Le remaniement politicien

Avis aux lecteurs !

Il fallait bien que cela arrive un jour : mon PC est officiellement mort – enfin, je l’ai un peu aidé à mourir je dois l’avouer (RIRES). Bon, qu’on se rassure, je continuerai à bloguer. Mais en attendant que je rachète un nouveau PC (ou un Mac, je ne sais pas encore tant que je suis tenté par la petite pomme), je risque de ne pas être très présent sur mon carnet virtuel. J’espère seulement que cela durera le moins longtemps possible – notamment pour moi quand on sait qu’un PC est essentiel pour tout étudiant qui se respecte ! – et vous prie de m’excuser pour mes absences probables.

Et maintenant place à l’article !

Gilles

L'actuelle ministre de la Justice, Rachida Dati, en janvier dernier.

Le jeu de chaises musicales se poursuit, rue de la Boétie – le siège de l’UMP – sous le contrôle bienveillant de l’Elysée. En effet, Rachida Dati a annoncé qu’elle serait seconde de liste derrière Michel Barnier aux élections européennes de juin prochain, ce qui a pour conséquence direct, son départ prochain du ministère de la Justice. Adieu place Vendôme et boutiques de luxe pour notre chère et capricieuse ministre qui va pouvoir découvrir les joies du Parlement européen en Alsace mais aussi à Bruxelles, cela va lui faire un choc ! (RIRES)

Au même moment, l’UMP a officiellement investi Xavier Bertrand, secrétaire général du parti sarkozyste. Par conséquent, l’actuel élu de Saint-Quentin a quitté le gouvernement pour retrouver automatiquement son siège de député de l’Aisne, sans passer par la case élection, réforme constitutionnelle de juillet dernier oblige !

De fait, le remaniement a déjà commencé au sein du gouvernement Sarkozy-Fillon et de l’UMP et celui est permanent dans la mesure où à force d’effectuer des réglages par-ci, par-là, l’équipe gouvernementale bouge sans cesse.

Toutefois, ce remaniement permanent se fait selon les goûts de notre président-monarque qui use et abuse de la Constitution pour caser ses fidèles, ses chouchous et ceux tombés en disgrâce pour mieux contrôler l’UMP. Ainsi, si Xavier Bertrand a quitté le gouvernement, pris la tête de l’UMP et retrouvé le chemin du Palais Bourbon, c’est pour mieux contrôler un Jean-François Copé dont les ambitions présidentielles sont à peine voilées. Enfin, concernant notre future ex-ministre de la Justice, Rachida Dati, sa présence sur la liste Barnier en Ile-de-France a été suggérée par l’Elysée, afin de pouvoir mieux recaser une femme devenue un véritable boulet pour le président de la République.

Aussi, Nicolas Sarkozy agit une nouvelle fois de plus – une nouvelle de trop même ! – comme le président de la République de l’UMP, incapable de se mettre au-dessus des partis comme sa fonction l’incite implicitement. On pourra toujours nous dire que ses prédécesseurs en faisaient tout autant et avec une certaine hypocrisie tandis que l’actuel locataire de l’Elysée évolue dans une certaine transparence. Sans doute, seulement jamais un François Mitterrand ou bien encore un Jacques Chirac ou un VGE ne se permettrait de faire à ce point preuve d’ingérence dans les affaires internes de son parti au point d’organiser l’organigramme de l’équipe dirigeante !

Dès lors, on a bel et bien un président qui confond intérêt général et intérêts politiciens, sous-couvert de remaniement interne (gouvernement) et externe (UMP)

Comment finir 2008 ?

Comment finir 2008 ?

Grande question pour le bloggeur que je suis.

En 2006, j’avais fait un abécédaire particulier et en 2007, j’avais dédié mon article à Ségolène Royal. Mais pour 2008, je ne sais pas trop faire, ni écrire.

Hé oui, comment finir 2008, année où le capitalisme et le libéralisme a subitement montré ses limites, faute de régulation et de réglementation nécessaire, année où les banques sont tombées les unes après les autres, année où nos chers dirigeants ont redécouvert les bienfaits du keynésianisme, pourtant honni par ces derniers ?

Comment finir 2008, année qui n’a que confirmer que ce que les militants de gauche et autres démocrates savaient depuis le 6 mai 2007 ? Un président de la République qui confond l’intérêt général avec son propre intérêt, un président qui nous déclare sans retenue que les caisses sont vides et qu’il n’y peut rien, preuve de son impuissance, un président qui a tant promis et qui déçoit tant ?

Comment finir 2008, année où ce même président nous joue les agités comme un coucou sortant de son horloge pour mieux masquer son impuissance ? En effet, le G 20, l’implication de l’UE dans la crise géorgienne sont des initiatives que l’on peut certes saluer mais qui n’ont qu’au final accouché d’une souris ! D’une bien maigre souris ! Je pense notamment aux Georgiens qui se retrouvent dans un territoire qui a perdu 20% de sa superficie, face à des Russes plus stratégiques que jamais. Quant au G20, Sarkozy voulait bâtir un nouveau Bretton Woods : on en est loin !

Enfin, comment finir 2008, année où notre classe politique s’est montrée plus médiocre que jamais ? Une UMP de plus en plus arrogante et intolérante, un PS qui n’en finit de régler ses comptes entre camarades, un Modem dont on se demande à quoi il peut être utile et des extrêmes qui préparent lentement mais sûrement leur retour… 2008, également, l’année où notre constitution a pris une teinture sarkozyste, où France Télévisions est (re)devenue l’ORTF (ou « Sarkotélévisions » c’est selon !), année où le pouvoir se montre de plus en plus arrogant et dangereux pour l’équilibre de notre pays.

Alors voilà ! Comment finir 2008 ? Sur une note d’optimiste ? Non pas vraiment ! Mais sur une note de pessimisme ? Surement pas ! Disons qu’on a connu mieux et pour 2009, je dirais « Wait and see ».

Des vœux ? Non pas en particulier hormis le classique : « Bonne année et bonne santé » et une petite vidéo que j’ai faite qu’il y a deux semaines à Bruxelles, élections européennes de juin obligent ! Mais je ne vous en dit pas plus, la suite… demain ! En attendant, je vous mets en ligne une vidéo satirique de notre cher Sarkoléon « bling – bling » national, fidèle à lui-même !

A l’année prochaine !

Gilles


Premier ministre malgré lui !

Le nouveau Premier ministre belge, Herman Van Rompuy, prêtant serment devant le roi des Belges, Albert II à droite (www.rtbf.be).

Herman Van Rompuy a été nommé Premier ministre du royaume de Belgique ce mardi et a prêté serment devant le roi Albert II au Palais royal de Laeken.

Celui qui était jusqu’ici président de la Chambre des Représentants, accède donc à un poste qu’il ne voulait pas. D’ailleurs, il ne s’était jamais caché pour le dire. Toutefois, c’est la situation de son pays et la raison d’Etat (si on peut dire cela !) qui en a décidé autrement.

Van Rompuy, c’est peu l’histoire d’un homme qui ne voulait pas être Premier ministre, et qu’il est devenu malgré lui. D’un côté, on peut le comprendre tant qu’il semble, vu de l’extérieur, de plus en plus difficile de gouverner un Etat de dix millions d’âmes dans lequel néerlandophones et francophones se livrent à un combat de coqs en permanence. Qui plus est, si le poste peut paraître prestigieux (après tout, c’est un peu la magistrature suprême !), il peut s’avérer périlleux par les temps qui courent, tant que la crise politique est loin d’être terminée.

Van Rompuy succède à Leterme mais désormais tout est à refaire. En effet, le nouveau Premier ministre devra tout d’abord installer la confiance entre les différents partis qui composent l’hétéroclite majorité gouvernementale qui regroupe côté néerlandophone, le CD&V et l’Open-Vld et côté francophone, le CdH, le Mouvement réformateur et le PS. Il faudra également restaurer la confiance auprès d’une opinion publique belge qui commence à être lassée par tant d’imbroglios politiques depuis les élections législatives de juin 2007.

Dès lors, les pronostics vont bon train sur la durée de vie du gouvernement Van Rompuy. Deux ans (c’est-à-dire jusqu’au terme de la législature prévu mi-2011) ou six mois, c’est-à-dire jusqu’aux élections régionales de juin prochain, scrutin jugé à risques, notamment en Flandre ? A ce propos, si la Belgique a tardé pour nommer un rapide successeur à Yves Leterme, c’est aussi en raison de son fameux système des partis où chacun tente de sauvegarder ses intérêts. Ainsi, si le CD&V et l’Open-Vld se sont opposés sur le nom du remplaçant de Leterme (en effet, les noms des anciens premiers ministres Jean-Luc Dehaene, Guy Veroshaft mais aussi de l’actuel vice-premier ministre Didier Reynders ont été longuement cités), c’est en raison d’un intérêt électoral certain ! En effet, à six mois des régionales, il s’agit de ne pas perdre du terrain par rapport à l’adversaire, histoire de lui damer le pion en juin prochain !

Aussi, je ne sais pas si ce gouvernement aura les moyens de ses ambitions sans compter que la Belgique manque cruellement d’une personnalité forte ayant le sens et surtout de l’ambition pour son pays. Curieusement, Herman Van Rompuy est présenté comme l’homme de la situation alors qu’il fait figure de Premier ministre par défaut. Van Rompuy est là parce qu’il fallait (absolument) un Chef de gouvernement, histoire de dire qu’en Belgique, un Etat existe toujours même s’il est de plus en plus dépecé. C’est précisément le cas : par la force des choses, l’Etat belge existe, seulement cela fait des années qu’il cherche une personne capable de l’incarner réellement. C’est sans doute à cette condition là – mais aussi à une autre tout aussi importante, à savoir la remise en cause de ce système des partis qui empoisonne depuis une trentaine d’années le plat pays – que la crise politique perdra de son sens.

Van Rompuy ne voulait pas être Premier ministre, il a néanmoins une opportunité unique : celui de rentrer dans l’histoire de son pays en toute modestie ! Et c’est en toute modestie qu’il accepte de donner de sa personne pour prendre les destinées de son pays alors que dans notre Hexagone, on n’hésiterait pas à tuer son prochain (politiquement j’entends, quoique…) ou pire, s’assessoir sur ses convictions pour avoir ne serait-ce qu’un maroquain, n’est-ce pas « Monsieur Besson » ?

PS : En bonus, je vous mets en ligne la vidéo (extraite de la VRT, la Radio télévision belge néerlandophone) de la prestation de serment du nouveau Premier ministre belge

Pas si vite !

Herman Van Rompuy, actuel président de la Chambre des représentants de Belgique, (très) probable Premier ministre fédéral.

La (énième) crise politique belge est-elle sur le point de trouver son dénouement ? A priori oui puisque l’actuel président de la Chambre des Représentants (l’équivalent de notre Assemblée nationale), le chrétien-démocrate, Herman Van Rompuy, a été désigné formateur par le roi des Belges Albert II. En clair, il est chargé de former un gouvernement et d’en prendre la direction.

On pourrait alors se dire que le plat pays est enfin sorti d’une situation inextricable qui durait depuis dix jours et qu’elle va pouvoir « souffler » un peu, pour reprendre l’expression de Marie Drucker dans le JT de France 2, ce dimanche. Cependant, je mettrais un léger bémol.

En effet, l’histoire politique belge récente a démontré que bien souvent les différents partis linguistiques de Belgique prenaient tout leur temps pour parvenir à un accord gouvernemental et que c’est souvent sur la question des relations entre les communautés flamandes et francophones (dans le cadre de la réforme de l’Etat) que le formateur butait, faute de trouver un consensus. Ainsi, rappelons qu’Yves Leterme avait démissionné par deux fois de son poste de « formateur » faute d’avoir pu trouver un accord entre Flamands et Wallons, ce qui n’a fait accentuer davantage la crise politique qu’ont connu les Belges entre juin 2007 et mars 2008.

Qui plus est, dans la situation actuelle, si Van Rompuy est fortement pressenti pour succéder à Leterme, il faut bien avouer qu’il n’est pas franchement motivé pour le job si on en croit ses déclarations. De plus, si la désignation du président de la Chambre semble acquise, les problèmes politiques du moment n’auront pas disparu pour autant. Aussi, si la Belgique semble trouver une issue de crise, j’ai presque envie de penser que le plus dur reste encore à faire.

Cependant, le mot d’ordre affiché par l’ensemble de la classe politique belge (aussi bien néerlandophone que francophone) est le suivant : aller vite et tourner résolument la page du gouvernement Leterme jugé aussi bien par les Wallons, les Bruxellois et les Flamands comme le pire exécutif qu’a connu le plat pays depuis l’après-guerre. De plus, avec l’actuelle crise financière, les priorités semblent être ailleurs, les Belges réclamant avant tout un navire et surtout un capitaine à bord et ce, jusqu’à la fin de la législature prévue pour juin 2011.

Aussi, si Herman Van Rompuy sera sans doute le futur premier ministre de Belgique, cela ne veut pas forcément dire que le plat pays aura soufflé pour autant. Cela dépendra tout d’abord de la capacité de l’actuel président de la Chambre des représentants à mettre sur pied un gouvernement fédéral, chose qui devrait être une formalité (quoique !) tant que néerlandophones et francophones souhaitent conserver la même coalition gouvernementale (libéraux, chrétiens démocrates et socialistes francophones) jusqu’en 2011. Cela dépendra également de la capacité de Van Rompuy d’imposer un exécutif fort capable de faire le poids et de prendre des initiatives (ce dont on peut en douter vu son enthousiasme débordant pour prendre les rênes de l’Etat belge mais qui sait !), ce qui a fait défaut au gouvernement Leterme. Cela sera sans doute la clé pour que les Belges aient enfin la sensation d’avoir des politiques qui les gouvernent et non d’assister à un « combat de coqs » entre communautés linguistiques, pour reprendre l’expression de David Charlier, un Liégeois dont j’avais réalisé l’entretien en novembre dernier dans le cadre de mon autre blog.

Le pot de fer contre le pot de terre

Raids aériens de l'armée israélienne sur Gaza ce samedi (www.lemonde.fr)

L’armée israélienne a lancé une vaste opération militaire visant à faire plier le Hamas qui lance des roquettes à son encontre. Résultat des courses : 200 palestiniens tués et des milliers de civils blessés. A ce propos et conscients du danger, les principales capitales occidentales ont appelé Israéliens et Palestiniens du Hamas à faire preuve de retenue tout en condamnant les agissements des uns et des autres.

Civils palestiniens de la bande de Gaza après le raid israélien (www.lemonde.fr)

C’est le pot de fer contre le pot de terre dans la mesure où une fois encore, une fois de trop, la réaction et les représailles de l’Etat hébreu me semblent disproportionnées. Jusqu’ici, je me suis toujours imposé une réserve vis-à-vis du conflit israélo-palestinien, conflit qui déchaîne les passions et qui vous fâche avec tout le monde qu’il soit pro-israélien ou pro-palestinien. Qui plus est, lorsqu’on évoque ce conflit, on tombe très rapidement dans les amalgames et celui qui défend le droit d’Israël à la sécurité passe pour un anti-Arabe tandis que celui qui défend avant tout la résistance des Palestiniens, se fait limite traiter d’antisémite. Bon, je schématise mais c’est une réalité notamment dans le Paysage audiovisuel.

Israël a le droit à la sécurité, c’est une évidence, c’est même un impératif et il est clair qu’elle ne peut rester immobile face aux provocations du Hamas qui, rappelons-le, souhaite sa destruction. Toutefois, l’Etat hébreu agit une nouvelle fois de façon disproportionnée en ramenant son aviation et ses chars, envisageant même une intervention terrestre dans la bande de Gaza, histoire d’en finir avec le Hamas.

Toutefois, je ne suis pas sûr que l’affrontement direct avec ce groupe terroriste soit la solution pour régler la question palestinienne et assurer à Israël, la sécurité qu’elle mérite tant. Pire, un affrontement direct avec ce groupe ne refait que renforcer la légitimité de ce dernier notamment vis-à-vis des populations locales. En effet, le Hamas bénéficie d’une excellente image à Gaza notamment face à un Fatah plus que discrédité car empêtré dans ses affaires de corruption et incapable d’avoir obtenu gain de cause, à savoir la création d’un Etat palestinien, ce qui explique au passage, la très large victoire du Hamas aux élections législatives de janvier 2006 (ce dernier obtenant 76 sièges sur 102 face au Fatah) Dès lors, le clash direct avec le Hamas serait très préjudiciable pour Israël.

Qui plus est, l’intervention israélienne renforce l’idée dans les pays arabes (du moins dans les opinions publiques) que l’Etat hébreu peut tout se permettre sous la bienveillance de l’Occident, ce qui me semble très mauvais. C’est finalement reconnaître qu’aucune négociation n’est possible et qu’il n’y a qu’une seule solution : le clash.

Ehud Olmert, actuel Premier ministre israélien en compagnie de sa ministre des affaires étrangères, Tzipi Livni en septembre 2008 (www.rfi.fr).

Toutefois, je suis de ceux qui considèrent que la seule solution reste la négociation. A ce propos, le gouvernement israélien a toujours considéré le Fatah de Mahmoud Abbas comme un interlocuteur valable. Cependant, Israël sait très bien qu’elle ne pourra ignorer éternellement le Hamas, qu’elle le veuille ou non ! Fort de sa popularité, cette organisation sait qu’elle n’a rien à perdre et que le temps (et surtout l’opinion publique arabo-musulmane) est de son côté. Dès lors, et peu importe le mur de séparation entre la Cisjordanie et Israël ou bien encore l’embargo exercé par le gouvernement israélien sur Gaza, rien n’arrêtera la détermination du Hamas. Aussi, pour assurer la paix et la sécurité, cela passe par des concessions importantes de la part d’Israël notamment vis-à-vis du Fatah et de l’Autorité palestinienne qui recouvreront une certaine crédibilité à la condition que l’Etat hébreu lâche du lest et soigne son image qui n’en finit pas de lui faire du tort !

ADDENDA (29/12/2008)

Je vous mets en ligne, un article du PS Sciences Po Paris, l’analyse étant pertinente et plus fournie. Bonne lecture.

Le choc des civilisations n’aura pas lieu

Samuel Huntington (1927 - 2008) au Forum économique mondial de Davos (Suisse) en 2002

J’ai appris ce vendredi soir la mort de Samuel Huntington, politologue américain et professeur à Harvard, à l’âge de 81 ans.

Il faut entre autres connu pour son livre controverse « The Clash of civilizations » (Le Choc des civilisations). Paru en 1993, il considérait le monde comme étant partagée en plusieurs lignes de fracture notamment culturelles et religieuses, ces lignes de fractures (notamment Occident chrétien contre Orient musulman) étant les lignes et zones de conflit du futur. Son livre, paru en 1997 en français, fut un peu une réponse à la Fin de l’Histoire de Francis Fukuyama qui voyait, quelques années plus tôt dans la fin du communisme, la marche vers la démocratie et l’économie qui balaieraient alors tous les conservatismes.

La théorie de Huntington a servi de base aux néoconservateurs américains qui ont le sentiment d’avoir eu raison en 2001 avec les attentats du 11 septembre, le permettant ainsi de justifier la politique étrangère de la Maison Blanche qui fut menée jusqu’à aujourd’hui et aux conséquences que nous connaissons. A titre personnel, je n’ai jamais adhéré à la théorie de Huntington tout en étant critique de celle de Fukuyama. L’Histoire a démontré ni l’un ni l’autre n’avait raison et que les raisonnements simplistes et schématiques trouvent rapidement leurs limites.

PS : voici en ligne un numéro du « Dessous des Cartes » de 2002, dans laquelle Jean-Christophe Victor démonte cette fameuse théorie.


Les ségolistes ont-ils la rage ?

Qui a dit ceci ?

« [Les partisans de Ségolène Royal] ont dans le sang ce poison de la division, dans des proportions que l’on n’a jamais connues auparavant (…) Leur rage se focalise contre nous et pas du tout contre la droite ». (in Bretons, à paraître en janvier 2009)

Il ne s’agit pas d’un membre du gouvernement, encore moins d’un des portes-nigauds (oups, pardon ! Porte-paroles) de l’UMP mais de cet homme :

Il s’agit de Benoît Hamon, député européen mais surtout porte-parole du PS, autant dire que la place qu’il occupe est essentielle.

Toujours est-il que ses propos ont quelque peu choqués au sein de la blogosphère socialiste, certains comme le bloggeur Dagrouik, auteur du blog Intox 2007, envisageant même de rendre sa carte de militant PS tandis que d’autres comme Donatien veulent tout simplement des explications de la part de l’ancien président du Mouvement des Jeunes Socialistes.

Il va sans dire que les propos de Hamon sont plus que malvenus. Je dirai même qu’ils sont intolérables dans la mesure où l’heure n’est plus au règlement de comptes entre socialistes mais bel et bien à l’unité, chose tout de même élémentaire dans la mesure où la campagne des européennes est sur le point de démarrer. La sortie de Hamon est donc très maladroite même insultante.

Benoît Hamon, lors du vote pour la désignation du premier secrétaire du PS, le 20 novembre dernier.

Le porte-parole du PS doit porter la parole de ma formation et réserver ses attaques contre la droite sarkozyste, une droite sarkozyste qui doit se frotter les mains devant une telle déclaration. Qui plus est, si Hamon s’étonne de la prétendue « rage » des ségolistes, comment peut-il en être autrement quand on sait que la motion E et ses membres ne font pas partie de l’actuelle direction de notre parti malgré le fait que Ségolène Royal regroupe à elle seule 30% des militants et qu’elle a rassemblé près de 50% de ces mêmes militants lors de la désignation de notre premier secrétaire ? Une façon de répondre à notre camarade Jean-Christophe Cambadélis qui, considérant que Ségolène Royal n’a pas d’alliés, semble oublier ce fait !

Comme je le redis souvent, j’ai soutenu la motion Royal et je la soutiens toujours. Toutefois, je me plie à la majorité de mon parti et œuvre pour sa cohésion. Dès lors, je suis socialiste avant tout et j’aimerais qu’en retour, l’actuelle direction se rappelle de ceci : l’unité des socialistes quelque que soient leurs sensibilités. Aussi, la sortie de Hamon ne peut que semer le trouble envers les défenseurs de la motion E qui ne pensent qu’à jouer le jeu et à participer à la vie de notre parti.

Je ne sais pas si notre porte-parole reviendra sur ses propos ou mieux s’excusera. Toujours est-il qu’il est préférable pour la cohésion et la vie de notre parti que de tels propos ne soient plus prononcés à l’avenir. Cela est préjudiciable aussi bien aux ségolistes qu’à la majorité (hétéroclite) de Martine Aubry, cette dernière devant une bonne fois pour toutes garantir l’unité de notre parti et de ceux qui la composent. Qu’on le veuille ou non, les ségolistes sont membres du Parti socialiste et il convient de les respecter ainsi que leurs idées et non de les insulter ! Dans le cas contraire, ils seront de plus en plus nombreux à claquer la porte de notre maison commune !

ADDENDA (31/12/2008) :
Benoît Hamon s’est finalement excusé, c’est déjà pas plus mal !

A quoi joue le PRG ?

Nous sommes dans l’entre-deux-fêtes (Noël et Saint Sylvestre) et je suis malade ! Qui plus est, je patine niveau révisions et l’état de mon PC n’est pas réjouissant ! Malgré tout, l’actualité politique est là, même celle qu’on ne commente pas.

Et, je ne vais pas pour parler des démêlés judiciaires de Julien Dray ou des vacances ensoleillés de l’exécutif tandis que nous Français, comptons les sous (moi le premier malheureusement !). Non, je profite de ma convalescence post-réveillon pour vous parler d’un parti dont on ne parle jamais mais qui joue un rôle majeur dans la vie politique française : le Parti Radical de Gauche.

Jean-Michel Baylet, président du PRG.

En effet, il fait état sur le net de l’intention du président du PRG, Jean-Michel Baylet de se rapprocher du Modem de François Bayrou dans le cadre des élections européennes de juin prochain, son parti étant plus proche du centriste que du PS divisé sur la question européenne.

Il est vrai que les radicaux de gauche ont toujours exprimé une position claire sur l’Europe tandis qu’au PS, cela a toujours été une pomme de discorde et ce, bien avant le référendum sur le Traité constitutionnel de 2005. Toutefois, les intentions de Baylet sont quelques peu troublantes car si selon l’entretien qu’il a accordé au Journal du Dimanche, il s’estime lésé par le PS à propos des européennes (« La dernière fois, le PS nous avait baladés et nous n’avions eu aucun élu au Parlement Européen, pas question que cela recommence » dixit Baylet), sa volonté de rapprochement avec le Modem ne signifie pas pour autant une rupture avec le parti de Martine Aubry. Bien au contraire puisque dans ce même entretien, Jean-Michel Baylet envisage très fortement de repartir avec le PS aux régionales de 2010, ce dernier détenant la quasi-totalité des régions.

Jean Louis Borloo, ministre d'Etat chargé de l'Ecologie, des Transports et du développement durable, également co-président du Parti radical valoisien, formation associée à l'UMP.

A quoi joue le PRG, j’ai envie de dire ? En effet, les radicaux de gauche sont officiellement alliés aux socialistes depuis 1972, signature du programme commun et date de la scission du Parti radical, la plus ancienne formation politique de France (elle fut créée en 1901 conséquence de la loi sur les Associations), en deux mouvements : les radicaux valoisiens (actuellement dirigés par Jean-Louis Borloo et associés à l’UMP) et le MRG (ancêtre du PRG). Cependant, et depuis l’élection présidentielle de 2007, l’attitude du PRG est plus ou moins versatile. Je pense notamment aux débats sur la réforme constitutionnelle de juillet dernier où les parlementaires radicaux de gauche n’ont pas hésité à joindre leurs voix à celles de l’UMP, cette dernière promettant un abaissement du nombre de députés nécessaires pour former un groupe parlementaire au Palais Bourbon, le PRG n’ayant jamais caché son intention de s’affranchir de la tutelle du PS. Qui plus est, Jean-Michel Baylet n’a jamais caché son envie de se rapprocher des radicaux valoisiens afin de reformer le grand parti radical du premier XX° siècle sous la houlette de… Jean-Louis Borloo, membre du gouvernement et associé à l’UMP ! Les militants apprécieront ! Curieux pour une formation qui dit s’opposer à la politique de Nicolas Sarkozy.

Dès lors, on peut aisément s’interroger – comme le fait un militant du Modem sur son blog – sur les intentions du PRG et de son président qui en fonction de ses intérêts balance et avance ses pions, fidèle à son vieux slogan « Le cœur à gauche, le porte-monnaie à droite ! » Un coup, on va vers la majorité, un autre, on se rappelle qu’on est partenaire avec le PS tout en lorgnant du côté du Modem pour obtenir des sièges au Parlement européen ! Le PRG fait preuve de versatilité et il est temps qu’il fasse preuve de clarté vis-à-vis du PS et de son partenariat.

Le schéma perpétuel ?

L'ancien président de la République de Guinée, le général Lassana Conté, décédé le 22 décembre dernier.

Lundi dernier, le président de la République de Guinée (appelée également Guinée Conakry), Lasana Conté, est mort à l’âge de 74 ans des suites d’une « longue maladie » selon le président de l’Assemblée nationale qui s’est chargé d’annoncer la nouvelle. Dès l’annonce de sa disparition, un groupe de militaire s’est emparé du pouvoir tout en promettant des élections libres et démocratiques, prévues pour la fin… 2010 !

Je n’évoquerai pas la mort de l’ancien président Conté dans la mesure où je ne suis pas vraiment spécialiste de la Guinée, pays de Sékou Touré, celui avait tenu tête à De Gaulle en poussant son peuple à prendre la voie de l’indépendance dès 1958. Toutefois, la situation de ce pays n’est malheureusement pas inédite en soi surtout sur le continent africain (dans son ensemble, Maghreb compris) et on peut désormais dire qu’il y a comme un air de déjà vu !

En effet, c’est toujours le même schéma ! Un président, véritable dictateur dans son pays, qui meurt en raison de la maladie, un chaos généralisé qui prend forme et des militaires qui s’emparent du pouvoir tout en promettant de le rendre au peuple mais pour mieux le garder ! A titre personnel, la situation de la Guinée Conakry me fait étrangement penser à celle du Togo en février 2005. A cette époque, le président de la République, le général Etienne Gnassingbé Eyadema, mourrait, malade également et, les militaires se sont alors chargés de « confier » le pouvoir à un de ses (très nombreux) fils – Faure Gnassingbé – avant que sous pression de la communauté internationale, on organise enfin des élections conformément à la Constitution. Peine perdue ! Une élection présidentielle truquée qui voit Faure Gnassingbé remporter le scrutin et il n’y a que Michel Barnier (ministre des Affaires étrangères du gouvernement Raffarin à ce moment-là) pour dire que tout s’est bien passé !

L'ancien président de la République du Togo, le général Etienne Gnassingbé Eyadéma (1965 - 2005). En 2005, son fils, Faure Gnassingbé (à droite) le succède suite à son décès.

Bref, ainsi va l’Afrique pourrait-on dire, ce qui ne ferait que conforter les propos plus ou moins stupides voire racistes de nos chers dirigeants européens, notamment français et ce, sur fond de Françafrique. Néanmoins, adopter le discours et la pensée unique dominante à propos de l’Afrique serait faire preuve d’ignorance et de simplisme à son sujet. En effet, nombre d’Etats africains sont de véritables contre-exemples et semblent résolument et progressivement s’orienter vers la voie de la démocratie. Je pense notamment au Sénégal mais aussi au Bénin sans compter à la République démocratique du Congo qui après près de dix ans d’instabilité chronique suite au renversement du maréchal Joseph Mobutu en 1997, a connu ses premières élections librement transparentes et démocratiques.

Alors dit comme cela, avec l’intervention de l’armée en Guinée Conakry, on pourrait se dire : « c’est toujours le même schéma ! » Malgré tout, je pense aussi que l’Afrique est en pleine mutation et que si nombre de pays – dont ceux que j’ai cité précédemment – ont trouvé la voie de la démocratie et du pluralisme, rien n’interdit à des Etats comme la Guinée ou encore le Togo, de suivre la même voie. J’en suis même persuadé d’autant plus qu’à l’heure d’Internet des nouvelles technologies, il est de plus en plus difficile pour un despote de se comporter comme tel.

FICHE :

Nom : Guinée (encore appelée Guinée-Conakry)

Superficie : 245 857 km²

Population : 9,4 millions d’habitants

Langue : français (officielle)

Capitale : Conakry

Note :

Ancienne colonie française, la Guinée a obtenu son indépendance en octobre 1958, suite à son refus par référendum de participer à la Communauté française proposée par le Général de Gaulle, ce qui a valu la rupture immédiate des relations entre Paris et Conakry. Sékou Touré, le père de l’indépendance devient alors le premier président de la République et ce, jusqu’en 1984 date à laquelle, il décède. Son régime autoritaire est alors renversé par les militaires qui placent alors le général Lassana Conté au pouvoir. Ce dernier rompt avec la politique de son prédécesseur (notamment sur le plan économique) tout en maintenant un régime autoritaire. Gravement malade, Conté décède le 22 décembre 2008, laissant un pays exsangue, l’un des plus pauvres de la planète.

Cherchez l’erreur !

Ce n’est décidément pas Noël pour tout le monde cette année !

Jean Charles Marchiani, ancien préfet du Var et ancien député européen au sein du PPE (1999 - 2004)

En effet, le président de la République – qui en profite pour se la couler douce au Brésil avec sa plante verte nommée Carlita – a gracié vingt-sept détenus au comportement jugé exemplaire parmi lesquels Jean-Charles Marchiani, ancien préfet du Var. Dans le même temps, Julien Coupat, le présumé chef du groupuscule d’ultragauche accusé d’avoir saboté les lignes TGV en novembre dernier, devra passer le réveillon du 24 et la journée de Noël en prison.

Quel est le rapport entre ces deux affaires ? Aucun à première vue. Toutefois, il y a comme une erreur d’appréciation de la part de Nicolas Sarkozy et du gouvernement. De fait, là où le président de la République et le gouvernement cherchent à faire des exemples en faisant passer un militant d’ultragauche pour un terroriste et une menace pour la République, dans l’affaire Marchiani, on n’hésite pas à utiliser le droit de grâce pour faciliter la vie d’un ami de Charles Pasqua !

Jean-Charles Marchiani en compgnie de Charles Pasqua, ancien ministre de l'Intérieur sous les gouvernement Chirac (1986 - 1988) et Balladur (1993 - 1995)

De fait, Jean-Charles Marchiani était le bras droit de Charles Pasqua lorsque ce dernier était au ministère de l’Intérieur entre 1986 et 1988 et entre 1993 et 1995. Homme à la réputation controversée, il a été notamment mis en cause dans l’Angolagate, une sombre histoire de trafic d’armes. Condamné à trois ans de prison ferme dans plusieurs affaires de corruption et de commissions occultes, Marchiani purgeait sa peine depuis le 19 mars dernier et devait en toute logique sortir en octobre 2009 (si on tient compte de la détention provisoire). Malgré tout, il semble que le père Sarko s’est montré généreux en le graciant partiellement, réduisant ainsi sa peine de six mois, ce qui lui permettra de demander une liberté conditionnelle.

L’affaire Marchiani montre une nouvelle fois un fait du prince et les contradictions même de Sarkozy. En août 2006, alors qu’il était ministre de l’Intérieur du gouvernement de Villepin, ce dernier fustigeait le principe de la grâce présidentielle sous prétexte que cela choquait les Français. Plus de deux ans après et installé à l’Elysée, le voilà qu’il gracie un homme à la réputation sulfureuse, ancien droit de son mentor politique et qui selon le réquisitoire du substitut du procureur lors de son procès « donne de la France l’image d’un pays où la corruption permet sans difficultés d’acheter les décideurs publics ». « M. Marchiani est un escroc, au sens commun du terme. Dans un monde idéal, l’appareil d’Etat ne tolérerait pas la présence de brebis galeuses comme lui et ferait bloc pour annihiler sa capacité de nuisance »

Sauf que nous sommes très loin d’un monde idéal et une fois de plus – une fois de trop même ! – Nicolas Sarkozy nous a une nouvelle fois démontré que tout était possible. Dans le monde de Sarko, mieux vaut être un ami du pouvoir que son adversaire, ce que doit sans doute méditer Julien Coupat qui fut montré tel un terroriste menaçant l’intégrité de notre nation ! (sic !) Dès lors, je me demande parfois qui sont les véritables délinquants entre ceux qui se battent sincèrement pour un idéal (que je suis très loin de partager, entendons-nous !) et ceux qui sont censés servir l’Etat mais qui sont les premiers à en bafouer les principes.

Alors où est l’exemplarité dans tout cela ? Marchiani doit-il vraiment sa grâce à son comportement exemplaire ou bien parce qu’il est du côté du pouvoir ? Dès lors, les milliers de détenus croupissant dans nos indignes prisons et qui ne manquent pas d’exemplarité doivent apprécier car si l’ancien préfet et député européen retrouvera la lumière plus trop que prévu, les autres devront attendre de longues, très longues années, comportement exemplaire ou pas ! Cherchez l’erreur !