Le choix de raison de François Bayrou

François Bayrou, président du Mouvement démocrate

François Bayrou a donc choisi. Il votera pour François Hollande à titre personnel, tout en laissant le soin à ses électeurs de voter librement.

Le président du Mouvement démocrate et candidat à la présidentielle a finalement tenu parole, lui avait indiqué qu’il prendrait ses responsabilités à l’issue du débat de l’entre-deux-tours entre les deux prétendants à la magistrature suprême. Un choix qui n’engage que lui, comme il aime à le rappeler, mais qui reste lourd de sens et surtout de symboles.

En appelant à voter pour le candidat du Parti socialiste et du Parti radical de gauche, à la veille d’un choix décisif pour l’avenir de notre pays, François Bayrou ne condamne pas seulement la stratégie honteuse de Nicolas Sarkozy qui consiste à récupérer vaille que vaille les voix de Marine Le Pen, mais désavoue également ses ex-amis centristes qui ont décidé de rejoindre le président sortant dès le premier tour et qui n’ont pas pipés un mot depuis le 22 avril dernier sur la droitisation de l’UMP et de son candidat. En effet, pas un mot – ou presque – de Jean-Louis Borloo, de Rama Yade ou bien encore d’Hervé Morin qui aimait pourtant rappeler à qui veut l’entendre que le Nouveau Centre, n’était pas un parti suppôt de l’UMP !

C’est d’ailleurs le second enseignement qu’il faut tirer du choix de raison de Bayrou. Celui qui consiste à rappeler que le Mouvement démocrate reste un parti centriste qui se veut indépendant en toute circonstance. Un rappel sans doute douloureux pour l’UMP et ses militants qui, avec l’habitude, ont souvent considéré le Modem comme ils considèrent le Nouveau Centre, à savoir un prolongement de l’ex-UDF, à la différence que le second s’est très vite comporté comme affidé à l’UMP. Ce qui explique sans doute les propos amers, voire méprisants de certains cadres de l’UMP à l’annonce du choix de François Bayrou, ces derniers pensant que le leader centriste finirait par rejoindre Nicolas Sarkozy, en dépit de ses attaques sans concession, histoire de compenser la stratégie très droitière de leur candidat à l’égard du Front national.

Toujours est-il que le soutien personnel de Bayrou à François Hollande n’est que la suite logique d’une vague d’appels de militants et d’élus Modem en faveur du candidat socialiste qui a eu lieu peu avant le premier tour. Soucieux avant tout de la cohésion et de l’unité de son parti, Bayrou savait qu’un choix différent aurait marqué la fin de sa carrière politique surtout quand on sait que nombre de ses cadres s’étaient déjà exprimés à titre personnel pour le candidat socialiste, sachant que leur parole, quoi qu’on en pense, a quand même un certain poids.

Le choix de raison de François Bayrou en faveur de François Hollande est donc un pari sur l’avenir. On pourrait même dire qu’il s’agit d’un choix vigilant dans la mesure où le leader du Modem pourra toujours se désolidariser de ce dernier, le moment venu, apparaissant ainsi comme un éventuel recours notamment au centre. Choisir Nicolas Sarkozy aurait été un contre-sens extraordinaire, sauf à considérer que l’UMP ait changé et soit résolument républicaine, ce dont on peut sincèrement en douter depuis un certain moment et ce qui explique la décision de Bayrou.

Caricature de Plantu, pour Le Monde

Le positionnement du leader du Mouvement démocrate constitue incontestablement une mauvaise nouvelle pour Nicolas Sarkozy qui aurait finalement souhaité que François Bayrou ne prenne pas position comme en 2007. Une attitude semblable à celle de Jacques Chirac qui en 1981 n’avait indiqué aucune consigne de vote tout en déclarant qu’il appuierait Valéry Giscard d’Estaing à titre personnel. La suite, on la connait ! Qui a dit que l’Histoire était un éternel recommencement ?

Le choix impossible de François Bayrou

François Bayrou, président du Mouvement démocrate, et candidat à la présidentielle, le 22 avril dernier lors du premier tour.

Qui de François Hollande ou de Nicolas Sarkozy, le président du Mouvement démocrate donnera son soutien, le 3 mai prochain, au lendemain du débat télévisé ?

Le candidat centriste à la présidentielle devrait en effet se déterminer pour l’un ou l’autre des deux finalistes comme il s’y était engagé durant la campagne. Aussi, souhaite-t-il prendre ses responsabilités selon ses propres mots.

En 2007, Bayrou, fort de ses 18,3%, n’avait pas donné de consigne de vote, laissant ses électeurs libres de leur choix. Une stratégie avant tout tactique dans la mesure où il existait politiquement et pouvait incarner ce « ni droite, ni gauche » qu’il avait mis en avant et lui avait permis de se démarquer, devenant le troisième homme du scrutin.

Une stratégie, si elle fut efficace lors de la campagne, s’est brusquement fracassée durant le mandat de Nicolas Sarkozy : contre-performances successives aux municipales, européennes, régionales et cantonales, dissensions et divisions très marquées au sein du Mouvement démocrate, départ de personnalités majeures tels Jean-Christophe Lagarde ou bien Corinne Lepage, remise en cause du leadership de François Bayrou… autant d’éléments qui ont pesé sur la stratégie du parti centriste et sur son influence dans la vie politique française.

Avec seulement 9,11% des voix au premier tour du scrutin du 22 avril dernier, le Modem et son leader se retrouvent bel et bien affaiblis et n’étant pas tellement en mesure de peser sur l’élection du futur président de la République même si le candidat centriste se donne quelques illusions, comme la fameuse lettre qu’il a adressé à Hollande et Sarkozy. François Bayrou le sait et tente d’exister politiquement en s’engageant à soutenir l’un ou l’autre des deux prétendants à l’Elysée. Or, il est fort à parier que l’actuel député des Pyrénées-Atlantiques ne donne pas de consigne de vote, pour des raisons somme toute évidente.

En effet, appeler à voter soit pour François Hollande, soit pour Nicolas Sarkozy n’est pas sans risque. En appelant à voter en faveur du candidat socialiste, le patron du Mouvement démocrate risque de voir la cohésion de son mouvement mis à mal, entre ceux qui soutiennent publiquement Hollande (comme Jean-Luc Benhamias, actuel député européen) et ceux qui, comme Jean Arthuis, se rangent derrière Nicolas Sarkozy. De l’autre côté, soutenir Nicolas Sarkozy relevait du suicide politique, Bayrou ayant eu des propos et des mots bien durs envers la politique de ce dernier menée durant ces cinq dernières années. Qui plus est, il ne manquerait pas d’être décrédibilisé notamment envers celles et ceux qui ont été séduit par son discours d’indépendance en 2007.

Aussi, il est peu probable que François Bayrou appelle franchement à voter en faveur de Hollande ou de Sarkozy même s’il n’hésite pas à critiquer ouvertement la stratégie de droitisation du président sortant, parti à la chasse aux voix de Marine Le Pen. Quand bien même, si Bayrou indiquait une préférence, il est également peu probable qu’il sera suivi par ses électeurs. Une telle position est loin d’être confortable politiquement parlant dans la mesure où cela renforce la marginalisation du Modem, lui qui se voyait pourtant comme la nouvelle force politique capable de remettre en cause le match habituel gauche – droite. Une ambition respectable et qui aurait eu de tout son sens si seulement nous étions sous un régime parlementaire et non semi-présidentiel.

C’est bel et bien à un choix impossible auquel est confronté François Bayrou qui en raison de son score et de son poids politique n’aura pas d’autres solutions que de préférer sa marginalisation plutôt que la mise en péril de son parti. C’est au contraire tout l’intérêt de l’homme notamment en cas de turbulences au sein de l’UMP, consécutive à une éventuelle défaite de Nicolas Sarkozy. Autrement dit, en profiter pour récréer un grand pôle centriste à l’instar de l’UDF des années 1980 à 2000, à côté d’une UMP en plein règlements de comptes. Raison pour laquelle, il restera sans doute silencieux, histoire de ne pas insulter l’avenir !

Le grand écart

Caricature de Pierre Kroll, parue dans Le Soir quotidien belge

Comment récupérer les ¾ (sinon plus) des voix de Marine Le Pen tout en séduisant les électeurs de François Bayrou ?

C’est l’équation quelque peu compliquée que va devoir résoudre le candidat de l’UMP, Nicolas Sarkozy, arrivé deuxième de l’élection présidentielle, derrière le candidat socialiste, François Hollande.

Celui qui avait réalisé le score historique de 31,11% des voix lors de la précédente élection est en effet très loin de son objectif initial qui était d’arriver en tête au premier tour afin d’insuffler une dynamique positive. Bien au contraire, puisque le président sortant doit se contenter d’un décevant 27,10% et composer avec une extrême droite au score plus ou moins inattendu de 17,9% des suffrages exprimés, un score et une candidate (Marine Le Pen) qui ne manquera pas de peser dans l’entre deux tours.

La situation était bien plus favorable en 2007 où celui qui était alors ministre de l’Intérieur avait réussi le tour de force de siphonner les voix de Jean-Marie Le Pen, lui permettant ainsi de faire la course en tête et de lui assurer la victoire au second tour face à Ségolène Royal ainsi qu’une majorité absolue à l’Assemblée nationale lors des législatives qui s’en sont suivies. A l’époque, la stratégie était claire : réduire le score du Front national au maximum afin de provoquer une dynamique irréversible. Une dynamique qui sera découplée avec le ralliement de la droite souverainiste et chrétienne-démocrate ainsi que part celui des chasseurs (représentés à l’époque Frédéric Nihous du CPNT). Qui plus est, le bon score de François Bayrou, leader de l’UDF, et les ralliements de nombre de ses cadres (au premier comme à l’entre-deux-tours comme Hervé Morin et Maurice Leroy) suffiront à renforcer cette dynamique. Pour preuve, 2/3 des électeurs de Bayrou en 2007 s’étaient reportés sur la candidature de Nicolas Sarkozy.

Si ce grand écart entre le captage avec voix des voix du Front national et ceux de François Bayrou était tout à fait possible en raison des conditions évoquées (un Nicolas Sarkozy en tête dès le premier tour, un FN bas et un bon score de François Bayrou lui permettant de bons reports de voix), il n’en demeure pas moins que la situation fut radicalement différente hier soir. En effet, si le recul de François Bayrou, leader du Modem (le successeur de l’UDF) était attendu et anticipé, personne – pas même le président sortant – n’avait envisagé un score élevé du Front national de Marine Le Pen. Qui plus est, la pole-position de François Hollande à l’issue du premier tour est une donnée supplémentaire qui complique un peu plus la donne pour Nicolas Sarkozy qui voit sa stratégie complètement mise à plat.

Ce qui explique sans doute l’état d’esprit de ce dernier mais aussi la difficulté du défi qu’il attend. Un défi qui n’est pas impossible à réaliser mais qui me parait peu probable de réussir. En effet, contrairement à 2007, le Front national a retrouvé son rôle favori, celui de trouble-fête qui pèsera de tout son poids sur la stratégie de Nicolas Sarkozy. A cela s’ajoute le fait que les électeurs de François Bayrou de 2012 ne sont pas ceux de 2007, la plupart d’entre eux ayant massivement rejoint Nicolas Sarkozy soit en rejoignant l’UMP, soit en adhérant à un parti membre de la majorité (tel le Parti radical valoisien, la Gauche moderne ou bien encore le Nouveau Centre). Qui plus est, il faut rajouter que le score de Nicolas Sarkozy réalisé au lendemain du premier tour de la présidentielle de 2012 (pour rappel 27,10%) constitue le score de l’UMP et de ses alliés qui l’ont soutenu dès le premier tour (tels le CPNT, les chrétiens-démocrates de Christine Boutin, le Nouveau Centre, la Gauche moderne sans oublier les radicaux valoisiens de Jean-Louis Borloo). Un tel score souligne toute la faiblesse de la droite républicaine par rapport au bloc de gauche (PS, Front de gauche, Ecologistes, extrême-gauche) qui fort de ses 44% cumulées est en bel et bien en meilleure posture pour le second tour de la présidentielle mais aussi (ne l’oublions pas !) pour les législatives de juin prochain.

En clair Nicolas Sarkozy doit faire face à une situation pour le moins bien compromise : s’il mène une campagne très droitière visant à attirer les voix de Marine Le Pen, il perd l’électorat centriste et inversement. Aussi, doit-il trouver une synthèse (au risque de se renier et/ou se contredire en fonction de l’électorat auquel il aura à faire), ce qu’il avait réussi à faire en 2007. Pas sur qu’il réussisse à nouveau l’exploit en 2012 d’autant plus que Marine Le Pen a tout intérêt de ne pas soutenir le candidat de l’UMP pour mieux tirer profit de la situation à terme.

Ce grand écart risque d’être particulièrement douloureux pour le candidat de l’UMP sans compter qu’il risque d’y laisser des plumes !

Grand Oral à France 2

Plateau de l'émission "Des paroles et des actes"

Dix candidats, trois examinateurs, un président de jury, seize minutes et trente-quatre secondes. C’’est ainsi que l’on peut résumer la prestation des dix postulants à l’Elysée dans « Des Paroles et des actes », l’émission politique phare de France 2. Stricte égalité du temps de parole oblige, les dix prétendants n’ont eu que peu de temps pour clairement exposer leur vision et leur projet pour la France sans compter qu’il a fallu deux émissions de cent vingt minutes pour permettre à l’ensemble des candidats de s’exprimer.

Un Grand Oral qui a permis de faire le tri à quelques jours du premier tour de la présidentielle même s’il ne devrait pas tellement influencer la campagne. De fait, l’occasion était pour les « petits candidats » de se démarquer et d’insister sur leur personnalité, tels l’indépendant Jacques Cheminade, la trotskyste Nathalie Arthaud ou bien encore Philippe Poutou.

Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) lors de son Grand Oral, le 11 avril dernier

A ce propos, mention spéciale pour le candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) qui s’est distingué moins par ses idées mais plus en raison de sa prestation pour le moins décalée et  décontractée, l’ouvrier girondin étant arrivé sur le plateau de l’émission, chemise ouverte et barbe naissante, loin du costard deux pièces des autres candidats hommes, une manière sans doute de placer une distance claire avec une élection dont il sait pertinemment qu’il n’a aucune chance de l’emporter. A l’aise et peu langue de bois, l’homme – pas vraiment un spécialiste des médias ! – a même eu l’honneur des applaudissements du public (sans doute pour sa prestation), ce qui est rare pour être souligné, comme le montre l’extrait vidéo suivant :

Ce grand Oral organisé par France 2 intervient au moment où la campagne officielle des présidentielles bat son plein. A neuf jours du premier tour, les avis et les positions s’affinent et la tension monte d’un cran. Mais, de façon paradoxale, la campagne semble toujours manquer de rythme et surtout d’un débat digne de ce nom, selon certains observateurs et analystes politiques. D’où l’intérêt de ce grand Oral censé donner des idées claires à la vingtaine de pour cent d’indécis qui – par définition – n’ont pas encore arrêté leur choix.

Toutefois, si l’objectif de France 2 était louable, on était encore loin d’un débat à l’américaine dans lequel les candidats échangent et confrontent directement leur point de vue. A ce titre, nombreux furent les postulants comme Nicolas Dupont-Aignan ou François Bayrou à réclamer un débat en bon et due forme dans le cadre du premier tour. Une requête rejetée aussi bien par Nicolas Sarkozy et François Hollande, l’un considérant qu’un débat n’a d’intérêt qu’à la veille du second tour (c’est-à-dire entre les deux finalistes) tandis que l’autre insistait plutôt sur la difficulté d’organiser un tel exercice qui ferait la part belle à la cacophonie au détriment donc de la qualité.

Aussi, le Grand Oral a davantage permis à certains candidats d’exposer leur vision et de se montrer davantage médiatiquement parlant. En revanche, il est peu probable que cela influe sur le cours du scrutin si on se réfère aux sondages actuels dans lesquels François Hollande et Nicolas Sarkozy se suivent au premier tour et confortent leur position de finalistes pour le second avec un avantage net du candidat socialiste sur celui de l’UMP, chef de l’Etat sortant. En attendant,  les deux principaux postulants se préparent à leur grand meeting respectif dans deux lieux symboliques de la capitale (le Château de Vincennes pour François Hollande, la place de la Concorde pour Sarkozy) pour mobiliser leurs troupes respectives, histoire d’attaquer une dernière semaine de campagne (avant le premier tour) qui s’annonce intense.

L’étrange proposition de François Bayrou

François Bayrou, candidat du Mouvement démocrate à la présidentielle

François Bayrou a fait une proposition pour le moins étrange.

Le candidat du Mouvement démocrate (Modem) pour la présidentielle a récemment proposé que son parti, le Parti socialiste et l’UMP se rencontrent et se mettent éventuellement d’accord à propos de Marine Le Pen et de son problème de parrainages.

Pour rappel, le système des parrainages est un passage obligé pour tout candidat ou candidate qui souhaite se présenter à l’élection présidentielle française. Instauré en 1962, en même temps que l’instauration de l’élection du président de la République au suffrage universel, il consiste à recueillir au moins cinq cents signatures d’élus locaux – essentiellement des maires –, condition sine qua none pour être autorisé à se présenter à la magistrature suprême.

Un système censé à l’origine d’éviter les candidatures farfelues dans l’esprit même du Général de Gaulle et que s’il favorise les grands partis, semble handicaper les petits formations malgré le nombre d’important de maires présents sur l’Hexagone (soit plus de 36 000).

C’est notamment le cas de Marine Le Pen qui malgré le fait qu’elle recueille entre 15 et 17% d’intentions de vote peine à obtenir ces fameux parrainages. La faute à la très faible présence d’élus locaux du Front national à la différence du Parti socialiste, de l’UMP et du Modem qui peuvent s’appuyer sur un réseau un peu plus étoffé et surtout discipliné.

Depuis, Marine Le Pen crie au complot et dénonce un système qui selon elle est délibérément verrouillé au profit des autres grandes formations politiques. Cette accusation n’est pas nouvelle en soi, Jean-Marie Le Pen en son temps criant également au scandale, ce qui n’avait pas empêché ce dernier à obtenir finalement ses parrainages et donc se présenter à l’élection suprême, exception faite de 1981.

Aussi, on pourrait penser que la proposition de Bayrou est complètement désintéressée et qu’elle est uniquement motivée par esprit de démocratie, le respect de la liberté d’expression et du pluralisme. Il n’en est rien tant que ce dernier semble craindre une absence du leader du Front national du scrutin présidentiel que le contraire.

De fait, Marine Le Pen absente, c’est renforcer l’idée que le système des parrainages est bel et bien anti-démocratique et qu’il profite réellement au grands partis traditionnels français. Une idée que la candidate frontiste ne manquera pas d’exploiter à son avantage notamment dans le cadre des prochaines législatives où le parti d’extrême droite prendra à coup sur sa revanche en tirant notamment à boulets rouges contre l’UMP qui sera considérée (à tort ou à raison) comme la principale responsable.

Qui plus est, si François Bayrou s’inquiète du sort de Marine Le Pen, c’est davantage pour apparaître comme un véritable démocrate, un véritable chevalier blanc face à un PS et une UMP accusés de jouer les magouilleurs au nom de la sauvegarde de leurs intérêts. En clair, il s’agit de mettre le principal parti de gauche et celui de droite au pied du mur face aux Français.

Pour l’heure, l’UMP comme le PS ont fait une fin de non-recevoir à la proposition de Bayrou et de son côté, Marine Le Pen a fait de même, considérant qu’elle n’avait pas à « appeler à l’aide » bien qu’elle ait salué le « comportement républicain » du patron du Modem. Toujours est-il que la polémique actuelle sur la question des parrainages pose, comme à chaque élection présidentielle, la question sur la pertinence d’un tel système qui ne cesse de montrer ses limites malgré ses bonnes intentions initiales.

Balle au centre

Hervé Morin, ancien ministre de la Défense (2007 - 2010) et président du Nouveau Centre et François Bayrou, député des Pyréenés-Atlantiques et président du Mouvement démocrate. Tous deux candidats à la présidentielle

Jeudi dernier, François Bayrou, député des Pyrénées-Atlantiques et président du Mouvement démocrate (Modem) a annoncé sa candidature à la présidentielle tout comme l’ancien ministre de la Défense et président du Nouveau Centre, Hervé Morin hier.

Deux candidatures qui ne surprennent personne tant elles étaient attendues depuis de plusieurs semaines, pour ne pas dire mois. En effet, l’un comme l’autre ne faisait guère mystère de leur intention de représenter les valeurs et les idées centristes à la présidentielle, histoire de rappeler qu’il existe bien et toujours une famille centriste en France.

La candidature de Bayrou et de Morin suscite peu d’enthousiasme et beaucoup de scepticisme en particulier en ce qui concerne le second. De fait, nombreux sont les amis de l’ancien ministre de la Défense qui considère qu’Hervé Morin réalise une erreur majeure en se présentant à une élection où il ne recueille jusqu’à présent d’1% des intentions de vote. D’où les critiques à peine voilée de l’ambitieux Jean-Christophe Lagarde, député-maire de Drancy (Seine-Saint-Denis) mais surtout numéro deux du Nouveau Centre qui ironise sur l’annonce et l’impact de la candidature de son patron (ça promet !) sans oublier le silence radio de Jean-François Sauvadet et de Maurice Leroy, également membres du Nouveau Centre mais aussi membres de l’actuel gouvernement Fillon (ce qui explique sans doute leur silence du coup !)

Jean-Christophe Lagarde, député-maire de Drancy (Seine-Saint-Denis) et numéro deux du Nouveau Centre

Même son de cloche du côté de François Bayrou dont les soutiens ne se bousculent pas au portillon. Il faut dire que celui qui avait réalisé un score de 18,3% à la présidentielle de 2007 a vu le nombre de ses partisans fondre comme neige au soleil, sans doute déçus par le fonctionnement du Modem mais aussi la stratégie mise en place par son président, le fameux « ni droite, ni gauche ! » Alors que le Modem était justement conçue pour être une machine de guerre, une machine de conquête de pouvoir, la voici désormais bien rouillée et surtout sans soutiens, ce qui risque d’être problématique pour un François Bayrou qui part à la bataille présidentielle bien tout seul.

 Toujours est-il que la candidature de Bayrou et de Morin relance la fameuse guerre du Centre et ce sur fond de rivalités entre les deux protagonistes. En effet, derrière ces deux candidatures se cache une véritable guerre des ego entre deux hommes qui se détestent cordialement, l’un pensant avoir été trahi par l’autre. L’un comme l’autre pense incarner le centre et les valeurs humanistes qui vont avec et l’un comme l’autre pense incarner cette fameuse troisième voie que la France attend depuis de nombreuses années.

Mais l’un comme l’autre oublie qu’ils sont plus ou moins discrédités et qu’ils ont plus ou moins décrédibilisé le centre au lieu d’en faire une véritable force politique. Ainsi si François Bayrou a bradé le Mouvement Démocrate avec sa désastreuse stratégie « ni droite, ni gauche », Hervé Morin a réussi l’exploit de ressusciter l’UDF version Giscard d’Estaing en créant un parti qui a gouverné et qui gouverne toujours avec l’UMP tout en prenant le soin de critiquer l’agité de l’Elysée, afin de mieux être dans la posture.

Aussi, deux candidatures qui sont plutôt l’expression d’une guerre des ego plutôt que par la volonté de proposer une nouvelle direction pour notre Hexagone. Une fois encore, le centre est dispersé et partagée entre une stratégie d’indépendance et une stratégie d’alliance sur l’échiquier politique. Pas sur que la présence de Bayrou et de Morin suffira pour assurer l’existence politique de la famille centriste sans compter qu’un score décevant pourrait bien signifier la mort politique des deux prétendants qui ont finalement beaucoup plus perdre qu’à gagner !

 

Le monde merveilleux (et étrange) du Modem !

Tiens le Modem existe toujours !?

François Bayrou, député non-inscrit des Pyrénnées Atlantiques et président du Modem

En tout cas, il semblerait que cela soit le cas, François Bayrou ayant lancé il y a quelques jours une initiative pour le moins curieuse.

Ainsi, a-t-il lancé son propre gouvernement. Enfin, je devrais dire un gouvernement parallèle, un shadow cabinet à l’instar de ce qui existe au Royaume-Uni. Une vingtaine de personnes présente dans son équipe et dont les membres sont chargés de suivre la politique menée par le gouvernement mais surtout de faire des contre-propositions.

Dès lors, on retrouve pêle-mêle la fidèle Marielle de Sarniez, en charge des Affaires étrangères, Jean-Luc Bennahmias pour la culture, la jeunesse et les sports, Yann Werhling en charge de l’écologie ou bien encore Sylvie Goulard pour les questions européennes. Un gouvernement parallèle qui comme il se doit, sera sous la conduite de François Bayrou himself qui s’octroie le plus beau rôle : se mettre à l’égal de notre agité de l’Elysée !

Les membres du shadow cabinet du Modem

Lancé en grandes pompes, ce shaodw cabinet suscite des réactions allant du scepticisme – au mieux – à la raillerie – au pire – si on interroge nos chers analystes politiques et autres chroniqueurs. Ainsi, Yann Barthès ne râte jamais une occasion pour se moquer de ce gouvernement parallèle qui donne l’impression qu’il existe bien mais dans un monde parallèle au notre.

De fait, l’idée du shadow cabinet n’est pas si absurde en soi pourvue qu’elle permette de dégager des propositions. Qui plus est, elle doit se faire dans un cadre institutionnel précis. Le cas britannique est sans doute le plus intéressant dans la mesure où ce gouvernement parallèle est officieusement reconnu au sein de la chambre des Communes. Il y a en effet une véritable confrontation entre majorité et opposition, ce qui rend le débat et l’échange encore plus vif et intéressant.

Cependant, j’ai bien peur que le shadow cabinet version Bayrou connaisse le même sort que celui initié par les députés socialistes il y a trois ans, c’est-à-dire un bide complet. Déjà en 2007, certains camarades s’interrogeaient sur l’opportunité d’avoir un cabinet parallèle au sein de l’Assemblée, étant donné qu’il s’agit d’une tradition bien anglo-saxonne à la base. Qui plus est, l’initiative de François Bayrou, à un an et demi de la présidentielle d’avril 2012 n’a sans doute que pour objectif d’avoir une visibilité politique et d’exister politiquement. En clair, Bayrou fait ce qu’il a toujours su faire de mieux, c’est-à-dire dans la posture et les effets d’annonce.

François Bayrou en compagnie de Marielle de Sarnez, députée européenne, vice-présidente du Modem et membre du shadow cabinet en charge des Affaires étrangères

Aussi, le shadow cabinet du Modem sert d’alibi pour un homme qui est obnubilé par la présidentielle de 2012 au point de ne se servir de son parti (du moins ce qu’il en reste) comme un faire-valoir. Son idée de shadow cabinet aurait eu de sa pertinence si seulement il y avait été lancé à un moment où le Modem avait un sérieux potentiel pour remettre en cause la dualité PS – UMP et ce, avec des personnalités de premier plan qui avaient rejoint le parti de Bayrou et qui était souvent écoutées par l’opinion publique comme Eva Joly ou bien encore Corinne Lepage. Avec uniquement des seconds couteaux, le shadow cabinet du Modem a de fortes chances de n’exister que dans le but d’amuser la galerie et de permettre au monde merveilleux de Bayrou d’avoir encore un avenir dans la perspective de 2012. C’est peut-être le but recherché mais après il ne faudra pas que Bayrou s’étonne de sa marginalisation au sein de l’échiquier politique de notre pays.

Le centre en ordre dispersé

Je vais vous dévoiler un scoop !

Le Centre existe toujours sur l’échiquier politique français et il semble même en ébullition ces derniers temps !

Jean Arthuis, ancien ministre de l'Economie et actuel sénateur de la Mayenne.

De fait, les manœuvres s’organisent dans la perspective des élections présidentielles et législatives de 2012 notamment en direction du Mouvement démocrate (Modem) de François Bayrou qui est pas mal sollicité ces derniers temps. Ainsi, Jean Arthuis, ministre de l’Economie et des Finances sous le gouvernement Juppé et actuel sénateur de la Mayenne a récemment organisé au Palais du Luxembourg, les assises nationales du centre dans lesquelles, il appelle de ses yeux la réunification de la famille centriste et son retour à une alliance avec la droite traditionnelle.

Il faut dire que la famille centriste ressemble à un gigantesque puzzle de milliers de pièces dans lequel on trouve, pêle-mêle, le Modem de François Bayrou qui ne sait plus tellement où il se trouve d’ailleurs, le Nouveau-Centre de l’actuel ministre de la Défense, Hervé Morin, parti plus ou moins inféodé à l’UMP, les sénateurs centristes qui ont choisi de ne pas choisir et qui au sein de l’Union centriste, restent des nostalgiques de l’UDF version Giscard d’Estaing (cela doit être l’âge sans doute !) et les centristes de l’UMP (les membres de l’UDF ayant rejoint la droite gaulliste dès 2002 pour former la majorité présidentielle de la droite et du centre que nous connaissons) qui n’ont pas complètement coupé les ponts avec leurs anciens camarades (notamment ceux qui sont désormais au Modem) pour mieux les attirer dans l’escarcelle de l’UMP. A cela ajoutons, les quelques centristes écologistes qui, à l’exemple de Corinne Lepage, ont rejoint Europe Ecologie.

En bref, et pour résumer la famille centriste est quelque peu émiettée, ce qui ne facilite vraiment pas toute compréhension du schmilblick dans la perspective de 2012.

Car le centre cherche avant tout à se compter et surtout à peser. En 2007, François Bayrou, sur une stratégie « ni droite, ni gauche » avait réalisé un total de 18% des voix au premier tour, les 2/3 s’étant reportés sur le bulletin « Nicolas Sarkozy » au second. Un détail qui n’aura pas échappé à l’intéressé qui aura plutôt intérêt à avoir un centre en ordre de marche, histoire de se constituer cette réserve de voix qui lui manque !

Hervé Morin et François Bayrou en 2005, au sien de l'UDF. Le premier dirige le Nouveau-Centre (l'aile de l'UDF ralliée à Nicolas Sarkozy) et le second, le Modem (www.lefigaro.fr)

Or, la famille centriste nous a habitués à des situations assez cocasses où les enjeux et les rivalités ont toujours pris le dessus. A ce propos, 2012 n’échappera pas à la règle notamment en cas de candidature d’Hervé Morin à la présidentielle. Qui plus est, il me paraît très peu probable que François Bayrou finisse par se recentrer vers la droite, une telle attitude signifiant pour lui la fin de son Mouvement (qui est en gestation) mais également de sa carrière politique. L’ancien ministre de l’Education nationale le sait pertinemment, sa stratégie d’indépendance a un coût qui lui permet encore d’exister (un peu) politiquement.

Alors voilà ! Le centre affiche une fois de plus sa particularité, celle d’être en permanence en ordre dispersé, incapable de se fixer une stratégie et miné par ses rivalités. Pire, aucun des partis et mouvements se réclamant du centre n’a la capacité de s’imposer et de bouleverser le match perpétuel entre la gauche et la droite, le Nouveau Centre étant vassalisé à l’UMP et le Modem ayant bêtement raté sa chance !

Le naufrage (démocrate)

Corinne Lepage, députée européenne ADLE, vice-présidente (démissionnaire) du Modem

Ce matin, Corinne Lepage, vice-présidente fondatrice du Modem et président du mouvement écologiste Cap 21, a annoncé sa démission du parti de François Bayrou et son intention de se rapprocher d’Europe Ecologie, intentions qu’elle soumettra au vote des adhérents de Cap 21 lors de son congrès de mai prochain.

Il faut dire que la rupture était consommée depuis un certain temps déjà, l’ancienne ministre de l’environnement de Jacques Chirac et candidate à la présidentielle de 2002 marquant de plus en plus ses distances avec le leader du Modem et ce, dès le lendemain des présidentielles. Ces critiques n’étaient plus feutrées ou dissimulées comme j’ai pu le constater lors de la soirée électorale de dimanche dernier où elle se désolait du piètre score du Modem (moins de 5% des voix) mais aussi de la stratégie à courte-vue de Bayrou. Résultat des courses (et sans doute cohérente avec elle-même et dans sa réflexion), elle a préféré jeter l’éponge et quitter un navire qui est en train de couler.

François Bayrou, président du Modem, à son bureau de vote lors du premier tour des régionales, dimanche dernier

Le cas Lepage est finalement assez révélateur de la position dans laquelle se trouve François Bayrou qui semble plus isolé que jamais au sein de la maison Modem. Les critiques ne cessent de fuser notamment auprès de militants sincères qui n’ont pas attendu le naufrage et le départ de Lepage pour s’en aller vers d’autres (et meilleurs) cieux : ainsi des copains démocrates à Sciences Po Grenoble ont tout simplement préféré rejoindre d’autres partis notamment à gauche comme le Mouvement Républicain et Citoyen de Jean-Pierre Chevènement mais également le Parti socialiste (qui a dit qu’il n’était plus attractif ? MDR)

Toujours est-il qu’il s’agit là d’un véritable gâchis dans la mesure où le Modem aurait pu vraiment apporter quelque chose de neuf au sein de l’échiquier politique hexagonal même s’il faut bien avouer que le parti de Bayrou reste bien peu avantagé par un système électoral qui favorise assez nettement les deux principaux partis que sont l’UMP et le PS ainsi qu’un jeu d’alliances primordial pour exister politiquement. Les néo-centristes emmenés par Hervé Morin l’ont bien compris en préférant se rallier à Nicolas Sarkozy quitte à devenir les suppôts de l’UMP. Stratégie dont ils sont doublement bénéficiaires à l’arrivée puisque non seulement ils arrivent à avoir des élus à tous les niveaux et en nombre suffisant mais à pouvoir se constituer une base électorale nécessaire capable d’exister mais aussi rivaliser avec l’UMP le moment venu.

Corinne Lepage en compagnie de François Bayrou et de Marielle de Sarnez

François Bayrou a cru que les 18% qu’il avait réalisés à l’élection présidentielle d’avril 2007 marquerait le tremplin et l’ouverture d’une troisième voie qu’il incarnerait. La voie humaniste aurait été parfaite pour le Béarnais si seulement il n’était pas grisé par son succès de 2007 résultat d’un rejet de Royal et de Sarkozy. Une erreur de diagnostic fatale dans la mesure où il a fait l’économie d’une réflexion idéologique primordiale pour son mouvement et ce n’est pas le Manifeste humaniste – qui arrive bien tard d’ailleurs ! – qui change quoi que cela soit !

Dès lors, nul ne sait comment François Bayrou va se tirer de cette impasse mais bon, le mal est déjà fait et le député des Pyrénées-Atlantiques ne peut qu’être le seul responsable de sa propre situation. Bien dommage pour les militants sincères du Modem ! (Enfin, ceux qui restent !)

Orange amère

Je suis certes en vacances mais je dois bien vous avouer que j’ai souffre d’insomnies ces temps-ci. Hé oui ! Trop de projets et de choses dans la tête. Néanmoins, j’en profite pour rédiger un nouveau billet sur mon blog avant de rejoindre enfin mon lit.

François Bayrou, lors du congrès du Modem à Arras (Pas de Calais), en novembre 2009

Et puisque j’ai une insomnie – au moment où j’écris cet article, il est tout bonnement 4 heures 20 du matin – j’en profite pour parler du Modem et de François Bayrou, un Modem plus ou moins en perdition ces temps-ci. A trois semaines et demi des régionales en effet, le parti centriste de l’ancien candidat à la présidentielle continue sa chute libre dans l’électorat. Il est en effet crédité de 4 à 5% des intentions de vote et peine véritablement à décoller.

La faute à qui ? A un François Bayrou qui joue, selon ses détracteurs, trop perso et qui cherche à tout contrôler ? A un mouvement qui est incapable de faire des propositions alternatives et crédibles, se contentant de crier son fameux slogan « Ni de droite, ni de gauche » ? Ou bien alors, à ses propres candidats qui, à l’instar d’Azouz Begag en Rhône-Alpes, font plus ou moins de la figuration ?

C’est un peu un mélange de tout quand on sait que le Modem reste un parti pensé par François Bayrou et pour ce dernier. A son origine, le Mouvement démocrate devait transformer l’essai des 18,5% réalisés par l’ancien patron de l’UDF le 22 avril 2007 au premier tour de la présidentielle. A cette date, nombreux furent ceux qui ont véritablement cru au discours du Béarnais qui au lendemain de l’élection avait déclaré que la manière de faire de la politique ne sera plus jamais la même en France.

Corinne Lepage,ministre de l’environnement sous le gouvernement d’Alain Juppé (1995 – 1997), candidate à la présidentielle de 2002, présidente de Cap 21 (une des composantes du Modem) et actuelle députée européenne ALDE, aux côtés de François Bayrou lors des Européennes (www.20minutes.fr)

Or, les espérances des électeurs de Bayrou sont à la hauteur de leur déception, c’est-à-dire immenses et surtout à l’image du Modem d’aujourd’hui, c’est-à-dire floues. Le Modem semble bien en panne aujourd’hui et ses principaux cadres et militants quittent peu à peu le navire Bayrou. Ainsi au niveau national, Corinne Lepage, député européenne ADLE, ne cache plus ses critiques plus ou moins acerbes vis-à-vis du patron du Modem. Sur le plan local, ses choix et sa stratégie sont ouvertement critiquées. Ainsi, en Rhône-Alpes, Azouz Begag, tête de liste pour les régionales est loin de faire l’unanimité et nombreux sont ceux qui dénoncent un choix pris depuis Paris, bien loin des spécificités locales. Spécificités qui auraient conduit à la candidature de Michel Mercier, conseiller général du Rhône et ancien Trésorier du Modem mais qui a rejoint le gouvernement à l’été dernier.

Avec 4 – 5% d’intentions de vote aux régionales des 14 et 21 mars prochain, le Modem s’enfonce encore un peu plus dans une dépression provoquée par François Bayrou lui-même à force d’autisme et de manque de sens politique. Il apparaît désormais plus comme une force d’appoint qu’un mouvement capable de donner un sens à son credo « Ni droite, ni gauche ». Dommage, car un travail somme toute idéologique aurait pu servir et éviter que les militants démocrates (du moins ce qui en reste !) mangent une orange… amère !