Le vaudeville continue

François Fillon, à l'époque Premier ministre, visitant le nouveau siège de l'UMP en compagnie de Jean-François Copé, secrétaire général du parti

François Fillon, à l’époque Premier ministre, visitant le nouveau siège de l’UMP en compagnie de Jean-François Copé, secrétaire général du parti

François Fillon et Jean-François Copé se sont rencontrés dans les bureaux de l’Assemblée nationale afin de discuter de la situation actuelle de l’UMP et de réfléchir à un compromis acceptable pour tous. A l’issue de cette rencontre (la première depuis le 25 novembre), les deux hommes sont tombés d’accord… pour une nouvelle rencontre dans la journée.

Il s’agit donc d’un nouvel épisode dans ce vaudeville qui plonge le premier parti d’opposition depuis l’élection du président du mouvement, le 18 novembre dernier. Une élection remportée sur le fil par Jean-François Copé mais vivement contestée par François Fillon et ses partisans qui soupçonnent fortement l’ancien président du groupe UMP à l’Assemblée nationale de tricheries et de manipulations. De son côté, ce dernier accuse l’ancien Premier ministre des mêmes causes et les deux prétendants se renvoient la balle à coups d’insultes et de déclarations potaches.

Depuis lors nombres de médiations et de propositions de compromis ont été menées afin de ramener le calme et surtout mettre fin à ce spectacle affligeant pour l’opposition. Ainsi, Alain Juppé, l’ancien Premier ministre, y a mis de sa personne afin de réconcilier les deux prétendants. Echec total. Même Nicolas Sarkozy, annoncé comme le sauveur de l’UMP, son parti, a du reconnaitre l’échec de sa médiation, essuyant le refus clair et net de Jean-François Copé de toute solution de compromis, notamment la tenue d’un référendum relatif à l’organisation ou non d’un nouveau vote.

Cette nouvelle rencontre entre les deux protagonistes ne devrait pas sensiblement changer la donne dans la crise que traverse l’UMP tant le fossé et le désaccord entre les deux camps est profond. Tout juste, permettra-t-il de renouer le dialogue, ce qui n’est déjà pas mal. Toutefois, reste à voir ce que les deux personnes auront à se dire et surtout qui sera prêt à lâcher du lest dans cette lutte sans merci, Fillon comme Copé (et surtout Copé) ne voulant perdre la face devant leurs partisans.

7755219379_nicolas-sarkozy-a-demande-et-obtenu-que-jean-francois-cope-et-francois-fillon-se-rencontrentEn effet, personne n’a finalement intérêt à ce qu’une telle rencontre aboutisse sur quelque chose de concret si ce n’est que de gagner du temps. C’est d’ailleurs dans cette logique que Jean-François Copé et ses partisans avaient formulé l’idée d’organiser une nouvelle élection du président de l’UMP pour 2014 dans la mesure où cela sert clairement ses intérêts. Le président contesté de l’UMP le sait, sa victoire a été confirmée par l’appareil (via la COCOE et la CONARE) et il sait qu’il a tout intérêt à jouer la montre tout en montrant qu’il joue la carte de l’apaisement et surtout du rassemblement, histoire de répondre à l’ancien Premier ministre qui joue habilement sur ce terrain-là.

De son côté justement, l’actuel député de Paris cherche également à jouer la carte de l’apaisement tout en mettant Copé au pied du mur. En clair, le forcer à entendre ses requêtes et donc à faire d’importantes concessions auquel cas, il ira jusqu’au bout de sa logique, à savoir le schisme au sein de l’UMP, déjà matérialisé par la création d’un groupe parlementaire filloniste à l’Assemblée nationale (et en discussion au Sénat). Toujours est-il que l’ancien Premier ministre n’entend pas céder aussi facilement notamment face à Jean-François Copé.

Francois-Fillon-conteste-a-Jean-Francois-Cope-sa-victoire_article_mainDès lors, cette rencontre entre les deux prétendants à la présidence de l’UMP n’a d’intérêt que si elle permet une situation de déblocage pour un parti qui est tombé bien bas et dans laquelle tout le monde y a laissé des plumes et le peu d’intégrité qui lui restait, Sarkozy compris. Autrement dit, le rendez-vous entre Fillon et Copé ne sera utile que si l’un comme l’autre est prêt à des concessions. Dans le cas contraire, le vaudeville a de bonnes chances de se poursuivre avec des conséquences difficiles à quantifier tant les enjeux restent importants. En clair, bien malin celui ou celle qui pariera sur une prochaine sortie de crise à l’UMP tant les deux camps restent campés sur leur position et ne semblent pas prêts à véritablement céder en dépit des pressions internes comme externes.

L’UMP est morte ? Vive l’UMP !

Jean-François Copé, secrétaire général sortant, a donc remporté la présidence de l’UMP avec un peu plus de 50% des voix. De son côté, François Fillon, ancien Premier ministre et actuel député de Paris, a reconnu sa défaite tout en ne cachant pas une amertume certaine.

Jean-François Copé, président élu de l’UMP

La victoire de l’actuel député-maire de Meaux est donc l’épilogue d’un vaudeville politique de plusieurs semaines et dont on mesure encore mal les conséquences immédiates et à venir pour l’UMP et la droite française dans son ensemble.

En portant Jean-François Copé à la tête de l’UMP, les militants ont finalement validé sa fameuse stratégie de droite décomplexée, une droite qui n’a pas honte de qu’elle affirme, de son identité et de ses valeurs, quitte à concurrencer ouvertement le Front national de Marine Le Pen. Une stratégie qui est confirmée et renforcée par la victoire de la motion de Guillaume Peltier, « la Droite forte ». Avec 27% des voix, l’UMP (c’est-à-dire par uniquement ses dirigeants mais également ses militants) semblent assumer une droitisation qui ne disait pas son nom jusqu’ici, tournant définitivement le dos à l’héritage gaulliste du RPR, un héritage déjà bien entamé sous Nicolas Sarkozy, et ce bien avant son accession à l’Elysée.

De fait, c’est la question même de la pertinence de l’UMP qui est concrètement et directement posée. On a tendance à l’oublier mais au départ, l’UMP est le fruit d’une alliance puis d’une fusion entre gaullistes et centristes, lassés par tant de querelles et désireux d’y mettre un terme pour l’emporter et diriger durablement le pays. L’élection présidentielle de 2002 et la présence improbable de Jean-Marie Le Pen fut l’occasion en or pour mettre sur pied cette alliance d’un nouveau type, aux législatives. Une stratégie payante puisque l’Union pour la majorité présidentielle (le nom initial de l’UMP) avait largement remporté les élections en détenant la majorité absolue au Palais Bourbon. A cela s’ajoute (ou plutôt est reprise) l’idée du chef providentiel, le leader incontesté promis à un destin national et qui est l’autre fondement de l’UMP. Ce fondement n’est pas ancien dans la mesure où c’est un héritage du RPR. Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ne le savent que trop bien : devenir le leader incontesté et incontestable d’un mouvement était une condition sine qua none pour conquérir l’Elysée, un objectif largement atteint. En clair, en occupant la tête de l’UMP, son leader devenait (de facto) le candidat naturel pour l’élection présidentielle.

La victoire (étriquée) de Jean-François Copé remet brutalement en cause ce fondement cardinal de l’UMP dans la mesure où elle a pour vocation à rassembler des individus issus de la droite et du centre, c’est sa raison d’être. En adoptant une ligne résolument droitière, le nouveau président a su certes séduire, une partie de l’électorat qui s’est radicalisée et qui ne veut pas laisser à Marine Le Pen, le monopole du discours sur l’immigration ou bien encore l’Europe. Néanmoins, Copé et ses nouveaux acolytes ont pris un risque majeur en se coupant d’un électorat chrétien-démocrate, plus centriste, membres de la première heure de l’UMP et qui pouvaient encore se reconnaitre dans les valeurs du parti conservateur, notamment en ce qui concerne le rôle de l’Etat, la réussite et la responsabilité individuelle ou bien encore l’autorité et la liberté d’entreprendre.

Qui plus est, le résultat de dimanche dernier montre une UMP clairement divisée non seulement entre deux stratégies et surtout entre deux personnalités. Avec une majorité très étroite, Jean-François Copé devra montrer qu’il est là en toute légitimité afin d’éviter toute contestation ultérieure, ce qui, à la lumière et dans les conditions dans lesquels se sont déroulées la campagne et le scrutin, est un véritable défi pour le nouveau patron de l’UMP, surtout dans la perspective de 2017.

De fait, il est fort probable que l’élection de l’actuel député-maire de Meaux va redistribuer les cartes et recomposer une UMP qui, semble-t-il, a choisi une ligne et une stratégie plus radicale, plus droitière. Une nouvelle donne qui dans la foulée pourrait être bien profitable aux tenants d’une ligne plus humaniste, plus centriste au sein de la droite française et qui ne peuvent cautionner le virage à l’extrême-droite de l’UMP. Ainsi, l’UDI de Jean-Louis Borloo qui espère bien récupérer les militants et cadres de l’UMP déçus et surtout inquiets de la victoire de Jean-François Copé, et qui compte sur ces éventuels transfuges pour apparaître comme une alternative crédible auprès de l’électorat de droite et des Français, dans un second temps.

Dès lors, l’UMP dans sa configuration initiale, a sans doute cessé d’exister pour laisser place un mouvement encore plus conservateur aussi bien dans les valeurs que dans le rapport à la Nation, à l’instar du Parti conservateur du Canada (actuellement au pouvoir) ou bien encore du Partido Popular en Espagne. Les tenants d’une droite forte ont sans aucun doute gagné la partie, au risque, cependant de rendre encore plus compliquée une stratégie d’alliance avec un centre-droit qui ne veut plus jouer les seconds couteaux et qui veut désormais s’affirmer comme un opposant crédible à la politique de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault.

Et le vainqueur est… Nicolas Sarkozy !

Siège de l’UMP, rue de Vaugirard dans le XV° arrondissement de Paris

Ce dimanche, les militants de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) étaient appelés pour désigner le nouveau président de leur mouvement et départager François Fillon et Jean-François Copé, au terme de plusieurs semaines d’une campagne dure et violente verbalement, voire physiquement.

A l’issue de ce vote interne, chacun des deux camps revendique la victoire, l’un comme l’autre s’accusant mutuellement de tricheries. En effet, les partisans de François Fillon, dénoncent certaines irrégularités durant le vote notamment dans certains bureaux au profit de son rival Jean-François Copé. De son côté, les soutiens de l’actuel secrétaire général (et dirigeant de facto de l’UMP) semble avoir aucun doute sur la victoire finale et en appellent déjà au rassemblement, une manière assez subtile de relativiser les accusations de François Fillon qui a saisi la commission interne du parti (la COCOE) chargé de valider (ou non) les résultats de l’élection, avant de se prononcer.

Jean-François Copé, secrétaire général sortant de l’UMP, au siège du parti en compagnie d’Edouard Courtial, secrétaire d’Etat en charge des Français de l’étranger de septembre 2011 à mai 2012

L’UMP, malgré une participation plutôt bonne de la part de ses adhérents au scrutin, semble donc offrir un triste spectacle, rappelant sans aucun doute celui donné par le Parti socialiste en 2008 au lendemain du Congrès de Reims pour la désignation du premier secrétaire. A l’issue d’un congrès raté, Martine Aubry et Ségolène Royal s’opposait pour occuper la tête du premier parti d’opposition d’alors. Un affrontement qui avait tourné à l’avantage de l’actuelle maire de Lille mais au prix de forts soupçons d’irrégularités et de fraudes notamment dans certaines fédérations-clés. A cette époque, l’UMP n’avait pas manqué de pudeur pour railler les socialistes et se moquer d’une élection calamiteuse, prédisant même les effets désastreux pour l’unité du Parti à terme.

Quatre ans après, l’UMP se retrouve dans cette situation peu enviable sans compter que le résultat montre une indication claire : aucun des deux prétendants n’a été capable de prendre l’ascendant sur l’autre et donc d’imposer ses idées, sa stratégie pour le premier parti de droite mais surtout s’imposer comme un leader naturel et incontesté, une personne qui sonne telle une évidence. La stratégie droitière de Jean-François Copé (celle dite de « droite décomplexée ») tout comme la ligne (faussement) modérée de François Fillon n’ont visiblement pas convaincu une majorité claire et sans conteste de militants UMP, signe de la désorientation d’un parti qui, dix ans après sa création, peine à tourner la page et enferme dans ses gloires passées.

Car au fond, le véritable vainqueur de cette élection interne est Nicolas Sarkozy qui ne pouvait rêver mieux ! Toujours officiellement retiré de la politique, l’homme sait qu’il jouit d’une popularité sans faille au sein de l’UMP et des sympathisants qui rêvent encore et toujours à un retour gagnant en 2017. L’ancien président de la République apparait une nouvelle fois encore comme un recours, une (folle) évidence pour des militants face à un François Fillon et à un Jean-François Copé qui, en raison du résultat même du scrutin d’hier soir, auront toutes les peines du monde à rassembler et surtout panser les plaies d’une bataille interne qui a et va laisser des traces.

Avec un tel scrutin, il sera sans doute difficile de l’UMP de se remettre en ordre de bataille et donc d’apparaître comme une force politique crédible face au gouvernement mais également comme un parti politique mature allant de l’avant, quelque soit le vainqueur final. Copé comme Fillon savent trop bien que l’ombre de Nicolas Sarkozy pèsera tel une chape de plomb sur une UMP qui reste cantonnée dans ses victoires passées et refuse tout droit d’inventaire pour mieux relativiser la victoire de la gauche et de François Hollande, à l’instar d’Alain Minc qui parle toujours et encore d’effraction. Certes, cela donnera toujours du baume au cœur aux militants UMP et aux sarkozystes les plus fervents qui ne désespèrent pas du retour triomphal de leur ex-leader, toujours au regard des résultats de la bataille sans concession que se sont livrés Fillon et Copé. Pas sur en revanche, que cela aide à l’exercice d’autocritique que devrait se livrer la droite française et qui est surtout indispensable si elle espère revenir au pouvoir[1] !


[1] Enfin… Le plus tard possible, il va de soi ! :p

La stratégie périlleuse (et suicidaire) de Jean-François Copé

Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, candidat à la présidence

Alors que Nicolas Sarkozy laisse toujours planer le doute sur un éventuel retour dans le jeu politique, la campagne se poursuit à l’UMP pour lui succéder à la tête du parti dont il en a assuré la présidence de 2004 à 2007. Une campagne curieusement feutrée et rythmée par la stratégie actuelle de Jean- François Copé, une stratégie pour le moins surprenante.

Le secrétaire général de l’UMP et député-maire de Meaux se distingue depuis plusieurs jours par des déclarations chocs et sans concessions notamment sur le racisme anti-blanc ou bien encore sur ces enfants qui se fait agresser par des voyous musulmans s’ils avaient le malheur de manger leur pain au chocolat durant le mois de Ramadan. Des propos qui n’ont pas manqué de faire le buzz, le ramdam, provoquant ainsi un certain malaise au sein même de l’UMP. Ainsi, François Baroin, ancien ministre et proche de François Fillon, n’a pas hésité à qualifier les propos de Copé de dangereux.

A la traine face à François Fillon dans les intentions de vote, Jean-François Copé cherche à muscler son discours et surtout sa stratégie. L’ancien ministre veut montrer qu’il a de la poigne et qu’il est surtout un homme de principes et intransigeant notamment face à celles et ceux qui ne respecteraient pas les valeurs et les principes de la République. Un discours qui se situe dans la droite ligne de celle adoptée par Nicolas Sarkozy et qui a placé son autorité au sein même de l’UMP. A ce propos, l’actuel secrétaire général n’en est plus à une référence près, lui qui en août dernier, rappelait qu’il était un enfant de sang-mêlé comme l’ancien président avant lui et qu’il avait, comme l’ex-locataire de l’Elysée, cet amour de la France, cet amour qu’il devait affirmer et défendre en retour tel un devoir.

Jean-François Copé multiplie les références à Nicolas Sarkozy en se posant comme son héritier, une manière également de rassurer des militants sarkozystes toujours orphelins de leur leader et qui peinent réellement à tourner la page. L’actuel secrétaire général l’a bien compris et espère bien flatter cette frange irréductible de sarkozystes en parlant le Sarkozy, et en adoptant sa même ligne politique. Toutefois, une telle stratégie est très hasardeuse pour ne pas dire suicidaire dans la mesure où il y avait une certaine crédibilité dans les propos et la stratégie adoptée par l’ex-chef de l’Etat, les mots de Jean-François Copé semblent sonner creux et surtout dénués de toute sincérité, comme si faire du sarkozysme suffisait pour gagner la présidence de l’UMP, et non l’inverse, c’est-à-dire faire du copéisme.

Jean-François Copé, et François Fillon, ancien Premier ministre et candidat à la présidence de l’UMP, le 26 mai dernier à Paris

Cette stratégie risque bien de faire du tort à l’actuel député de Seine-et-Marne dans la mesure où quitte à singer Nicolas Sarkozy, autant que cela soit fait dans les règles de l’art et qu’il y ait une certaine sincérité. Jean-François Copé semble tenter le tout pour le tout – du genre « ça passe ou ça casse ! » – quitte à négliger une partie non négligeable de militants UMP qui ne se reconnaissent pas dans de tels propos et surtout une telle stratégie, notamment les libéraux, les centristes ou bien encore les gaullistes sociaux. Une stratégie risquée donc, pour ne pas dire suicidaire, comme si Copé savait, inconsciemment, que la partie était déjà jouée.

Ce qui explique sans doute la sérénité et surtout la discrétion dont fait preuve François Fillon qui peut même remercier son rival dans la mesure où les déclarations maladroites et provocantes de ce dernier le servent bien plus qu’il ne l’aurait pensé, renforçant son image d’homme posé, pragmatique, sérieux et affranchi de Sarkozy face à un homme qui a besoin de ce dernier pour gagner en légitimité auprès des militants.

Curieuse est donc cette stratégie adoptée par Jean-François Copé pour conquérir la présidence de l’UMP ! En faisant du sarkozysme et non du copéisme, il laisse le champ libre à un François Fillon qui au fond n’a pas tellement besoin de faire campagne. Son image et surtout les gaffes de son rival suffisent largement et plaident en sa faveur !

La chape de plomb

Une du Point, le 28 septembre dernier

Nicolas Sarkozy voudrait revenir en politique. C’est du moins ce qu’affirme le Canard enchaîné dans sa dernière édition hebdomadaire, se basant sur les propos de Bruno Le Maire, l’ancien ministre de l’agriculture.

L’ancien président de la République aurait notamment affirmé que face à la situation actuelle du pays, il était de son devoir moral de revenir. Une déclaration que Le Maire n’a pas confirmé ni démenti et qui furent largement commentés dans la classe politique, et plus particulièrement à droite.

Nicolas Sarkozy sème une nouvelle fois, le doute et le trouble à propos de son avenir politique. Face à la politique de François Hollande et craignant pour l’avenir du pays, l’ancien chef de l’Etat veut apparaître comme une sorte de force tranquille, de possible recours, de valeur sure et s’inscrire dans une posture telle celle du Général de Gaulle, revenu triomphalement aux affaires en 1958, suite aux crises et autres facéties de la Quatrième République. Sarkozy veut paraitre comme l’homme providentiel, le recours ultime et qui est prêt à servir une nouvelle fois la France si on le lui demande bien évidemment.

Une telle perspective, si elle semble bien ravir certains militants sarkozystes au sein de l’UMP, jette cependant le trouble au sein de l’ex-parti majoritaire dans la mesure où les principaux leaders et cadres du parti semblent plus ou moins embarrassés. Ainsi si, Brice Hortefeux s’est montré plutôt enthousiaste et que Jean-François Copé a déclaré qu’il serait prêt à s’effacer en cas de retour de Nicolas Sarkozy, d’autres semblent être plus sur la réserve comme François Fillon et même Jean-Pierre Raffarin, l’ancien premier ministre considérant ce jeudi sur RMC qu’une nouvelle génération doit désormais émerger au sein de l’UMP.

Jean-François Copé et François Fillon, candidats à la présidence de l’UMP

L’attitude de l’UMP fait étrangement penser à celle du PS, il y a dix ans. Sonnés par la défaite retentissante de Lionel Jospin à la présidentielle, les socialistes n’avaient pas véritablement réussi à tourner la page, certains escomptant son retour en politique malgré l’annonce de son retrait, au soir du 21 avril 2002. L’ancien Premier ministre avait même semé le doute et cultivé l’ambiguïté sur ses réelles intentions, parasitant au passage le Parti socialiste durant de nombreuses années.

Il en est de même avec un Nicolas Sarkozy qui, tel une chape de plomb, pèse encore et toujours sur un parti nostalgique d’un passé glorieux avec un leader incontesté pour de nombreux militants. L’ancien président le sait et veut s’appuyer sur cette popularité sans faille pour peser au maximum sur l’évolution de son parti notamment dans les cinq ans à venir et dans la perspective de 2017. Une situation quelque peu périlleuse pour l’UMP dans la mesure où comme le PS entre 2002 et 2006, elle prend le risque de ne pas faire un droit d’inventaire de la présidence de Nicolas Sarkozy, car entièrement tournée dans le passée. D’ailleurs, l’association des Amis de Nicolas Sarkozy, présidée par Brice Hortefeux, est l’exemple le plus évident tout comme la référence permanente à l’ancien président de la République notamment par Jean-François Copé et par François Fillon pour mieux s’attirer les faveurs de militants très attachés à l’ex-président de la République.

Toujours est-il que l’attitude de Nicolas Sarkozy est à double-tranchant dans la mesure où si ce dernier veut d’une manière ou d’une autre jouer un rôle majeur au sein de son parti, cela démontre également toute l’incapacité de l’UMP de tourner la page et se mettre dans une logique de reconquête à l’instar du PS, il y a quelques années. Qui plus est, l’ancien président ne profite absolument pas du décrochage de François Hollande dans les sondages comme le montre celui réalisé par CSA dans lequel 55% des Français ne regrettent pas Nicolas Sarkozy à l’Elysée et celui réalisé par TNS Sofres où 32% seulement des personnes interrogées souhaitent le voir jouer un rôle actif au sein de la vie politique française.

Aussi, Nicolas Sarkozy agit telle une ombre, une chape de plomb sur une UMP clairement en manque de leadership et surtout de vision politique, comme si le parti fondé en 2002 ne pouvait exister sans Nicolas Sarkozy, ce qui explique sans doute une telle agitation autour de sa personne. Sans compter qu’une autre ombre plane sur l’ancien président et que les cadres de l’UMP et les supporters de Sarkozy semblent oublier : les affaires ! (ce qui pourrait faire tâche d’huile dans le cadre d’un improbable retour)

La guerre est déclarée (suite)

François Fillon, ancien Premier ministre (2007 – 2012), candidat à la présidence de l’UMP

François Fillon a donc confirmé ce que tout le monde attendait. Il sera bel et bien candidat à la présidence de l’UMP, lors du congrès du parti en novembre prochain.

L’ancien Premier ministre se lance donc dans l’arène et affronte clairement Jean-François Copé, l’actuel secrétaire général du premier parti d’opposition. Objectif ? S’imposer à la tête de l’UMP, condition sine qua none pour devenir le candidat de la droite pour la présidentielle de 2017 face à François Hollande.

Fillon considère que son heure est désormais arrivée, lui qui fut souvent déconsidéré au sein de l’UMP et même du gouvernement, lui qui fut traité de collaborateur par Nicolas Sarkozy, et perçu comme un monsieur loyal, sans véritable envergure et surtout poids politique. Bref, un homme sans ambition et pas véritablement dangereux.

Cependant, l’ancien chef du gouvernement espère bien créer la surprise et s’imposer in fine comme le nouveau leader de l’UMP en faisant part de son expérience à Matignon tout en faisant le droit d’inventaire du « sarkozysme ». En effet, Fillon cherche à s’affirmer comme l’anti-Sarkozy, une sorte d’antithèse de l’ancien président de la République tout en approuvant la politique qui fut la sienne durant son quinquennat. Une attitude qui n’est pas nouvelle dans la mesure où l’ancien Premier ministre cherchait à faire preuve de modération et de retenue face à un Nicolas Sarkozy connu pour sa suractivité et surtout ses propos à l’emporte-pièce. Une stratégie somme toute payante permettant à François Fillon d’être davantage populaire que Nicolas Sarkozy mais aussi et surtout de se protéger politiquement parlant, face à un président qui à force de trop se mettre en avant, s’exposait dangereusement. Une façon de se prémunir et surtout de conserver intactes ses ambitions politiques non pas pour 2012 mais pour 2017.

François Fillon en compagnie de Jean-François Copé, actuel secrétaire général de l’UMP

François Fillon mise donc sur l’expérience et sur sa modération pour apparaître comme un recours au sein de l’UMP, notamment envers les orphelins du sarkozysme qui voient en lui un homme loyal et fidèle malgré tout. Une belle image face à un Jean-François Copé, jugé par certains trop ambitieux et surtout trop félon, lui qui s’est plus ou moins publiquement déclaré candidat à la présidentielle de 2017. Qui plus est, atteindre la présidence de l’UMP sonnerait comme une sorte de revanche pour un homme qui, au bout du compte, a soigneusement attendu son heure pour jouer enfin les premiers rôles.

Cependant, il aura fort à faire pour s’imposer au sein de l’UMP et face à un Jean-François Copé bien décidé à rester secrétaire général de l’UMP et qui est loin d’être désavoué comme l’atteste la réélection de Christian Jacob à la tête du groupe UMP à l’Assemblée nationale face à Xavier Bertrand, soutenu en sous-main par François Fillon. L’ancien Premier ministre le sait, il a besoin de troupes pour s’imposer à la tête de l’UMP et devenir le leader de l’opposition. Autant dire que la lutte risque bel et bien de devenir sanglante !

La guerre est déclarée

François Fillon, ancien Premier ministre (2007 – 2012), candidat dans la seconde circonscription de Paris pour les législatives

Il n’aura pas attendu le résultat du second tour des législatives pour attaquer et sortir du bois. François Fillon, ancien premier ministre et candidat à la députation à Paris, a récemment déclaré qu’il n’y avait plus de leader naturel à l’UMP depuis le départ de Nicolas Sarkozy.

Des propos visant clairement et sans aucune ambigüité, Jean-François Copé, l’actuel secrétaire général de l’UMP qui compte bien se maintenir à la tête du parti à l’automne prochain, date du prochain congrès du mouvement. Un congrès décisif puisque celui qui deviendra le patron de l’UMP prendra une option décisive la présidentielle de 2017.

Dès lors, François Fillon et Jean-François Copé avancent leurs pions et jouent la carte du rassemblement tout en accusant l’autre de diviser le parti pour des considérations personnelles. Et dans la bagarre qui se profile, chacun semble choisir son camp. Par exemple, Rachida Dati qui accuse l’ancien Premier ministre d’un manque de loyauté et qui en profite pour régler ses comptes avec celui qui se présente aux législatives dans la deuxième circonscription de Paris, une circonscription que visait l’ancienne Garde des Sceaux avant finalement de renoncer.

L’affrontement Fillon – Copé était prévisible tant la rivalité et les tensions entre les deux hommes sont persistantes. Les deux hommes se détestent cordialement et ne pensent qu’à l’élection présidentielle de 2017 même si l’actuel député-maire de Meaux a une longueur d’avance sur ce point par rapport à François Fillon qui entretient encore le mystère mais qui n’en pense pas moins. Toutefois, l’un comme l’autre est conscient du fait qu’il est impératif de conquérir la tête de l’UMP pour pouvoir s’imposer à terme comme le leader naturel d’une formation complètement déboussolée depuis la défaite de Nicolas Sarkozy, le 6 mai dernier.

Et pour ce faire, chacun commence à compter son camp et à afficher ses soutiens. Ainsi si Jean-François Copé compte sur les principaux cadres de l’ex-parti majoritaire (notamment Valérie Pécresse, François Baroin, Brice Hortefeux, etc.), François Fillon mise sur sa bonne image dans l’opinion pour s’imposer in fine auprès des militants. Une manière surtout pour lui de compenser son cruel manque de réseau à l’intérieur de l’UMP mais aussi de jouer l’opinion contre le parti, une manière assez subtile d’influencer les militants au moment du choix à l’automne prochain.

Infographie : Le Monde.fr

En brisant la vraie-fausse trêve qui devait prévaloir à l’UMP le temps des législatives, François Fillon annonce clairement ses intentions et son jeu, obligeant Jean-François Copé à prendre des risques et mettant ce dernier au pied du mur. Le secrétaire général de l’UMP le sait, il joue gros sur les élections législatives dont le score et les sièges obtenus détermineront son avenir politique à court et surtout à long-terme. Si l’UMP obtient une « défaite honorable », Jean-François Copé – lui aussi candidat à un nouveau mandat en Seine-et-Marne – aura sauvé sa tête et pourra se présenter comme le nouveau leader de la droite républicaine, celui qui sera en mesure de la faire gagner en 2017. Si l’ex-parti majoritaire subit une large défaite à l’issue des législatives, François Fillon paraîtra alors comme un recours et pourra se montrer en position de force en taclant au passage son ennemi juré pour mieux l’achever politiquement.

La guerre Fillon – Copé vient donc d’éclater, elle va être sanglante !

Au secours, la gauche revient ! (suite)

Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP

Au secours, la gauche revient ! Depuis la victoire de François Hollande à la présidence de la République, les cadres de l’UMP ont ce même mot à la bouche : « équilibre » (sous-entendez, équilibre des pouvoirs)

Ne l’oublions pas, la présidentielle terminée, vient le temps des élections législatives des 10 et 17 juin prochains. A ces dates, les Français retourneront aux urnes afin d’élire les membres de la représentation nationale pour la prochaine législature. L’objectif est de première importance, donner une majorité au nouveau président de la République pour qu’il puisse gouverner et mettre en œuvre son programme.

Si le désormais chef de l’Etat ainsi que le Parti socialiste ont exhorté les Français à leur donner les moyens nécessaires pour gouverner et réaliser le changement tant attendu, la droite sarkozyste ne l’entend pas de cette oreille. Pour elle, il est avant tout nécessaire, pour ne pas dire primordial que la gauche ne détienne pas l’ensemble des leviers de pouvoirs dans notre pays, histoire qu’un équilibre puisse être maintenu dans l’intérêt de tous. Un tel message est abondamment relayé par Nathalie Kosciusko-Morizet, Xavier Bertrand, Jean-François Copé et Cie, histoire de battre le rappel des troupes et forcer, pourquoi pas, à une cohabitation.

Car c’est l’objectif clairement affichée par l’actuelle majorité parlementaire : provoquer une cohabitation, histoire de contrôler le Parlement à défaut de la Présidence, désormais à gauche et ce, au nom de ce fameux principe d’équilibre. Une situation d’autant plus souhaitable dans la mesure où la droite considère un tel objectif comme réaliste et surtout possible à atteindre, mettant en avant l’idée que Nicolas Sarkozy a été battu de manière « honorable », loin de la Bérézina annoncée.

Si l’idée parait, dit comme cela, séduisante, elle n’en demeure pas moins farfelue sauf si on pense que les Français sont des gens incohérents et que par souci d’équilibre, ils se payeront le luxe d’une cohabitation au risque de créer un conflit entre le président de la République et le gouvernement. Depuis toujours, les Français ont toujours accordé à un président nouvellement élu la majorité dont il avait besoin pour gouverner. Une question de bon sens dans la mesure où les Français veulent s’assurer que celui qui vienne d’élire à la tête de l’Etat aura les mains libres pour gouverner, histoire qu’il n’ait aucune excuse si les choses tournaient mal.

C’est dans cette logique d’ailleurs que Nicolas Sarkozy, à peine installé à l’Elysée, avait obtenu la majorité dont il avait besoin pour gouverner. D’ailleurs, les caciques de l’UMP et du gouvernement n’avait pas manqué d’insister sur la nécessité d’avoir une Assemblée majoritairement à droite dans l’intérêt du pays et pour le bon déroulement des réformes, comme le rappelle cette vidéo de François Fillon lors de la campagne législative de 2007. Le même qui vous explique, les dangers d’appuyer une majorité de gauche au Parlement, cinq ans après, allez comprendre !

Toujours est-il que cette attitude de l’UMP cache assez mal la panique qui envahit la majorité sortante. La panique face à un pouvoir qui s’échappe peu à peu et qu’on considère qu’on en est le seul et unique propriétaire. Aussi, rien de tel que d’agiter le chiffon socialiste, histoire de remobiliser les troupes abattues par la défaite de leur champion le 6 mai dernier. C’est de bonne guerre mais pas sur que cela suffise pour convaincre les Français qui selon les études d’opinion souhaitent une majorité de gauche à l’Assemblée nationale, comme le confirme la carte ci-dessous dans laquelle François Hollande arrive en tête dans plus de 330 circonscriptions.

Source : Le Monde.fr

Dès lors, le véritable enjeu de ces législatives n’est pas de savoir s’il y a une majorité de gauche à l’Assemblée (c’est l’hypothèse qui me paraît la plus logique et la plus sérieuse à ce jour) mais l’ampleur de celle-ci : absolue ou relative ? C’est sous cet œil-là qu’il faut étudier la question des législatives plutôt que sur une possible cohabitation, seulement souhaitée par une majorité sortante qui cherche à se maintenir au pouvoir, à tout prix.

La rigueur, une arme politique

François Fillon, premier ministre, présentant le plan de rigueur le 7 novembre dernier

Tout faire pour sauver le triple A. C’est l’objectif que s’est fixé le premier ministre en présentant hier un nouveau plan de rigueur destiné à réaliser près de huit milliards d’économies budgétaires pour l’année 2012.

Un plan qui prévoit notamment d’importantes coupes budgétaires au niveau des services de l’Etat, des aides sociales mais aussi des hausses d’impôt sans oublier une hausse de la TVA (et la création d’une nouvelle TVA à 7% sur les livres, la culture ou bien encore les transports) ainsi qu’un gel du salaire du Président de la République et des membres du gouvernement et cerise sur le gâteau d’un avancement d’un de l’application de la réforme des retraites, soit de 2018 à 2017.

Autant de mesures qui ont suscité les critiques de l’opposition et tout particulièrement du Parti socialiste qui y voit là une sacré fumisterie. François Hollande ne s’y est d’ailleurs pas trompé, le candidat socialiste à la présidentielle considérant ce plan comme injuste et bricolé touchant une large majorité notamment les plus modestes.

Il faut dire que la question de la dette et la gestion de celle-ci sera l’un des enjeux centraux pour l’élection à venir. Des questions qui pèseront lourd dans le débat et qu’il ne convient de négliger, encore moins de prendre à la légère. Autrement dit, la rigueur s’impose moins comme une contrainte économique, elle est en passe de se transformer en arme politique.

Une arme utilisée aussi bien par la majorité que par l’opposition, au centre de leur stratégie pour 2012. Pour les premiers, il s’agit avant tout de montrer que le gouvernement est responsable et prend des mesures qui, certes, font (très) mal mais nécessaires malgré tout. Une façon également de montrer qu’à défaut (pour l’heure) de programme, la droite peut encore se montrer crédible. En clair, la rigueur doit servir d’argument électoral dans un contexte dominé par la crise.

Il en est de même pour la gauche et notamment pour François Hollande qui place également sa crédibilité sur le plan de la dette en souhaitant s’y attaquer de front pour mieux remettre les comptes à l’équilibre à l’horizon 2017. Un argument ayant également pour objectif de séduire une frange de l’électorat qui douteraient des capacités gestionnaire de l’ancien Premier secrétaire du Parti socialiste, notamment au centre, voire au sein de la droite modérée.

Dans les deux cas, la politique de rigueur est bel et bien considérée comme un argument électoral qu’il convient d’utiliser à bon escient contre l’adversaire pour mieux le dézinguer. Dès lors, l’annonce de François Fillon ne doit pas tellement au hasard dans la mesure où il s’agit de répliquer à la stratégie du candidat socialiste qui se place avant tout comme un homme responsable face à une droite qui a laissé filer le déficit du pays et qui ne prend même plus la peine de respecter ses engagements, notamment européens dans le cadre de la Zone Euro. C’est de bonne guerre et d’ailleurs, Nicolas Sarkozy l’a bien compris. Toutefois, personne n’est vraiment dupe et je pense que cela ne suffira pas pour atténuer un triste bilan présidentiel que la crise n’explique pas tout.

Ca balance pas mal à Paris !

L’arrivée prochaine de François Fillon sur la capitale, si elle réjouit certains – comme je l’ai expliqué dans mon dernier article – ne fait pas que des heureux ou plutôt une heureuse, si j’ose dire.

Rachida Dati, députée européenne et maire UMP du 7ème arrondissement de Paris

En effet, Rachida Dati, actuelle députée européenne et maire du 7ème arrondissement de Paris, ne semble toujours pas digérée la candidature de l’actuel Premier ministre aux législatives dans la seconde circonscription, une circonscription qu’elle convoite tant, histoire de mieux déserter un Parlement européen qu’elle est très loin de porter dans son cœur.

Dès lors, on a une Rachida en plein désarroi et qui a décidé de sortir l’artillerie lourde, jouant ainsi les rebelles. Ainsi, elle n’a pas les mots assez durs face au locataire de Matignon accusé d’avoir fait des pressions sur Jean Tiberi, l’ancien maire de Paris, actuel député et maire du 5ème arrondissement, pour que ce dernier renonce à se présenter et cède ainsi sa place. Pire, elle accuse François Fillon d’avoir facilité l’embauche du fils de Tiberi en échange de sa place de député, afin de faciliter son parachutage.

Des propos qui n’ont pas manqué d’être allègrement commentés tant les accusations sont graves (en effet, Rachida Dati sous-entend que François Fillon serait coupable de trafic d’influence) mais qui est bel et bien révélateur du climat délétère qui domine dans la droite parisienne, les règlements de compte et autres coups tordus étant légions.

De fait, la droite parisienne reste toujours autant empêtrée dans ses divisions intestines, la faute d’avoir un chef clairement défini et surtout incontesté. Il faut dire que tout le monde rêve d’être le chef à commencer par Rachida Dati elle-même dont le propre parachutage dans la septième circonscription n’a pas fait l’unanimité, loin s’en faut. Et si la venue de Fillon avait pour objectif de mettre de l’ordre dans la boutique, les attaques de l’ancienne garde des Sceaux risquent bien de ruiner ce fol objectif et de le transformer ainsi en vœu – très – pieu.

Aussi, certains se demandent, à l’instar de Philippe Gujon, maire du XV° arrondissement, si Dati fait encore partie de la majorité. Toujours est-il que cette histoire est une nouvelle illustration de la guerre de tranchées qui sévit dans la droite parisienne, une guerre de tranchées dans laquelle cette dernière pourrait y laisser les plumes à tel point qu’au siège de l’UMP, on cherche à tout prix une solution, histoire de sauver les meubles mais aussi éviter tout dommage collatéral.

Rachida Dati, alors Garde des Sceaux, en compagnie de François Fillon et de Bernard Accoyer (président de l’Assemblée nationale), en octobre 2008

Toujours est-il que cette charge de Dati n’est pas anodine et ce, dans la perspective des élections présidentielles à venir. Comme l’a si justement souligné Romain Pigenel, Rachida Dati, c’est un peu la dernière des sarkozystes, celle qui fut la protégée de l’agité de l’Elysée. Sans doute qu’avec ce coup d’éclat, elle cherche à se rappeler aux bons souvenirs de celui qui l’avait érigé en un des symboles du sarkozysme triomphant et d’une UMP conquérante et arrogante. Or, il n’en est rien d’autant plus qu’une présence de François Fillon dans la capitale contrarierait pour longtemps ses ambitions parisiennes.

En tout cas, ça balance pas mal !

PS : rien à voir mais en choisissant ce titre, j’ai tout de suite pensé à une chanson de France Gall et de Michel Berger sortie dans les années 1970. Je vous invite à l’écouter. Bonne lecture !