Un dimanche au Bourget

Voilà, nous sommes entrés dans le vif du sujet

Ce dimanche, François Hollande tient son premier grand meeting de campagne au Parc des Expositions du Bourget.

Un évènement auquel j’ai l’honneur d’y assister non pas en tant que simple militant mais en tant que bloggeur.

En effet, je ferai un live-blogging pour vous faire part de mes impressions et vous donner les temps forts de la journée !

Le changement c’est maintenant !

Bilan comptable : 2011 sur Actupol 3.0

Comme chaque année, WordPress me fait le plaisir de m’adresser des voeux en m’envoyant le rapport d’activités de mon blog politique.

Un rapport que je vous invite à consulter

Bonne lecture

Gilles

Les lutins statisticiens chez WordPress.com ont préparé un rapport annuel 2011 pour ce blogue.

Voici un extrait:

The concert hall at the Sydney Opera House holds 2,700 people. This blog was viewed about 44 000 times in 2011. If it were a concert at Sydney Opera House, it would take about 16 sold-out performances for that many people to see it. (Traduction : « L’Opéra de Sydney contient 2 700 places. Ce blog a été visité environ 44 000 fois en 2011. Si il y avait un concert à l’Opéra de Sydney, il faudrait attendre seize représentations à guichet fermé avant de pouvoir y assister« )

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

2012…

2011 se termine et dans quelques heures 2012 prendra le relais. 

Une année que tout le monde attend avec impatience. Non, je ne parle pas des hurluberlus qui se préparent une nouvelle fois à la fin du monde (de toute façon, cela ne sera ni la première fois, ni la dernière fois qu’ils viendront nous enquiquiner avec ce fantasme) mais de toutes celles et ceux qui attendent cette date pour redonner une nouvelle direction à notre pays qui a en tant besoin après cinq ans d’un quinquennat désastreux pour l’image et la réputation de la France.

Je ne ferai pas de catalogue à la Prévert mais le bilan est loin d’être glorieux pour un Président de la République qui n’aura cessé de diviser les Français, à stigmatiser les étrangers (parfois jusqu’à l’absurde) et à courir après la belle Marine pour mieux lui chiper des voix.

Une droite en perdition – les cantonales l’ont confirmé – qui n’a pas d’autres solutions que de représenter un homme qui a déçu au sein de son propre camp, comme le montre la démission d’Arnaud Dassier, le directeur de la campagne internet de Nicolas Sarkozy en 2007. Une droite dans laquelle certains, sentant le vent tourner, assurent déjà leurs arrières ou mettent en avant leurs ambitions futures souvent au détriment de leurs soi-disant camarades tel François Fillon à Paris ou tout récemment Claude Guéant à Boulogne-Billancourt dans les Hauts-de-Seine.

Face à cette droite en panique, une gauche française qui n’a plus droit à l’erreur tant l’urgence et là et les attentes fortes. Cela vaut pour l’ensemble des formations de gauche bien sûr mais tout particulièrement pour le Parti socialiste et son candidat François Hollande qui souhaite réinventer un nouveau « rêve français », une nouvelle espérance, une nouvelle direction pour notre Hexagone tout en étant conscient des défis et des difficultés qui s’annoncent.

Alors voilà, 2011 se termine et comme je vous parlais de la fin du monde en début de ce billet, voici une vidéo qui pourrait bien vous faire réfléchir !

Alors, vous savez ce qui vous reste à faire pour éviter le pire : votez ! D’ici là, je vous souhaite un bon réveillon avec une pensée particulière à celles et ceux qui le passeront seul loin de leurs proches.

A l’année prochaine !

Gilles

Le courage de Layton et la sensation Legault

Je ne pouvais pas conclure 2011 sans vous parler de la vie politique canadienne et québécoise, une vie politique que je découvre de plus en plus et qui me passionne en raison de sa compréhension et de sa vitalité mais aussi de son dynamisme.

Une vie politique qui fut marquée par des élections anticipées provoquée par la chute du gouvernement conservateur de Stephen Harper et qui ont la victoire nette et sans bavure de ce dernier, le 2 mai dernier, provoquant la déroute des libéraux mais aussi et surtout celle des souverainistes québécois qui ont toujours du mal à se remettre de leur défaite encore aujourd’hui.

Jack Layton (1950 – 2011), chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) durant son discours le 2 mai dernier au soir des résultats des élections canadiennes anticipées

Mais l’élection anticipée du 2 mai dernier a surtout été marquée par la belle performance de Jack Layton, le leader du Nouveau Parti démocratique (NPD, l’équivalent du Parti socialiste chez nous) qui avec 102 sièges à la Chambre des communes est devenu le premier parti d’opposition, une position qu’il doit largement au Québec, plus de la moitié des élus néo-démocrates étant issus de la Belle province.

Le succès de Jack Layton fut largement commenté dans la mesure où il fut inattendu. Tout comme l’annonce par ce même Jack Layton d’un nouveau cancer en juillet dernier, le contraignant à s’éloigner de la vie politique pour se soigner, espérant revenir au plus vite. Malheureusement, le destin a en décidé autrement, le leader néo-démocrate étant finalement décédé le mois suivant, provoquant une vague d’émotion dans l’ensemble de la classe politique et de la société canadienne, peu importe les opinions politiques des uns et des autres. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que Jack Layton fut élu homme de l’année dans un sondage paru en début de mois. Reste à savoir comment le NPD va pouvoir survivre à son chef disparu, la course à la chefferie étant lancée depuis un bail, une course dont je vois Thomas Mulcair, numéro deux de Jack Layton, largement l’emporter.

Une année politique marquée également par un phénomène – ou plutôt une sensation – celle de François Legault, qui vient de créer un nouveau parti québécois, Coalition Avenir Québec. Un parti de droite – ce qui fait tâche d’huile dans une province majoritairement à gauche et portant haut des valeurs progressistes – qui ne cesse de percer dans les enquêtes d’opinion et dont son chef – un ancien membre du Parti québécois (PQ), parti qui milite en faveur de l’indépendance du Québec – pourrait bien devenir le futur Premier ministre de la province francophone. Legault semble bénéficier d’une bonne image dans l’opinion québécoise et surtout affiche une certaine « nouveauté » en proposant une sorte de troisième voie après bientôt neuf ans de gouvernement libéral et face à une opposition souverainiste qui peine à calmer ses contradictions et ses propres divisions internes notamment au sein du PQ où l’autorité de Pauline Marois est clairement contestée. Reste à savoir si Legault, qui n’a au fond rien proposé de concret et reste encore assez flou sur ses intentions, saura véritablement répondre présent et faire la différence le moment venu.

François Legault, lors de la présentation de son nouveau parti, Coaliton Avenir Québec (CAQ), le 14 novembre dernier

Alors voilà ! Une vie politique canadienne et québécoise largement mouvementée et dynamique dont je vous souhaite vous faire découvrir et partager et ce, dès l’année prochaine sur ce blog dans la perspective des élections québécoises qui devraient se tenir selon toute vraisemblance en automne prochain. Une élection que j’espère bien suivre non pas seulement de mon ordinateur à Paris mais bel et bien sur place. En effet, j’envisage de me rendre pour la première dans la Belle province mais aussi dans le Rest of Canada (en clair, le Canada anglophone), histoire de découvrir ce pays aux multiples opportunités.

Et j’en profite pour saluer tous mes amis canadiens anglophones comme francophones ainsi que celles et ceux qui ont accepté de me faire part de leur opinion sur leur pays à travers les entretiens que j’ai réalisé pour mon carnet d’été en remerciant notamment Emilie, Evrim, Claude Dupras, Marilène Pilon et en faisant un coucou à Eren (mon camarade du Collège d’Europe), Jonathan, et Sarah (dont j’espère revoir très bientôt)

Et pendant ce temps-là en Hongrie…

Manifestation hongrois, membre de l'opposition, arrêté par la police lors d'une manfiestation contre le gouvernement conservateur de Viktor Orban, le 23 décembre dernier, à Budapest

Pendant ce temps, en Hongrie, on assassine la démocratie à petit feu ! Mais chut, il ne faut rien dire !

Il y a quelques jours en effet Attila Mesterhazy le chef du MSZP – le parti socialiste hongrois – a été arrêté en marge d’une manifestation dénonçant les dérives autoritaires du gouvernement conservateur de Viktor Orban alors qu’il portait assistance à des manifestants eux-mêmes pris à partie par la police. Une arrestation qui a été fermement condamnée par le Parti socialiste européen (PSE) dont le MSZP est membre mais qui est curieusement passé sous silence dans la presse hongroise (le contraire aurait été surprenant) mais également européenne.

Ce nouvel épisode montre une fois de plus le mauvais filon que connaît la Hongrie depuis un certain temps désormais et la victoire sans appel du FIDESZ, le parti conservateur qui, avec une majorité absolue au Parlement fait véritablement ce qu’il veut, sans aucun contre-pouvoir. D’ailleurs Philip Cordery, le secrétaire général du PSE ne s’est pas trompé en considérant que le Premier ministre actuel ne respecte plus les standards et les bases de la démocratie, emmenant ainsi son pays dans un système de parti unique.

Viktor Orban s’était déjà fait distinguer, il y a un an lorsque son gouvernement avait mis en vigueur une loi permettant de contrôler la presse nationale via la création d’une autorité nationale des médias. Une création qui avait suscité l’émoi de la profession mais qui semble n’avoir pas provoqué l’inquiétude de l’Union européenne et de ses Etats-membres, alors que Budapest prenait la tête de la présidence du Conseil de l’UE pour le premier semestre de 2011.

Viktor Orban, premier ministre de Hongrie et chef du FIDESZ - le parti conservateur hongrois - depuis 2010

Depuis la situation n’a vraiment pas évolué et s’est même aggravée si on se réfère aux manifestations de ces jours derniers. Alors que l’Union européenne et certains de ses Etats-membres s’extasient sur le printemps arabe et s’occupe du service après-vente (c’est-à-dire promouvoir la démocratie), ces derniers sont incapables de rappeler la Hongrie à l’ordre, ni même de faire pression sur elle pour qu’elle respecte au minimum les valeurs fondamentales auxquelles elle a adhéré en rejoignant l’Union européenne.

Car des sanctions existent bel et bien notamment le fameux article 7 du Traité sur l’Union européenne qui prévoit la suspension d’un Etat membre du sein du Conseil de l’Union en cas de manquements graves aux principes et valeur de l’Union. Une épée de Damoclès qui ne s’est toujours pas abattue sur la Hongrie, preuve sans doute d’une indifférence polie des autres Etats-membres, France en tête.

Pourtant, il en va de la crédibilité de l’Union européenne, elle qui veut s’affirmer sur la scène internationale mais qui peine à clairement faire le ménage dans son propre espace. Il faudra bien pourtant que cette dernière se penche sur le cas hongrois, signe que la démocratie reste un bien encore fragile en Europe centrale et orientale, même vingt ans après la chute du communisme et la fin des révolutions populaires. A l’heure où l’Union européenne se cherche une crédibilité, notamment face aux marchés et autres agences de notation, elle ne devrait pas oublier que son image est tout aussi importante à l’extérieur qu’au sein des Etats-membres et de ses citoyens.

Gageons que la future présidence danoise saura se montrer vigilante et taper du poing sur la table, le cas échéant.

Bons baisers de Russie

Contrairement à ce que pourrait laisser sous-entendre le titre, je ne suis pas en Russie même si j’en profite pour vous souhaiter un joyeux noël en espérant que vous avez pu en profiter pour être avec vos proches et ce que vous appréciez.

Un Noël plutôt calme sur le plan politique, histoire sans doute de prendre des forces avant la grande bataille électorale qui s’annonce. Mais c’est effectivement du côté de la Russie qu’il faut avoir les yeux rivés, tant les choses semblent bouger depuis un moment.

Manifestation de l'opposition en Russie contre le résultat des législatives du 4 mars dernier

En effet, des milliers de Russes se sont récemment rassemblés dans les rues de Moscou pour dénoncer les résultats des élections législatives du 4 décembre dernier qui ont vu la victoire de l’actuel parti présidentiel, Russie Unie, en dépit de lourds soupçons de fraude. Depuis lors, la colère des citoyens, relayée vaille que vaille par l’opposition, ne cesse de grandir malgré les bien timides concessions du duo infernal Poutine – Medvedev, des concessions qui ne satisfont personne et surtout ne dupent personne.

Toujours est-il que cette mobilisation des Moscovites et des Russes en général est assez surprenante dans la mesure où le pouvoir actuel quadrille d’une main de fer le pays. Un pouvoir sans partage fortement symbolisé et incarné par Vladimir Poutine qui comptait sans doute sur son prestige mais aussi son autorité pour s’assurer de la bienveillance (plus ou moins contrainte) de ses compatriotes, histoire de mieux briguer un troisième mandat présidentiel.

Vladimir Poutine, premier ministre de Russie en compagnie de Dimitri Medvedev, le président de la Fédération

Une hypothèse désormais sérieusement mise en doute, ce qui semblait impossible à concevoir il y a encore un mois. D’ailleurs, certains soutiens et non des moindres de l’actuel Premier ministre n’hésitent plus à dire tout haut ce que nombre de personnes pensaient tout bas jusqu’ici. Ainsi, Mikhaïl Gorbatchev, le dernier président de l’URSS et secrétaire général du PCUS (l’ex-parti communiste soviétique) a publiquement recommandé à Vladimir Poutine de se retirer du pouvoir, lui qui l’exerce depuis plus de douze ans déjà.

Dès lors, certains parlent déjà d’un printemps russe, faisant directement référence au printemps arabe qui touche le Moyen Orient depuis un an. Une expression qu’il convient de considérer avec des pincettes dans la mesure où si effectivement, un vent de contestation souffle dans l’actuelle Fédération de Russie, nombreux sont les partisans du tandem Medvedev – Poutine aussi bien à l’intérieur mais aussi et surtout à l’extérieur du pays qui, au bout du compte, ont plus intérêt à un maintien du pouvoir en place, ce qui notamment le cas dans les campagnes et les lieux un peu plus reculés du pays, qui à première vue, restent fidèles à Poutine et majoritaires. Qui plus est, la Russie étant un pays et un allié stratégique, certains auraient beaucoup plus intérêt au maintien du statut quo tout en encourageant des changements à la marge et quelques réformes mineures.

Malgré tout, la formidable mobilisation de ces derniers jours montre que rien ne semble être écrit à l’avance et que celui qui pensait redevenir président de la Russie en toute légalité tout en misant sur la passivité de son peuple devra sans doute composer et faire preuve de malice et de stratégie pour parvenir à ses fins.

Reste à savoir ce que la communauté internationale, pourtant si prompt à s’ériger en donneuse de leçons, voire à guerroyer au nom de la liberté et de l’émancipation d’un peuple surtout lorsqu’il s’agit d’un pays qui a un rang inférieur. Là, il s’agit de la Russie et là, c’est (encore) une autre histoire !

De l’huile sur le feu

L’Assemblée nationale a voté, en première lecture, une proposition de loi visant à sanctionner toute négation d’un génocide reconnu et ayant existé. Une proposition de loi soutenue aussi bien par la majorité que par l’opposition bien que certains députés ont publiquement émis des réserves quant à l’opportunité de cette loi.

Une loi qui doit encore être examinée par le Sénat avant de revenir à l’Assemblée pour être définitivement adoptée mais qui a suscité une forte controverse notamment au sein de la communauté turque et même en Turquie, ce dernier se sentant clairement visé en raison du débat sur le génocide arménien de 1915, un terme réfuté par le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan. En guise de représailles, Ankara a rappelé son ambassadeur en France et des manifestations de colère et de protestations ont eu lieu devant le Consulat de France à Istanbul mais aussi devant l’Assemblée nationale à Paris, de la part de la communauté turque et des Français d’origine turque.

Manifestation de la communauté turque de France devant l’Assemblée nationale à Paris, le 22 décembre dernier

Cette loi est quelque peu troublante et nombreux s’interrogent sur sa pertinence, à quelques mois d’une élection nationale majeure, quitte à envenimer davantage les relations déjà difficiles entre Paris et Ankara. Déjà en 2001, les relations s’étaient fortement dégradées lorsque l’Assemblée nationale avait reconnu le génocide arménien. Depuis, elles ne cessent d’être compliquées dans le contexte – lui-aussi compliqué – des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, négociations qui patinent toujours en raison du blocage à peine voilé de la France, Nicolas Sarkozy étant fermement et toujours opposé à la candidature d’Ankara.

La question – et je pense qu’il est bon de le rappeler – n’est pas de savoir s’il y a eu génocide ou pas en 1915 mais de l’utilité d’une telle loi qui vise concrètement la Turquie, un pays qui se cherche et qui a encore du mal avec cette épisode de son histoire qui a eu lieu durant la Première Guerre mondiale et avant la fondation de la République par Mustafa Kemal en 1923. Prendre en compte ce point permet de mieux comprendre la position d’une large majorité de la population turque qui récuse formellement le terme de génocide pour mieux adopter celui de massacre. Une approche sémantique qui n’est pas choisie au hasard, la reconnaissance d’un génocide pouvant entraîner des réactions en chaînes notamment un plan géopolitique avec par exemple une restitution de terre à l’Arménie par exemple.

Nicolas Sarkozy rencontrant Recep Tayyip Erdogan, premier ministre turc, lors du sommet du G 20 à Cannes en novembre dernier

Mais en agissant de la sorte, la France tort une fois encore le bras à un pays qui a besoin de réfléchir par lui-même et de reconnaitre une telle tragédie le cas échéant. Là encore, on force la Turquie à reconnaître un génocide alors que le débat n’a véritablement jamais eu lieu. Au lieu de mettre Ankara face à ses responsabilités, on la braque davantage, la Turquie étant connue pour sa fierté nationale impressionnante (comme j’ai pu moi-même m’en rendre compte lors de mon précédent séjour à Istanbul en octobre 2010)

Qui plus est, ce vote intervient à quelques mois d’une élection présidentielle où Nicolas Sarkozy se rappelle aux bons souvenirs d’une communauté arménienne à qui il avait promis une telle loi. A ce titre, on peut rappeler le récent déplacement du président de la République à Erevan à l’automne dernier où, accompagné de Patrick Devedjian, président du Conseil général des Hauts-de-Seine et très actif au sein de la communauté arménienne, a clairement visé la Turquie en lui intimant l’ordre de reconnaître le génocide. Ce à quoi le gouvernement turc a répliqué en invitant le gouvernement français à… s’occuper sa dette publique (une manière polie de lui dire de s’occuper de ses affaires)

Nicolas Sarkozy en compagnie du président de la République d’Arménie, Serge Sarkissian, lors de sa visite officielle en octobrre dernier

Aussi, il est fort à parier que cette loi intervient afin de s’attirer une nouvelle fois le vote de la communauté arménienne, nos compatriotes issus de celle-ci ayant l’habitude de voter à droite. Un fait que François Hollande, le candidat socialiste à la présidentielle, n’a pas manqué de rappeler en dénonçant les arrières pensées de Sarkozy. Toujours est-il qu’en agissant de cette manière, la France jette dangereusement de l’huile sur le feu et pour pas grand-chose en plus. D’ailleurs, la Turquie ne s’y est pas trompée en rappelant également que la France a aussi des choses à se reprocher notamment en Algérie ou même durant la colonisation et qu’elle n’est pas la mieux placée pour s’ériger en donneuse de leçons.

La Turquie a déjà prévenue : elle ne se laissera pas humilier et compte bien payer à la France un tel affront. Attendons voir ce qu’il en sera vraiment mais il est clair que cette controverse n’est pas prête de retomber de sitôt.

Le MEF est-il de droite ?

Jean-Marie Cavada, député européen PPE (Nouveau Centre), nouveau président du Mouvement européen France

C’est un article paru sur un blog de Slate.fr qui m’a attiré l’attention.

Il y a quelques jours, Jean-Marie Cavada a été élu à la tête du Mouvement Européen France, suite à la démission de Christian Philip, élu en juin 2010.

Une élection qui a suscité quelques réactions notamment celle de ce bloggeur, Samuel Faure, qui voit dans l’arrivée de l’ancien présentateur vedette de « La Marche du Siècle », une droitisation de l’association, un positionnement à droite qui n’est pas assumé et qu’il conviendrait de le faire afin que les citoyens puissent faire la part des choses dans une Europe de plus en plus politisée. Pour lui, « Si Jean-Marie Cavada et ses ami-e-s souscrivent, ce que je pense et ce que j’espère, au besoin d’une Europe plus politique et plus démocratique, alors le premier objectif impérieux que le ME-F doit viser est celui de la clarification politique. Le ME-F est un mouvement de droite, un mouvement conservateur, pro-européen : qu’il ne s’en cache pas, qu’il l’assume ! »

Un point de vue que je trouve pertinent mais qu’il convient de nuancer. Moi-même membre du Mouvement Européen France (et de sa branche jeunesse, les Jeunes Européens France) depuis décembre 2006, la question n’est pas tellement de savoir si ce dernier doit être classé à droite mais plutôt si ce dernier est clairement fédéraliste ou pas !

Et ce point, il n’y a aucune ambigüité ! Le Mouvement Européen France est clairement un mouvement fédéraliste s’engageant donc pour une Europe à vocation fédéraliste s’opposant ainsi à toute évolution d’une Europe intergouvernementale ou dominée par les Etats-nations. Aussi, c’est plutôt dans ce cadre qu’il faut plutôt y voir un clivage même si le traditionnel clivage droite/gauche demeure toujours et existe au sein de l’association.

Ce n’est pas la première fois que la question du positionnement politique du Mouvement Européen France est posée. Déjà en 2005, lors du débat sur le Traité établissant une constitution pour l’Europe, un clivage avait eu lieu entre Pervenche Bérès qui s’était prononcée pour le « non » et les Jeunes Européens qui s’étaient prononcés pour le « Oui ». En guise de protestation, la députée européenne socialiste avait démissionné de la vice-présidence du MEF, pour mieux dénoncer son glissement à un peu trop à droite !

Qui plus est, les présidents successifs à la tête du Mouvement Européen France depuis une dizaine d’années ne sont pas connus pour être des membres du Parti socialiste. Ainsi, Jean-Louis Bourlanges (UDF), Anne-Marie Idrac (UDF, puis Nouveau Centre), Sylvie Goulard (UDF puis Mouvement démocrate), Christian Philip (UMP)… tous ces anciens présidents furent de sensibilité libérale et/ou de droite. Même Jean-Marie Cadava n’échappe pas à la règle puisqu’il est membre du Nouveau Centre et qu’il siège au groupe PPE au Parlement européen. Seule exception, Pierre Moscovici, l’ancien député européen et actuel député socialiste du Doubs qui a dirigé le Mouvement Européen France entre 2004 et 2006.

Dès lors, on pourrait se dire qu’effectivement le MEF ne s’assume pas comme étant mouvement de droite, au risque de brouiller le message politique que l’on souhaite adresser aux citoyens. Toutefois, la pluralité au sein de l’association est bel et bien la meilleure garantie qui puisse exister, les adhérents du MEF ayant au bout du compte les valeurs en commun d’une Europe à vocation fédéraliste en opposition aux souverainistes et aux europhobes de tout poil qu’ils soient de droite ou de gauche d’ailleurs !

C’est en cela que se situe le véritable clivage comme j’ai commencé à l’évoquer plus haut et c’est par cette manière que le Mouvement Européen France contribue au débat européen et le politise, ce qui ne veut pas dire que l’opposition gauche/droite n’existe pas ou est devenue caduque. C’est d’ailleurs, le reproche de certains qui voient dans la construction européenne, un consensus mou, une coquille vide où progressistes et conservateurs, s’accordent finalement pour leur propre compte.

C’est le même reproche que met en avant Samuel Faure en évoquant la fameuse règle du consensus qui régie au sein du Mouvement Européen France (mais aussi au sein des Jeunes Européens). Une règle qui est peut-être nécessaire pour assurer la diversité des opinions et des sensibilités mais qui n’a jamais empêché une politisation et le maintien des clivages au sein de l’association et en dehors de celle-ci, notamment face aux détracteurs du MEF.

Alors le MEF est-il de droite ? Sans doute pas même si Faure a raison sur un point : la clarification sur le plan idéologique et à ce titre, le mouvement doit réaffirmer un clivage mais davantage le clivage fédéralistes/souverainistes que le clivage traditionnel droite/gauche, c’est en cela que la politisation de l’Europe n’en sera que davantage renforcée et le débat intéressant pour les citoyens.

PS : pour la petite histoire, Jean-Marie Cavada fut notamment soutenu par Patrick Le Hyaric, directeur de L’Humanité et surtout député communiste européen, membre de la Gauche unitaire européenne (GUE) – et accessoirement candidat du Front de gauche en Seine-Saint-Denis face à Elisabeth Guigou (PS) à Pantin et Aubervilliers – comme quoi, les choses ne sont pas simples ^^

Une hystérie collective

Vous avez du être au courant, Kim Jong-Il, le dictateur nord-coréen, est mort dimanche dernier d’une crise cardiaque.

Au départ, je ne pensais pas en parler non pas que je m’en fichais mais que tout simplement, je n’ai pas tellement d’idée – et puis franchement, que dire d’un dictateur qui affame son peuple en échange de l’aide internationale et qui se sert de lui pour mieux monnayer l’arrêt de son programme nucléaire ?

Toutefois, la vidéo ci-dessous m’a finalement poussé à écrire un peu :

Une vidéo de l’agence nord-coréenne de presse a fait le tour de monde et est censée montrer des badauds hystériques, pleurant amèrement la mort de leur « Cher Leader » vénéré.

Sincère ces larmes ? Sans doute pas, mais là n’est pas (ou plus) vraiment la question. La question, c’est plutôt de savoir que ce cachent ces images.

Ce sont celles d’un peuple, d’un régime et surtout d’un pays complètement coupé du monde et qui à force de vivre dans ce huit-clos totalitaire, semble avoir intégré sa propre réalité, quitte à se mentir à lui-même. C’est une manière de dire au monde : « voyez, notre cher dirigeant, notre guide à tous, est mort, nous l’aimions beaucoup ! »

Des images assez folles qui montrent les ravages qu’ont du faire plus de cinquante ans de totalitarisme stalinien, un totalitarisme dont on se demande encore s’il aura une fin, ce qui est assez fou quand on pense aux récentes révolutions arabes.

Des images qui montrent aussi que ce rêve (fou mais compréhensible) de réunification de la péninsule de Corée ne se fera de sitôt tant les Nord-Coréens – et leurs dirigeants – semblent vivre complètement dans leur bulle, en dehors du monde. Une bulle qui ne sera évident d’éclater (ni même de percer) bien après une improbable chute ou démantèlement du régime tant le choc serait de toute façon bien brutal !

Assez folles effectivement ces images !

Les icônes déchues

Rachida Dati – à l’époque ministre de la Justice – et Rama Yade – à l’époque secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères en janvier 2008

Elles étaient le symbole du sarkozysme, celui du sarkozysme triomphant et arrogant.

Il y a quatre ans, Rachida Dati et Rama Yade devenaient les nouvelles égéries de l’UMP et de la Sarkozie face à une gauche déboussolée. Tout le monde ne jurait que par elle, et tout le monde se les arrachait. Télé, Radio, presse écrite… Elles étaient élevées au rang d’icône.

Quatre ans après, il ne reste quasiment plus rien de leur splendeur et de leur grandeur. Entre temps, il y a les caprices de l’une, l’insolence de l’autre, les exigences de l’autre ou bien encore les ambitions de l’autre. Une attitude qui a fini par agacer l’Elysée à tel point que Nicolas Sarkozy a décrété leur disgrâce sans ménagement.

Ainsi l’ancienne Garde des Sceaux, Rachida Dati qui avait oublié qu’en politique, on se fait plus d’ennemis que d’amis et nombreux étaient ceux qui cherché à précipiter sa chute du temps où elle était encore considérée comme la protégée de Nicolas Sarkozy. Qui plus est, ses caprices à répétition ainsi que son tempérament a fini par sérieusement agacer l’Elysée qui a fini par la lâcher. Aussi, nombreux doivent être ceux qui ne boudent pas leur plaisir en voyant Rachida Dati humiliée par son propre parti (et par François Fillon) dans le cadre des législatives.

Il en est de même pour Rama Yade dont le côté rebelle a fini par causer sa perte. Elle aussi présentée comme un symbole de la diversité version Sarkozy, elle ne cesse de payer son ralliement à Jean-Louis Borloo et ce d’autant plus que ce dernier a finalement renoncé à se présenter. Elle aussi égérie, c’est désormais une icône qu’on lapide et qu’on brûle sans ménagement. Et comme Dati, on ne cesse de lui mettre des bâtons dans les roues et lui faire une mauvaise publicité notamment dans la circonscription de Colombes-Asnières où elle compte se présenter pour les législatives face au député UMP sortant et proche de Nicolas Sarkozy, Manuel Aeschlimann.

Rachida Dati et Rama Yade ont cru à tort, mais sans doute sincèrement que leur présence dans le gouvernement leur donnerait une légitimité à part entière au sein de l’UMP. Mais c’était sans compter sur l’ambition de certains dans le parti sarkozyste qui ne voyaient qu’en elles, de vulgaire potiche, des faire-valoir. Cette situation était tout à fait convenable à partir du moment où elles jouaient le jeu et se contentaient de donner la bonne parole du sarkozysme. Qui plus est, elles ont commis le tort d’être ambitieuses et surtout de se rebeller contre l’agité de l’Elysée comme cela fut le cas de Rama Yade qui a eu le culot de refuser une place de députée européenne pour mieux s’implanter dans les Hauts-de-Seine. Un affront qui n’est pas resté impuni et a sans doute provoqué sa lente mais progressive disgrâce au sein de la Sarkozie.

Soi-disant symbole de la diversité au sein du gouvernement Fillon, Rama Yade, Rachida Dati et Fadela Amara (ne l’oublions pas !) n’ont servi que de vitrine à un gouvernement qui avait d’autres chats à fouetter. Une situation qui n’a trompé personne et qui montre surtout tout le cynisme de l’UMP. Les propos actuels de Claude Guéant, ministre de l’Intérieur mais également de certains dirigeants du parti majoritaire sur les étrangers en est la triste illustration, signe également d’une droite qui a clairement et sciemment décidé de partir à la conquête des voix du Front national.

Et je dois bien vous avouer qu’elles me font un peu de peine, surtout Rachida Dati. Icônes en 2007, brûlées en enfer en 2011, le cas de l’ex-ministre de la Justice et l’ex-secrétaire d’Etat aux Sports montre une fois de plus que l’UMP n’en a cure des questions d’intégration et de méritocratie, la docilité et le clientélisme faisant légion. Preuve en est, la discrétion dont font preuve Jeannette Bougrab, l’actuelle secrétaire d’Etat à la jeunesse et Nora Bella en charge des ainés. Sans doute qu’elles sont dépourvues de toute ambition, ce qui explique la bienveillance de l’UMP et de Nicolas Sarkozy à leur égard.

Toujours est-il que la disgrâce de Dati et de Yade – accompagnée d’une incroyable violence médiatique et politique à leur égard – montre bel et bien que le sarkozyme triomphant est définitivement révolu et à oublier. C’est le rappeur Mc Jean Gab1 qui doit se frotter les mains, lui avait traité Rama Yade de « bamboulette » en 2010