42 voix

Hier soir, les militants ont tranché dans un second tour opposant Martine Aubry et Ségolène Royal pour le poste de Premier secrétaire du Parti.

Il faut dire que l’on s’attendait à un résultat serré (du genre 51/49) mais en réalité, je ne m’attendais pas à un tel écart de voix !

En effet, 42 voix séparent, à l’échelle des 135 000 votants, la maire de Lille à la présidente de la région Poitou-Charentes au bénéfice de la première. Autrement dit, c’est Martine Aubry qui l’emporte avec près de 50,02% face à Ségolène Royal qui en obtient 49,98%.

Martine Aubry, actuelle maire de Lille, désignée par les militants Premier secrétaire du PS avec 50,02% des voix

Franchement, je ne sais pas trop quoi penser de ce vote. D’une part, je me dis que ce sont les militants qui ont tranché et qu’il faut respecter ce choix. Malgré tout, l’écart reste infirme et source de toutes les contestations. A ce propos, les partisans de Ségolène Royal – et l’intéressée elle-même – ont contesté les résultats parlant de fraudes notamment dans les fédérations de Seine-Maritime et du Nord, pro-Aubry, et labourées depuis des lustres par Laurent Fabius et l’actuelle première magistrate. C’est sans doute vrai quand on sait le poids de ces deux anciens ministres de premier plan dans leurs fédé’ respectives.

Aussi, propose-t-on du côté de Ségolène Royal de faire revoter les militants que nous sommes. Sans doute qu’il s’agit d’une proposition intéressante à suivre afin qu’on dégage une majorité claire. Toutefois, je me dis qu’il est grand temps de refermer cette page qu’a constitué notre congrès et de passer résolument à autre chose même si je reste persuadé que cette autre chose ne peut se faire qu’avec Ségolène Royal. Avec tout le respect et la sympathie que j’ai pour Martine Aubry, je doute fort que l’actuelle maire de Lille aura les coudées franches pour mener à bien le travail de rénovation indispensable pour notre parti. Qui plus est, elle représente aux yeux de l’opinion, les années Jospin, à tel point qu’un journaliste belge de la RTBF l’ait comparé à l’ancien Premier ministre ! A ce titre, peut-on vraiment incarner le changement ? Tout dépendra de la nouvelle équipe que présentera Martine, mais bon !

Dès lors, la chose la plus souhaitable serait encore que Martine Aubry et Ségolène Royal se mettent à travailler ensemble et à diriger ce parti ensemble : c’est un peu l’enseignement que j’en tire du vote de vendredi soir et la solution la moins « pire » pour qu’on tire notre parti vers le haut et je rejoins totalement Manuel Valls lorsqu’il dénonce le spectacle déplorable que nous donnons aux Français, ce qui permet à la droite de se gausser pour mieux dissimuler son échec !

Spéculations

Siège du PS, rue de Solférino (Paris) en 2005

A près de 24 heures d’un scrutin interne important pour mon parti, les spéculations vont bon train en ce qui concerne le nom du futur premier secrétaire. En effet, depuis la clôture du congrès de Reims, les trois prétendants à la succession de François Hollande (que sont Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon) se livrent une campagne éclair sans concession via réunions publiques, passage télé et passage radio interposés.

Dès lors, on fait dans les pronostics et on imagine bon nombre de scenarii possibles pour mon parti notamment en ce qui concerne Ségolène Royal dont la conquête du PS pourrait s’avérer moins évidente que prévu.

Toujours est-il que les spéculations vont bon train et chacun va de sa petite musique : le PS s’en sortira-t-il ou bien continuera-t-il son naufrage ? La principale force de gauche recouvrera-t-elle son unité ou bien implosera ? Si Ségolène Royal est désignée premier secrétaire, est-ce que Benoît Hamon et (surtout) Martine Aubry joueront le jeu ou feront un travail de sape empêchant toute réelle rénovation ? Et si Ségolène perd, claquera-t-elle la porte du parti pour fonder un autre mouvement et avec qui ?

Hé oui, les spéculations vont bon train et si certaines sont fondées, d’autres sont en revanche très farfelues à mon sens. Ainsi, l’idée selon laquelle l’actuelle présidente de la région Poitou-Charentes pourrait quitter le PS pour fonder son propre parti. Récemment interrogée à ce propos, elle a été claire affirmant qu’il n’en était pas question. Qui plus est, dans sa profession de foi, elle s’est engagée à rejoindre le premier secrétaire désigné et à œuvrer au rassemblement, qu’on se le tienne pour dit !

Tout comme, les possibilités de « rébellion » de la part des deux vaincus contestant ainsi la légitimité militante de l’heureux (se) élu(e). En effet, les militants que nous sommes ne supporteraient pas que leur choix soit contesté et il serait tout à fait préférable pour celui ou celle qui serait battu(e) de jouer la carte du rassemblement et non de la rébellion, les militants ayant assez des bisbilles de Solférino.

Alors voilà, on aura beau spéculer sur l’avenir du PS, je considère toujours que le congrès de Reims a marqué un tournant et la fin d’une époque : celle des synthèses improbables et (très) instables qui nous ont fait du tort ! Désormais et contrairement aux années Hollande, le premier secrétaire aura une légitimité militante difficile à contester à terme, ce qui lui donnera du poids pour rénover notre vieille maison commune.

Et à ce propos, je considère toujours Ségolène Royal comme la mieux placée pour mener le rassemblement de tous les socialistes et la rénovation en profondeur du parti. Mais qu’on se le dise : quelque soit le résultat du vote des militants, je m’y plierai et me rangerai derrière le numéro 1 de notre parti sans aucune condition. Car tel est le jeu et la règle de la démocratie et rien que pour cela, nous devons en être fiers au PS.

Un soutien à double tranchant

Bertrand Delanoë (avec au second plan Harlem Désir), lors du Congrès de Reims.

Bertrand Delanoë, maire de Paris et grand vaincu du congrès socialiste de Reims qui s’est tenu le week-end dernier, a appelé les militants de mon parti à voter en faveur de Martine Aubry pour le poste de premier secrétaire de notre parti. Auparavant, il avait déclaré qu’il ne donnerait aucune consigne de vote à l’occasion du scrutin de jeudi soir qui doit départager Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon.

Il s’agit là d’un soutien à double tranchant dans la mesure où celui-ci arrive bien après la clôture du congrès, un congrès qui s’est soldé sur l’absence de synthèse. En effet, si Delanoë et ses partisans veulent avant tout prendre leurs responsabilités en se déterminant pour la maire de Lille et donc dessiner un axe majoritaire, je m’interroge pour autant. De fait pourquoi ce qui n’était pas possible à Reims, l’est subitement aujourd’hui ? Qu’est-ce qui a fait changer d’avis Bertrand alors que ce week-end, il ne semblait pas très enthousiaste à une candidature de Aubry ?

Si Delanoë et les membres de la motion A prennent effectivement leurs responsabilités, l’annonce du soutien à l’ancienne ministre de l’Emploi et de la Solidarité apparait également comme un appel ultime à contrer Ségolène Royal dans la course pour le poste de premier secrétaire. Autrement dit, c’est le TSS qui repart de plus belle et celui-ci passe désormais par Martine Aubry qui a plus de chances d’être la patronne des socialistes que Benoît Hamon (qui certes, est un peu la révélation de ce congrès mais qui souffre d’un manque de charisme et de dynamique). Ainsi, les membres de la motion A abattent leur dernière carte face aux membres de la motion E, celle de Royal.

Bertrand Delanoë et Martine Aubry au moment du congrès de Reims.

Le soutien de Delanoë à Aubry peut paraître tout bénéfice pour cette dernière notamment si un bon report de voix s’opère entre les motions A et D (celle de la maire de Lille). En effet, elle pourrait obtenir la majorité absolue dès jeudi soir si la consigne de vote donnée par le maire de Paris était respectée. Toutefois, la politique ne se résout pas à une seule et simple arithmétique et jeu de chiffres d’autant plus que les membres et principaux cadres de la motion A sont eux-mêmes divisés quant au choix du premier secrétaire. Ainsi si l’actuelle députée de Seine-Saint-Denis, Elisabeth Guigou, a appelé à voter pour Martine Aubry, Pierre Moscovici se montre en revanche très prudent sur la question, ce dernier désirant seulement travailler avec le futur premier secrétaire, tel qu’il soit. Enfin, un député du Bas-Rhin, Armand Jung, partisan de la motion A, s’est finalement prononcé pour Ségolène Royal.

Dès lors, le jeu reste ouvert et si le ralliement de Delanoë peut paraître payant à première vue, il peut très vite se retourner contre eux dans la mesure où celui-ci serait compris comme une tentative désespérée d’empêcher Ségolène Royal de s’emparer de la direction du PS. Aussi, il aurait été préférable que Bertrand Delanoë et ses partisans n’interviennent pas dans le vote des militants en ne donnant aucune consigne de vote car si la manœuvre devait fonctionner (à savoir Martine Aubry à la tête du PS), cela serait perçu comme la concrétisation du front TSS, ce qui serait préjudiciable à l’image du parti.

Et bien que je reconnaisse des qualités énormes à Martine Aubry, je ne suis pas sur que cela soit la meilleure façon de procéder (ne serait-ce que par respect vis-à-vis des militants qui ont quand même un choix difficile à faire !)

Le tournant de Reims et un duel au féminin

Le congrès de Reims laisse un goût amer. Un sacré goût amer pour de nombreux militants dont moi.

Cependant, derrière cet échec apparent, se cache une réalité que les analystes et autres journaleux n’ont pas cru bon de noter. Certes, il ne s’agit que d’un détail mais un détail qui a de son importance et qui fait que le congrès de Reims n’est absolument pas un remake du celui de Rennes.

En s’en référant au vote des militants pour le choix du premier secrétaire jeudi prochain, le Parti socialiste a innové (un peu malgré lui, je l’avoue) en redonnant tout son sens à l’implication de ces derniers. Là où auparavant, nos synthèses avaient plus ou moins un goût d’inachevé, nos chers dirigeants ont ici décidé de s’en remettre à nous afin de trancher en notre âme et conscience sur un différend idéologique entre Aubry, Royal et Hamon.

Martine Aubry, Benoît Hamon et Ségolène Royal, tous trois candidats au poste de premier secrétaire du PS

Car il s’agit bien qu’un différend idéologique et non pas seulement d’un conflit de personnes n’en déplaise à nos adversaires qui se gaussent bien trop vite de l’état actuel du PS. Dès lors, il en revient aux 260 000 militants de notre parti de trancher et donne une légitimité sans conteste pour un Premier secrétaire qui quoiqu’il arrive aura une majorité.

Le Congrès de Reims marque alors un tournant dans la mesure où il remet les militants socialistes que nous sommes dans le jeu politique. Il a donc le dernier mot et fera en sorte que sa parole soit respectée. C’est ailleurs à cela que sont engagés aussi bien Ségolène Royal que Martine Aubry en appelant à l’unité mais également à l’acceptation du vote des militants si l’une ou l’autre devait être minoritaire. Et c’est sans doute l’une des grandes différences avec nos adversaires notamment l’UMP qui se gausse de nos bisbilles internes mais qui a perdu tout sens du débat depuis la victoire de Nicolas Sarkozy en mai 2007. Il est clair que je n’ai pas trop envie d’être militant sarkozyste moi si j’en suis réduit à être le membre d’un fan-club !

Qui plus est, ce congrès marque un autre tournant avec les candidatures de Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon au poste de premier secrétaire. D’une certaine manière, c’est un peu la fin d’une époque, celle des synthèses plus ou moins solides et qui trouvaient très rapidement leurs limites ! Dès lors, celui ou celle qui sera désigné par les militants aura avec lui une dynamique militante et devra avoir une certaine facilité pour remettre le PS au travail et en préparation pour 2012.

Cela en surprendra certains, mais finalement, je pense qu’on devrait regarder la période qui s’ouvre avec un certain optimiste. Bien sur, je reste conscient du fait que le congrès de Reims fut un échec, mais il l’aurait été encore plus grand si notre motion de synthèse n’était pas à la hauteur. Qui plus est, le parti pourrait être pour la première fois dirigé par une femme.

Car autant le dire tout de suite, je ne pense pas que Benoit Hamon soit le premier secrétaire « idéal » pour notre parti même si ces idées demeurent intéressantes. Martine Aubry et Ségolène Royal ont tout deux cette capacité de rassemblement, une capacité dopée et légitimité par le choix des militants et si un seul point les sépare (la question des alliances), un autre les réunit : le respect des militants ainsi que l’attachement au parti.

Alors oui. Reims marque un tournant : celui du retour des militants dans le jeu socialiste et nous devrions en être fier au lieu de tomber dans le psychodrame d’après-congrès. Et quel qu’en soit le résultat du vote de jeudi (voire de vendredi en cas de second tour), il est de notre devoir militant de nous rassembler et nous serrer les coudes face à une droite sarkozyste qui ne pense qu’à une chose : nous n*****, comme l’a si joliment exprimé Nicolas Sarkozy à François Hollande quelques mois auparavant dans l’avion qui les ramenait de Beyrouth. Sachons lui rendre la politesse !

Le temps du congrès : le temps du bilan

Le 75ème congrès du PS se termine dans un climat encore plus épais qu’auparavant. En effet, pour la première fois depuis 1990, pas de synthèse réalisée et pas de leader désigné avant la confirmation du vote des militants. Trois jours durant lesquels, j’ai pas mal attendu de mon parti et trois jours qui m’ont un peu contrarié.

Malgré tout, j’ai un sentiment assez mêlé vis-à-vis de ce congrès et bien que la presse fasse ses choux gras en parlant d’un PS déchiré, fragmenté, sans boussole, j’ai curieusement un avis assez différent non pas que les analyses du Monde ne soient pas fondées mais qu’à mon sens, il s’est passé quelque chose à Reims.

Le congrès de Reims n’est pas celui de Rennes (1990) dans la mesure où les questions de personnes n’ont pas été exclusives. En effet, on a largement et longuement débattu sur la stratégie à adopter face à Nicolas Sarkozy et sur la façon de rendre le parti plus attractif par rapport à nos compatriotes. Des paroles ont été échangés et le débat s’est installé en toute franchise même si cela n’a pas permis la fameuse synthèse. A propos de la synthèse justement, je me dis qu’au bout du compte – et au risque de surprendre nombre de personnes – mieux vaut pas de synthèse qu’une synthèse bâclée et très peu solide notamment si elle aurait été l’œuvre des motions A, C et D, motivé par un simple front TSS.

Dès lors, on pourrait se dire qu’il n’y a pas de vainqueurs mais que des vaincus à ce congrès. Mais au bout du compte, je pense que mon parti est à la fois le grand gagnant et le grand perdant de ce congrès. Le grand perdant car la synthèse n’est pas là et que des questions restent en suspens. Le grand gagnant néanmoins car malgré tout, certains sujets plus ou moins tabous ont été mis sur la table (comme celle des alliances ou bien encore la conception du parti) jetant les bases d’un débat à l’intérieur du parti, un débat reporté durant longtemps aux calendes grecques afin de ne froisser personne.

Et c’est en cela que le congrès de Reims – quoiqu’il arrive et quelque soit le Premier secrétaire désigné par les militants en fin de semaine – marque un tournant pour mon parti. Un tournant majeur dans la mesure où ce dernier doit une fois pour toutes déterminer une ligne et un axe idéologique. Et ce choix se fera en même temps que le vote des militants de jeudi prochain.

Le congrès de Reims – derrière son échec apparent et réel – marque donc un moment important dans la mesure où certains abcès idéologiques commencent à être crevés. De plus, il remet les militants au centre du jeu en faisant de l’élection du premier des socialistes l’élection majeure, celle qui doit mettre tout le monde d’accord. Aussi, je dirais que Reims fut finalement le théâtre d’un congrès « mi-figue, mi-raisin » et si les divergences se font jour dans notre maison commune, tout le monde est d’accord sur un point : cela ne peut plus durer comme cela et le temps de la rénovation a enfin sonné, qu’on le veuille ou non !

Le temps du congrès : le temps du débat

C’est le temps du débat dans la ville aux mille sourires !

Durant toute une après-midi, les responsables des différentes motions ainsi que leurs lieutenants se sont présentés à la tribune afin de défendre la stratégie à adopter pour notre parti.

Une phase de débat, pour ainsi dire, assez musclée et de temps en temps des applaudissements et des sifflets. A titre personnel, cela ne m’a pas choqué d’entendre quelques sifflets ici ou là : c’est la nature même d’un congrès : il faut savoir débattre de tout et évoquer toutes les questions même celles qui fâchent.

Et c’est à ce titre que l’une des principales questions abordées durant cette phase de débat fut la question des alliances notamment avec le Mouvement démocrate de Bayrou. Si à ce propos, Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoît Hamon ainsi que leurs lieutenants (Harlem Désir, Jean-Christophe Cambadélis ou bien encore Henri Emmanuelli) ont clairement exprimé leur opposition à un rapprochement avec le parti centriste, Ségolène Royal a en revanche été sans ambiguïté : oui à la stratégie d’Epinay, oui au rassemblement de toute la gauche mais oui à une stratégie d’ouverture et de dialogue afin de proposer une alternative claire et durable aux Français face à la politique désastreuse de la droite sarkozyste. Ce qui n’a pas empêché Ségolène Royal de rappeler que certains signataires d’autres motions font allègrement l’alliance avec le Modem au niveau local. A ce titre, rappelons tout simplement à Martine Aubry mais également à François Rebsamen ainsi qu’à Michel Destot leurs alliances à Lille, Dijon et Grenoble avec les démocrates bayrouistes. Qui plus est, évoquons également les propos de Vincent Peillon qui – dans son intervention à la tribune – a rappelé la stratégie d’ouverture au centre de François Mitterrand en 1988, conséquence de sa campagne « La France unie » qui avait vu l’entrée dans le gouvernement d’un homme comme Jean-Pierre Soisson, centriste qui fera quelques années plus tard alliance avec le FN aux régionales !

Durant toute l’après-midi donc, les discussions ont eu cours au Parc des Expositions de Reims et chacun sait que tout va se jouer maintenant. En effet, la nuit de samedi à dimanche sera extrêmement longue et chacun sait que le Parti doit sortir de ce congrès par le haut. Personnellement et en toute franchise, j’ai comme l’impression que quelque chose est en train de se passer dans le cadre de ce congrès, ce qui explique sans doute cette « tension » en son sein. Une « tension » nécessaire tant que la discussion implique débat et confrontation d’idées même si la question des personnes n’est jamais très loin. De plus, chacun sait que nos compatriotes nous regardent et nous jugent.

Ainsi, comme je l’ai dit, la nuit va être longue dans la capitale du Champagne et à l’heure actuelle, tout reste ouvert car le front TSS reste toujours possible (et qu’a appelé implicitement Harlem Désir à la tribune), des coups de théâtre et des surprises ne sont jamais très loin. C’est un peu cela la magie mais aussi la complexité du Parti socialiste.

Le temps du congrès : l’axe introuvable

Second jour du congrès, sans doute le jour le plus long (ou plutôt la nuit la plus longue) pour mon Parti.

En effet, c’est ce soir que les congressistes doivent se réunir (dans le cadre des différentes motions qu’ils soutiennent) afin de parvenir à notre fameuse « synthèse », texte général d’orientation qui définit la stratégie du PS pour les trois prochaines années.

Encore faut-il trouver cet axe et avec qui le constituer. Et force est de constater qu’à l’heure actuelle, on est encore loin de cet objectif.

Martine Aubry et Bertrand Delanoë.

En effet, si Ségolène Royal a officiellement annoncé sa candidature au poste de premier secrétaire, les premiers signataires des motions C et D ne désarment pas et espèrent bien constituer une majorité à l’issue du congrès qui s’achève demain midi. Dès lors, les tractations se multiplient ainsi que les discussions notamment avec la motion A de Bertrand Delanoë.

Néanmoins, les membres de la motion du maire de Paris ne semblent pas tellement pressés pour rejoindre ce fameux axe majoritaire TSS (Tout sauf Ségolène) d’autant plus qu’ils sont plus ou moins divisés sur la stratégie à adopter. En effet, si ces derniers affichent d’importants griefs à la motion E et à Ségolène Royal, ils sont également tout aussi enclins à rejoindre les motions C et D dans leur tentative de front anti-Royal. De fait, la motion A ne souhaite pas apparaître comme un diviseur et joue sa carte du rassemblement à la condition que cela soit un de ses membres qui mène la danse.

Car en réalité, les partisans de Bertrand Delanoë verraient bien un des leurs prendre le flambeau en lieu et place de Martine Aubry et de Benoît Hamon (le seul, avec Ségolène Royal, à s’être déclaré candidat au poste de premier secrétaire), ce qui complique un peu les choses dans la mesure où aussi bien l’une et l’autre se verraient également bien patron du PS, d’où la difficulté – pour l’instant – de constituer cet axe majoritaire dans la mesure où des concessions devront être faites par l’ensemble des trois motions que j’ai citées. Qui plus est, si la motion A ne rejette pas complètement cette option, elle sait pertinemment qu’elle n’a pas de nom crédible et de personne viable à proposer pour le poste de Premier secrétaire.

Ainsi débute la seconde journée de notre congrès avec une Ségolène Royal qui semble avoir pris ses concurrents de court et un axe anti-Royal qui peine à se former.

Le temps du congrès : Ségolène sort du Frigidaire (suite)

Ségolène Royal a mis fin à un suspens qui n’en était pas un : elle est bel et bien candidate au poste de premier secrétaire du PS.

Ségolène Royal, lors de son arrivée au Congrès de Reims (en arrière-plan, Manuel Valls et David Assouline)

Bon jusqu’ici rien de tellement nouveau, hormis le fait qu’elle propose une sorte de direction collégiale avec un premier secrétaire délégué qui serait chargé de s’occuper des questions internes et administratives du parti, ce dernier devenant automatiquement le numéro deux de notre formation. En cas de désignation de Ségolène Royal par les militants, cette tâche serait attribuée à Vincent Peillon, actuel député européen

La suite, demain ! En attendant, voici une vidéo de l’arrivée de Ségolène Royal au Parc des Expositions de Reims, une arrivée bousculée.

Le temps du congrès : dernier tango pour François

Le Congrès de Reims marque également la fin de onze ans de François Hollande à la tête du PS. A cette occasion, il a prononcé le discours inaugural un discours que j’ai trouvé convaincant et incisif en particulier contre Nicolas Sarkozy et toute sa clique. Toutefois, notre actuel premier secrétaire en a profité pour appeler tous les socialistes que nous sommes à l’unité et au rassemblement, conditions sine qua none pour présenter une alternative claire et crédible face à la droite en 2012.

François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, lors de son discours d'ouverture du congrès de Reims.

Le dernier discours de François Hollande, en tant que premier secrétaire m’a agréablement surpris et – je dois vous l’avouer – remonté l’estime que j’avais de l’actuel député de Corrèze. En effet, si durant les six dernières années à la tête du PS, François Hollande a plus ou moins pêché sur certains points en ce qui concerne le parti et son fonctionnement, il n’en demeure pas moins qu’il a incarné une certaine stabilité durant ces onze dernières années et qu’il nous quand même mené à des victoires majeures comme les Européennes (1999 et 2004), les Régionales (2004) ou tout récemment les municipales et les cantonales.

Soucieux de l’unité du parti avant tout, il s’est attelé à cette tâche quitte à ce que ses détracteurs ou certains militants (dont je fus, un moment, partie pour être honnête) lui reprochent son côté non consensuel au lieu et place d’arbitrer. A ce titre, il sera toujours plus facile de faire des critiques sur l’action et la personnalité de François Hollande mais force est de constater qu’il a réalisé l’essentiel : maintenir l’unité des socialistes (même si elle n’est pas parfaite, j’en conviens parfaitement !) et son esprit démocratique (qui existe réellement bien qu’il y ait d’infimes exceptions qui confirment la règle)

Aussi, c’est un homme de 53 ans qui quitte la direction de notre mouvement. Fidèle à son credo, il a rappelé l’unité des socialistes et a appelé son successeur d’emprunter la même voie que lui.

PS : voici en intégralité, le discours d’ouverture de François Hollande.

Le temps du congrès : état des lieux

Voilà nous y sommes !

Après dix-huit mois quelques peu mouvementées, mon parti se réunit à Reims, la capitale du Champagne et ville qui a vu le sacre de Clovis et de tant d’autres.

Parc des Expositions de Reims (Marne) où se tient le 75ème congrès du Parti socialiste

Il va sans dire que le 75ème congrès du PS est un congrès majeur, voire historique. Majeur dans la mesure où les questions et les débats qui n’ont pas été tranchés depuis des années doivent trouver une réponse (ou du moins, un début de réponse !), historique pour les raisons que je viens d’évoquer.

A ce titre, nombreux sont les analystes politiques qui parient sur une ambiance électrique voire délétère à Reims. Sans doute que les débats seront animés et que parfois on élèvera la voix entre congressistes. Sans doute qu’il y aura des passes d’armes entre untel et untel. Mais au bout du compte, l’envie de clore nos querelles internes et de s’investir dans un débat de fond est bel et bien là.

D’ailleurs, c’est l’envie exprimée par les militants qui loin d’être désabusés, cherchent avant tout à construire une feuille de route.

Le congrès de Reims, pour qu’il soit réussi, doit éviter deux écueils : 1) un remake des congrès de Dijon (2003) et du Mans (2005), sorte de congrès plus ou moins pépère où on ne fait que survoler les problèmes et faire une synthèse molle, 2) un remake du congrès de Rennes où les questions de personnes prennent le pas sur le débat. En réalité, le congrès de Reims a besoin d’évoluer dans cet entre-deux et quitte à ce que les socialistes s’engueulent, autant le faire, une bonne engueulade idéologique valant toujours mieux d’un silence. A ce titre, ce fut le cas en 1979 lors du congrès de Metz qui avait vu s’opposer Michel Rocard et François Mitterrand sur des lignes idéologiques. Au bout du compte, ce fut le second qui s’était imposé. Dès lors, pour qu’il soit réussi, le congrès de Reims doit être l’occasion de provoquer un véritable débat de fond où la question des personnes doit être la plus mineure possible.

Dit comme cela, c’est plutôt facile (j’ironise !) mais je pense que cela n’est pas impossible. En effet, le PS sait bel et bien qu’il est attendu au tournant et sait pertinemment qu’il ne peut se permettre de faire un congrès pépère (dans ce cas, les Français se montreraient sceptiques sur l’état du PS) tout comme il ne doit pas faire un remake du congrès de Rennes (dans ce cas, les Français se désespéreraient de l’état du PS). C’est en tout cas, l’état d’esprit par l’ensemble des socialistes toutes motions confondues.

Alors voici comment démarre le 75ème congrès du PS, un congrès qui je l’espère sera historique non pas dans le sens du congrès de Rennes mais dans celui tout simplement, une remise en ordre de la machine socialiste et ce, dans un contexte international et national très dur pour la majorité des Français que nous sommes.

PS : si vous souhaitez suivre tout au long du week-end notre 75ème congrès, je vous conseille d’aller sur le site de Public Sénat (www.publicsenat.fr) mais également sur le blog du PS exclusivement consacré à notre réunion (http://congresdereims.parti-socialiste.fr)

Prochain article : Dernier tango pour François