débat à l’intérieur même du parti.

Le problème des militants sarkozytes, c’est leur manque d’humilité et leur excès de confiance (vous me croyez pas ? Il suffit de consulter les quelques commentaires laissés sur mon blog). Ils croyent dur comme fer que tout est dans la poche et que la campagne de 2007 n’est qu’une formalité. Ils sont à l’image de leur patron (pour la quasi-majorité d’entre eux) : arrogants. C’est bien dommage puisque pour débattre avec eux, cela ne va pas être simple ! Aussi, les militants devraient réfléchir au raison qui poussent MAM à franchir le pas !

En tout cas, l’initiative d’Alliot-Marie – qu’elle aboutisse ou pas – montre que le président de l’UMP est loin de faire l’unanimité contrairement à ce qu’on essaie de nous faire croire. A ce titre, certains internautes m’ont reproché de prendre pour argent comptant que je disais Ségolène Royal. Je retourne donc le propos aux militants UMP, fan de Sarkozy : ayez un esprit critique et ne prenez pas pour argent comptant ce que propose l’actuel ministre de l’Intérieur. Ce dernier avec la « rupture » fait aussi pire que Chirac pour vous séduire et avec lui, plus dur sera la désillusion. Et franchement, la France n’en a pas besoin !

Où va la gauche antilibérale ? : épilogue

Mercredi dernier, Marie-George Buffet a de nouveau été investie candidate PCF à la candidature unitaire d’une gauche antilibérale. Cette annonce – qui n’est pas une surprise en soi – sonne le glas d’une telle initiative.

Marie-George Buffet, candidate PCF à la présidentielle de 2007

De fait, c’en est fini d’une candidature de la gauche antilibérale – ce qui est confirmé par l’entrée en scène de Marie-George Buffet dans la course à l’Elysée – et je ne vois pas ce qui pourrait la maintenir et donc lui donner une raison d’exister. La gauche de la gauche a pensé, à tort, qu’il était possible de créer une dynamique unitaire après le référendum du 29 mai 2005. Ce fut une terrible erreur d’appréciation à mon sens et la confirmation de la candidature de Buffet montre bien que les militants d’un tel rassemblement n’y croient plus. En fait, trop de différences subsistent entre les éléments de cette gauche antilibérale (Parti communiste français et apparentés, syndicats, mouvements associatifs, etc.) et de la dynamique du 29 mai, on est passé en à peu près un an, à la méfiance. C’est tout de même surprenant d’autant plus que cette gauche antilibérale était bardée de bonnes intentions.

Depuis plusieurs semaines, je me posais cette question lancinante : où va la gauche antilibérale ? On a désormais la réponse ! La raison essentiel à l’échec d’une telle initiative, à mon sens, est que cette gauche s’est arrêtée à cette date du 29 mai et qu’elle n’a pas cherché à pointer plus loin que le bout de son nez. Sans doute que les objectifs des uns et des autres n’étaient pas si clairs. Aussi, à qui profite l’éclatement de cette gauche antilibérale ? Ou plutôt à qui cela arrange-t-il le plus ? A l’extrême-gauche ? Sans doute ! L’échec d’une telle initiative s’explique par le refus – pour cause d’intérêt – d’Arlette Laguillier (LO) et d’Olivier Besancenot de jouer le jeu.

Autrement dit, une candidature unitaire aurait eu l’avantage de redonner un souffle à tel ou tel formation. Je pense notamment à la LCR qui aurait pu s’inscrire davantage dans un parti de gouvernement mais également – et surtout – à au PCF qui aurait pu bénéficier d’un tel mouvement pour espérer peser sur le PS dans l’hypothèse d’un retour de l’actuelle opposition aux responsabilités. Derrière cette candidature qui n’existe plus, chacun des deux camps évoqués jouaient leur avenir et avançaient leurs pions en fonction de leurs intérêts. Certains ont pensé que cette candidature pouvait peser lourd sur le PS dans le cadre de la course à l’Elysée tandis que d’autres ont considéré qu’elle pouvait s’inscrire dans une dynamique de victoire, obligeant le PS, à l’avenir, de composer.

Toujours est-il que la « gauche de la gauche » s’est elle-même tirée des balles dans le pied et ce, dès le début. Elle est restée figée à cette date du 29 mai 2005 alors que les autres formations politiques – notamment le PS – réfléchissent sur la façon de relancer (durablement) la construction européenne. De plus, les principaux acteurs de ce rassemblement n’arrêtaient de crier « Tous ensemble » tandis que dans le même temps, ils n’arrêtaient pas de se méfier les uns et autres. Par conséquent, le résultat est logique et sans appel.

Aussi, Marie-George Buffet se lance dans la course au nom des communistes qui jouent très gros. En effet, un score semblable ou inférieur à celui réalisé en 2002 (cette année-là, le candidat Robert Hue avait recueilli 3,7% des voix) enfoncerait un peu plus un Parti communiste français qui peine à exister. Le temps de la rénovation n’est-il pas (enfin) venu pour les communistes français qui résistent tant bien que mal depuis 1989 et la chute de Berlin ? Probablement, toujours est-l que le PCF reste un partenaire de premier ordre du PS, et il convient désormais qu’il se lance dans la voie de la rénovation, s’il espère encore peser à l’avenir au sein de la gauche française.

Carte de voeux… électorale !

Il n’est jamais trop tard pour bien faire ! Je profite donc, en cette  52ème et dernière semaine de l’année 2006, pour vous rappeler ceci ou plutôt pour vous offrir ceci :

Affiche réalisée par la ville de Grenoble (www.grenoble.fr)

Si vous ne l’avez pas encore fait, il est encore temps de vous déplacer à la mairie de votre commune et de vous inscrire sur les listes électorales. Cela est primordial si vous voulez vous faire lors des présidentielles et législatives du printemps prochain.

En effet, le droit de vote est l’un des rares biens qu’on possède réellement et gracieusement et il serait trop bête de s’en priver. Si vous souhaitez de tout coeur peser sur la campagne à venir, ne laissez pas décider les autres à votre place : inscrivez-vous et votez ! L’inscription ne prend que quelques minutes, il suffit de vous munir d’une pièce d’identité (CNI ou passeport) ainsi que d’un justificatif de domicile (une simple facture suffit). Cette mesure concerne notamment tous ceux qui ont récemment déménagé et qui donc habitent dans une nouvelle commune.

Théoriquement, vous avez jusqu’au 31 décembre 2006. Mais en théorie seulement puisque le 31 tombera un dimanche et qu’il est fort probable que le service des élections de votre commune soit fermé ce jour-là ! Aussi, n’attendez pas samedi pour aller en mairie, faites-le dès que possible. Cette carte électorale – que vous recevrez par voie postale courant mars – reste le « meilleur moyen pour exprimer ses voeux », celui de se faire entendre.

Allez ! A vos papiers et bon vote !

NB :

Ce message s’adresse tout particulièrement à mes concitoyens habitant Bondy ou Grenoble. Vous avez encore la possibilité de vous inscrire sur les listes électorales jusqu’à samedi dernier délai.

A Grenoble :

Vous pouvez encore vous rendre à l’Hôtel de Ville (11 Boulevard Jean Pain) ou bien dans les antennes de secteur jusqu’à samedi 17h30 (attention : fermeture des antennes le 30 !)

A Bondy :

Le service des élections (Hôtel de Ville, Esplanade Claude Fuzier) sera exceptionnellement ouvert samedi prochain en matinée.

AB…spective 2006 : de A à H

C’est la dernière semaine de l’année 2006 et la tradition veut qu’on se mette à faire une rétrospective de l’année écoulée. Meilleurs moments en gros ! Bon, cela peut en gaver plus d’un et cela n’aurait eu aucun intérêt majeur si je faisais une rétrospective classique, mois par mois, semaine par semaine.

Puis m’est venue l’idée de mélanger Abécédaire et rétrospective, ce que donne naissance à l’AB…spective. A travers un abécédaire que j’ai réalisé spécialement pour l’occasion, je vous invite à vous remémorer les meilleurs moments politiques et internationaux de 2006 du CPE à l’UMP, de Ségolène Royal et François Bayrou, de George Walker Bush à l’Iran, etc, et ce tout au long de cette semaine et en trois actes.

Bon abécédaire !

PS : si vous souhaitez alimenter mon abécédaire, vos remarques et commentaires seront les bienvenus

Gilles

A

AHMADINEJAD Mahmoud :

cf. IRAN

ALLIOT-MARIE Michèle :

cf. UMP

B

BOUTIN Christine :

Elle m’aura fait rire tout au long de l’année 2006 ! Après avoir conspué Nicolas Sarkozy en jugeant sa politique humaine, là voilà intronisé conseillère politique du président de l’UMP en novembre dernier comme si cela ne lui suffisait pas d’avoir autant de conseillers ! Elle s’est tout de même « distinguée » en montrant ouvertement ses réticences à propos de la loi sur la licence globale chère au ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, à tel point que certains se sont interrogés si la députée des Yvelines n’avait pas viré de bord. Qu’ils se rassurent, la présidente du Forum des Républicains Sociaux a finalement retourné sa veste et mangé son chapeau en se ralliant au président de l’UMP. Pour une meilleure place dans un hypothétique gouvernement ?

BAYROU François :

Les Guignols ont souvent l’habitude de le considérer comme un enfant colérique, rêveur, voulant changer le monde ! De fait, c’est quelque peu le sous-estimer. L’année 2006 a été quelque peu capitale pour le président de l’UDF qui veut à tout prix se présenter comme une alternative, une troisième voie notamment face à l’UMP. L’exemple le plus criant : son opposition à maintes reprises contre le gouvernement De Villepin, notamment dans l’affaire du CPE et du budget. Bayrou est résolu à faire la différence, l’objectif étant d’exister entre deux mastodontes en puissance – Royal et Sarkozy. Mais il lui reste encore du chemin à réaliser dans cette fameuse course à l’Elysée.

BELGIQUE :

Pourquoi je me mets soudain à parler de la Belgique ? C’est que tout simplement je suis quelque peu intérêt quant à son avenir. Je ne suis pas belge mais en tant que francophone, ce pays me tient à coeur. De fait, il est temps que la Belgique et les Belges lèvent un tabou : celui de leur avenir et de l’agitation de certains indépendantistes flamands. Il y a quelques jours, la RTBF avait fait sensation en diffusant un docu-fiction sur l’indépendance de la Flandre (une des deux provinces qui compose la Belgique) au point de se faire tirer les oreilles par les politiques. Même si on pouvait tomber par terre à la vue de cette docu-fiction, il n’en demeure pas moins que la RTBF a osé enfin lancer le débat. Un débat utile pour les Belges pour que Flamands et Wallons partent d’un même pas dans une même direction.

BLAIR Tony :

Endgame (Fin de partie) pour le Premier ministre britannique. Il est désormais tant pour l’actuel locataire du 10 Downing Street de tirer sa révérence. De fait, il aura été victime tout au long de cette année d’une forte usure du pouvoir, possible présage à un essoufflement des Travaillistes. Tony Blair est un homme complexe au bout du compte qui a sans doute payé son aveuglement et son soutien sans faille à la politique du « Grand Large » (les Etats-Unis) au détriment de la construction européenne. Les rumeurs parlent désormais de Gordon Brown pour lui succéder. Brown mieux que Blair pour relancer les travaillistes ? Sans doute ! Mais plus eurosceptique que l’actuel Premier ministre ? Tu meurs !

BUSH George Walker :

Sale année pour l’homme le plus puissant de la planète. Le locataire de la Maison Blanche a tout perdu : l’Irak (dont la guerre est officiellement terminée depuis mai 2003), les « mid-term elections » (élections de mi-mandat), scandales au sein du parti Républicain… la liste est longue ! Les Américains se sont rendus compte de l’amateurisme de leur président dans l’affaire irakienne et ont décidé de leur faire payer cher. De fait, Bush a manqué de clairvoyance et à force de vouloir privilégier la campagne d’Irak et la politique moyen orientale, il a oublié l’essentiel : le peuple américain! Piqure de rappel par conséquent

BURGAUD Fabrice :

cf. « OUTREAU (Commission parlementaire) »

C

CPE :

CPE, pour Contrat Première Embauche. Ou plutôt « Contrat Premières Embuches ». Il aura fait jazzer ce contrat. Le gouvernement de Villepin avait une intention louable en voulant s’attaquer à l’emploi des jeunes, il a réussi à mettre les jeunes dans la rue, dont votre serviteur. Le CPE ne répondait aux préoccupations des jeunes qu’ils soient diplômés ou non et quel qu’en soit leur niveau d’études. « Non, non, non, à la précarité« , c’était l’une des préoccupations majeures de la plupart des jeunes et le gouvernement n’a pas su trouver les mots pour rassurer. Résultat un bras de fer qui s’est engagé entre les étudiants et le gouvernement à l’avantage net du premier. Ce que je retiendrai également de cette histoire, ce fut la fermeture durant plusieurs semaines de la Sorbonne. Cela peut faire grincer des dents – toujours est-il que j’étais quelque peu partagé sur l’idée du blocage – mais bon ! Toujours est-il que le CPE devait être retiré puisqu’on allait tout droit vers un démantèlement du code du travail. Ce qui montre, pour finir, que la concertation n’est vraiment pas le sport national pratiqué en France !

09 mars 2006 : ce jour-là, la Sorbonne est occupée par des étudiants. Par la suite, une Assemblée générale est organisée. Le lendemain, les forces de l'ordre interviennent et l'université sera fermée pour plusieurs semaines. (Photo prise de mon téléphone portable)

CHIRAC Jacques :

Un film (Dans la peau de Jacques Chirac de Karl Zéro) sorti le 31 mai, un documentaire (Chirac) diffusé sur France 2 en octobre dernier : rien que cela pour notre président. Pour un dernier tour de scène ? Rien n’est moins de fait (mais cela, c’est une autre histoire). Le 31 décembre 2005, Jacques Chirac avait appelé de ses voeux que 2006 soit une « année utile ». Je ne sais pas trop si 2006 aura été une année utile pour le chef de l’Etat toujours est-il qu’il ne faudrait pas commettre l’erreur de l’enterrer à nouveau un peu trop vite. En septembre dernier, j’avais évoqué la possibilité qu’il puisse se représenter. Personne ne m’a cru mais je n’écarte toujours pas cette hypothèse. Attendons janvier prochain !

CARIGNON :

cf. « GRENOBLE »

CHEVENEMENT Jean-Pierre

cf. « GAUCHE NON SOCIALISTE » et « PS »

D

DESTOT Michel :

cf. « GRENOBLE »

DIEUDONNE :

C’est l’histoire d’un humoriste qui ne fait plus rire. Je pensais qu’il essayait tout simplement de se faire entendre, de poser de véritables problèmes – la place de la question noire en France – tout en usant de la provocation. Mais alors, comment expliquer sa venue chez Jean-Marie Le Pen, lors de la fête BBR en novembre dernier. Peu à peu, Dieudonné a pété un boulon. Si c’est une blague, elle est de mauvais goût. Si c’est sincère alors Dieudonné me déçoit. Mais paradoxalement, derrière le cas « Dieudonné » se cache la question de la place des Noirs dans la société française avec pour simple revendication : la reconnaissance. La commémoration de le l’abolition de l’esclavage et l’hommage rendu aux descendants d’esclaves sera-t-il suffisant ? On verra bien toujours est-il que notre pays ne doit plus fermer les yeux sur son passé et l’affronter pour mieux préparer l’avenir.

DUPONT-AIGNAN Nicolas :

cf. UMP

DARFOUR :

A la Gare TGV de l’Aéroport Charles-de-Gaulle (Roissy, 95), le 21 décembre dernier, j’ai croisé une affiche publicitaire à propos du Darfour (Soudan). Je me souviens plus tellement de la citation toujours est-il qu’elle m’avait frappé. Oui, il ne faut pas oublier que devant nos yeux, mais dans une grande indifférence, on pille, on viole et on tue des innocents au Darfour. Tout au long de l’année 2006, la communauté internationale, via l’ONU – avec la MINUS -, a tenté d’y remédier mais les moyens alloués sont loin d’être à la hauteur de la gravité de la situation. Depuis le début du conflit (qui oppose depuis 2003, le gouvernement musulman aux populations chrétiennes de l’Est du pays), 300 000 morts sont à déplorer et ce, dans une totale indifférence. Il est bien beau de disserter sur le danger nucléaire iranien ou sur comment promouvoir la démocratie en Irak. Mais il est essentiel que la communauté internationale et des organisations comme l’ONU et l’Union Africaine reprennent la main pour en finir avec ce qu’il convient d’appeler un génocide

E

EUROPE :

La question européenne a été rythmée par la candidature turque à l’UE qui, pour l’heure, patine. C’est quelque dommage puisqu’on patine. Toujours est-il qu’à gauche comme à droite, on est tous « ok » pour une relance de la construction européenne. Reste à définir les modalités. J’espère en tout cas que l’Europe aura une place de choix dans les débats politiques à venir. En ce qui me concerne, j’ai décidé de mettre en pratique mon engagement européen en rejoignant le Mouvement européen, club de réflexion ouvertement fédéraliste et dépassant le clivage droite / gauche ! Fédéralistes de tous les pays, unissez-vous !

F

FIORASO Geneviève :

cf. « GRENOBLE »

G

GRENOBLE :

Ma nouvelle ville depuis septembre dernier. Une nouvelle ville, une nouvelle fédération et une nouvelle section : la section socialiste « Hubert Dubedout ». Cela me change de Bondy et du 9-3. A l’occasion, j’ai rencontré l’équipe municipale menée par le député-maire Michel Destot, un ancien de Sciences Po Grenoble. Il est vrai que je ne suis Grenoblois que depuis assez récemment. Pour autant, je ne peux qu’apprécier l’ambiance au sein de ma section où les jeunes sont assez présents. Cela apporte une dynamique et Destot en aura bien besoin pour conserver son siège de député de la 3ème circonscription de l’Isère.

Notre candidate pour la 1ère circonscription, Geneviève Fioraso, aura également besoin d’une bonne dynamique et d’un soutien sans faille derrière faille si elle souhaite l’emporter contre l’UMP. Il est quelque peu dommage de certains militants isérois fassent preuve d’irrespect et d’arrogance lorsqu’il s’agit d’évoquer le candidat officiel de l’UMP, Alain Carignon. Est-ce la faute de Geneviève si cette dernière s’investit depuis plusieurs années au sein de Grenoble et pour les Grenoblois mais aussi pour l’agglomération toute entière au sein de la Métro ? Les supporters de Carignon me font bien marrer lorsqu’on entend leurs arguments. Ce qui me gêne le plus, c’est leur arrogance, puisqu’il est impossible de débattre avec ces derniers si ils ne disent pas « Carignon, c’est le meilleur et Fioraso, elle est nulle ! »

Aussi, j’ai une question à poser à mes adversaires de l’UMP : pourquoi investir Carignon – au détriment du député sortant, Richard Cazenave – d’autant plus que la 1ère circonscription ne présente pas de risque majeur de basculer à gauche ? J’appelle cela « un fait du prince » et toujours est-il que les électeurs de la 1ère circonscription ne se laisseront pas passer cela aussi facilement que l’UMP Isère et son patron aimerait le faire.

Aussi, il est de notre devoir à gauche, de soutenir activement Geneviève Fioraso en menant campagne et en diffusant au mieux son projet pour la 1ère circonscription. C’est tout l’enjeu des six prochains mois.

H

La suite : jeudi et vendredi prochain avec la seconde partie : de I à P

Jean-Luc rentre à la maison !

Le sénateur socialiste de l’Essonne, Jean-Luc Mélenchon, rentre à la maison. De fait, l’échec d’une candidature unitaire de la gauche de la gauche aura eu raison de la détermination de ce dernier.

Jean-Luc Mélenchon (à droite) en compagnie de José Bové, le 26 mai dernier à Paris (www.lemonde.fr)

C’est une sage décision et je pense que Ségolène Royal n’y sera pas insensible. Durant longtemps, Jean-Luc Mélenchon a cru qu’il était possible qu’une gauche antilibérale – artisante de la victoire du « Non » lors du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen, le 29 mai 2005 – puisse passer d’une dynamique à une autre en se positionnant sur une ligne antilibérale. Peine perdue ! Si cette candidature unitaire avait abouti, il aurait été très probable qu’il aurait été tenté de rejoindre le camp de la gauche antilibérale toujours animée par l’esprit du 29 mai, ce qui aurait valu une rupture avec le PS.

Retournement de veste ? Reniement de soi ? Je n’y pense pas une seconde ! Je crois tout simplement que Jean-Luc Mélenchon a été raisonnable. Il s’est rappelé qu’il était avant tout membre du PS et que les militants à une large majorité se sont portés sur le choix de Ségolène Royal. Le fondateur du courant « Pour une République sociale » (PRS) a toute sa place parmi les socialistes et dans la campagne afin de préparer l’avenir et le changement dont à tant besoin notre pays. De fait, tout dépendra de l’importance qu’accordera notre candidate au soutien de l’actuel sénateur de l’Essonne. A mon avis, elle n’y sera pas insensible d’autant plus que Laurent Fabius (dont est proche Jean-Luc Mélenchon) semble jouer le jeu du rassemblement.

Non à Carignon

En visitant le site de Geneviève Fioraso, je suis tombé sur un lien : un site spécialement dédié à Alain Carignon.

Non à Carignon – c’est le nom du site – est tout juste récent et sera bientôt alimenté. Mais en peu de mots, l’essentiel est dit ! L’ancien ministre des gouvernements Chirac (1986 – 1988) et Balladur (1993 – 1995) et maire de Grenoble (1983 – 1995) a la place qu’il doit avoir : une retraite politique bien méritée.

Rupture. Que le mot est magnifique mais bien vide de sens ! L’UMP présente des gens nouveaux, des têtes nouvelles, voilà que pour la 1ère circonscription, elle nous présente un candidat menteur et ayant trahi la confiance des citoyens. Vous ne me croyez pas ? Allez sur le site : www.nonacarignon.info, les déclarations de l’ancien maire de Grenoble parleront d’eux-mêmes !

Sarkozy parle de rupture avec une certaine façon de faire de la politique et voilà que son parti présente un homme qui a détourné la politique pour son seul profit. Les habitants de la première circonscription méritent bien mieux qu’un homme qui a détourné d’importantes sommes pour son seul profit et qui ose se représenter tel un homme nouveau e qui nous fait le coup de celui qui a compris la leçon.

Alain Carignon cherche à exister politiquement – sous couvert de nous présenter un projet pour la circonscription. Il agit comme si la circonscription lui appartenait, hors les électeurs n’appartiennent à personne.

Cela me fait de la peine car Carignon est l’exemple parfait d’un homme politique qui a trompé la confiance des citoyens qui plus est, soutenu par Sarkozy, l’homme de la soi-disant rupture. Si la rupture était réellement le cas, l’actuel ministre de l’Intérieur se serait bien passé de ses amis qui ont fait et font encore tant de mal à notre République.

Aussi, il s’agit pour nous socialistes de la première circonscription de mener Geneviève Fioraso jusqu’à la victoire dans un combat qui s’annonce difficile. Non seulement, sa connaissance de Grenoble et de son agglomération en tant que 1ère vice-présidente de la Métro est un atout majeur et qui plus est, elle est loin d’être avare en propositions et idées pour Grenoble. En y repensant, je ne peux que considérer – au risque de polémiquer – que les militants UMP ont été mal informés. J’espère seulement trouver des interlocuteurs UMP ayant le sens du débat et non pas aveuglés par ce qu’on leur raconte. Car posez-vous une question : Pourquoi investir Carignon dans la 1ère circonscription de l’Isère alors que celle-ci est représenté par le député sortant, issu du même parti et réélu à deux reprises ?

C’est la question à laquelle j’aimerais qu’un militant UMP me réponde au lieu d’agir avec une énorme arrogance. Ne croyez pas que je joue à l’anti militant UMP. Bien au contraire, d’autant plus que j’ai des amis proches appartenant au camp de Nicolas Sarkozy tout à fait charmants et intéressants. Seulement, que certains aient le courage de se poser cette question et d’y voir un peu plus clair. La première circonscription a besoin d’un véritable projet et une voix forte et non devenir un cheval de Troie pour un arriviste qui ne cherche qu’à se relancer politiquement.

www.nonacarignon.info

Mauvaise nouvelle !

Enfin ! Quelques jours de vacances – enfin c’est vite dit ! – chez les miens à Paris. C’est l’occasion pour moi, en ce long week-end de noël, d’écrire quelques lignes. Au passage, je me satisfais de plus en plus du débat qui est en train de naître. Et dire que cela a pour l’origine, une erreur d’appréciation de ma part (RIRES). Enfin passons ! Place à l’article.

Gilles

Mauvaise nouvelle pour la République ! Brutus a finalement été pardonné par le président du Front national. En effet, Bruno Mégret et Jean-Marie Le Pen ont fait comme si rien n’y était, mercredi dernier devant les caméras à Saint-Cloud (92) dans la villa de Montretout.

Bruno Mégret, président du Mouvement National Républicain (MNR), il a rallié Jean-Marie Le Pen (FN) dans la course à l'Elysée (www.lemonde.fr)

Cette « réconciliation » n’est pas à prendre à la légère, bien au contraire ! De fait, le rapprochement Mégret / Le Pen répond à un impératif pour les deux hommes : pour l’un, il s’agit d’exister politiquement, pour l’autre, il s’agit de recueillir plus facilement les 500 parrainages nécessaires pour se présenter à la présidentielle d’avril-mai prochain. Cette « réconciliation » me rend quelque dubitatif et montre à quel point l’extrême droite française est loin d’avoir faiblie. Un récent sondage disait que 26% des Français approuvaient les idées de Jean-Marie Le Pen. C’est non seulement énorme et cela prouve que la politique autoritaire en matière de sécurité du ministre de l’Intérieur a montré ses limites.

Je me rappelle encore de cette déclaration de Nicolas Sarkozy qui entendait ramener les électeurs d’extrême droite dans le giron républicain ! Mission accomplie puisqu’il a réussi à rallier Bruno Mégret à Jean-Marie Le Pen ! Ce soutien montre que d’une certaine manière, le Front national cherche à être de plus en plus attractif, et à soigner son image.

Preuve en est, les affiches de campagnes, véritable publicité mensongère. Fini, le bleu dominant, les slogans sans ambiguïté, place à des discours nationalistes, plus nuancés, etc. Ce p’tit jeu me semble bien vicieux et montre que l’extrême-droite développe une nouvelle stratégie, digne d’un cheval de Troie. Mauvaise nouvelle pour la République !

Aussi, je m’interroge. Me considérant comme un enfant de l’école républicaine et profondément républicain laïque, il est désormais plus que nécessaire de relever le défi de l’extrême-droite. Le FN et son nouvel (r)allié, le Mouvement national républicain (le parti de Bruno Mégret) entendent rassembler tous les Français de souche et d’origine étrangère – du moment que ces derniers se contentent de la fermer ! – là où les partis traditionnels ont supposé avoir échoué. Si un second « 21 avril » se produisait, il ne saurait être synonyme d’accident mais surtout synonyme de désaveu pour la République. Dès lors, il est plus qu’urgent que les partis traditionnels mettent en avant la République, véritable ossature de notre Nation. Je n’ai, évidemment, pas d’inquiétudes envers Ségolène Royal. Quant à Nicolas Sarkozy… il a cherché à ringardiser le FN avec sa politique « coup de poing », il a, inconsciemment, contribué à lui donner un second souffle. Mauvaise nouvelle pour la République !