La décennie 2000

Ce 31 décembre marque la fin des années 2000 – bien que la rigueur et les puristes veulent que les années 2010 débutent le 1er janvier 2011 mais qu’importe.

A cette occasion, je voulais en profiter pour écrire un billet moins axé sur l’actualité politique mais cette dernière ne sera jamais trop loin.

C’est la première fois de mon existence que je vis une décennie. En effet, je suis bien trop jeune pour avoir vécu les années 1980 et ses bouleversements (d’autant que je suis né en 1985) et bien jeune pour avoir vécu les bouleversements des années 1990. En revanche, la décennie 2000 et ses bouleversements, je l’ai bel et bien vécu entre mes 14 et mes 24 ans.

C’est durant cette décennie que je suis passé d’un adolescent qui ne savait pas tellement faire ce qu’il voudrait faire plus tard à un jeune adulte qui termine sa scolarité à Sciences Po Grenoble et qui aimerait prolonger ses études d’un an ou deux. Un jeune homme qui a connu la gauche par procuration et de par son éducation et la culture familiale pour ensuite s’engager en septembre 2003 au PS, le bac en poche et fraîchement embarqué en Prépa.

Un jeune adulte qui a connu un gouvernement de gauche (celui de Jospin) et qui peut aisément comparer et faire la différence (si, si ! C’est possible !) avec un gouvernement de droite. D’ailleurs, j’étais là, ce jour d’avril 2002 devant mon écran, attendant une réaction, un sursaut d’orgueil d’un certain Lionel Jospin et qui fut énormément déçu lorsque ce dernier a annoncé sa volonté de quitter le navire socialiste (autrement dit, après-moi le déluge !) C’est sans doute cela et un an de gouvernement Raffarin qui m’a poussé à prendre ma carte au Parti socialiste.

21 avril 2002 : Lionel Jospin, premier ministre socialiste battu au premier tour de la présidentielle, annonce son retrait de la vie politique

Un jeune adulte qui a pu voter pour la première fois en 2004 lors des Régionales et fêter une victoire de la gauche en Ile de France. Ce même adulte qui a voté en 2007 pour Ségolène Royal et qui a connu la frénésie des meetings notamment ceux du second tour à Lyon et au Stade Charléty à Paris. Un jeune adulte qui reste fidèle à son parti même s’il est le premier à vouloir taper du poing sur la table pour voir enfin sa famille politique rénovée et en connexion avec les Français.

Caricature de Plantu, parue en "Une" du Monde, le 7 mai 2007

Un jeune adolescent qui a vu, effrayé et halluciné, les attentats du 11 septembre 2001 et qui s’interroge sur les bien-fondés de la guerre contre le terrorisme, aussi légitime soit-elle mais également pleine de dérives. Il ne suffit pas de lutter contre le terrorisme et d’installer par les chars, la démocratie, l’Afghanistan en est le bien triste exemple par ailleurs.


Un jeune qui pour finir, a découvert l’Europe en Première et qui est, depuis un Européen convaincu. Et comme Européen fédéraliste convaincu, j’ai été bien triste du rejet du Traité constitutionnel européen en 2005 par nos compatriotes et les Néerlandais, tout comme, je m’interroge sur la manière dont on impose le Traité de Lisbonne, successeur de la défunte constitution. On ne cesse de dire que l’Europe ne doit pas se faire sans citoyens. Malgré tout, on est loin du compte !


Voilà ! Bien évidemment, il y a d’autres évènements qui m’ont marqué durant la décennie 2000, une décennie qui aura vu la question écologique prendre une place de plus en plus importante, celle des banlieues exploser en 2005 (et qui n’est toujours pas résolue en dépit d’un pseudo-plan Marshall et en raison d’une Fadela Amara absente), etc. Je n’ai pas le temps de les évoquer un par un mais ils n’en demeurent pas moins importants.

Alors, c’est sur cette note que je termine l’année 2009 et je vous donne rendez-vous en 2010 pour une nouvelle décennie.

A l’année prochaine donc !

Gilles

Annus horibilis ? – Partie 2

Que retenir de 2009 ?

Hum… Pas grand-chose, si on y pense !

Ah si ! L’expulsion d’immigrés afghans dans un pays en guerre et occupé par l’armée française, membre depuis 2001, de la coalition censée éradiquer les Talibans et installer une bonne fois pour toutes la démocratie en Afghanistan. On a vu ce que cela donnait avec Hamid Karzai, réélu président dans des conditions plus que suspectes. A ce titre, soulignons l’incohérence de la majorité entre un ministre des expulsions, qui zélé comme jamais, déclare que l’Afghanistan n’est pas un pays en guerre et un porte-nigaud nommé Lefebvre qui estime que ces mêmes expulsés doivent combattre pour leur pays. Comprenne qui voudra !

Toujours est-il que 2009, ce fut 2008 mais en pire : un pouvoir de plus en plus arrogant et qui ne prend même plus le soin de reconnaître ses fautes et ses erreurs d’appréciation. Un pouvoir qui est tellement décomplexé qui n’existe même plus à ressortir le même discours et les mêmes promesses à la virgule près. Un pouvoir qui a découvert l’écologie, un soir de juin et qui être plus écolo que les écolos. Un pouvoir qui fait réintégrer la France au commandement intégré de l’OTAN, par la petite porte et sans la moindre volonté de débat.

Un pouvoir dans lequel, certains n’hésitent plus à trahir le peu d’idéaux qui leur restait afin de se montrer plus sarkozyste que le monarque-président. Une mention spéciale pour « Monsieur Besson » qui, de par son zèle et son cynisme, aura réussi à se faire haïr par ses ex-camarades socialistes et à faire peur à ses nouveaux amis sarkozystes. Même Hortefeux passerait pour un gentil (si dans le même temps, on oublie qu’il excelle dans l’art de faire des blagues très douteuses sur les maghrébins, euh pardon ! les auvergnats)

Un pouvoir qui n’a décidément plus la confiance de nos concitoyens et qui est la risée de l’étranger comme j’ai pu m’en apercevoir en Belgique mais aussi en France à mon retour de mon année d’ouverture. C’est un constat sans appel : les Français ne supportent plus un pouvoir arrogant, capricieux et qui piétine de plus en plus nos lois et libertés fondamentales sans oublier au passage de pilonner en public ses adversaires en les traitant de coupables, oubliant ainsi un élément fondamental de notre Etat de droit. Ainsi, l’affaire Clearstream qui devait être la mise à mort politique de Villepin s’est finalement retourné contre son instigateur, notre monarque-président.

Et pendant ce temps-là, on a un Modem qui cherche à se faire une place au soleil et qui parle d’alliances avec le PS sans pour autant aller jusqu’au bout de sa logique, un Parti de Gauche dont on se demande à quoi il sert, un PCF qui s’interroge sur son utilité, une extrême gauche qui joue les idiots utiles du sarkozysme, une extrême droite qui peut remercier le pouvoir en place d’exister à nouveau et des écolos qui, grisés par leur « succès » de juin dernier, s’imaginent la future locomotive de la gauche de gouvernement. Sans oublier, au niveau international, un Obama qui connaît l’exercice du pouvoir et une gauche européenne condamnée à se reconstruire sous peine de disparaître comme l’a justement rappelé Poul Nyrup Rasmussen, le président du PSE au lendemain des Européennes et ce, malgré les victoires des socialistes grecs et portugais.

Alors que retenir de 2009 ? Ah si ! Retenir également que Fadela Amara a reçu le Nicolas d’Or du fantôme politique de l’année ! Bon, je pense qu’on est un peu injuste avec elle puisque son plan banlieue a terriblement marché en octobre dernier puisqu’un jeune de 23 ans, originaire de Neuilly et en première année de droit à Paris I Sorbonne (même pas à Sciences Po, c’est dire !) a failli décrocher un emploi à l’EPAD ! Mais consciencieux comme il est, le jeune homme a préféré attendre et poursuivre ses études ! Sage décision mon fils, et nous voilà rassurés : Fadela Amara sert à quelque chose dans ce gouvernement !

Pour finir dans la joie et la bonne humeur – et juste avant de publier mon dernier article pour l’année 2009 – je vous mets en ligne le fameux lip-daube de l’UMP, revu et corrigé par des Internautes et qui résume assez bien le mi-quinquennat de Sarkozy à mon sens !

Bonne lecture vidéo !

Gilles


La taxe carbonisée

En cette période d’entre-deux-fêtes, il y a des jolis cadeaux qu’on aime recevoir surtout lorsqu’ils n’étaient pas prévus !

Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel (au centre) en compagnie de Valéry Giscard d'Estaing (à gauche) et de Jacques Chirac (à droite), tous deux anciens présidents de la République française.

Hier soir, le Conseil constitutionnel a censuré la loi relative à la contribution carbone (le nouveau nom de la Taxe carbone), les Sages considérant qu’elle offre trop d’exemptions (notamment pour de nombreux secteurs d’activité), ce qui est contraire aux objectifs de lutte contre le réchauffement climatique. Qui plus est, cette même loi, selon les membres du Conseil constitutionnel, créerait une inégalité devant l’impôt.

Cette décision prise par le Conseil constitutionnel est un véritable camouflet pour Nicolas Sarkozy qui espérait voir la mesure s’appliquer pour le 1er janvier prochain. Notre monarque-président, qui voulait être plus écolo que les écolos, devra revoir sa copie, ce que Matignon s’empressera de faire dans trois semaines.

La censure de la taxe carbone est une sacrée surprise dans la mesure où personne ne s’y attendait. Elle témoigne surtout du manque de rigueur de la majorité et de notre monarque-président, plus soucieux d’assurer un succès personnel et de capter l’électorat bobo-écolo que d’avoir une véritable politique en matière de lutte contre le réchauffement climatique équitable et socialement juste. Ségolène Royal, l’actuelle présidente socialiste de la région Poitou-Charentes ne s’y était pas trompée en dénonçant la première et avec force ce nouvel impôt qu’elle jugeait écologiquement inefficace et socialement injuste. Même dans les rangs de la majorité, certains exprimaient en privé une forte réserve, ce qui ne les a pas empêchés de voter cette contribution carbone et de satisfaire les exigences et caprices du monarque-président.

Cécile Duflot, secrétaire générale des Verts

Bien évidemment les réactions politiques ne sont pas faites attendre, certaines frôlant parfois la mauvaise foi. Ainsi, si les Verts de Céline Duflot se réjouissent de la censure du Conseil constitutionnel, il convient de rappeler que ce sont les mêmes écologistes (avec leurs nouveaux amis d’Europe Ecologie, ne l’oublions pas !) qui avaient accepté le principe de la taxe carbone, Dufflot regrettant même que le montant de la contribution (soit 17€ la tonne) soit insuffisante. En clair, pour la cohérence, vous repasserez merci !

Toutefois, du côté de la majorité, c’est silence radio, entre-deux-fêtes oblige sans doute ! En réalité, la censure de la taxe carbone doit en soulager plus d’un à l’UMP tant que nombre de parlementaires n’étaient pas chauds pour voter ce qu’ils considéraient comme un nouvel impôt. Dans un quinquennat où notre monarque-président déclare avoir été élu pour ne pas augmenter les impôts, il y a des choses qu’on aimerait éviter au sein du parti sarkozyste afin de ne pas se mettre les Français à dos !

Alors, la décision du Conseil constitutionnel est une bonne surprise à quelques heures de la fin de l’année 2009. Bien sur, il y aura toujours les déclarations imbéciles de Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l’UMP, mais qu’importe ! C’est un beau cadeau de fin d’année !

Annus horibilis ? – Partie 1

Il y a souvent des faits qu’on ne peut nier mais aussi des faits qu’il faut dénoncer tant que ces derniers sont quelques peu exagérés.

Martine Aubry, première secrétaire du PS.

Ce fut le cas lorsque j’ai lu le billet de Jean-Marc Normand, le spécialiste du PS au Monde et auteur (avec d’autres journalistes) d’un blog « Puzzle socialiste », qui décrypte l’actualité de mon parti. Ce dernier est tout simplement revenu sur les temps forts qui ont marqué ma formation durant cette année et le moins qu’on puisse dire, c’est que j’ai trouvé son analyse un peu décevante !

Bon, soyons honnêtes ! Si on aurait dit que « everything is beautiful »[1] au sein du Parti socialiste, personne n’y aurait cru et on aurait accusé Le Monde de manque de professionnalisme. Malgré tout, et bien qu’il me paraît évident que 2009 aurait pu être une meilleure référence pour les socialistes que nous sommes, il me semble bien exagéré de parler « d’annus horibilis ».

L’année 2009 n’a pas été excellente pour le Parti socialiste, c’est le moins qu’on puisse dire avec les bisbilles à répétition entre nos différents responsables politiques, une campagne européenne décevante et un manque de travail. Cependant, on en oublie les moments positifs que connait mon parti. Tout d’abord avec l’avènement de Coopol, le réseau social du parti qui devrait être opérationnel pour le début de l’année 2010. Il permettra notamment de rassembler et de fédérer les actions militantes et ce, bien au-delà des fédérations du PS. Puis autre élément majeur, c’est la consultation militante d’octobre dernier qui s’est prononcé très fortement pour le non-cumul des mandats et pour l’organisation de primaires ouvertes.

Notons également le Tour de France du projet qui est notamment passé à Grenoble, fin octobre dernier. Devant une salle remplie, nos concitoyens se sont exprimés, certains n’hésitant pas à formuler des critiques envers notre mouvement. Mais ce qui m’a marqué, ce fut l’intervention d’une vieille dame qui a véhément dénoncé la politique menée par « Monsieur Besson » en matière d’expulsions, comme le montre la vidéo ci-dessous.

Bon, tout est loin d’être rose au sein du PS et Dieu sait qu’il y a eu des épisodes dont on s’en serait bien passé durant l’année 2009. Je pense notamment à l’investiture de Georges Frêche en Languedoc-Roussillon. Nombre de nos camarades se sont émus de la candidature de cet homme particulier, ce que je peux comprendre. Mais la direction de notre parti a été confrontée au principe de réalité, et à un sacré dilemme, ce qu’on ne peut que déplorer.

Mais je préfère regarder le verre à moitié plein qu’à moitié vide comme le font bon nombre de journalistes mais aussi de nos concitoyens si je me réfère aux commentaires des Internautes et ce qu’il est d’autant plus facile de taper sur le PS, responsable de tous les maux alors que si on regardait d’un peu plus près, on verrait que les élus socialistes mènent un travail de fou, chaque jour, contre la politique menée par une droite hypocrite et cynique. Tout comme la formidable hypocrisie qui consiste à critiquer le PS quand il ne dit rien et ne fait pas son travail d’opposition et quand on critique ce même PS quand ce dernier ose faire s’opposer, quitte à ce que certains aient une voix discordante. Je pense notamment à l’affaire Mitterrand où, en octobre dernier, Benoît Hamon – que je suis loin d’admirer au sein de mon parti – ,n’a pas hésité à dire tout haut ce que nombre de personnes condamnaient tout bas, ces mêmes personnes qui, au nom du politiquement correct, trouveront normal qu’un ministre de la Répubique en exercice fasse du tourisme sexuel et se paie du sexe à l’étranger (quelque soit l’age de la personne d’ailleurs !) et qui, au nom de la loi, n’hésiteront pas à jouer les père la morale sur les plateaux de télévision lorsqu’il s’agit d’un citoyen lambda.

La rénovation ne se fera pas d’un simple coup de baguette magique et non sans heurts surtout lorsqu’il s’agit de revoir la machine socialiste de fond en comble. Il y aura encore des bisbilles, des grincements de dents, des déceptions, des colères comme dans toute formation politique après tout. C’est clair, il reste encore du chemin à parcourir, rue de Solferino, d’ici 2012. Deux ans, ce qui est à la fois court et long.

Alors 2009 ? Annus horrilibis pour le PS ? Mauvaise année, c’est sur mais bien malin celui qui serait capable de pronostiquer l’avenir de ma formation politique. Bien évidemment, certains ne se gêneront pas de me dire que je fais dans le militantisme béat ou que j’ai fait ma bonne petite récitation du bon militant. Ils sont libres de penser ce qu’ils veulent car ce qui compte pour moi, c’est y croire et d’être fidèle à mes convictions.

NB : la seconde partie de cet article, sera consacrée à un bilan de l’année politique nationale et internationale écoulée et sera mis en ligne le 30 décembre (ou le 31 en cas de retard)

[1] Tout est merveilleux

Calife à la place du calife !

En consultant Le Monde, je suis tombé sur un article assez cocasse qui évoque les relations entre Jean Sarkozy et Patrick Devedjian dans les Hauts de Seine.

Jean Sarkozy, président du groupe UMP au conseil général des Hauts de Seine et administrateur à l'EPAD en compagnie de Patrick Devejdian, ministre chargé de l'application du plan de Relance et président du conseil général des Hauts de Seine.

Officiellement, le président du groupe UMP au Conseil général et le président UMP du conseil général (et accessoirement ministre chargé de l’application du plan de Relance) s’entendent comme un charme, l’un étant fier du parcours de l’autre et l’autre étant admiratif de l’ascension politique de l’un. Officiellement donc, tout va bien !

Pour autant, il en est de même officieusement. En effet, le prince Jean, conseiller général de Neuilly sur Seine est un homme pressé (tellement pressé qu’il en oublie ses études au passage, mais bon !) qui doit penser à l’Hôtel du département de Nanterre et à la présidence du conseil général pour 2011. Dès lors, le fils du président de la République aimerait bien mettre à la retraite l’ami de ce dernier et sous l’œil bien veillant de papa. Ce dernier n’a-t-il pas refusé de signer le décret autorisant Patrick Devedjian à rester à la tête de l’Etablissement Public pour l’Aménagement de la Défense (EPAD), pensant ainsi dégager la voie à son rejeton ? Peine perdue, on connaît la suite !

Il faut dire que Nicolas Sarkozy tente par tous les moyens de contrôler son fief des Hauts-de-Seine quitte à écarter un ministre de la Relance qui lui déplait de plus en plus. Au sein de la Sarkozie, il tombe de plus en plus en disgrâce et celui qui avait été un sarkozyste historique sait qu’il est sur un siège éjectable. A ce propos, les mauvaises langues racontent que Devedjian pourrait finir sa carrière politique en étant nommé au sein du Conseil constitutionnel en février 2010. Une confortable porte de sortie (le mandat dure en effet neuf ans) mais qui serait vécue comme une humiliation pour l’intéressé d’autant plus que cela laisserait le champ libre au prince Jean.

Malgré tout, les vrais enjeux sont ailleurs et si Jean Sarkozy se prépare à la présidence du conseil général des Hauts de Seine, c’est pour mieux préparer le retour aux commandes du papa avec la bénédiction du couple Balkany qui n’auront vraiment plus à s’inquiéter (l’étaient-ils vraiment d’ailleurs ?). Le fils n’est qu’en réalité un alibi mais aussi une façon polie de faire comprendre à Devedjian qu’il n’a pas trop intérêt à prendre ses aises dans le 9-2, lui qui un temps voulait nettoyer les écuries d’Augias.

La rivalité Sarkozy – Devedjian souligne tout le caractère clanique dont fonctionne ce département et que le second a beau être un sarkozyste historique, il ne fait pas partie du milieu, du clan, ce que les Balkany, Pasqua, Sarkozy et compagnie lui font comprendre allègrement ! Bien évidemment, Jean Sarkozy aimerait pousser l’actuel président du conseil général des Hauts de Seine à la sortie de manière loyale et dans les règles de l’art. Mais après sa tentative avortée de prendre la présidence de l’EPAD à l’automne dernier, je doute fortement. Et je doute d’autant plus que les Balkany ne sont jamais très loin pour les coups foireux !

En manque de stratégie

Les régionales approchent et à un peu moins de trois mois du scrutin, l’inquiétude grandit à droite, comme j’ai pu le lire dans un article du Monde daté du 23 décembre.

En effet, le président de la République souhaite nationaliser le scrutin des régionales en s’y impliquant fortement, quitte à réécrire le programme de l’UMP dans certaines régions, notamment l’Ile de France avec le Grand Paris. Une logique qui prend le total contre-pied de celle adoptée par Jacques Chirac en 2004 qui considérait que le scrutin était local et qu’il ne devait pas s’y impliquer.

Or, nombreux sont ceux qui au sein du parti sarkozyste s’interrogent sur le bien fondé de cette stratégie et ce, dans un contexte de défiance et de rejet de la politique gouvernementale. Et si officiellement, on se réjouit de la présence du chef de l’Etat au sein de la majorité, officieusement, des voix s’élèvent pour que Nicolas Sarkozy en fasse le moins possible, histoire de ne pas plomber la campagne d’entrée et d’être ainsi, étouffé par le monarque-président.

L’UMP sarkozyste se trouve dans une situation assez peu enviable, cette dernière ne contrôlant que deux régions, l’Alsace et la Corse. Dès lors, elle pourrait se dire qu’elle ne pourra pas faire pire en terme de résultats. Malgré tout, l’optimisme n’est pas de rigueur, les premières tendances n’étant pas bonnes notamment dans les régions-clés comme l’Ile de France ou Rhône-Alpes. Dans ces deux régions et si on en croit les sondages, Valérie Pécresse et Françoise Grossetête sont données perdantes face à Jean-Paul Huchon et Jean-Jack Quéranne, les deux présidents socialistes sortants. Qui plus est, rappelons que l’UMP, si elle peut espérer réaliser un score de 30% le 14 mars, n’a aucune réserve de voix pour le second tour, à la grande différence de la gauche, PS en tête.

Ce qui explique les raisons pour lesquelles la droite cherche à axer sa campagne sur le plan national. Un choix audacieux mais bien risqué surtout quand on sait que nombre de nos compatriotes ne se cachent plus exprimer leur colère vis-à-vis de Nicolas Sarkozy. Mais elle témoigne surtout de l’incapacité pour l’UMP de s’opposer un programme alternatif face aux bons bilans de la gauche dans les vingt régions métropolitaines qu’elle dirige. Je parle notamment pour l’Ile de France et Rhône Alpes où on attend toujours le projet de la majorité présidentielle ! En attendant, l’UMP rhônalpine ne fait pas mieux que de faire dans la démagogie, à la limite du populisme comme le montre cette photo :

Source photo : site de la fédération UMP du Rhône

Ainsi, on arrive à des situations cocasses où la droite, faute (pour l’instant) de véritable projet fait soit dans le recyclage d’idées (ainsi Valérie Pécresse qui propose le rechargement du Pass Navigo dans les distributeurs automatiques, mesure qui existe depuis un paquet d’années déjà, comme le montre la photo ci-dessous), soit dans le tournage amateur de films érotiques comme le montre un récent clip vidéo faite par l’UMP Pays de la Loire et qui malheureusement a été retirée entre-temps.

Photo prise de mon téléphone portable montrant une rechage Navigo dans un distributeur en bas de chez mes parents à Bondy (Seine-Saint-Denis) (photo prise ce vendredi 25 décembre)

L’UMP est donc à la peine pour mener une stratégie qui consiste à faire des régionales une sorte de référendum sur la politique menée actuellement. Cela cache mal une volonté de débattre sur le fond mais aussi l’espoir de remporter finalement quelques régions (dont l’Ile de France et Rhône-Alpes), ceci en profitant des divisions de la gauche et de la concurrence entre le PS et Europe écologie. A charge pour le PS alors de ne s’en tenir qu’au bilan et au projet tout en étant disponible et ouvert vis-à-vis de nos alliés.

Mais où est passée la Wallonie ?

C’est la dernière blague belge du moment et elle fait fureur (c’est le moins qu’on puisse dire) chez nos voisins du nord.

Le 7 décembre, la Flanders House (Maison de la Flandre) à New-York organisait une exposition intitulé : « Holland and Flanders, so close, so different » (Hollande – Flandre, si proches et si différentes) qui comme son nom l’indique était destinée à souligner et à montrer aux Américains les liens qui existaient entre les Néerlandais et les Belges néerlandophones.

Jusqu’ici, rien de choquant, d’autant plus que du côté francophone, on aime bien rappeler les liens importants qui prévalent entre la Wallonie et la France. Sauf qu’en réalisant les cartons d’invitations, le graphiste avait oublié un détail qui fait mouche comme on peut le voir sur cette image :

Carte reproduite sur le carton d'invitation réalisée par la Flanders House pour l'US Tour Operator Association

Pour ceux qui seraient fâchés avec la géographie, il convient de rappeler que la Wallonie fait partie intégrante de la Belgique et non de la France et que Bruxelles, la capitale belge, se trouve certes en Flandre mais beaucoup plus proche de la frontière linguistique entre francophones et néerlandophones que d’Anvers, la seconde ville du pays.

Flanders House (Maison de la Flandre) à New-York (Etats-Unis) (source photo : http://www.demorgen.be)

Dit comme cela, on pourrait conclure qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat et qu’il s’agit d’une méchante faute de goût. Sauf que dans un pays comme la Belgique, miné par ses conflits communautaires, la faute de goût a été diversement appréciée notamment par les autorités locales bruxelloises par la voix du ministre du Tourisme, se sont indignées du peu de professionnalisme de la Flanders House. Bon joueur et ayant visiblement le sens de l’humour (comme tout Belge qui se respecte), il a suggéré à la directrice de la représentation Wallonie-Bruxelles d’envoyer une carte de la Belgique ainsi qu’un livre d’Histoire du pays à la Flanders House ainsi qu’à l’US Tour Operator Association, ce qui peut toujours être utile, mine de rien !

Côté flamand, on tente de minimiser la portée de cette bourde bien que deux députés régionaux ont l’intention de demander des explications au ministre-président flamand Kriss Peters et au ministre en Tourisme, Geert Bourgeois. Geert Bourgeois, qui pour se défendre, invoque une faute matérielle et une faute de temps, un peu léger quand il convient de rappeler que ce ministre est membre de la Nieuwe Vlaams Alliantie (NV-A), un parti indépendantiste flamand qui n’a pas dû être mécontent de voir la Wallonie rayée de la carte et de facto, rattachée à notre Hexagone.

C’est qu’il convient de rappeler que les tensions entre francophones et néerlandophones restent importantes et ce, à l’heure où se prépare une énième réforme de l’Etat qui doit trouver une solution au sujet de « Bruxelles – Hal – Vilvorde » (BHV), le seul arrondissement bilingue de Belgique et dont les Flamands demandent purement et simplement la suppression, les Francophones exigeant en contrepartie, un élargissement de la région de Bruxelles-Capitale aux six villes flamandes dites à facilités, c’est-à-dire, composée majoritairement de Francophones. (cf. carte ci-dessous)

Aussi, j’ai un peu du mal à penser qu’il s’agit là d’une faute de mauvais goût de la part de la Flanders House, sorte de maison diplomatique régionale, défendant les intérêts de la Flandre à l’étranger. Il faut en effet rappeler qu’un nombre non-négligeable de Belges néerlandophones rêvent d’une Flandre indépendante, histoire de mieux se débarrasser d’une Wallonie considérée comme un véritable boulet sur le plan économique. Dans le même temps, la « bourde » de la Flanders House doit bien faire sourire les rattachistes francophones qui militent pour une intégration de la Wallonie et de Bruxelles à la France, en dépit de score plus ou moins confidentielles. Bien que je considère toujours qu’un tel scénario reste techniquement difficile à concrétiser, il n’en demeure pas moins que la question flamande – et par extension celle de la Belgique – est de moins en moins taboue.

Dès lors, une histoire banale peut déclencher la moindre polémique dans le plat pays, ce qui doit rassurer le Premier ministre belge Yves Leterme qui doit dans le courant de l’année 2010, trouver une solution à propos de BHV qui doit à la fois satisfaire les Flamands, sans humilier les Francophones. Une tâche hautement délicate

Caricature de Kroll parue dans le journal belge francophone, Le Soir

L’homme le plus détesté de France

Voici l’homme le plus détesté de France (enfin, ce n’est pas moi qui le dit mais l’hebdomadaire « Marianne » du 12 décembre dernier)

Vous l’aurez deviné, il s’agit de « Monsieur Besson », notre ministre des expulsions et de l’identité nationale. La semaine dernière, Le Nouvel Obs et Marianne ont consacré leur une à l’ancien socialiste en charge des questions économiques, devenu une pièce maîtresse de la machine sarkozyste.

Monsieur Besson est donc l’homme le plus détesté de France, du moins, il n’est pas en odeur de sainteté aussi bien à gauche qu’à droite. Au Parti socialiste, cela est une évidence folle tant que l’intéressé continue à insulter et à dénigrer un parti qui lui a permis d’être député de la Drôme mais d’acquérir d’importantes responsabilités jusqu’à son fait de trahison en pleine campagne présidentielle. Mais au sein de l’UMP, il est (très) loin d’être considéré comme un des leurs notamment on interroge les cadres et autres élus du parti sarkozyste qui se méfient de lui comme de la peste. Celui qui est désormais le numéro deux de l’UMP sait qu’il ne doit sa place qu’au bon vouloir du monarque-président et les membres de l’UMP ainsi que les sarkozystes historiques le savent très bien.

Pourquoi tant de haine envers Besson ? Certains considèrent en effet qu’une telle animosité envers l’actuel ministre de l’Identité nationale est abusée dans la mesure où l’homme, déçu par son ancienne formation, n’a fait que profiter de la balle qui saisissait le bond sans compter qu’il sert le président de la République au nom de l’ouverture voulue par ce dernier, au lendemain de son élection.

Toutefois, j’ai bien du mal à considérer un tel argument lorsqu’il s’agit de « Monsieur Besson » qui cherche en permanence à régler ses comptes avec ses anciens camarades socialistes en multipliant les provocations et autres attaques à l’encontre du PS.

Car à la différence d’un Jean-Marie Bockel ou d’un Bernard Kouchner qui font preuve de discrétion mais surtout de respect envers leurs anciens camarades, le ministre de l’Immigration excelle dans l’art de se montrer plus sarkozyste que le roi, histoire de montrer à ses nouveaux amis qu’il n’a plus rien de socialiste, plus de rien de gauche. C’est sans doute pour cette raison qu’il applique sans aucun scrupule la politique de Nicolas Sarkozy en matière d’immigration et d’identité nationale, faisant ainsi Brice Hortefeux, son prédécesseur, pour un enfant de chœur.

Dès lors, il ne faut pas que l’actuel maire de Donzère s’étonne d’être attaqué de toutes parts notamment sur la manière dont il gère le débat sur l’identité nationale. L’ancien socialiste sait qu’il n’inspire confiance à personne sauf peut-être – et encore, on peut s’interroger ! – à notre monarque-président tant que tous les deux savent que l’avenir politique est désormais lié en particulier en ce qui concerne le premier.

"Monsieur Besson" et Nicolas Sarkozy, au second tour de l'élection présidentielle, le 24 avril 2007 à Dijon (Côte d'Or)

Car si en 2012, Sarkozy venait à être battu, cela signifierait tout simplement la fin de la carrière politique du ministre des expulsions. En revanche, un second mandat lui ouvrait des perspectives encore plus grandes (comme un poste à l’Hôtel Matignon, par exemple ?), récompense ultime pour celui qui n’aura pas hésité à trahir tous ses idéaux afin de satisfaire sa boulimie de pouvoir.

Dès lors, « Monsieur Besson » cherche à montrer qu’il est le premier des sarkozystes quitte à être une mauvaise doublure du chef de l’Etat : arrogance, inculture, provocation, cynisme… tout y passe et tout est imité à la perfection jusqu’à irriter les sarkozystes véritables et sincères (à défaut de leur faire peur)

Et justement en cela qu’il est l’homme le plus détesté de France (du moins de notre vie politique), car insincère et finalement imprévisible.

Qui sème le vent…

Vous connaissez le fameux proverbe : « Qui sème le vent récolte la tempête ! »

La maxime pourrait très s’appliquer à de nombreuses personnes notamment notre « Monsieur Besson » national. Mais lui fera l’objet d’un traitement particulier plus tard.

Silvio Berlusconi, le 13 décembre dernier, après son agression, à Milan (Italie)

Non, là je vais parler du Président du Conseil italien, Silvio Berlusconi qui, comme vous le savez, a été victime d’une agression il y a une semaine, ce dernier ayant reçu une réplique du Dôme de Milan dans la figure. Résultat : Berlusconi est resté quelques jours à l’hôpital en observation et les mauvaises langues racontent qu’il irait en Suisse dans une clinique privée afin de se faire une énième chirurgie esthétique.

Si je ne donne mon avis que maintenant, c’est qu’en dehors de mes partiels et du manque de temps, je voulais prendre le recul nécessaire. Et si d’un côté je trouve l’attentat sur le chef du gouvernement italien stupide et (bien évidemment) condamnable, de l’autre, on ne peut s’empêcher de penser qu’au bout du compte, il l’a bien cherché !

Car en effet, l’Italie est à cran lorsque Berlusconi est aux commandes. Le pays est fortement divisé entre Berlusconistes et anti-Berlusconistes, à tel point qu’il y a comme un sentiment de guerre civile dans la presqu’ile latine. Les esprits s’échauffent assez rapidement et les tensions sont ravivées à la moindre étincelle.

Le style Berlusconi plait énormément comme il déplait à nombre d’Italiens qui, pour une large majorité, le voit comme un homme d’Etat. Cependant, l’homme est dans la tourmente notamment sur le plan judiciaire, le Conseil constitutionnel ayant invalidé la loi qu’il avait fait voter sur mesure lui permettant d’échapper à toute poursuite judiciaire, le temps de son mandat. A ce propos, Berlusconi n’avait pas manqué l’occasion de s’en prendre aux juges et de les traiter de tous les noms.

A en croire les récents sondages mais aussi le succès de manifestations telles que le « No Berlusconi Day », un nombre croissant d’Italiens commençaient à s’interroger sur la méthode de gouvernement de Berlusconi. Or, la récente agression de ce dernier risque bien de ruiner (pour un certain temps) en tout cas, les efforts de mobilisation des anti-Berlusconi puisque près de 55% des Italiens soutiennent l’actuel président du Conseil. Un président du Conseil qui se joue habilement de sa situation en montrant son visage tuméfié et sa dignité meurtrie à toutes les caméras nationales (cela est d’autant plus facile lorsqu’on est propriétaire de plusieurs chaînes de télés et qu’on contrôle de facto, la RAI, la chaîne publique italienne), idéal pour remonter sa popularité et de rassembler sa majorité !

Silvio Berlusconi, à sa sortie d'hôpital, le 16 décembre dernier.

Berlusconi a, une fois de plus, récolté qu’il a semé. Mais, à l’heure où certains se demandent si cette agression, aussi impressionnante soit-elle, est en réalité un coup monté, il n’en demeure pas moins que la tension reste vive. Et si l’homme est détesté et qu’il représente la honte de l’Italie pour de nombreux Italiens, il n’en demeure pas qu’il reste éminemment populaire. Difficile à comprendre pour nous Français, et la seule chose qui incombe désormais, c’est de voir un Partito democratico (le Parti démocrate, centre-gauche), enfin à l’initiative et au travail !

Une (belle) déclaration d’intentions !

On a beaucoup parlé de Copenhague durant ces quinze derniers jours. En effet, la conférence sur le Climat (ou COP 15) devait être le grand rendez-vous entre pays industrialisés et pays en développement afin de se préoccuper de l’avenir de la planète. Associations, militants écologistes et simples citoyens avaient fait le déplacement jusqu’au Danemark, histoire de se faire entendre mais surtout peser sur les débats afin qu’on arrive à un accord le plus contraignant.

Mais après quinze jours de difficiles débats, le constat est assez amer et pour vous dire clairement les choses, je ne sais absolument pas quoi penser de l’accord arraché hier soir à Copenhague.

Certes, les Etats-Unis et la Chine sont englobés dans cet accord final et reconnaissent pour la première fois leurs responsabilités dans le réchauffement climatique avec leurs émissions de gaz à effet de serre. Il s’agit d’une avancée importante dans la mesure où ni Washington, ni Beijing ne reconnaissent le Protocole de Kyoto, seul texte à ce jour contraignant sur la réduction de gaz à effet de serre.

Certes, cet accord stipule que l’ensemble des pays du globe doit avoir pour objectif de contenir la hausse de la température moyenne en dessous de 2°C, que les engagements des pays industrialisés devront être vérifiés et qu’une aide financière de 30 milliards de dollars sera allouée aux pays pauvres.

Néanmoins, il s’agit là d’une belle déclaration d’intentions dans la mesure où aucun objectif ni mesure contraignante n’ont été prises à Copenhague, et ce à l’avantage des pays industrialisés et en particulier des Etats-Unis et de la Chine qui se sont arrangés pour éviter tout engagement de ce type. En clair, l’accord conclu dans la nuit de vendredi à samedi au Danemark est assez loin des belles envolées lyriques et de l’enthousiasme débordant de certains d’il y a une quinzaine de jours. L’heure est au discours et aux sourires de façade du côté des pays industrialisés mais aussi à la colère et la déception du côté des pays en développement.

La délégation chinoise lors du sommet de Copenhague (www.liberation.fr)

Certains diront et penseront – et c’est notamment le cas dans les pays industrialisés – qu’il vaut mieux un accord non contraignant que pas d’accord du tout. Or, un accord de ce type qui comme son nom l’indique n’engage en aucun cas les signataires aussi bien sur la durée que sur les moyens est un accord qui risque de briller par son manque d’efficacité.

A ce titre, et sentant la polémique arriver, les participants au sommet de Copenhague se sont d’ores et déjà donnés rendez-vous à Mexico dans un an, l’objectif étant d’arriver à un résultat plus ambitieux. De toute façon, on ne pourra pas faire pire, pourrait-on se dire ! Mais certains se montrent déjà sceptiques considérant que si à Copenhague, la conférence des Nations Unies sur le climat n’a pas été capable de mettre en avant l’intérêt général (à savoir l’avenir de la planète) par rapport à l’intérêt particulier (l’égoïsme des Etats), ce n’est pas à Mexico qu’on arrivera à faires des émules !

Et comme le souligne très justement Laurent Joffrin, directeur du journal « Libération » dans son édito du 19 décembre : « Il faut bien en faire l’amer constat : quand il s’est agi de secourir le système bancaire, la concertation a été autrement efficace et déterminée. Il est manifestement plus facile de sauver la finance que de sauver la planète. »

Manifestants exprimant leur colère dans la nuit de vendredi à samedi à Copenhague (On peut notamment lire sur leurs affiches : "Climat : Honte")