Le vaudeville continue

François Fillon, à l'époque Premier ministre, visitant le nouveau siège de l'UMP en compagnie de Jean-François Copé, secrétaire général du parti

François Fillon, à l’époque Premier ministre, visitant le nouveau siège de l’UMP en compagnie de Jean-François Copé, secrétaire général du parti

François Fillon et Jean-François Copé se sont rencontrés dans les bureaux de l’Assemblée nationale afin de discuter de la situation actuelle de l’UMP et de réfléchir à un compromis acceptable pour tous. A l’issue de cette rencontre (la première depuis le 25 novembre), les deux hommes sont tombés d’accord… pour une nouvelle rencontre dans la journée.

Il s’agit donc d’un nouvel épisode dans ce vaudeville qui plonge le premier parti d’opposition depuis l’élection du président du mouvement, le 18 novembre dernier. Une élection remportée sur le fil par Jean-François Copé mais vivement contestée par François Fillon et ses partisans qui soupçonnent fortement l’ancien président du groupe UMP à l’Assemblée nationale de tricheries et de manipulations. De son côté, ce dernier accuse l’ancien Premier ministre des mêmes causes et les deux prétendants se renvoient la balle à coups d’insultes et de déclarations potaches.

Depuis lors nombres de médiations et de propositions de compromis ont été menées afin de ramener le calme et surtout mettre fin à ce spectacle affligeant pour l’opposition. Ainsi, Alain Juppé, l’ancien Premier ministre, y a mis de sa personne afin de réconcilier les deux prétendants. Echec total. Même Nicolas Sarkozy, annoncé comme le sauveur de l’UMP, son parti, a du reconnaitre l’échec de sa médiation, essuyant le refus clair et net de Jean-François Copé de toute solution de compromis, notamment la tenue d’un référendum relatif à l’organisation ou non d’un nouveau vote.

Cette nouvelle rencontre entre les deux protagonistes ne devrait pas sensiblement changer la donne dans la crise que traverse l’UMP tant le fossé et le désaccord entre les deux camps est profond. Tout juste, permettra-t-il de renouer le dialogue, ce qui n’est déjà pas mal. Toutefois, reste à voir ce que les deux personnes auront à se dire et surtout qui sera prêt à lâcher du lest dans cette lutte sans merci, Fillon comme Copé (et surtout Copé) ne voulant perdre la face devant leurs partisans.

7755219379_nicolas-sarkozy-a-demande-et-obtenu-que-jean-francois-cope-et-francois-fillon-se-rencontrentEn effet, personne n’a finalement intérêt à ce qu’une telle rencontre aboutisse sur quelque chose de concret si ce n’est que de gagner du temps. C’est d’ailleurs dans cette logique que Jean-François Copé et ses partisans avaient formulé l’idée d’organiser une nouvelle élection du président de l’UMP pour 2014 dans la mesure où cela sert clairement ses intérêts. Le président contesté de l’UMP le sait, sa victoire a été confirmée par l’appareil (via la COCOE et la CONARE) et il sait qu’il a tout intérêt à jouer la montre tout en montrant qu’il joue la carte de l’apaisement et surtout du rassemblement, histoire de répondre à l’ancien Premier ministre qui joue habilement sur ce terrain-là.

De son côté justement, l’actuel député de Paris cherche également à jouer la carte de l’apaisement tout en mettant Copé au pied du mur. En clair, le forcer à entendre ses requêtes et donc à faire d’importantes concessions auquel cas, il ira jusqu’au bout de sa logique, à savoir le schisme au sein de l’UMP, déjà matérialisé par la création d’un groupe parlementaire filloniste à l’Assemblée nationale (et en discussion au Sénat). Toujours est-il que l’ancien Premier ministre n’entend pas céder aussi facilement notamment face à Jean-François Copé.

Francois-Fillon-conteste-a-Jean-Francois-Cope-sa-victoire_article_mainDès lors, cette rencontre entre les deux prétendants à la présidence de l’UMP n’a d’intérêt que si elle permet une situation de déblocage pour un parti qui est tombé bien bas et dans laquelle tout le monde y a laissé des plumes et le peu d’intégrité qui lui restait, Sarkozy compris. Autrement dit, le rendez-vous entre Fillon et Copé ne sera utile que si l’un comme l’autre est prêt à des concessions. Dans le cas contraire, le vaudeville a de bonnes chances de se poursuivre avec des conséquences difficiles à quantifier tant les enjeux restent importants. En clair, bien malin celui ou celle qui pariera sur une prochaine sortie de crise à l’UMP tant les deux camps restent campés sur leur position et ne semblent pas prêts à véritablement céder en dépit des pressions internes comme externes.

L’UMP est morte ? Vive l’UMP !

Jean-François Copé, secrétaire général sortant, a donc remporté la présidence de l’UMP avec un peu plus de 50% des voix. De son côté, François Fillon, ancien Premier ministre et actuel député de Paris, a reconnu sa défaite tout en ne cachant pas une amertume certaine.

Jean-François Copé, président élu de l’UMP

La victoire de l’actuel député-maire de Meaux est donc l’épilogue d’un vaudeville politique de plusieurs semaines et dont on mesure encore mal les conséquences immédiates et à venir pour l’UMP et la droite française dans son ensemble.

En portant Jean-François Copé à la tête de l’UMP, les militants ont finalement validé sa fameuse stratégie de droite décomplexée, une droite qui n’a pas honte de qu’elle affirme, de son identité et de ses valeurs, quitte à concurrencer ouvertement le Front national de Marine Le Pen. Une stratégie qui est confirmée et renforcée par la victoire de la motion de Guillaume Peltier, « la Droite forte ». Avec 27% des voix, l’UMP (c’est-à-dire par uniquement ses dirigeants mais également ses militants) semblent assumer une droitisation qui ne disait pas son nom jusqu’ici, tournant définitivement le dos à l’héritage gaulliste du RPR, un héritage déjà bien entamé sous Nicolas Sarkozy, et ce bien avant son accession à l’Elysée.

De fait, c’est la question même de la pertinence de l’UMP qui est concrètement et directement posée. On a tendance à l’oublier mais au départ, l’UMP est le fruit d’une alliance puis d’une fusion entre gaullistes et centristes, lassés par tant de querelles et désireux d’y mettre un terme pour l’emporter et diriger durablement le pays. L’élection présidentielle de 2002 et la présence improbable de Jean-Marie Le Pen fut l’occasion en or pour mettre sur pied cette alliance d’un nouveau type, aux législatives. Une stratégie payante puisque l’Union pour la majorité présidentielle (le nom initial de l’UMP) avait largement remporté les élections en détenant la majorité absolue au Palais Bourbon. A cela s’ajoute (ou plutôt est reprise) l’idée du chef providentiel, le leader incontesté promis à un destin national et qui est l’autre fondement de l’UMP. Ce fondement n’est pas ancien dans la mesure où c’est un héritage du RPR. Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ne le savent que trop bien : devenir le leader incontesté et incontestable d’un mouvement était une condition sine qua none pour conquérir l’Elysée, un objectif largement atteint. En clair, en occupant la tête de l’UMP, son leader devenait (de facto) le candidat naturel pour l’élection présidentielle.

La victoire (étriquée) de Jean-François Copé remet brutalement en cause ce fondement cardinal de l’UMP dans la mesure où elle a pour vocation à rassembler des individus issus de la droite et du centre, c’est sa raison d’être. En adoptant une ligne résolument droitière, le nouveau président a su certes séduire, une partie de l’électorat qui s’est radicalisée et qui ne veut pas laisser à Marine Le Pen, le monopole du discours sur l’immigration ou bien encore l’Europe. Néanmoins, Copé et ses nouveaux acolytes ont pris un risque majeur en se coupant d’un électorat chrétien-démocrate, plus centriste, membres de la première heure de l’UMP et qui pouvaient encore se reconnaitre dans les valeurs du parti conservateur, notamment en ce qui concerne le rôle de l’Etat, la réussite et la responsabilité individuelle ou bien encore l’autorité et la liberté d’entreprendre.

Qui plus est, le résultat de dimanche dernier montre une UMP clairement divisée non seulement entre deux stratégies et surtout entre deux personnalités. Avec une majorité très étroite, Jean-François Copé devra montrer qu’il est là en toute légitimité afin d’éviter toute contestation ultérieure, ce qui, à la lumière et dans les conditions dans lesquels se sont déroulées la campagne et le scrutin, est un véritable défi pour le nouveau patron de l’UMP, surtout dans la perspective de 2017.

De fait, il est fort probable que l’élection de l’actuel député-maire de Meaux va redistribuer les cartes et recomposer une UMP qui, semble-t-il, a choisi une ligne et une stratégie plus radicale, plus droitière. Une nouvelle donne qui dans la foulée pourrait être bien profitable aux tenants d’une ligne plus humaniste, plus centriste au sein de la droite française et qui ne peuvent cautionner le virage à l’extrême-droite de l’UMP. Ainsi, l’UDI de Jean-Louis Borloo qui espère bien récupérer les militants et cadres de l’UMP déçus et surtout inquiets de la victoire de Jean-François Copé, et qui compte sur ces éventuels transfuges pour apparaître comme une alternative crédible auprès de l’électorat de droite et des Français, dans un second temps.

Dès lors, l’UMP dans sa configuration initiale, a sans doute cessé d’exister pour laisser place un mouvement encore plus conservateur aussi bien dans les valeurs que dans le rapport à la Nation, à l’instar du Parti conservateur du Canada (actuellement au pouvoir) ou bien encore du Partido Popular en Espagne. Les tenants d’une droite forte ont sans aucun doute gagné la partie, au risque, cependant de rendre encore plus compliquée une stratégie d’alliance avec un centre-droit qui ne veut plus jouer les seconds couteaux et qui veut désormais s’affirmer comme un opposant crédible à la politique de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault.

Et le vainqueur est… Nicolas Sarkozy !

Siège de l’UMP, rue de Vaugirard dans le XV° arrondissement de Paris

Ce dimanche, les militants de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) étaient appelés pour désigner le nouveau président de leur mouvement et départager François Fillon et Jean-François Copé, au terme de plusieurs semaines d’une campagne dure et violente verbalement, voire physiquement.

A l’issue de ce vote interne, chacun des deux camps revendique la victoire, l’un comme l’autre s’accusant mutuellement de tricheries. En effet, les partisans de François Fillon, dénoncent certaines irrégularités durant le vote notamment dans certains bureaux au profit de son rival Jean-François Copé. De son côté, les soutiens de l’actuel secrétaire général (et dirigeant de facto de l’UMP) semble avoir aucun doute sur la victoire finale et en appellent déjà au rassemblement, une manière assez subtile de relativiser les accusations de François Fillon qui a saisi la commission interne du parti (la COCOE) chargé de valider (ou non) les résultats de l’élection, avant de se prononcer.

Jean-François Copé, secrétaire général sortant de l’UMP, au siège du parti en compagnie d’Edouard Courtial, secrétaire d’Etat en charge des Français de l’étranger de septembre 2011 à mai 2012

L’UMP, malgré une participation plutôt bonne de la part de ses adhérents au scrutin, semble donc offrir un triste spectacle, rappelant sans aucun doute celui donné par le Parti socialiste en 2008 au lendemain du Congrès de Reims pour la désignation du premier secrétaire. A l’issue d’un congrès raté, Martine Aubry et Ségolène Royal s’opposait pour occuper la tête du premier parti d’opposition d’alors. Un affrontement qui avait tourné à l’avantage de l’actuelle maire de Lille mais au prix de forts soupçons d’irrégularités et de fraudes notamment dans certaines fédérations-clés. A cette époque, l’UMP n’avait pas manqué de pudeur pour railler les socialistes et se moquer d’une élection calamiteuse, prédisant même les effets désastreux pour l’unité du Parti à terme.

Quatre ans après, l’UMP se retrouve dans cette situation peu enviable sans compter que le résultat montre une indication claire : aucun des deux prétendants n’a été capable de prendre l’ascendant sur l’autre et donc d’imposer ses idées, sa stratégie pour le premier parti de droite mais surtout s’imposer comme un leader naturel et incontesté, une personne qui sonne telle une évidence. La stratégie droitière de Jean-François Copé (celle dite de « droite décomplexée ») tout comme la ligne (faussement) modérée de François Fillon n’ont visiblement pas convaincu une majorité claire et sans conteste de militants UMP, signe de la désorientation d’un parti qui, dix ans après sa création, peine à tourner la page et enferme dans ses gloires passées.

Car au fond, le véritable vainqueur de cette élection interne est Nicolas Sarkozy qui ne pouvait rêver mieux ! Toujours officiellement retiré de la politique, l’homme sait qu’il jouit d’une popularité sans faille au sein de l’UMP et des sympathisants qui rêvent encore et toujours à un retour gagnant en 2017. L’ancien président de la République apparait une nouvelle fois encore comme un recours, une (folle) évidence pour des militants face à un François Fillon et à un Jean-François Copé qui, en raison du résultat même du scrutin d’hier soir, auront toutes les peines du monde à rassembler et surtout panser les plaies d’une bataille interne qui a et va laisser des traces.

Avec un tel scrutin, il sera sans doute difficile de l’UMP de se remettre en ordre de bataille et donc d’apparaître comme une force politique crédible face au gouvernement mais également comme un parti politique mature allant de l’avant, quelque soit le vainqueur final. Copé comme Fillon savent trop bien que l’ombre de Nicolas Sarkozy pèsera tel une chape de plomb sur une UMP qui reste cantonnée dans ses victoires passées et refuse tout droit d’inventaire pour mieux relativiser la victoire de la gauche et de François Hollande, à l’instar d’Alain Minc qui parle toujours et encore d’effraction. Certes, cela donnera toujours du baume au cœur aux militants UMP et aux sarkozystes les plus fervents qui ne désespèrent pas du retour triomphal de leur ex-leader, toujours au regard des résultats de la bataille sans concession que se sont livrés Fillon et Copé. Pas sur en revanche, que cela aide à l’exercice d’autocritique que devrait se livrer la droite française et qui est surtout indispensable si elle espère revenir au pouvoir[1] !


[1] Enfin… Le plus tard possible, il va de soi ! :p

Un bras d’honneur (et une question d’éducation)

Gérard Longuet a, une nouvelle fois, fait encore parler de lui.

Invité mercredi dernier sur le plateau de Public Sénat dans l’émission « La preuve par trois », le sénateur de la Meuse fut interrogé en off par un des deux journalistes sur la demande des autorités algériennes de reconnaitre de manière franche les crimes commis par la France durant la période coloniale (1830 – 1962).

En guise de réponse, l’ancien ministre de la Défense a répondu de façon brutale et sans ambigüité comme le montre cette image :

Oubliant qu’il était en direct – comme le rappelle d’ailleurs l’onglet – Gérard Longuet a néanmoins reconnu et assumé son geste, considérant que la France n’avait pas à rendre des comptes et qu’elle ne devait pas s’engager dans cet exercice de repentance sans fin.

Si le geste de Longuet était privé (dans la mesure où il avait oublié (enfin espérons-le pour lui !) qu’il était en direct), cela en dit long sur certaines de ses opinions. Rappelons que l’homme est connu pour son opposition farouche au mariage homosexuel et qu’il n’est plus à ce titre, à un propos homophobe près sur la question.

Toutefois, l’attitude de Longuet reste affligeante. Elu de la République et personnage public, il se doit d’être exemplaire, ce qui suppose une certaine modération aussi bien dans la parole que dans le geste. Le bras d’honneur de l’actuel sénateur est d’autant plus affligeant qu’il n’hésite pas, d’une certaine manière, à provoquer les autorités algériennes, une manière de subtile et explicite de leur dire d’aller voir ailleurs (pour rester poli !) En clair, on n’est pas passé loin de l’incident diplomatique, ce qui aurait fait tâche d’huile dans les relations déjà bien compliquées entre la France et l’Algérie.

En adoptant une attitude totalement irresponsable, Gérard Longuet ne rend absolument pas service à son camp politique déjà aux prises avec les assauts du Front national de Marine Le Pen mais également la stratégie droitière de Jean-François Copé qui met progressivement à mal l’unité même de l’UMP. Alors qu’il est attendu de l’opposition et de ses membres, un comportement responsable, le bras d’honneur de Longuet cache mal un mépris certain pour ne pas dire une intolérance sans bornes pour celles et ceux qui ne pensent pas en son sens.

Un geste qu’il va bien falloir expliquer, à l’heure où la défiance des Français envers notre classe politique reste forte. Gérard Longuet, par sa défense, parle de « geste populaire », pas sur que cela suffise pour justifier un tel geste notamment envers les plus jeunes à qui on a déjà bien du mal à leur transmettre la notion de respect, à la fois de soi-même et d’autrui.

Et une tâche encore plus compliquée à faire lorsque certains députés en font autant comme un certain Gilbert Collard, au passage sur la même longueur d’ondes que Longuet (un signe qui ne trompe pas ?) ! Qui a dit que les jeunes étaient mal élevés de nos jours ? 

La stratégie périlleuse (et suicidaire) de Jean-François Copé

Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, candidat à la présidence

Alors que Nicolas Sarkozy laisse toujours planer le doute sur un éventuel retour dans le jeu politique, la campagne se poursuit à l’UMP pour lui succéder à la tête du parti dont il en a assuré la présidence de 2004 à 2007. Une campagne curieusement feutrée et rythmée par la stratégie actuelle de Jean- François Copé, une stratégie pour le moins surprenante.

Le secrétaire général de l’UMP et député-maire de Meaux se distingue depuis plusieurs jours par des déclarations chocs et sans concessions notamment sur le racisme anti-blanc ou bien encore sur ces enfants qui se fait agresser par des voyous musulmans s’ils avaient le malheur de manger leur pain au chocolat durant le mois de Ramadan. Des propos qui n’ont pas manqué de faire le buzz, le ramdam, provoquant ainsi un certain malaise au sein même de l’UMP. Ainsi, François Baroin, ancien ministre et proche de François Fillon, n’a pas hésité à qualifier les propos de Copé de dangereux.

A la traine face à François Fillon dans les intentions de vote, Jean-François Copé cherche à muscler son discours et surtout sa stratégie. L’ancien ministre veut montrer qu’il a de la poigne et qu’il est surtout un homme de principes et intransigeant notamment face à celles et ceux qui ne respecteraient pas les valeurs et les principes de la République. Un discours qui se situe dans la droite ligne de celle adoptée par Nicolas Sarkozy et qui a placé son autorité au sein même de l’UMP. A ce propos, l’actuel secrétaire général n’en est plus à une référence près, lui qui en août dernier, rappelait qu’il était un enfant de sang-mêlé comme l’ancien président avant lui et qu’il avait, comme l’ex-locataire de l’Elysée, cet amour de la France, cet amour qu’il devait affirmer et défendre en retour tel un devoir.

Jean-François Copé multiplie les références à Nicolas Sarkozy en se posant comme son héritier, une manière également de rassurer des militants sarkozystes toujours orphelins de leur leader et qui peinent réellement à tourner la page. L’actuel secrétaire général l’a bien compris et espère bien flatter cette frange irréductible de sarkozystes en parlant le Sarkozy, et en adoptant sa même ligne politique. Toutefois, une telle stratégie est très hasardeuse pour ne pas dire suicidaire dans la mesure où il y avait une certaine crédibilité dans les propos et la stratégie adoptée par l’ex-chef de l’Etat, les mots de Jean-François Copé semblent sonner creux et surtout dénués de toute sincérité, comme si faire du sarkozysme suffisait pour gagner la présidence de l’UMP, et non l’inverse, c’est-à-dire faire du copéisme.

Jean-François Copé, et François Fillon, ancien Premier ministre et candidat à la présidence de l’UMP, le 26 mai dernier à Paris

Cette stratégie risque bien de faire du tort à l’actuel député de Seine-et-Marne dans la mesure où quitte à singer Nicolas Sarkozy, autant que cela soit fait dans les règles de l’art et qu’il y ait une certaine sincérité. Jean-François Copé semble tenter le tout pour le tout – du genre « ça passe ou ça casse ! » – quitte à négliger une partie non négligeable de militants UMP qui ne se reconnaissent pas dans de tels propos et surtout une telle stratégie, notamment les libéraux, les centristes ou bien encore les gaullistes sociaux. Une stratégie risquée donc, pour ne pas dire suicidaire, comme si Copé savait, inconsciemment, que la partie était déjà jouée.

Ce qui explique sans doute la sérénité et surtout la discrétion dont fait preuve François Fillon qui peut même remercier son rival dans la mesure où les déclarations maladroites et provocantes de ce dernier le servent bien plus qu’il ne l’aurait pensé, renforçant son image d’homme posé, pragmatique, sérieux et affranchi de Sarkozy face à un homme qui a besoin de ce dernier pour gagner en légitimité auprès des militants.

Curieuse est donc cette stratégie adoptée par Jean-François Copé pour conquérir la présidence de l’UMP ! En faisant du sarkozysme et non du copéisme, il laisse le champ libre à un François Fillon qui au fond n’a pas tellement besoin de faire campagne. Son image et surtout les gaffes de son rival suffisent largement et plaident en sa faveur !

La chape de plomb

Une du Point, le 28 septembre dernier

Nicolas Sarkozy voudrait revenir en politique. C’est du moins ce qu’affirme le Canard enchaîné dans sa dernière édition hebdomadaire, se basant sur les propos de Bruno Le Maire, l’ancien ministre de l’agriculture.

L’ancien président de la République aurait notamment affirmé que face à la situation actuelle du pays, il était de son devoir moral de revenir. Une déclaration que Le Maire n’a pas confirmé ni démenti et qui furent largement commentés dans la classe politique, et plus particulièrement à droite.

Nicolas Sarkozy sème une nouvelle fois, le doute et le trouble à propos de son avenir politique. Face à la politique de François Hollande et craignant pour l’avenir du pays, l’ancien chef de l’Etat veut apparaître comme une sorte de force tranquille, de possible recours, de valeur sure et s’inscrire dans une posture telle celle du Général de Gaulle, revenu triomphalement aux affaires en 1958, suite aux crises et autres facéties de la Quatrième République. Sarkozy veut paraitre comme l’homme providentiel, le recours ultime et qui est prêt à servir une nouvelle fois la France si on le lui demande bien évidemment.

Une telle perspective, si elle semble bien ravir certains militants sarkozystes au sein de l’UMP, jette cependant le trouble au sein de l’ex-parti majoritaire dans la mesure où les principaux leaders et cadres du parti semblent plus ou moins embarrassés. Ainsi si, Brice Hortefeux s’est montré plutôt enthousiaste et que Jean-François Copé a déclaré qu’il serait prêt à s’effacer en cas de retour de Nicolas Sarkozy, d’autres semblent être plus sur la réserve comme François Fillon et même Jean-Pierre Raffarin, l’ancien premier ministre considérant ce jeudi sur RMC qu’une nouvelle génération doit désormais émerger au sein de l’UMP.

Jean-François Copé et François Fillon, candidats à la présidence de l’UMP

L’attitude de l’UMP fait étrangement penser à celle du PS, il y a dix ans. Sonnés par la défaite retentissante de Lionel Jospin à la présidentielle, les socialistes n’avaient pas véritablement réussi à tourner la page, certains escomptant son retour en politique malgré l’annonce de son retrait, au soir du 21 avril 2002. L’ancien Premier ministre avait même semé le doute et cultivé l’ambiguïté sur ses réelles intentions, parasitant au passage le Parti socialiste durant de nombreuses années.

Il en est de même avec un Nicolas Sarkozy qui, tel une chape de plomb, pèse encore et toujours sur un parti nostalgique d’un passé glorieux avec un leader incontesté pour de nombreux militants. L’ancien président le sait et veut s’appuyer sur cette popularité sans faille pour peser au maximum sur l’évolution de son parti notamment dans les cinq ans à venir et dans la perspective de 2017. Une situation quelque peu périlleuse pour l’UMP dans la mesure où comme le PS entre 2002 et 2006, elle prend le risque de ne pas faire un droit d’inventaire de la présidence de Nicolas Sarkozy, car entièrement tournée dans le passée. D’ailleurs, l’association des Amis de Nicolas Sarkozy, présidée par Brice Hortefeux, est l’exemple le plus évident tout comme la référence permanente à l’ancien président de la République notamment par Jean-François Copé et par François Fillon pour mieux s’attirer les faveurs de militants très attachés à l’ex-président de la République.

Toujours est-il que l’attitude de Nicolas Sarkozy est à double-tranchant dans la mesure où si ce dernier veut d’une manière ou d’une autre jouer un rôle majeur au sein de son parti, cela démontre également toute l’incapacité de l’UMP de tourner la page et se mettre dans une logique de reconquête à l’instar du PS, il y a quelques années. Qui plus est, l’ancien président ne profite absolument pas du décrochage de François Hollande dans les sondages comme le montre celui réalisé par CSA dans lequel 55% des Français ne regrettent pas Nicolas Sarkozy à l’Elysée et celui réalisé par TNS Sofres où 32% seulement des personnes interrogées souhaitent le voir jouer un rôle actif au sein de la vie politique française.

Aussi, Nicolas Sarkozy agit telle une ombre, une chape de plomb sur une UMP clairement en manque de leadership et surtout de vision politique, comme si le parti fondé en 2002 ne pouvait exister sans Nicolas Sarkozy, ce qui explique sans doute une telle agitation autour de sa personne. Sans compter qu’une autre ombre plane sur l’ancien président et que les cadres de l’UMP et les supporters de Sarkozy semblent oublier : les affaires ! (ce qui pourrait faire tâche d’huile dans le cadre d’un improbable retour)

« L’envahissement venu d’ailleurs »

Maryse Joissains, maire UMP d’Aix-en-Provence

Article court pour une fois, mais je ne pouvais pas passer à côté de cette info.

Maryse Joissains, l’affligeante maire UMP d’Aix en Provence, a encore fait parler d’elle ces jours derniers.

A la sortie d’une réunion avec Marylise Lebranchu, ministre de la réforme de l’Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique, l’édile et actuelle présidente de la Communauté d’agglomération du Pays d’Aix, est notamment revenue sur son opposition quant au projet de future métropole marseillaise.

Elle en a également profité pour signifier une fois de plus son opposition au gouvernement Hollande et justifier son désaccord en déclarant vouloir protéger sa population contre « un envahissement venu d’ailleurs et pas forcément souhaité ».

Chacun jugera des propos de la maire d’Aix-en-Provence sans compter qu’ils sont volontairement ambigus. Maryse Joissans s’était faite remarquer, le soir du 6 mai, en considérant François Hollande comme président illégitime et en félicitant ses administrés, plus « intelligents qu’ailleurs » selon ses propres mots comme le rappelle si justement bien la vidéo :

Maryse Joissains se fit également remarquer pour sa proximité avec les idées du Front national que le logotype des élections législatives de 2012 affiché sur le site Internet de la mairie d’Aix ressemblait fortement à celui du parti d’extrême droite !

Aussi, celle qui fut sèchement battue lors des dernières législatives et qui se considère en résistance face au gouvernement s’est encore distinguée par ses déclarations affligeantes et surtout imbéciles. Mais bon, on devrait finalement la remercier car comme l’a dit Romain Pigenel, Maryse les a vus ! Elle a vu les envahisseurs  tout comme Nadine Morano (qui imaginait la France devenir le Liban) ou même Marcel Vincent, vingt ans auparavant !

Qu’on se le tienne pour dit !

Nicolas Sarkozy, un ami dont tout le monde ne veut que du bien à l’UMP !

Les principaux cadres et leaders de l’UMP lors du premier rassemblement des Amis de Nicolas Sarkozy à Nice (Alpes-Maritimes), le 24 août dernier

Alors que le PS tient son université d’été à La Rochelle, l’UMP faisait également sa rentrée politique. Pas d’université d’été au programme, pour cause de restrictions budgétaires, mais un rassemblement de l’Association des Amis de Nicolas Sarkozy à Nice sous l’égide de Brice Hortefeux (actuel député européen et ancien ministre) et de Christian Estrosi, le maire de la ville et député des Alpes Maritimes.

La manifestation a réuni près de 1500 militants et la quasi-totalité des leaders et cadres de l’UMP (à l’exception notable de François Fillon pour raison de santé), tous venus défendre l’action et le bilan de l’ancien président de la République mais également lui rendre hommage.

Trois mois après sa défaite à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy reste très présent au sein de l’ex-parti majoritaire, ses partisans toujours aussi nombreux et pratiquement aucune voix discordante osant remettre en cause son action à l’Elysée. Au contraire, la quasi-totalité des militants et des cadres de l’UMP se revendiquent de l’ancien président de la République et de son héritage politique, pour mieux apparaître comme le garant, le digne successeur de son action et ses valeurs politiques.

Jean-François Copé, actuel secrétaire d’Etat à l’UMP et probable candidat à la présidence du parti, à son arrivée au rassemblement des « Amis de Nicolas Sarkozy », le 24 août dernier

De fait, les cadres de l’UMP et tout particulièrement ceux qui aspirent à prendre la présidence du parti en novembre prochain savent que se référer à Nicolas Sarkozy est un passage quasi-obligé pour avoir la faveur de militants qui se sentent orphelins depuis le 6 mai dernier, ce qui explique en grande partie, la présence de l’ensemble des responsables et ténors à Nice ce samedi. Dès lors, chacun y va de son analyse du sarkozysme, de sa définition afin de mieux capter l’adhésion des militants, quelque soient leurs sensibilités. Ainsi, lorsque Eric Ciotti, député et président du conseil général des Alpes-Maritimes voit dans le sarkozysme « un comportement, une attitude », d’autres, comme Geoffroy Didier, mettent en avant « l’amour de la France, le respect des frontières, la priorité au travail, au mérite, à l’ordre, à l’autorité, à la loi » tandis que certains parlent même d’une « forme de justice sociale » comme ce proche de Christian Estrosi. Même Jean-François Copé, l’actuel secrétaire général de l’UMP y va de sa petite musique en analysant dans le sarkozysme quelque de chose de « viril », une manière assez subtile de s’en prendre à François Hollande (réputé mou notamment sur le dossier syrien) mais également à François Fillon, son rival direct pour la présidence de l’UMP.

Autant de définitions du sarkozysme censées susciter l’adhésion d’un grand nombre de militants UMP peu enclins à remettre en cause l’héritage et surtout l’image de l’ancien président de la République. C’est de fait, tout le problème de l’UMP, qui en mettant avant la politique de Nicolas Sarkozy, évite soigneusement le débat sur son bilan, et donc un droit d’inventaire pourtant indispensable pour tout parti battu à une élection majeure qu’est la présidentielle.

Sans doute la défaite reste encore présente dans les esprits pour qu’un cadre de l’UMP ose s’en prendre à l’icône Sarkozy, sans compter que celui ou celle qui osera faire le droit d’inventaire prend le risque d’être désavoué par les militants du premier parti d’opposition. Qui plus est, si Nicolas Sarkozy est en-dehors du jeu politique depuis le 6 mai dernier, il reste néanmoins très attentif à l’évolution de son parti d’autant plus les candidats à sa succession à la présidence de l’UMP se bousculent au portillon pour le rencontrer tel Nathalie Kosciusko-Morizet par exemple ou bien encore François Fillon dans les jours à venir. Dès lors, Nicolas Sarkozy est devenu un ami dont tout le monde ne veut que du bien tant sa présence au sein de l’UMP demeure forte, pour ne pas dire pesante, et ô combien indispensable pour avoir onction suprême et conquérir le leadership du parti.

L’improbable retour

Reviendra ? Reviendra pas ?

Depuis plusieurs jours en effet, les spéculations vont bon train concernant un éventuel retour de Nicolas Sarkozy, seulement trois mois après sa défaite à la présidentielle face à François Hollande, du moins si on en croit la presse et les agissements de l’intéressé même. Nombreux sont en effet qui souhaitent un retour actif de l’ancien président de la République sur la scène politique, notamment au sein des sympathisants de droite où selon un récent sondage réalisé par l’IFOP, 53% des personnes interrogées soutiennent une telle hypothèse.

Ce sondage intervient au moment même où une majorité de Français s’interrogent sur la politique menée par le gouvernement actuel, fortement critiqué ces dernières semaines. Face à la stratégie proposée par le tandem Hollande – Ayrault, et au rythme des réformes, certains à droite commencent à douter et en viennent à regretter l’ancien chef de l’Etat. Cela n’est pas surprenant en soi dans la mesure où la défaite de Nicolas Sarkozy est encore récente et que ses partisans voient en toujours en lui, l’homme de la situation. Qui plus est, sa récente prise de position sur le dossier syrien – et sa critique plus ou moins voilée de la politique menée par l’Elysée – a suffi pour remobiliser et surtout entretenir l’illusion d’un retour plus qu’improbable.

Nicolas Sarkozy quittant le Palais de l’Elysée, en compagnie de son épouse Carla Bruni-Sarkozy, le 15 mai dernier

Nicolas Sarkozy est donc sollicité par des sympathisants UMP qui souhaitent le revoir activement en politique, également en raison de la guerre des chefs qui sévit au sein du premier parti d’opposition. Craignant et anticipant des effets ravageurs, les militants de l’ex-parti majoritaire veulent retrouver un homme providentiel, celui qui mettra tout le monde d’accord et qui sera la meilleure garantie de succès pour une reconquête politique devant mener à une victoire nette sans bavure en 2017. Nicolas Sarkozy est vu comme un homme ayant ces qualités, un homme devant sauver l’UMP de la dépression.

Cette situation me fait étrangement penser à celle qu’a connu le Parti socialiste il y a dix ans, lorsque Lionel Jospin, après sa brutale défaite à la présidentielle, avait annoncé son retrait de la vie politique. Durant les mois qui ont suivi celle-ci, l’ancien Premier ministre et premier secrétaire du PS s’était montré finalement évasif sur un éventuel retour au premier plan. Une illusion entretenue par ses amis politiques qui escomptait un tel retour qui n’a finalement pas eu lieu sans compter qu’au même moment, certains membres dirigeants de la rue de Solferino (le siège du PS), tels Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius ou encore Ségolène Royal ne cachaient plus leurs ambitions présidentielles pour 2007.

Dix ans après, l’UMP est dans la même configuration d’autant plus que les dirigeants actuels comptent désormais tirer leur épingle du jeu et se faire désormais une place au soleil. Jean-François Copé, François Fillon, et même Nathalie Kosciusko-Morizet ont patiemment attendu leur tour et savent que l’occasion est trop belle pour jouer un rôle politique de premier plan. Et quand bien même, la personnalité et le prestige politiques de Nicolas Sarkozy sont reconnus et loués par les intéressés, il parait bien improbable que ces derniers soient prêts à mettre entre parenthèse toute ambition politique en cas de retour de l’ancien agité de l’Elysée.

Un retour de Nicolas Sarkozy, même souhaité par certains militants et sympathisants UMP, reste une hypothèse improbable, pointant davantage une certaine nostalgie de ses partisans qu’une réelle demande. A ce propos, si un tel désir existe chez les militants, on ne peut pas tellement en dire autant des dirigeants et cadres de l’UMP, exception faite de certains comme Christian Estrosi et Brice Hortefeux qui entretiennent cette hypothèse via leur Association des amis de Nicolas Sarkozy, censée parer à toute éventualité.

Partisans de Nicolas Sarkozy, le 15 mai 2012, jour de la passation de pouvoir

Dès lors, le sceptre d’un retour de l’ancien président de la République sur la scène politique française est agité par des militants nostalgiques et par une presse qui regrettent le côté bulldozer de l’ancien locataire de l’Elysée, notamment face à un François Hollande, toujours campé dans son image de « président normal ». Même s’il est encore une fois peu probable que Nicolas Sarkozy revienne dans le centre du jeu, il n’en demeure pas qu’un tel sondage doit être pris avec considération par la majorité présidentielle dans la mesure où le président de la République et son équipe gouvernementale doivent apporter des réponses et surtout rassurer celles et ceux qui s’interrogent sur le rythme et la portée des réformes engagées.

NKM, droite dans ses bottes

 

Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie (2010 – 2012), porte-parole de Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle de 2012 et actuelle députée-maire UMP de Longjumeau

Alors que l’affrontement Copé – Fillon pour le leadership de l’UMP se prépare, d’autres personnes espèrent tirer leur épingle du jeu, comme Nathalie Kosciusko-Morizet.

L’ancienne ministre de l’Ecologie vient, au sein de l’UMP, en effet de fonder son mouvement, « La France Droite » où elle entend à sa façon peser sur les débats à venir lors du congrès de novembre prochain dans lequel sera élu un nouveau président. Un mouvement qui se veut dans la fidélité à l’action menée par Nicolas Sarkozy, NKM ne reniant en rien ses convictions vis-à-vis de l’ancien président de la République.

L’actuelle députée-maire de Longjumeau dévoile à son tour ses ambitions. Elle entend jouer un rôle majeur au sein du premier parti d’opposition et pourquoi pas en prenant la tête de l’UMP à l’automne prochain. A ce titre, elle revendique l’héritage du sarkozysme et sa fidélité aussi bien à l’idée qu’à l’homme, déclarant même à L’Express être « totalement sarkozyste ». Dès lors, l’ancienne porte-parole n’hésite pas à faire le tour des fédérations pour défendre mais surtout distiller ses idées, une manière assez subtile et cocasse de faire campagne sans en avoir l’air.

François Fillon (alors Premier ministre) et Nathalie Koscisuko-Morizet durant la campagne présidentielle de 2007

Bien que NKM ne se soit pas officiellement déclarée, il parait de plus en plus probable que cette dernière se présente à la présidence de l’UMP en novembre prochain contre François Fillon (déjà déclaré) et Jean-François Copé, l’actuel secrétaire général. En effet, face à l’affrontement entre l’ancien Premier ministre et l’actuel député-maire de Meaux, l’ancienne ministre veut apparaître comme une troisième voie, et incarner une droite qui s’assume et qui ne veut en aucun cas appliquer le droit d’inventaire du sarkozysme, histoire surtout de rassurer certains militants.

Une éventuelle candidature de NKM pourrait servir de recours pour certains ténors de l’UMP qui n’ont toujours pas choisi leur camp et/ou qui ne veulent pas choisir entre Fillon et Copé (de peur d’insulter l’avenir). Aussi, l’ancienne ministre compte sur sa notoriété et sa stature politique pour peser à terme et dans la perspective de l’élection présidentielle de 2017 surtout si elle n’est pas en situation de s’imposer face aux deux principaux favoris.

Car si NKM vise la présidence de l’UMP, il n’en demeure pas moins qu’elle dispose de peu de troupes au sein de son parti, ce qui constitue un handicap majeur face à Fillon et Copé. Qui plus est, elle sait qu’elle a besoin de temps pour être bien identifiée auprès des Français, surtout dans la perspective des primaires de 2016 qui doivent désigner le candidat de l’UMP. Aussi, NKM cherche – via une éventuelle candidature à la présidence de son parti – à se montrer indispensable pour la suite. En d’autres termes, sa candidature est un moyen, une solution pour exister et imposer ses vues à l’intérieur du premier parti d’opposition, quitte à négocier un ralliement au plus offrant par la suite.

Aussi, Nathalie Kosciusko-Morizet cherche à tirer profit de l’affrontement à venir entre Jean-François Copé et François Fillon en se montrant comme une éventuelle alternative mais également indispensable aussi bien pour l’un comme l’autre. En agissant de la sorte, elle espère être utile pour servir au mieux ses ambitions futures.