Elle a fait 2007, elle fera 2008

Je me suis posé la question sur la façon de terminer l’année 2007.

Souvenez-vous, pour ceux qui suivent régulièrement mon blog : fin 2006, j’avais crée un abécédaire particulier que j’ai baptisé AB…spective, sorte de mélange particulier entre un abécédaire et une rétrospective.

Pour cette année, je voulais faire quelque chose de différent et ne retenir d’un seul moment. Un fait marquant, une personnalité marquante. Disons-le tout de suite, mon choix est partial et je l’assume complètement. Aussi, autant le justifier.

Si je devais résumer 2007, je la résumerais par cette image :

Vous l’aurez compris, il s’agit de Ségolène Royal, la candidate socialiste à la dernière présidentielle. Durant l’année qui se termine, elle a fait l’évènement en menant une campagne impressionnante, en se posant clairement à la tête d’une France plus juste face à un Sarkozysme dont on ne subit que les effets négatifs, notamment dans la vie de tous les jours.

A ce titre, l’ancienne député des Deux-Sèvres (1988 – 2007) a été caricaturée, moquée et bien souvent sous-estimée au sein même de mon parti, par certains. Il n’en demeure pas moins que plus de six mois après les dernières élections, l’actuelle présidente de Poitou-Charentes incarne encore un espoir dans la population. Pour beaucoup, elle incarne une rupture, un renouveau pour la gauche, une gauche dont la plupart de nos sympathisants se montre de plus en plus critique et qui souhaiterait tout simplement qu’elle bouge, qu’elle retrouve ses couleurs, sa colère et son envie de se battre face à une société de la communication et de bling-bling incarnée par la droite de Sarkozy saupoudrée aux idées du Front national. Tout en s’inscrivant pleinement dans le XXI° siècle.

Ségolène Royal a marqué l’année 2007 parce qu’elle a osé bousculer certains idées du socialisme sans pour autant assassiner ce dernier. D’une certaine manière, elle a inauguré le travail de refondation désormais indispensable si la gauche souhaite devenir une alternative claire à Nicolas Sarkozy.

Comme j’aime à le redire, Ségolène Royal est loin d’être parfaite pour la simple raison que le parfait n’existe pas tout simplement. Il est vrai que ses propositions, ses idées, sa campagne ont pu paraître déroutante, brouillons, etc. Cela est vrai. Toutefois, il faut reconnaître qu’elle a cette force et cette envie de reprendre sa route pour avancer.

Disons-le tout net : Ségolène Royal vise 2012, ce qui est légitime en soi quand on s’est présenté à la présidentielle et si Nicolas Sarkozy aurait été battu, il aurait fait de même ! Dès lors, en quoi serait-elle plus illégitime que d’autres qui l’ont précédé ? Toujours est-il que Ségolène Royal fera 2008 à la condition d’apporter quelque chose de neuf à notre formation, qui reste une grande formation, une formation qui a son mot à dire, sa manière de voir la société n’en déplaise à ceux qui l’ont quitté plus des appétits ministériels que par évolution idéologique.

Ségolène Royal est contestée, cela est vrai et souvent justifié. Toutefois, on ne peut contester le fort soutien populaire et sympathisant qui existe. Il est bien réel car Ségolène Royal représente un symbole : celle d’une gauche qui veut rester la gauche mais qui doit s’ouvrir au monde et aux autres, sans pour autant se renier. Ainsi, les 26% de suffrages qu’elle a réalisé au premier tour de la présidentielle, le 22 avril dernier et les 47% deux semaines plus tard, montrent bien qu’il s’est passé quelque chose. Loin d’être un vote par défaut, il me semble bien qu’il y avait quelque part un vote d’adhésion.

Meeting du 1er mai, au Stade Charléty (Photo prise de mon téléphone portable)

Aussi, je me rappelle de ces instants passés au stade Charléty. Des centaines de milliers de personnes qui exprimaient tous un désir d’avenir, ce fameux 1er mai et même si elle a été déroutante, elle a su redonner espoir et partiellement rapprocher le PS de notre électorat.

Certains diront que j’ai une vision bien idyllique des choses ! Sans doute que c’est vrai. Ne m’en voulez pas (surtout à mes détracteurs), mais j’avais besoin de terminer 2007 sur une note d’espoir. En effet, pour vous parler franchement, j’ai eu aussi ma période de doute. Non pas sur mon engagement politique. Je suis socialiste, je le resterai encore longtemps et je compte bien m’appliquer davantage au sein de ma famille politique. Non, j’avais douté sur le bien fondé même de la croyance politique surtout quand on assiste aux manœuvres politiciennes de bas étage et de l’ouverture à tout va, visant à étouffer l’adversaire qu’à l’associer réellement. Oui, j’avais eu des doutes sur la noblesse même de notre vie politique quand je suis contraint de côtoyer une droite revancharde, intolérante et qui impose des valeurs qui ne sont décidément par les mêmes.

Mais ces interrogations se sont quelques peu dissipées et je retrouve même un certain optimiste pour l’avenir de mon parti.

Aussi, Ségolène Royal est tout simplement devenue incontournable et quoi qu’il arrive, elle fera l’année 2008 dans la mesure où sa personnalité et sa force de caractère sont devenues nécessaires pour le Parti socialiste. Et si Ségolène Royal a réalisé près de 60 % des voix aussi bien à Bondy qu’à Grenoble au soir du 6 mai, ce n’est sans doute pas défaut ou par un vote « Tout sauf Sarko ». Non, c’est bien autre chose !

Ainsi, je termine ce dernier article de l’année 2007 en partant sur une note d’optimiste. 2008 sera sans doute l’année de tous les dangers pour Ségolène Royal mais aussi l’année où elle aura tout à gagner. Dès lors, commencera sans doute un temps d’apprentissage et de reconquête afin que 2012 – si elle y parvient – ne soit pas un remake de 2007.

L’année qui arrive en décidera.

Nausée

Décidément, l’ouverture me fait des nausées ! Disons qu’elle me fait perdre le nord et surtout mon latin tant cette politique part tout azimuts et surtout dans tous les sens. Ainsi, un constat s’impose : les enjeux politiques et politiciens prennent réellement le pas sur la bataille des idées.

Jean-Noel Guérini, tête de liste PS à Marseille et François Franceschi (UMP) qui rejoint le président du Conseil général des Bouches du Rhône

Et les cas se multiplient : à Marseille, le premier des socialistes – terme qu’on utilise pour désigner la tête de liste de notre parti – Jean-Noël Guérini, se met également à l’ouverture en intégrant l’UMP François Franceschi dans son équipe, ce dernier se présentant dans le 4ème secteur (qui regroupe les VI° et VIII° arrondissements) de la cité phocéenne. Une façon sans doute d’emboucher un coin au maire sortant, Jean-Claude Gaudin (également un adepte de l’ouverture) !

A Lyon, la course à l’ouverture est également lancée à tel point que le quotidien Aujourd’hui en France – l’édition nationale du Parisien – avait annoncé dans ses colonnes que le centriste bayrouiste Azouz Begag rejoignait la liste PS de Gérard Collomb, ce que le premier a – malheureusement – démenti.

Yves Urieta - maire PS sortant, investi par l'UMP - et François Bayrou (Modem) tous deux candidats à Pau (64)

Et que dire de l’UMP, championne toute catégorie de la manœuvre politique et politicienne en vue de ces municipales ? A Pau, le maire PS sortant, Yves Urieta, a été investi par le parti majoritaire. Une petite piqure de rappel : c’est justement à Pau qu’un certain François Bayrou se présente au nom du Modem ! Alors ? Volonté d’ouverture ou bien énième manœuvre politicienne ? Pis ! On assiste à une véritable politique de débauchage dans des villes telles que Nantes, Toul, Tours, Noisy-le-Sec, Epinay-sur-Seine, Angers, etc. avec la complicité des renégats Besson et Bockel qui, à la demande de Sarkozy, ont établi avec la majorité une liste de 500 candidats d’ouverture.

Alors oui, cette stratégie de l’ouverture commence à me filer des boutons tant que l’intérêt électoraliste prend le pas sur une  véritable volonté de rassemblement. Dès lors, les règlements de compte et volonté de nuire l’autre camp se multiplient. Et là aussi, les exemples sont nombreux : ainsi à Vannes (56), le député UMP François Goulard se rapproche encore un peu plus du Modem de Bayrou et il est de même pour le porte-parole des Verts, Yann Wehrling, qui se retrouve second sur la liste de la candidate Modem à la mairie de Strasbourg. Ce dernier ayant été désavoué par son propre parti a préféré discuter avec le parti de François Bayrou. Il a été, depuis, suspendu !

François Goulard et Yann Wehrling. Le premier est député UMP, le second est porte-parole des Verts. Ils rejoignent tous les deux des listes Modem dans leurs villes respectives : Vannes (56) et Strasbourg (67)

La politique de l’ouverture devient quelque peu perverse et ceux qui en font la promotion font du mal à la démocratie et au combat politique. En effet, à quoi bon voter si on trouve des listes peu à peu similaires ? Qui plus est, ces fameux candidats d’ouverture auront-ils voix au chapitre dans la gestion des affaires municipales ? Si on en croit, la politique d’ouverture menée sur le plan gouvernemental, il faut croire que non !

L’ouverture peut paraître séduisante, voire pertinente. Mais si cela ne se limite qu’à étouffer l’adversaire et donc empêcher tout débat politique, alors c’est quelque peu dommage ! Qui plus est, je trouve l’UMP quelque peu hypocrite : autrement dit, elle aurait le droit de pratiquer l’ouverture et pas son principal adversaire : ainsi à Montpellier comme à Marseille, les UMPistes soutiennent ouvertement des listes de gauche. Mais bon, on n’est pas loin du règlement de compte non plus ! Preuve en est, ces derniers ont été purement et simplement suspendus au sein du parti majoritaire !

Ainsi, l’ouverture, loin d’être un outil efficace, devient une manœuvre politique visant à faire des calculs électoraux et à régler ses comptes par la même occasion. Dès lors, c’est prendre le risque de dérouter l’électeur et l’encourager à rester chez lui. Car rien ne dit qu’il va cautionner de telles pratiques !

Enfin, l’ouverture montre la véritable intention de Nicolas Sarkozy : semer la zizanie entre les partis d’opposition afin qu’il ne puisse pas trouver de contestation même sur un plan local ! Il y a rien à redire, cela me file la nausée !

Fiasco

L'équipage de l'Arche de Zoé, emmené au moment de leur procès (www.liberation.fr)

Un mot et six lettres pour qualifier ce qui est comme le plus grand raté politique, diplomatique et humanitaire qu’on n’ait jamais connu.

Mercredi dernier, les six membres français de l’Arche de Zoé ont été condamnés à huit ans de travaux forcés par la justice tchadienne qui les a reconnus coupable d’enlèvement d’enfants.

On a une sacrée manie, nous Français, de critiquer les décisions de justice surtout lorsque ce sont nos ressortissants qui sont mis en cause. Bien évidemment, je ne dis pas non plus que le procès de N’Djamena fut exemplaire bien au contraire ! Un procès bâclé, qui a soigneusement évité les véritables questions (le rôle exact des pouvoirs tchadien et français par exemple) tout cela dans un pays qui est loin d’être un Etat de droit.

Emilie Lellouch, membre de l'Arche de Zoé, durant son procès

Néanmoins même si l’issue de ce procès bidon était prévisible, il n’en demeure pas moins qu’on ne peut se permettre de commenter une décision de justice prise par un tribunal d’un pays souverain. Qui plus est, nous devons faire preuve d’humilité et non d’arrogance dans une telle situation et c’est ce qui a manqué à mon sens, à l’équipage de l’Arche de Zoé. A ce titre, je n’oublierai jamais les propos d’Emilie Lellouch disant : « On n’a prouvé notre innocence ! » Certes ! Mais c’était tout de même arrogant !

L’équipage de l’Arche de Zoé a toujours l’intime conviction d’avoir sauvé des enfants du Darfour. Toutefois, comment expliquer ce manque de transparence dans leur mission ? Et surtout comment expliquer l’embarras du gouvernement français – Sarkozy, Kouchner et Yade en tête – qui étaient bien au courant de la supercherie mais qui n’a rien fait pour éviter le fiasco ?

Oui. On a bien assisté à un véritable fiasco dans lequel la France s’est quelque peu emmêlée les pinceaux. Lors du discours de Dakar, Nicolas Sarkozy disait que l’Afrique devait se prendre en main et ne recevoir de leçons de personne ? Cela n’a pas empêché notre cher président d’aller se rendre lui-même déclarant auparavant ramener l’équipage de l’Arche de Zoé en France, quoi qu’ils aient fait. Ce double discours traduit bien toute la limite du rapport qu’entretient la France par rapport à l’Afrique : on dit que le continent noir doit se prendre en main mais dans le même temps, on se permet de faire preuve d’ingérence à tous les niveaux et à mettre en doute la justice tchadienne, en expliquant implicitement que les prévenus doivent être jugés en France !

Eric Breteau et le reste de l'équipage à la sortie du tribunal spécial de N'Djamena au Tchad

Alors, je pense que le Tchad a voulu se faire justice et se prendre en main d’une certaine manière. Huit ans de travaux forcés pour des détenus qui seront immédiatement rapatriés en France ? On ne pouvait pas mieux faire pour éviter rancœurs et humiliations. En effet, l’enjeu dépasse largement le cas de ces pieds nickelés et l’enjeu en question a un nom : Darfour.

Dès lors, à travers ce procès bidon, c’est un peu une leçon que le Tchad nous a donné. C’est l’idée que le Tchad est et reste un Etat souverain qui n’acceptera de moins en moins qu’on lui dise quoi faire quand il s’agit de ressortissants français. D’ailleurs, il semble bien que nos ressortissants ont péché en raison d’une certaine arrogance et qu’ils ont été les dindons de la farce, comprenez : les relations Paris – N’Djamena valent mieux qu’un équipage, équipage bien peu réglo au passage !

PS : en guise de prolongement, je vous invite à lire l’édito de François Sergent paru dans Libération, le 21 décembre 2007. Ce dernier est très explicite et clair ! Bonne lecture !

« Qui a dit : «Ce que veut l’Afrique, ce n’est pas que l’on pense à sa place, ce n’est pas que l’on décide à sa place» ? Sarkozy-Guaino dans le discours de Dakar. Pourtant, Nicolas Sarkozy ou Rama Yade sont prêts à juger à la place des Tchadiens les accusés de l’Arche de Zoé. Les aventuriers perdus de ce naufrage récusent eux-mêmes leurs juges africains et dénoncent une «mascarade». Bien sûr, on ne peut que se méfier de la conversion d’Idriss Déby à la démocratie et aux droits des enfants. Le Tchad n’est pas un Etat de droit et son armée est régulièrement dénoncée pour recruter des gamins. Il reste que cette lourde ingérence dans les affaires d’un pays souverain fleure le néocolonialisme et est perçue comme telle par les Africains. Avec l’arrogance des illuminés, les accusés de l’Arche de Zoé affirment leur devoir impérieux de sauver ces enfants. Tout montre pourtant que ces derniers ne sont pas des orphelins, victimes d’un «génocide» qui excuserait tout au nom d’un droit d’ingérence hégémonique.

Recruter, sélectionner des jeunes, avec des complices locaux, ne peut que rappeler aux Africains la colonisation et la traite. La bonne conscience et les bonnes intentions – encore à démontrer – de ces égarés de l’humanitaire ne justifient pas ces conduites d’un autre âge. De même, le président français, après avoir condamné sans procès les humanitaires, ne peut cavalièrement affirmer vouloir «ramener ceux qui restent au Tchad, quoi qu’ils aient fait». Le discours de Dakar encore : «Vous voulez une autre mondialisation, avec plus de justice, la France le veut aussi.» On en est loin »

« Pakistan, le moment de vérité »

En guise de post-scriptum, j’ai voulu mettre en ligne un article rédigé par Benazir Bhutto, le 4 septembre dernier dans Le Monde, article traduit de l’anglais par Gilles Berton.

La défunte Premier ministre et chef de file de son parti à l’occasion des législatives pakistanaises y exposait sa vision du Pakistan et exprimait tout l’intérêt qu’il y avait pour son pays d’entrer véritablement dans un processus démocratique. En toute liberté de ton et de pensée.

C’est en tout cas, le message d’une femme libre et non intimidée.

Gilles

Pakistan, le moment de vérité, par Benazir Bhutto (traduit de l’anglais par Gilles Berton)

Benazir Bhutto

« Il y a dans l’histoire des moments décisifs qui marquent une nouvelle orientation. La guerre de Sécession a représenté un de ces moments pour les Etats-Unis. L’Allemagne et l’Union européenne en ont connu un autre avec la chute du mur de Berlin. Aujourd’hui, c’est le Pakistan qui est confronté à son moment de vérité. Les décisions qui sont prises aujourd’hui détermineront s’il est possible ou non d’endiguer l’extrémisme et le terrorisme au Pakistan et d’éviter au pays de s’effondrer. Et ce n’est pas la stabilité du seul Pakistan qui est en jeu, mais celle de l’ensemble du monde civilisé.

Dans le Pakistan démocratique, les mouvements extrémistes ont toujours été très minoritaires. Dans toutes les élections démocratiques organisées dans mon pays, les partis religieux extrémistes n’ont jamais rassemblé plus de 11 % des voix. Dans un contexte démocratique, l’extrémisme a toujours été marginalisé par le peuple pakistanais. En revanche, à chaque période de dictature – notamment sous la dictature militaire du général Zia-ul-Haq dans les années 1980, mais malheureusement aussi sous celle du général Musharraf depuis une dizaine d’années -, l’extrémisme religieux a pu prendre pied dans mon pays.

Que cela soit dû au fait que les dirigeants comme le général Zia ont manipulé et exploité la religion pour servir leurs propres objectifs politiques, ou au fait que la dictature suscite par elle-même des sentiments de dépossession et de désespoir, il demeure que l’extrémisme représente aujourd’hui une menace pour mon pays, pour la région et pour le monde. Ces extrémistes constituent la boîte de Pétri du terrorisme international. Cela n’a rien de fatal. La tendance doit être inversée, et il est possible d’y parvenir.

Lors de mes deux mandats comme premier ministre, mon gouvernement a imposé l’autorité de la loi dans toutes les régions du Pakistan – aussi bien dans nos quatre provinces que dans les régions tribales administrées au niveau fédéral, y compris le Waziristan. Avec le soutien de la population de ces régions tribales, nous avons été en mesure de démanteler un cartel international de trafiquants de drogue qui opérait en toute impunité sous la dictature. Aujourd’hui, pourtant, les barons internationaux de la drogue ont laissé la place aux extrémistes religieux et aux terroristes. Les déclarant ingouvernables, l’actuel gouvernement a cédé de larges portions de notre pays aux forces qui soutiennent les talibans et Al-Qaida. Je pense que ces régions sont gouvernables et qu’un gouvernement démocratique démontrerait qu’il est plus à même d’y rétablir l’autorité de l’Etat.

Nous devons faire preuve de réalisme quant à l’histoire du Pakistan et de sa réalité politique. Dans un monde parfait, les militaires ne joueraient sans doute aucun rôle politique. Or le Pakistan est loin d’être parfait à cet égard. Les forces de sécurité pakistanaises agissent depuis des années comme une institution politique, qu’elles dirigent le pays en plaçant des généraux à sa tête, ou qu’elles le fassent indirectement en manipulant, voire en destituant des gouvernements démocratiques.

Je sais que certains ont été surpris d’apprendre que j’avais négocié une transition vers la démocratie et discuté de l’avenir du pays avec le général Musharraf. Le Pakistan est aujourd’hui confronté à une polarisation opposant démocratie et dictature, et la bataille pour emporter l’adhésion populaire se traduit dans la lutte entre modérés et extrémistes.

Benazir Bhutto et l'actuel président pakistanais, Pervez Musharraf

Concernant la dictature, il ne peut y avoir aucun compromis. Le Parlement doit être l’instance suprême. J’ai dit au général Musharraf que le Parti du peuple pakistanais soutient la Constitution du Pakistan, laquelle interdit que la présidence échoie à un militaire et exige que le président soit un civil désigné par le Parlement et les assemblées provinciales du pays.

Edictée par les militaires, l’interdiction faite à un premier ministre élu deux fois de briguer un troisième mandat ne figure ni dans la Constitution pakistanaise ni dans celle d’aucune autre démocratie, et doit être abolie. L’immunité doit être garantie à tous les députés et responsables publics élus avant le coup d’Etat militaire de 1999 qui ont été inculpés pour des raisons politiques. Tous les partis et tous les dirigeants de parti doivent avoir le droit de participer librement aux élections. Un gouvernement provisoire neutre, respectueux de notre Constitution, doit être mis en place pour gérer le pays jusqu’aux élections, et une commission électorale neutre et indépendante, représentant l’ensemble des partis, doit être constituée.

Les registres électoraux ne doivent être l’objet d’aucune manipulation politique. Le scrutin doit être transparent, le comptage des voix exempt de toute intervention politique, et le processus électoral dans son ensemble surveillé par des observateurs internationaux en mesure de garantir son honnêteté et sa validité.

Pourtant, des élections libres et équitables ne suffiront pas à résoudre les problèmes du Pakistan. Nous devons mettre en place une gouvernance libre, équitable et efficace, ce qui suppose que toutes les forces responsables et modérées du pays se mobilisent afin de travailler dans la même direction et dans le même esprit.

Le général Musharraf continue de bénéficier du soutien de la communauté internationale et des forces armées pakistanaises. Ce soutien ne peut cependant pas se substituer à la volonté du peuple qui se trouve privé de pouvoir et désenchanté. La montée du chômage et de la pauvreté montre à l’évidence que sans démocratie les besoins de la population ne peuvent être satisfaits. Je suis convaincue que si l’on ne rend pas sa voix au peuple à travers des élections libres, les extrémistes continueront à exploiter le mécontentement à leur profit. Chaque mois, les madrasas politiques distribuent de l’argent, de la nourriture et des vêtements aux familles déshéritées. A moins que le gouvernement ne prenne des mesures pour combler ce vide, les extrémistes continueront à exploiter la situation et à étendre leur influence dans le pays.

J’estime qu’on ne peut transiger sur le plan de la modération, et que démocratie et modération marchent main dans la main. Comme beaucoup de Pakistanais, je suis peinée de voir que certaines régions du pays situées dans les zones tribales ont été cédées aux terroristes. Certains soutiennent que grâce à des cessez-le-feu et à des accords de paix, il est possible de ramener les terroristes dans le débat national et de les modérer. Or l’expérience pakistanaise prouve qu’il n’en est rien. Chaque cessez-le-feu, chaque accord de paix n’a fait qu’enhardir les activistes et les terroristes. Cela a été démontré de manière éclatante lors du siège de la mosquée Rouge d’Islamabad cet été.

Les militants retranchés dans cette madrasa politique se sont mutinés et ont tenté de faire prévaloir leurs propres lois sur les lois de mon pays et de ma Constitution. Ils ont kidnappé des femmes et des responsables de la police. Ils ont intimidé et fermé des boutiques distribuant des produits de loisirs. Leurs patrouilles de vigiles terrorisaient les femmes au volant des voitures dans la capitale. Six longs mois de négociations n’ont débouché sur aucun accord et une bataille sanglante a éclaté lorsque l’armée a voulu reprendre le contrôle de la mosquée. Il y eut plus d’une centaine de morts, parmi lesquels, hélas, plusieurs femmes.

L’épisode de la mosquée Rouge a montré qu’aucun accord n’était possible avec les fanatiques religieux qui entendent diriger notre pays comme ils gèrent les madrasas politiques. Cela est inacceptable. Les militants extrémistes doivent comprendre que la Constitution et les lois pakistanaises n’autorisent pas des milices privées à appliquer leurs propres lois en violation de la Constitution du pays. Tous les modérés doivent s’unir pour contrer l’extrémisme. Une telle union doit découler de l’expression de la libre volonté du peuple dont les ancêtres créèrent l’Etat indépendant du Pakistan en 1947 au terme d’une lutte politique menée au nom de la démocratie. Je pense que nous sommes capables de diriger un tel gouvernement et un tel mouvement national.

Le Pakistan se trouve à la croisée des chemins. Notre succès pourrait signaler au milliard de musulmans de par le monde que l’islam, qui accorde une grande importance à la concertation, est compatible avec la démocratie, la modernité et la modération. Je retournerai au Pakistan cet automne, consciente que des jours difficiles s’annoncent. Mais je fais confiance au peuple et place mon destin entre les mains de Dieu. Je n’ai pas peur. Oui, nous sommes à un tournant, mais je sais que le temps, la justice et les forces de l’histoire sont de notre côté ».

Attentat-suicide

L'ancienne Premier ministre pakistanaise et leader du Parti du peuple pakistanais, Benazir Bhutto tuée dans un attentat-suicide aujourd'hui. (www.liberation.fr)

Je viens d’apprendre le décès de Benazir Bhutto, tuée peu de temps après l’attentat suicide qui la visait lors d’un meeting dans la banlieue d’Islamabad à l’occasion des prochaines législatives qui doivent avoir lieu dans environ deux semaines (le 8 janvier exactement).

Je reste quelque peu surpris et peiné à l’annonce de cette effroyable nouvelle. L’ancienne premier ministre du Pakistan (1988 – 1990 puis 1993 – 1996) avait du à plusieurs reprises quitter son pays pour vivre en exil notamment au Royaume-Uni à Londres. Malgré tout, elle avait accepté de revenir une nouvelle fois dans sa patrie afin de sortir le Pakistan d’une très forte instabilité politique.

C’est bien évidemment un acte odieux et lâche et je ne peux que pester envers ceux qui se sont pris à une femme de courage et de conviction dont le but n’était de que sauvegarder la démocratie par rapport aux milieux islamistes particulièrement puissants dans cette ancienne colonie britannique. Benazir Bhutto incarnait un espoir pour ce pays en proie à une instabilité chronique notamment depuis le 11 septembre 2001.

La mort de Bhutto est une mauvaise nouvelle pour la communauté internationale, cela ne fait aucun doute, malheureusement. Aussi, on attend les conséquences d’un tel acte qui ne peut que remettre en cause le chemin vers une démocratisation de plus en plus hypothétique.

Réaction d'un partisan de Benazir Bhutto à l'annonce de sa mort (www.liberation.fr)

Dès lors, à qui profite le crime ? Au président Pervez Musharraf qui a longtemps tenu le Pakistan d’une main de fer lorsqu’il était général, il n’y a pas si longtemps ? Ou aux islamistes qui n’ont jamais digéré le fait qu’une femme puisse devenir la première à accéder au poste de Premier ministre dans un pays musulman et qui surtout s’est ouvertement opposée à ces derniers ?

La mort de Benazir Bhutto est très fâcheuse pour le Pakistan et pour le Moyen-Orient par extension. La défunte Premier ministre écrivait le 4 septembre dernier dans Le Monde ceci : « Le Pakistan se trouve à la croisée des chemins. Notre succès pourrait signaler au milliard de musulmans de par le monde que l’islam, qui accorde une grande importance à la concertation, est compatible avec la démocratie, la modernité et la modération. Je retournerai au Pakistan cet automne, consciente que des jours difficiles s’annoncent. Mais je fais confiance au peuple et place mon destin entre les mains de Dieu. Je n’ai pas peur. Oui, nous sommes à un tournant, mais je sais que le temps, la justice et les forces de l’histoire sont de notre côté ».

C’est clair. Le Pakistan est entré dans un tournant de son histoire.

Après le blog, voici le forum

Ouf ! Après des semaines de jachère – faute de temps – et de casse-tête, j’ai enfin pu créer un forum politique.

L’idée est simple :

Vous souhaitez discuter entre vous et prolonger le débat ? Rien de plus facile en participant à ACTUPOL : le forum, prolongement de mon blog politique.

Vous trouverez entre autres des débats permanents et vous pourrez agir à l’actualité politique et internationale.

Pour cela, cliquez sur le lien suivant : http://actupol-leforum.1fr1.net, enregistrez-vous, acceptez la Charte d’utilisation et laissez-vous guider !

Bon forum !

Gilles

Agir et s’inscrire !

Affiche réalisée par la ville de Bondy (www.ville-bondy.fr)

« Y’a qu’a », « Il faudrait », « Ils ont qu’à »… Parler c’est bien, critiquer, c’est facile, voter c’est mieux ! Aussi, si vous ne l’avez pas encore fait, inscrivez-vous dans les listes électorales afin de faire votre voix notamment à l’occasion des municipales qui auront lieu les 9 et 16 mars prochains (tout en n’oubliant pas les cantonales, bien sûr !)

Vous avez donc jusqu’au 31 décembre pour vous inscrire en mairie ou dans les antennes de quartier de votre ville. Pour cela, rien de plus simple. Il faut vous fournir des pièces suivantes :

– Votre carte d’identité ou passeport en cours de validité

– Un justificatif de domicile (quittance de loyer, facture de téléphone fixe, EDF-GDF, facture des eaux…) datant de moins de 3 mois à votre nom.

– Livret de famille pour les femmes mariées ou divorcées

Si vous habitez chez vos parents :

– L’attestation d’hébergement sur l’honneur établie par l’hébergeant

– Une pièce d’identité de l’hébergeant

– Un justificatif de domicile au nom et prénom de l’hébergeant datant de moins de 3 mois.

– Un justificatif de domicile original au nom et prénom du demandeur et datant de moins de 3 mois (bulletin de salaire, extrait de compte bancaire ou postal daté, facture de téléphone portable, certificat de scolarité daté avec adresse…)

Une petite précision : si vous êtes ressortissant de l’Union Européenne, vous pouvez également vous inscrire sur les listes électorales afin de participer au scrutin de mars prochain et même vous présenter sur les listes municipales. Pour cela, il suffit de prendre votre passeport ou votre carte de séjour.

Dès lors, à vos documents et n’attendez pas le 31 décembre pour effectuer ce devoir civique !

Et si c’était

Barack Obama, sénateur de l'Illinois et candidat à l'investiture démocrate à la présidence des Etats-Unis.

Dans le pays de l’Oncle Sam, on se prépare à l’après-Bush. Huit ans de pouvoir républicain qui ont ridiculisé les Etats-Unis sur le plan international depuis que les Américains savent désormais ce que la communauté internationale et les experts de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique menée par Hans Blix se sont tués à leur dire : il n’y avait pas d’armes de destruction massive en Iraq et donc pas de justification implacable pour aller faire guerroyer dans le pays de feu Saddam Hussein.

Huit ans qui ont vu une Amérique peu soucieuse de réduire les inégalités et mettre en branle la plupart de ses dogmes et de ses croyances. En bref, l’Amérique s’apprête à changer de cap avec un nouveau président ou une nouvelle présidente.

Oui mais avec qui ?

Et c’est là tout le problème puisque franchement, je n’ai aucune idée et je dois bien vous avouer que si j’étais Américain, démocrate de surcroît, je me serais longtemps tâté avant de me déterminer sur tel ou tel candidat. A ce titre, côté démocrate, le combat entre Hillary Clinton et Barack Obama fait rage et il est clair qu’à ce jeu, l’une et l’autre ont tout à gagner comme tout à perdre et tout particulièrement Barack Obama.

Barack Obama justement. Il est jeune (45 ans), motivé et marche de plus en plus sur les plates-bandes de l’ex-First Lady. En effet, il semble que le jeune sénateur noir arrive à imposer sa « nouvelle vision de l’Amérique » qui va au-delà de tout communautarisme. C’est sans doute pour cette raison qu’Ophra Winfrey – puissante présentatrice de la télévision américaine et véritable faiseuse de pluie et de beau temps – s’est invitée dans la danse en appelant explicitement ses compatriotes à voter en faveur du jeune candidat.

Hillary Clinton, ancienne "First Lady" et candidate à l'investiture démocrate à la présidence des Etats-Unis (www.lefigaro.fr)

Le vent est sans doute en train de tourner dans le camp démocrate, camp où durant très longtemps, l’ancienne First Lady agissait en majesté des sondages à tel point qu’elle m’avait paru quelque peu arrogante lorsqu’elle s’est permise de sortir « Quand je serais présidente » au lieu de faire preuve de prudence en disant « Si je suis présidente ». Aussi, subit-elle les revers notamment avec les derniers sondages qui semblent implacables : si elle remporte les primaires, elle est assurée de perdre face à n’importe quel candidat républicain.

Aussi, assistons-nous à la même situation que celle qui a prévalu en France qui consiste à ce que les sondages dictent leurs lois ? Sans doute pas puisque les présidentielles aux Etats-Unis, c’est avant tout une histoire de moyens financiers, moyens essentiels pour marquer des points et bombarder l’espace médiatique de publicités et de clips électoraux. Dès lors quelque soit le candidat démocrate qui remportera les primaires, c’est l’occasion pour les Démocrates américains de tourner résolument la page de huit ans d’une politique bushiste qui a mené à tout sauf à la paix sur le plan international. Il s’agit également pour les Américains de retrouver une certaine sérénité.

Dès lors, vous l’aurez compris, je n’opte ni pour Obama ni pour Clinton ! Mais bon, pourvu que le prochain président des Etats-Unis soit un démocrate tout de même !

PS : en guise de prolongement, je vous invite à découvrir un blog intéressant qui suit pas à pas la présidentielle américaine. Pour cela, cliquez sur http://usa2008.over-blog.org et bonne lecture !

Carla ou l’aveu de faiblesse

En cette période de fêtes, j’ai profité des vacances et quelques soucis techniques pour lever un peu plus le pied. C’est donc bedonnant que je reviens bloguer encore et encore.

J’en profite d’ailleurs pour vous souhaiter un « Joyeux Noël » en espérant que vous avez été bien sages cette année tout comme notre cher président qui a croit toujours au Père Noël et qui a eu pour magnifique cadeau : une plante verte.

Alors voilà ! Le chef de l’Etat cherche à se faire parler de lui puisque malmené par la récente visite de Kadhafi et par la réalité du pouvoir. Pour cela, rien de tel que nous présenter la future prétendante au « poste » de First Lady, j’ai nommé Carla Bruni.

En temps normal, j’aurais pris cette nouvelle comme une sacrée blague de maternelle. Si cela ne concernait que Nicolas Sarkozy, citoyen lambda. Sauf que voilà, Nicolas Sarkozy est également président de la République française !

Un président qui dit, une fois de plus, tout et son contraire en particulier sur sa vie privée. Désormais, vie publique et vie privée se confondent et l’une doit être au service de l’autre afin d’assurer la propagande sarkozyste. Dès lors, on se demande ce que vient faire Carla Bruni dans cette affaire !

A ce titre, une journaliste n’avait pas hésité à balancer ceci en disant : « Carla Bruni, c’est l’ouverture à domicile ! ». C’est le moins qu’on puisse dire effectivement et ce qui me choque, ce n’est pas tellement qu’il soit avec Carla Burni ! Non, ce qui m’agace, c’est que le chef de l’Etat s’amuse à Disneyland en faisant montrer à qui le veut sa nouvelle conquête alors que pendant ce temps-là, la croissance est loin d’avoir été conquise et que les concitoyens que nous sommes semblent que moins en moins conquis par le personnage de Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy peut conquérir tout ce qu’il veut et tant mieux pour lui ! Mais utiliser sa vie privée à des buts politiques, cela montre bel et bien un aveu de faiblesse et que décidément, le chef de l’Etat ne prend vraiment pas au sérieux sa fonction. Pire, il contribue, de par son attitude, à décrédibiliser, le rôle du chef de l’Etat. En effet, comment peut-on parler de morale, vouloir liquider Mai 68 et son héritage et dans le même temps, se moquer éperdument de la fonction présidentielle et afficher une conquête, qui fait plus figure de potiche présidentielle ?

A leur arrivée en Egypte, aujourd'hui (www.lemonde.fr)

Et cela est d’autant plus grave que la médiatisation à outrance de la nouvelle conquête de Sarkozy montre à tel point nos concitoyens manquent de culture et de mémoires politiques. Nous ne sommes pas convaincus par les mesures relatives au pouvoir d’achat ? Hé ben, on préfère parler de la nouvelle romance présidentielle, cela fait très sérieux ! Et qui plus est, on préfère les histoires d’une femme qui a vu passer une bonne partie du show-biz et de la classe politique plutôt que de s’interroger sur les réelles intentions du président pour la France.

Dès lors, il y a un problème de pouvoir d’achat ? Faisons venir Carla, c’est notre plus beau cadeau de Noël ! Et pour la chanteuse italienne, c’est le culot d’avoir décroché le gros lot dans sa collection d’hommes influents et d’hommes de pouvoir.

A quand la prochaine distraction du président ? (Que dise-je ? Du monarque !)

Partiels – Partie 1

Ah le mois de décembre, synonyme à Sciences Po Grenoble de révisions et de partiels ! Et donc synonyme d’heures de boulot – enfin on essaie quand même ;-) – pour valider ses conférences de méthode et plus tard, en janvier ses cours fondamentaux !

Résultats des courses – et je pense que vous l’aurez compris – je vais m’absenter tout au long de la semaine qui arrive pour cause de partiels du 17 au 21 décembre. Cela sera l’occasion de souffler un peu avant de mieux revenir pour commenter une année riche en évènements.

D’ici là, portez-vous bien et bon courage pour ceux qui bossent à fond leurs partiels !

Gilles