Touché en pleine grâce !

La droite a gagné les législatives comme prévu. Cela ne fait aucun doute. Mais, j’ai comme l’impression qu’elle se comporte comme si elle avait subi un revers (remarquez, cela n’est pas plus mal comme cela tant que celle-ci était de plus en plus arrogante notamment vis-à-vis de la gauche). D’ailleurs, l’ambiance n’était pas trop à la fête dimanche soir. Enfin, qu’on s’est rendu compte à la Maison de la Chimie que l’état de grâce était passé et qu’à force de se moquer des gens, ces derniers s’en souviennent.

Parmi les symboles du ressac qu’a subi la majorité (on lui avait promis 387 sièges au pire, 447 au mieux sans compter les 21 à 24 du Nouveau Centre, elle n’en obtient finalement que 340 dont 19 du NC), on peut citer les battus tel qu’Arno Karlsfeld à Paris, Renaud Donnedieu de Vabres à Tours etc. Mais la personne la plus emblématique de ce ressac reste en la personne d’Alain Juppé.

Alain Juppé, ministre démissionnaire de l'écologie et battu au second tour de la législative face à la socialiste Michelle Delaunay (www.lemonde.fr)

Alain Juppé risquait gros dans l’affaire. Tout d’abord en sa qualité de numéro 2 du gouvernement Fillon, au poste de ministre d’Etat chargé de l’Ecologie, de l’Aménagement et du développement durables et du Transport. Bref, un ministère sur mesure pour quelqu’un qui a du monnayer son soutien au président Sarkozy pour obtenir cette contrepartie. Alain Juppé pensait sans doute que son élection à la députation ne serait qu’une formalité et surtout une confirmation avant la municipale de 2008. Une nouvelle élection de Juppé aurait permis à ce dernier de se sentir plus légitime au sein du gouvernement voire même au sein de l’UMP (ce qui, à terme, aurait gêne le tandem Sarkozy – Fillon)

Puis est arrivée cette règle édictée par le Premier ministre : tout ministre candidat battu aura pour obligation de quitter le gouvernement. C’était juste histoire de faire bonne figure, de dire qu’un ou une battu(e) présent au gouvernement était dans l’obligation de se retirer. Chez Sarkozy, on abhorre l’échec ! On ne veut que du résultat ! Bref, il fallait faire bonne figure, c’est pour cela que le numéro 1 du gouvernement a imposé cette règle qui ne devait être qu’une formalité. Malgré tout, Alain Juppé a été battu – contre toute attente – dimanche soir par la candidate socialiste Michelle Delaunay.

Les partisans de Juppé ont voulu accuser les électeurs bordelais qui ont fait preuve – selon eux – d’ingratitude envers leur maire. Sans doute qu’Alain Juppé a rénové en profondeur la capitale girondine. Toutefois, Alain Juppé ne peut s’en prendre qu’à lui-même. L’homme a certes un talent et est très intelligent, toujours est-il qu’il a été et reste toujours aussi méprisant envers les gens et notamment envers ses adversaires. Qui plus est, on nous parle de rupture avec une certaine façon de faire de la politique. Laissez-moi rire car je tiens à vous préciser qu’Alain Juppé, jusqu’à dimanche, était un sacré cumulard ! (cf. article) Aussi, je pense que la majorité des électeurs de la seconde circonscription de Gironde a voulu sanctionner une certaine méthode adoptée par l’ancien ministre de l’Ecologie.

Enfin, si Alain Juppé ne peut s’en prendre qu’à lui-même, il peut également s’en prendre à ses propres « amis » politiques qui de fait, lui ont tendu un sacré piège ! En effet, François Fillon – lorsqu’il avait édicté cette règle – connaissait parfaitement la situation politique de Bordeaux où à la dernière élection présidentielle, Ségolène Royal avait totalisé 55% des voix face à Nicolas Sarkozy. Dès lors, il savait bien qu’Alain Juppé partait en opération quasi-suicide. Dès lors – mais je ne fais que supposer – je me demande bien si la règle édictée par le Premier ministre n’était tout simplement pas une manière quelque peu habile de se débarrasser d’Alain Juppé qui serait devenu gênant pour la suite et notamment pour le contrôle de l’UMP ? (Cf. article) A mon sens, l’ancien Premier ministre voulait rééditer le même coup que celui réalisé par Nicolas Sarkozy : revenir en grâce grâce à son pire ennemi pour ensuite reprendre sa revanche politique sur lui. C’était tout l’enjeu qui l’avait animé. Aussi, si à Matignon, on salue l’expérience et les qualités de homme d’Etat d’Alain Juppé, il n’en demeure pas moins que le tandem Sarkozy – Fillon y gagne au change.

Aussi, Alain Juppé a été touché en plein cœur, ou plutôt en pleine grâce. C’est également une leçon pour la majorité dans la mesure où il ne suffit pas de dire que l’on soutient Nicolas Sarkozy pour espérer l’emporter. C’est également une leçon dans la mesure où il ne suffit pas de dire qu’on réalise la rupture et qu’on s’amuse encore à faire des magouilles politiques. Bref, Alain Juppé a été touché en pleine grâce, se pose désormais la question de son avenir politique.

La victoire au féminin : 1-Elisabeth Guigou

Les deux articles suivants seront exclusivement consacrés à des femmes. Plus exactement à deux femmes que j’ai soutenu durant la campagne législative et qui ont mené un travail remarquable. Aussi, le résultat d’hier soir était quelque peu logique.

Ces deux femmes sont Elisabeth Guigou et Geneviève Fioraso respectivement (ré)élues face à Georgia Vincent pour la première et Alain Carignon à Grenoble. Aussi, je vous propose de lire les deux articles qui leur sont consacrés, deux femmes de caractère, de conviction et de courage, ayant au bout du compte, remporté une belle victoire en Seine-Saint-Denis et dans l’Isère.

Gilles

Elisabeth Guigou : une (large) victoire logique

Hier soir, vers 22 heures. J’ai quelque peu le sourire à l’annonce des résultats. La vague bleue annoncée n’a pas eu lieu et la Gauche fait plus que se maintenir puisqu’elle passe de 178 à 234 sièges et ce dans un contexte quelque peu difficile après le coup de massue des présidentielles et la tentative d’annihilement orchestrée par le tandem Sarkozy – Fillon. Je me décide alors de me rendre à l’Hôtel de Ville de Bondy où sont présents la plupart des camarades socialistes. Auparavant, j’avais vu Elisabeth Guigou intervenir sur le plateau de France 2.

Elisabeth Guigou remerciant ses partisans en compagnie de Philippe Gugliemi, son suppléant (à gauche) et de Gilbert Roger, maire de Bondy, hier soir vers 23 heures. (Photo prise de mon téléphone portable)

Vers 22 heures 15, j’arrive en mairie. Après avoir passé un coup de fil à un camarade de Sciences Po qui me commentait la défaite d’Alain Juppé, j’arrive à la salle des fêtes de la mairie. L’ambiance est bonne, très bonne. Les militants se congratulent et commentent les résultats au niveau national. Sentiments quelque peu mesurés tout de même car la gauche a perdu la législative mais sentiment de pouvoir peser à l’Assemblée et surtout l’espoir d’être mieux respecté par la majorité.

Vers 22 heures 30, Gilbert Roger – maire de Bondy – communique les résultats définitifs : 60, 25 % Le score est sans appel ! Il est même supérieur à celui qu’elle avait réalisé en 2002 (soit 56%). A mon sens, ce résultat est quelque peu logique. C’est le résultat d’une campagne qui s’est concentrée que sur la circonscription et les habitants de celle-ci. Georgia Vincent n’a eu que pour seul argument et proposition pour les Bondynois, Noiséens et Romainvillois : « soutenez Nicolas Sarkozy ! » Aucune proposition n’a été faite aux habitants de la neuvième circonscription notamment en ce qui concerne les transports ou bien encore l’éducation. La candidate de l’UMP a préféré se pavaner dans ses tracts avec des people de l’UMP alors qu’Elisabeth a reçu le soutien de bon nombre d’élus locaux et de personnalités de la société civile. La victoire d’Elisabeth est quelque peu logique car elle est restée sur un objectif : la circonscription. Bon nombre de réunions publiques ont été organisées par notre députée alors que du côté de l’UMP, il fallait être dans le secret des Dieux pour être informé. A ce que je sache, Georgia Vincent n’a informé la population d’aucune réunion publique dans la circonscription.

Vers 23 heures, Elisabeth arrive à l’Hôtel de ville, sous le coup d’applaudissements nourris. Visiblement émue, elle a remercié les militants un par un. A ce titre, j’ai pu personnellement la féliciter en glissant un « Félicitations, Mme la députée ». Après cela, un bref discours et une bonne ambiance qui s’est terminé par un « Oh happy day » scandé par les militants.

Le score impressionnant d’Elisabeth Guigou marque la volonté pour nos concitoyens de la circonscription d’être représenté par quelqu’un défendant les valeurs d’égalité et de solidarité. Désormais, Elisabeth fait partie de ses 234 députés de gauche qui resteront vigilants face à la politique de Sarkozy – Fillon. Toutefois, il faut rester vigilant car si le score d’Elisabeth est élevé, il nous oblige à une certaine obligation de résultats conséquence d’une certaine exigence de la part de nos compatriotes.

En compagnie d'Elisabeth Guigou et des militants, à l'Hôtel de ville de Bondy, hier soir vers 23 heures 30. (Photo prise de mon téléphone portable)

Une digue contre la vague annoncée !

Ce soir, 18h50 chez mes parents. Je regarde la soirée électorale. Autant vous l’avouer tout de suite, je n’étais pas tellement optimiste quant aux résultats : la majorité allait être reconduite. L’enjeu était de savoir qu’elle serait l’ampleur de la victoire pour l’UMP de Nicolas Sarkozy.

On communique le premier chiffre de la soirée. C’est l’abstention. 39,7% Il est quasiment identique à la semaine dernière et cela renforce mon pessimisme.
Les minutes passent. On regarde l’ambiance dans les QG notamment à ceux du PS et de l’UMP. L’ambiance est plutôt positive au PS, plus retenue à l’UMP. Les minutes passent et déjà, David Pujadas lance une première indication quant au résultat tant attendu : « il s’agit d’un résultat intéressant » dit-il. Habitué aux messages subliminaux, je me dis : « Il y a quelque chose qui se passe ! » Puis vers 19h40, le mot est lâché : « Surprise » Par la suite, on insiste sur le fait que la gauche avait progressé de sondages en sondages. L’hypothèse d’une chambre « bleue – blanc – bleue » serait-elle remise en cause ? (ce qui serait un évènement en soi puisque les retournements de situation restent quelque peu rares dans les soirées législatives)

La réponse m’est donnée à 20 heures lorsqu’est présentée la projection en sièges :

Projection en sièges de la future assemblée à 21h00 (www.france3.fr)

Je suis agréablement surpris par ce résultat. Certes, n’oublions pas que l’UMP et ses alliés ont remporté la législative et resteront majoritaires à l’Assemblée nationale. Toutefois, qui aurait pu parier sur une correction aussi nette de tendances deux jours auparavant ? Moi-même, j’aurais été sceptique. Et là, c’est l’étonnement : la gauche détient 234 sièges à l’Assemblée contre 178 en 2002.

C’est donc un signal fort qui a été lancé au gouvernement Fillon et la volonté de bon nombre de nos compatriotes de ne pas voir une assemblée « couverte de bleues » pour reprendre l’expression utilisée par « Marianne ». Il ne faut l’oublier : l’UMP a remporté la législative mais la vague bleue annoncée (les sondages prévoyaient un minimum de 400 sièges et un maximum allant jusqu’à 500) ne s’est pas déferlée sur le pays. A mon sens, la droite sarkozyste a payé une certaine arrogance et a cru à tort que la tendance de dimanche dernier serait confirmée. A titre personnel, je pense également que la mobilisation s’est faite plus forte à gauche qu’à droite où considérait que les jeux étaient faits. Bref, personne n’a considéré le cas de figure de ce soir.

Le PS remporte donc 60 sièges de plus par rapport à il y a cinq ans, certains camarades retrouvant même leur siège comme Michelle Vauzelle ou bien encore Pierre Moscovici. A 212, on est beaucoup plus efficace pour s’opposer mais aussi proposer une autre politique face aux mauvais coups à venir du gouvernement. Je suis d’autant plus satisfait du résultat de la gauche qu’à Grenoble et à Bondy, celle-ci est largement majoritaire (mais cela, j’aurai l’occasion d’en parler un peu plus longuement) Pour autant, j’ai une petite pensée pour Vincent Peillon ou bien encore Najat Belkacem qui ont été battus respectivement dans la Somme et dans le Rhône tout en me réjouissant de la défaite d’Alain Juppé (numéro deux du gouvernement chargé de l’écologie) et de celle (beaucoup plus sévère) d’Alain Carignon à Grenoble.

La rose socialiste ne s’est pas noyée et a fait mieux que résister. Toutefois, nous ne pouvons et nous ne devons pas nous reposer sous nos lauriers. Il ne faudrait pas en effet oublier qu’il s’agit d’une nouvelle défaite et qu’une défaite reste une défaite. Aussi, à nous de renouveler suffisamment, sérieusement et e profondeur le logiciel de la Gauche et en particulier celui du PS. Nous avons cinq ans pour s’opposer mais aussi et surtout, proposer un projet crédible et fort pour notre pays. C’est désormais l’enjeu qui nous attend. La gauche a 234 députés, et nous avons une lourde responsabilité : celle de ne pas décevoir tous ceux qui attendent notre renouveau

Appel au vote !

Dimanche prochain, aura lieu le second tour des législatives, dernier grand scrutin national avant 2012. C’est donc la dernière occasion pour s’exprimer d’ici là (au niveau national bien entendu).

En ce qui me concerne, je l’ai toujours dit : il faut se déplacer aux urnes dimanche, surtout si on souhaite marquer sa différence face au projet dévastateur d’une droite qui se dit décomplexée et qui s’imagine déjà réussir alors qu’elle vient d’à peine d’être reconduite. En réalité, elle se comporte comme si elle n’avait jamais été au pouvoir, ce qui est bien évidemment faux.

Parle-t-on de changement ? Parle-t-on de rupture ? Où est-elle, la rupture ? Avec Juppé, Alliot-Marie, Bachelot, Borloo, Fillon, c’est cela la rupture ? Avec les arrangements entre amis, le soutien aux indésirables (cf : Alain Carignon à Grenoble), la communication et le mensonge à outrance (François Fillon sur la TVA sociale), l’arrogance et l’irrespect envers les adversaires, c’est cela la rupture ?

Non. Assurément pas. La droite sarkozyste est à la fois différente mais aussi semblable à la droite RPR : différente car n’hésitant plus à faire des clins d’oeil à l’extrême droite pour élargir son électorat, semblable car toujours égale à elle-même : arrogante, prétentieuse, se croyant meilleure que la gauche. Une droite qui multiplie les phrases qui choquent à l’image de son gourou, Nicolas Sarkozy. Aussi, je me permets de relever des propos qu’aurait prononcé Maître Sylvie Noachovitch, avocate de la veuve et de l’orphelin dans l’émission phare de TF1 « Sans aucun doute », présentée par Julien Courbet et candidate UMP contre Dominique Strauss Khan dans la huitième circonscription du Val d’Oise : «Moi, mon mari peut dormir tranquille. Dans ma circonscription, il n’y a que des Noirs et des Arabes, L’idée de coucher avec l’un d’entre eux me répugne.» (révélation du Canard Enchaîné, le 13 juin dernier et confirmé par Nicolas Poincaré, journaliste à RTL)

Rien que pour cela, il est nécessaire d’aller voter. Personnellement, je ne souhaite pas d’une assemblée « bleu – blanc – bleu » qui contenterait de signer les textes du président de la République sans discuter même si notre cher chef de l’Etat a promis que l’Assemblée jouerait un rôle plus important (on aimerait voir !) Dès lors, il faut une opposition forte au Palais Bourbon. Je vous le rappelle : avoir 170 députés, cela est bien différent que d’en avoir 120 ou 100 ou pire 50 ! C’est du nombre de députés de gauche (notamment socialistes) que dépendra la capacité de l’opposition de résister face aux mauvais coups à venir pour notre pays. Il en va aussi de la santé de notre démocratie.

Aussi, il est nécessaire d’aller voter, notamment à gauche. Les électeurs de droite n’hésiteront pas à se déplacer aux urnes. Dès lors, il est primordial que nous, électeurs de gauche, répondions à la droite et son jeu de dupe.

Alors n’hésitons plus ! Dimanche votons et portant un maximum de députés socialistes au Palais Bourbon !

Gilles

PS : ce blog ne sera plus mis à jour jusqu’à dimanche 20 heures afin de respecter la loi. D’ici là, vous pourrez toujours laisser des commentaires !

Entretien avec Elisabeth Guigou sur Agroa Vox

Je reproduis l’intégralité d’un entretien accordé par Elisabeth Guigou à Jean-Claude Benard, « journaliste citoyen » , originaire de Bondy pour le site « Agora Vox » (Entretien que vous pouvez retrouver en cliquant à l’adresse suivante : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=25778)

Bonne lecture !

Gilles

Lorsqu’on fait du journalisme citoyen, on pense souvent ne pas être pris au sérieux par les responsables politiques ou économiques. Particulièrement concerné par la chose politique et notamment les élections législatives en cours, j’ai adressé une demande d’interview à ma députée en ne cachant pas qu’il s’agissait d’une interview de non-professionnel.

Elisabeth Guigou en 2001, alors ministre de l'Emploi du gouvernement Jospin

A ma grande surprise, Elisabeth Guigou, députée de ma circonscription, a très facilement et gentiment accepté de répondre à mes questions. Si nous avons abordé des problèmes purement locaux, nous avons profité de l’occasion pour évoquer la Seine-saint-Denis, la présidentielle et l’avenir de la gauche.

Je vous livre ci-dessous la totalité de cette interview exclusive.

Bonjour madame la ministre,

Vous êtes la candidate du Parti socialiste sur la circonscription Bondy, Noisy-le-Sec et Romainville pour la deuxième fois. Que retirez-vous de votre expérience en Seine-saint-Denis ?

Quand j’ai été élue en 2002, je me suis engagée à être la voix des Bondynois, des Noiséens et des Romainvillois à l’Assemblée nationale et à défendre leurs intérêts. En cinq ans, j’ai reçu dans mes permanences plus de 3 000 personnes et traité 4 000 dossiers. J’ai tenté d’aider à résoudre les difficultés. J’ai soutenu quantité de projets d’associations, d’établissements scolaires et appuyé les projets des villes de Bondy, Noisy-le-Sec et Romainville. Ce travail de terrain m’a permis de mieux voir les principales difficultés auxquelles sont confrontés les Bondynois, les Noiséens et les Romainvillois : la pénurie de logements à loyer modéré, l’emploi, les stages et les formations qualifiantes pour les jeunes, la santé, les transports collectifs, la pollution, la sécurité sur laquelle j’interviens fréquemment, notamment en étant en contact avec les commissaires de police.

Mais au-delà de ces difficultés j’ai surtout rencontré une formidable énergie et une grande créativité chez les habitants de nos villes et en particulier chez les jeunes. Le potentiel économique, culturel et humain de la Seine-saint-Denis est considérable. A nous les élus de soutenir les projets et les initiatives.

La circonscription

Q – Comment envisagez-vous de faire évoluer positivement le regard des Français sur notre département mis à mal de plus en plus régulièrement par les médias ?

La Seine-saint-Denis, ce n’est pas que du chômage, des voitures qui brûlent et des jeunes forcément dangereux. C’est surtout un dynamisme exceptionnel, une jeunesse qui a soif d’apprendre et d’agir, un tissu associatif riche de sa diversité, des entrepreneurs audacieux qui réussissent, créent de la richesse et des emplois. Par exemple j’ai initié un partenariat entre les lycées de Bondy, Noisy-le-Sec et Romainville et l’entreprise multinationale KPMG. Il offrira à nos jeunes des stages, des formations qualifiantes et de réelles perspectives d’avenir. La Seine-saint-Denis mérite mieux que l’image qui en est donnée et je me bats tous les jours pour changer cela.

Q – Que répondez-vous aux propos de Patrick Devedjian expliquant la différence entre les Hauts-de-Seine et la Seine-saint-Denis par le fait que ce sont les communistes qui sont responsables des difficultés du département ?

Le chômage, la précarité, l’insécurité, le pouvoir d’achat, le logement, tous ces problèmes relèvent de la compétence de l’Etat. Il est indigne d’accuser les élus locaux d’être responsables de cette situation alors qu’ils ne sont pas en charge de la sécurité ou de la politique économique.

Les gouvernements Raffarin, auquel appartenait M. Devedjian, et Villepin ont affaibli les services publics en retirant des postes d’enseignants, en supprimant la police de proximité et en fournissant des effectifs insuffisants à la police et la justice de notre département. Il y a par exemple quatre fois plus de policiers à Paris qu’en Seine-saint-Denis. Et la misère du tribunal de Bobigny est flagrante. Ils n’ont cessé de diminuer le soutien aux associations qui entretiennent le lien social dans les quartiers.

Le récent rapport de l’INHES a montré à quel point cette politique a été néfaste. Sur l’économie, ils ont été incapables de relancer la croissance et de créer des emplois. La droite a préféré accorder des cadeaux fiscaux aux plus riches, même si cela faisait exploser la dette du pays. Et pour l’emploi de jeunes, ils n’ont su inventer que le CPE, qui heureusement a été retiré grâce à l’opposition parlementaire et à la mobilisation des syndicats et des étudiants.

Le Conseil général, la Région Ile-de-France et les communes ont fait de leur mieux pour compenser mais ils ne peuvent pas tout faire à la place de l’Etat quand celui-ci décide de se désengager. Il est injuste d’accuser les élus locaux de gauche alors que c’est la politique menée par les gouvernements de droite qui a aggravé la situation.

Q – Bondy a fait partie des villes touchées par les émeutes des banlieues. Habitant cette commune, j’ai pu constater que les dégradations étaient beaucoup plus faibles que ce que les médias ont bien voulu nous expliquer. Ne serait-il pas intéressant d’aider au développement de médias citoyens susceptibles de parler des réalités de terrain ?

Le développement d’Internet a considérablement modifié le rapport à l’information. Elle est à la fois beaucoup plus facile à obtenir, grâce aux très nombreux sites la faisant circuler, et à produire, notamment depuis l’apparition des blogs. Le journaliste n’est plus seulement une personne extérieure, venant relater et analyser ce qu’il a pu constater, mais peut aujourd’hui être un acteur direct de ce qu’il décrit.

C’est une évolution très intéressante qui permet d’avoir des points de vue plus divers et plus proches de ce qui ce passe. Le Bondy Blog en est un des exemples les plus connus. A un moment où quelques grandes entreprises proches du pouvoir concentrent entre leurs mains l’essentiel de la presse nationale, je pense qu’il est bon pour la démocratie de voir se développer à travers ces nouveaux médias une parole à la fois plus libre et plus proche du terrain. C’est un contre-pouvoir utile et une respiration face à la concentration des médias.

Q – On parle beaucoup de problèmes de logement social. Votre circonscription est une de celle qui a fait ,année après année, le plus gros effort alors que d’autres communes du département semblent ne pas respecter la loi sur les quotas de logements sociaux. Comment faire appliquer la loi partout en Seine-saint-Denis ?

Le logement est un problème grave, en particulier en Seine-saint-Denis. Je m’en rends compte tous les jours en discutant avec les habitants dans mes permanences ou sur les marchés. La gauche avait fait voter la loi SRU en 2000 qui oblige les villes à disposer d’au moins 20 % de logements sociaux. De nombreuses villes de droite refusent toujours cette mixité sociale. Surtout, le gouvernement n’a rien fait pendant ces cinq années pour les obliger à mieux appliquer cette loi de la République.

Nous proposons la construction de 120 000 logements sociaux par an, le « bouclier logement » qui limite à 25 % la part du budget des ménages modestes consacrée au logement ou la possibilité pour l’Etat de lancer les programmes de construction nécessaires à la place des villes ne respectant pas la loi. Le préfet de la Seine-saint-Denis pourrait ainsi imposer que, dans ces villes, les projets immobiliers comportent une part de logement social.

Q – Votre principale concurrente Georgia VINCENT (UMP) a déclaré au Bondy Blog : « Les socialistes ont laissé se développer l’ultralibéralisme dans les cités : certains jeunes que l’on dit à la dérive et sans repères ont organisé leur propre business souterrain. Il faut s’interroger sur ces jeunes écartés du cursus scolaire qui font tout pour subvenir à leurs besoins. Mais le fonctionnement rigide du régime socialo-communiste du département empêche cette énergie créatrice d’exprimer son potentiel phénoménal. »

Que lui répondez-vous ?

Quelle critique contre le bilan des politiques éducatives et de sécurité des gouvernements qu’elle a soutenue depuis cinq ans ! Dans un Etat de droit, rien ne peut justifier que des personnes, jeunes ou moins jeunes d’ailleurs, ne respectent pas la loi, se livrent à des trafics ou imposent leur volonté aux autres par la violence.

Je condamne fermement ces comportements. Ils doivent être sanctionnés. Il faut malheureusement constater que la droite n’a fait qu’aggraver la situation depuis 2002. Elle a affaibli la prévention en supprimant des postes dans les écoles, les collèges, les lycées, et elle n’a pas donné les moyens à la police et au tribunal de Bobigny de fonctionner correctement. Surtout elle a commis une grave erreur en supprimant la police de proximité qui avait une réelle efficacité dans ces quartiers.

C’est la même candidate UMP qui avait organisé en 2002 une manifestation contre l’ouverture d’une antenne de police dans le sud de Bondy. Antenne qui a dû fermer par la suite, faute de moyens et d’effectifs.

Le PS, la gauche et la présidentielle

Q – Ségolène ROYAL a su rassembler la quasi-totalité des électeurs de la gauche. Or, on peut constater que chaque formation de gauche va présenter ses candidats face à une UMP particulièrement unie. Ne pensez-vous pas que des accords locaux auraient pu être négociés pour permettre de fédérer le vote de gauche ?

J’ai été au premier tour la candidate du Parti socialiste, du Mouvement républicain et citoyen et du Parti radical de gauche. Au second tour, j’ai le soutien du Parti communiste et des Verts. Je représente donc un large rassemblement. Le 17 juin prochain nous devrons mobiliser massivement tous les progressistes pour créer à l’Assemblée une force qui résiste et qui propose un autre projet pour notre pays et pour la Seine-saint-Denis.

Q – Comment expliquez-vous qu’alors que les Français aient majoritairement voté à gauche aux élections européennes et régionales et qu’ils aient pu être un peu plus de 53 % à voter pour Nicolas Sarkozy et probablement lui donner une majorité au Parlement ?

Ce ne sont pas les mêmes élections. Il est vrai qu’en 2004 le rejet du gouvernement Raffarin avait amplifié nos larges victoires. M. Sarkozy a réussi à se dégager du bilan de la droite. Bien aidé par les médias, il est parvenu à se faire passer pour un homme neuf, alors qu’il était ministre de l’Intérieur et de l’Economie, numéro deux du gouvernement et président de l’UMP. Il est, lui aussi, responsable de la croissance faible, de la hausse de la précarité, de l’échec de la lutte contre la sécurité, du mauvais état de notre éducation, de notre police, de notre justice.

Comme tous les députés sortants de droite, il a soutenu le CPE et les baisses d’impôts injustes qui ont creusé la dette. Si les Français se rappellent de cela, je ne suis pas sûre qu’ils voudront renvoyer pendant encore cinq ans autant de députés UMP à l’Assemblée nationale.

Mais les Français doivent savoir ce qui les attend si M. Sarkozy obtient une majorité écrasante. Les premiers projets du gouvernement montrent clairement ce qu’est une politique de droite. La TVA va augmenter, ce qui provoquera la hausse des prix de tous les produits que les Français achètent, et donc baissera leur pouvoir d’achat. Les quatre nouvelles franchises médicales sur les consultations, l’hôpital, les examens et les médicaments vont rendre le coût de la santé plus chère et empêcheront les familles les plus modestes de se soigner correctement. La loi sur la récidive est avant tout une loi d’affichage qui ne réglera rien.

Elle remet en cause les principes qui ont fondé notre justice et remplira encore plus nos prisons qui sont déjà en surpopulation. La loi sur l’immigration, la troisième en quatre ans, stigmatise les immigrés et leur famille et dégradera fortement l’image de la France à l’étranger. Et ce ne sont pour le moment que les premières annonces.

Q – Le message « travailler plus pour gagner plus » a eu plus d’impact que « Donner du travail à plus de gens ». Les déclarations de plusieurs responsables socialistes pendant la campagne présidentielle mettant en cause les 35 heures n’ont-elle pas brouillé le message de gauche ? Si oui le regrettez-vous ?

En Seine-saint-Denis, on sait que les salariés à temps partiel aimeraient bien être à temps plein, que les chômeurs aimeraient retrouver du travail et que les salariés ne refusent pas les heures supplémentaires. Ceux qui se sont laissé illusionner par le slogan de l’UMP auront des réveils douloureux.

Q – Nicolas Sarkozy a popularisé le terme « droite décomplexée », ne pensez-vous pas comme l’a déclaré Laurent Fabius qu’il est temps que nous ayons une « gauche décomplexée » ?

Il est temps d’opérer une profonde refondation de la gauche. Nous devons nous interroger sur les moyens de promouvoir nos valeurs dans le monde d’aujourd’hui. Quelles réponses apporter aux problèmes quotidiens des gens quand l’économie est mondialisée ? Quand l’individualisme progresse ? Nous devons repenser notre vision de la société pour proposer aux Françaises et aux Français un projet crédible et efficace de réforme de la société.

Votre action si vous êtes élue

Q – Quel « contrat » proposez-vous aux habitants de Bondy, Noisy-le-Sec et Romainville pour les cinq ans à venir ?

Si les habitants de la circonscription me font une nouvelle fois confiance, j’exercerai mon unique mandat de députée à leur service pour soutenir les initiatives, débloquer les situations difficiles ou appuyer les démarches. Les habitants de Bondy, Noisy-le-Sec et Romainville savent que sur le terrain et à l’Assemblée nationale, je suis toujours là pour les représenter et les défendre. Ils savent aussi que je m’opposerai à tous les projets qui leur seront néfastes comme la mise en place de quatre nouvelles franchises médicales ou l’augmentation de la TVA qui diminuera le pouvoir d’achat des ménages à revenu modeste ou moyen.

Q – Quelles seront vos actions prioritaires en ce qui concerne la circonscription. Quelles sont les voies que vous comptez privilégier pour améliorer ?

Le cadre de vie
L’emploi local
La citoyenneté

Je continuerai à me battre pour que nos jeunes bénéficient d’une éducation de qualité comme je l’ai fait en soutenant l’atelier Science Po du lycée Jean Renoir de Bondy ou en initiant une convention entre nos lycées et la grande entreprise KPMG.

Je soutiendrai les entrepreneurs pour créer plus d’emplois et de richesses en Seine-saint-Denis. Je continuerai d’exiger la création d’un commissariat à Romainville, d’une Maison de la justice et du droit à Bondy, des moyens supplémentaires pour le tribunal de Bobigny et la mise en place d’une police de quartier.

Je continuerai à intervenir dans les projets de rénovation et d’aménagement de nos villes. Je veillerai à ce que l’Etat verse sa part pour financer le prolongement du métro jusqu’à Romainville. Je continuerai à soutenir la construction de nouvelles maisons de retraite ou d’établissements d’accueil pour personnes en situation de handicap comme l’Institut médico-éducatif qui vient d’ouvrir à Bondy.

Que souhaiteriez-vous ajouter ?

La droite détient le pouvoir à la présidence de la République, au Sénat, au Conseil Cconstitutionnel et dans les médias. L’Assemblée nationale est la seule institution où peut s’exercer un contre-pouvoir. Or celui-ci va être rapidement nécessaire car après les élections législatives les mauvaises nouvelles vont pleuvoir : des franchises médicales sur les consultations, l’hôpital, les examens et les médicaments, des baisses d’impôts pour les plus riches financées par une augmentation de la TVA payée par tous, des moyens en moins pour l’éducation et tous les services publics, une politique de sécurité qui abandonne les quartiers populaires, la concentration des pouvoirs politiques, économiques et médiatiques.

C’est pourquoi il ne faut pas se laisser démotiver par les discours ambiants et la vague bleue annoncée. Nous devons tous nous mobiliser pour envoyer le plus possible de députés de gauche à l’Assemblée nationale pour que les habitants de Bondy, Noisy-le-Sec et Romainville soient représentés à l’Assemblée et défendus. Parce qu’aussi notre démocratie a besoin de pluralisme.

Merci d’avoir répondu à mes question et permettez-moi de vous souhaiter bonne chance pour le second tour.

A l’issue du premier tour, Elisabeth Guigou est en ballottage favorable dans sa circonscription

Bondy le 14 juin 2007

Quand « Monsieur Besson » perd la mémoire (ou ment tout simplement)

Monsieur Besson n’en a pas fini de vouloir régler ses comptes avec son ancien parti, le PS. Celui qui est secrétaire d’Etat chargé des Prospectives économiques auprès du Premier ministre a été chargé d’une mission sur la TVA sociale. Et voilà qu’hier, sur BFM, l’ancien député de la Drôme ose dire que la TVA sociale était présente dans le projet des socialistes intitulé « Réussir ensemble le changement » et voté en juin 2006.

"Monsieur Besson", actuel sécretaire d'Etat auprès du Premier ministre chargé de la Prospective et de l'évaluation des politiques publiques

Monsieur Besson semble perdre la mémoire au sujet de la TVA sociale. Qu’il se rassure, on va lui rafraîchir la mémoire ! En effet, la réaction du PS ne s’est pas faite attendre et se dernier a diffusé un communiqué dénué de toute ambiguïté dans lequel est rappelé la position de mon parti. D’ailleurs, la voici :

« Nous modifierons les prélèvements sociaux afin qu’ils cessent de pénaliser l’emploi. Nous avons réalisé une première étape majeure en 1998 en basculant les cotisations sociales maladie vers la CSG. Nous devons aujourd’hui faire de même pour les cotisations patronales en les calculant sur l’ensemble de la richesse produite et non sur les seuls salaires. » (cf extrait tiré du projet du PS « Réussir ensemble le changement« )

Le message est clair. Il n’a jamais été fait question d’introduire une TVA sociale dans le projet des socialistes, chose que Monsieur Besson avait même défendu qu’il a contribué à la rédaction du projet.

Aussi, soit l’ancien secrétaire national du PS à l’économie perd la mémoire (cela doit être l’effet Alzheimer), soit il ment délibérément. En tout cas, je ne peux qu’être consterné par l’attitude de Monsieur Besson qui rogne à ce point ses convictions. Pour un homme qui se dit de gauche, eh ben on est servi !

En effet, Monsieur Besson s’apprête à défendre une mesure injuste socialement et qu’il a combattu quand il était au PS. La TVA sociale part du principe suivant : augmenter les prix à la consommation afin d’assurer – dit-on – le financement de la Sécurité sociale. A première vue, cela pourrait être intéressant car on adopte un principe keynésien : la relance par la consommation. Sauf que là, la consommation ne sert pas à la relance de l’économie mais pour financer l’assurance maladie. Toutefois, la TVA sociale n’a rien de sociale car, cette mesure entraîne une hausse des prix à la consommation et notamment sur les produits de première nécessité. L’exemple le plus frappant reste l’Allemagne où la TVA a sensiblement augmenté depuis la mise en place, en septembre 2005, du gouvernement de Grande Coalition (CDU – SPD) dirigé par Angela Merkel. Aussi, la TVA sociale ne favorisera en rien un refinancement de l’assurance maladie et sert de palliatif aux nombreux cadeaux que fait ou s’apprête à faire le gouvernement Fillon tel l’abaissement du bouclier fiscal à 50 % dès janvier 2008, par exemple.

La droite sarkozyste se moque décidément du monde et je crains malheureusement que les premiers perdants de la TVA sociale soient ceux percevant les revenus les plus modestes. Alors, non ! Je n’en veux pas de cette TVA qui n’a rien de sociale !

La TVA sociale est une fausse bonne idée et qui trouvera ses limites. Mais ne comptez pas sur Monsieur Besson pour vous le dire ! C’est normal, il opère sa conversion d’homme de gauche à d’homme de droite (ou plutôt de jospiniste convaincu à groupie sarkozyste)

Dernière réunion publique avec Elisabeth Guigou

Elisabeth Guigou en compagnie de son suppléant, Philippe Gugliemi et Corinne Valls, maire DVG, lors de la fête de la ville de Romainville (www.elisabethguigou.com)

En cette fin de campagne législative, venez assister, jeudi 14 juin à 20 heures – salles des fêtes de Romainville – à la dernière réunion publique organisée par Elisabeth Guigou, candidate PS pour la 9ème circonscription de Seine-Saint-Denis en compagnie de :

– Philippe GUGLIEMI, suppléant et secrétaire de la section PS de Romainville

– Corinne VALLS, maire DVG de Romainville

– Céline CURT, candidate communiste au 1er tour de l’élection législative

– Gilles GARNIER, suppléant de Céline CURT et vice-président du Conseil général de Seine-Saint-Denis

– Anne DEO, candidate des Verts au 1er tour de l’élection législative

– Laure ADLER, journaliste à « France Culture »

– et Dominique VOYNET, sénatrice (Verts) de Seine-Saint-Denis

Venez nombreux !

Pour vous y rendre :

De Bondy ou de Noisy-le-Sec :

Bus ligne 105 arrêt « Place Carnot » puis ligne 129 ou 318 arrêt « Mairie de Romainville »

Gilles

Aux abstentionnistes

Assemblée nationale, Paris (www.ledauphine.com)

Le 10 juin dernier, vous avez largement placé en tête les trois candidats socialistes que je soutiens (à Grenoble et à Bondy)

Toutefois, le taux d’abstention n’a jamais été aussi fort. Dans la 9ème circonscription de Seine-Saint-Denis (celle où se représente Elisabeth Guigou), il a même atteint 47% soit huit points de plus que la moyenne nationale.

Certains d’entre eux considèrent que les jeux sont faits, notamment les jeunes. « A quoi bon d’aller voter de toute façon puisque Nicolas Sarkozy aura la majorité à l’Assemblée ? » se disent d’autres.

Néanmoins, l’enjeu de ce scrutin est tout aussi primordial que celui de la présidentielle où vous avez nombreux à vous déplacer dans les bureaux de vote. La formidable mobilisation des 22 avril et 6 mai derniers ne doit pas être remise en cause par ceux qui tentent par tous les moyens de décourager les électeurs de gauche de se rendre aux urnes. Pour eux, toutes les techniques sont bonnes pour garantir à Nicolas Sarkozy, la plus large majorité possible : multiplication de sondages, complicité des médias qui couvrent de moins en moins cette échéance politique capitale, implication personnelle de Nicolas Sarkozy dans la campagne, vraie – fausse ouverture pour nous faire croire que la droite n’est en aucun cas sectaire, etc. etc.

Durant la campagne de premier tour, on a entendu certains dire : « A quoi bon ? Que la gauche ait 50 ou 150 députés à l’Assemblée, on ne pourra pas nous venir en aide ! ».

Lors de la dernière législature (2002 – 2007), 178 députés de gauche étaient présents à l’Assemblée. Et c’est parce qu’ils étaient présents que ces derniers ont pu faire pression sur la majorité pour le maintien de la loi SRU ou bien encore le retrait du CPE. Aussi, avoir 150 députés à l’Assemblée, cela est fort bien différent que d’en avoir 100 ou 50 ! Bien au contraire !

Le président de la République et la majorité nous jouent la carte de l’ouverture et de la rupture. Il n’en est rien en réalité, si on regarde de près ! Il suffit de voir dans certaines circonscriptions : les candidats de l’UMP ne constituent en rien une rupture, certains d’entre eux étant élus et réélus depuis au moins vingt ans : Eric Raoult (12ème circonscription de Seine-Saint-Denis) depuis 1986, Didier Julia (Seine-et-Marne), Jean Tibéri (Paris) depuis 1968, etc. etc. « Pour qu’il y ait rupture, il est totalement absurde de reconduire les sortants ! » comme le souligne si bien Marianne. Et pourtant, l’UMP n’hésite pas à  reconduire ses vieux de la vieille et même ses indésirables tel Alain Carignon à Grenoble.

Alors l’actuelle majorité justifie la possible présence de 400 à 450 (voire 500) députés UMP par le fait qu’il faut soutenir au maximum le projet de Nicolas Sarkozy. Ce dernier rétorque en évoquant l’exemple des régions et des départements.

Effectivement, la Gauche détient la totalité des régions – Alsace et Corse exceptées – ainsi que 51 départements sur 49 pour la droite et le centre. Néanmoins, les régions n’ont en aucun cas le pouvoir de faire et défaire les lois, de contrôler le gouvernement, ou bien encore de déposer une motion de censure pour renverser le Premier ministre. D’ailleurs, je reste quelque peu surpris que Nicolas Sarkozy, anciennement président du Conseil général des Hauts-de-Seine, ne s’en souvienne pas ! Ou alors, c’est qu’il fait preuve de malhonnêteté !

Les personnes que je rencontre – notamment dans les quartiers nord de Bondy – ne sont pas dupes et n’attendent rien de Nicolas Sarkozy. Malgré tout, ils expriment leur découragement et en particulier les jeunes. Je peux comprendre leur frustration et leur colère et je la partage surtout quand on a milité pour « La France présidente » et contre un projet qui n’annonce rien de bon pour la France.

Nombre d’abstentionnistes ne veulent pas d’un Palais Bourbon monocolore (ou « Bleu – Blanc – Bleu » pour reprendre le titre de la Une de Libération, le 11 juin dernier). Aussi, il me semble nécessaire de vous rendre aux urnes pour faire entendre votre voix, votre différence, pour dire que vous ne souhaitez d’une Assemblée béni oui – oui sarkozyste. Le président de la République cherche à imprimer sa marque sur l’ensemble des leviers de pouvoirs, au risque de créer un déséquilibre dans nos institutions. Or, trop de déséquilibres des pouvoirs met à mal le fonctionnement de nos institutions et donc de notre démocratie. A ce titre, l’exemple de la dernière législature est flagrant avec l’utilisation abusive de l’article 49 – 3 de notre constitution.

Pour que respire notre démocratie, il faut constituer un contre-pouvoir en envoyant un maximum de députés de gauche et notamment socialistes. Cela passe par un regain de mobilisation. Vous avez été 17 millions de Français à soutenir un autre projet de société. Il est donc essentiel que le 17 juin prochain, vous puissiez faire entendre votre voix discordante.

Mort et enterré ?

A l’issue du premier tour des législatives, j’ai constaté avec un relatif étonnement le score réalisé par le Front national de Jean-Marie Le Pen : 4,5%, un score exceptionnellement bas.

A première vue, on ne peut que se réjouir que du piètre score de l’extrême droite, ce qui remet en cause la capacité de cette dernière de jouer les trouble-fête dans la quasi-totalité des circonscriptions.

On peut se réjouir tellement du score du Front national que certains évoquent même la possible disparition du parti fondé par Jean-Marie Le Pen en 1972. Toutefois, il ne faudrait pas partir en besogne.

A mon sens, et au risque de me répéter, je ne peux que me féliciter du reflux de l’extrême qui avait tout de même totalisé près de 11% des voix en 2002, lors de la dernière législative. Aussi, il est incontestable que les frontistes subissent un reflux important mettant ainsi le « Paquebot » (siège du Front national à Saint-Cloud (92)) en danger. Néanmoins, il est prématuré de conclure à la fin du Front national et comme l’a si justement rappelé Marine Le Pen, à chaque fois qu’on a voulu enterrer le Front, ce dernier s’est relevé, se montrant ainsi de plus en plus virulent.

Afin d’illustrer mes propos, je vous propose un retour en arrière, tout particulièrement en 1998. A cette époque, le Front national subit une crise, la plus grave de son histoire. Suite aux mauvais résultats des régionales, Jean-Marie Le Pen est vivement critiqué par certains cadres du parti mené par Bruno Mégret, le numéro 2 de la formation. S’en suit alors une guerre des chefs qui vire à la foire d’empoigne et aux insultes verbales et qui se conclut par une scission provoquée par le numéro 2 qui crée dans la foulée, un nouveau parti : le Mouvement National Républicain.

A ce moment-là, tous les commentateurs politiques s’étaient réjouis et prophétisaient la fin du Front national. D’ailleurs, j’avais même cru au déclin du mouvement frontiste et ce dans un contexte où on criait tous : « La France Black – Blanc – Beur ». Mais c’était sans compter sur le séisme du 21 avril 2002 qui vit la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle.

Aussi, je reste extrêmement prudent sur de telles déclarations. Oui, le score du FN est exceptionnellement bas et personnellement, j’en suis ravi. A l’heure actuelle, le Front national n’est plus en mesure de jouer son rôle d’arbitre et faire preuve de nuisance dans le paysage politique français. Je suis content mais à quel prix ?

En 2002, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Intérieure et des Libertés Locales, s’était juré de reconquérir les voix du Front national et de ramener ses électeurs dans le giron républicain. Soit. Mais à quel prix ? Au prix d’une droitisation des discours de l’UMP, ce dernière flirtant avec les idées lepénistes. Cette stratégie a marché à plein durant la campagne présidentielle et tellement à plein que Jean-Marie Le Pen a perdu près de 1 million de voix par rapport à 2002 au premier tour de la présidentielle au profit de Nicolas Sarkozy.

Dès lors, l’UMP de Nicolas Sarkozy a joué avec le feu mettant à mal certains principes républicains et prononçant des propos que Jean-Marie Le Pen aurait pu bien dire. D’ailleurs, lorsque je tractais, il y a quelques jours au marché de la Gare de Bondy (cf : article : un samedi de campagne), un militant UMP me sortait : « Sarkozy, il ose dire tout haut, ce que les gens pensent tout bas ! ». Aussi, je me dis que si le Front national est le grand perdant de cette campagne électorale 2007, il est aussi d’une certaine façon le grand gagnant, car il a réussi à imposer ses idées à la droite républicaine menée par Nicolas Sarkozy. L’actuel président de la République n’a fait reprendre qu’à son compte certaines idées de Jean-Marie Le Pen qu’il a rendu plus « acceptables ». Tout comme Jean-Marie Le Pen, il a utilisé (avec une certaine habileté, je dois reconnaître) certains lieux communs tout en défendant d’être raciste et de jouer la carte de la diversité (ex : le fameux « mouton dans la baignoire » prononcé en février dernier dans l’émission de TF1, « J’ai une question à vous poser » et la nomination en mai dernier de Rachida Dati au ministère de la Justice)

Aussi, je reste quelque sceptique lorsqu’on annonce le déclin de l’extrême droite. En effet, Nicolas Sarkozy a pris un risque en reprenant à son compte les propos de Jean-Marie Le Pen pour les transformer en arguments électoraux. Les électeurs lepénistes sont revenus dans le giron républicain ? Certes, mais ils ne risquent d’y rester longtemps si ils n’y trouvent pas leurs comptes. Autrement dit, que Nicolas Sarkozy – soi-disant républicain – applique certaines idées du leader frontiste. Cela promet pour la suite !

La gauche résiste à Grenoble et Bondy

Dans les trois circonscriptions que je soutiens, je ne peux que me réjouir des (très) bons scores réalisés par Geneviève Fioraso (1ère circonscription de l’Isère), Michel Destot (3ème circonscription de l’Isère) et bien sûr, Elisabeth Guigou (9ème circonscription de Seine-Saint-Denis) en dépit de la déferlante bleue annoncée et qu’un taux d’abstention tout de même prononcé. A Grenoble, les électeurs de la première circonscription semblent près à tourner la page des années noires de la ville même si Alain Carignon est arrivé second avec près de 21 % (devançant son ami de trente ans, Richard Cazenave qui se retrouve battu) mais loin derrière Geneviève qui recueille 32 % des suffrages. Quoi qu’il en soit, les électeurs des circonscriptions que je suis tout particulièrement ont marqué leur volonté de ne pas donner un chèque en blanc à la politique corsée de Sarkozy et de Fillon, désirant ainsi faire entendre un autre son de cloche à l’Assemblée. Désormais, à nous, gens de gauche, de nous mobiliser afin que le second tour confirme cette volonté d’exprimer un autre point de vue et que Geneviève, Michel et Elisabeth puissent défendre réellement nos intérêts que cela soit à Grenoble comme à Bondy.

Voici les résultats des trois circonscriptions à l’issue du premier tour (source : Ministère de l’Intérieur, de l’Outre Mer et des Collectivités territoriales)

Première circonscription de l’Isère (Grenoble cantons 1, 2, 4 et vallée du Grésivaudan)

Nuance Voix
M.  Richard  CAZENAVE Divers droite 9 731 19,62
Mme  Geneviève  FIORASO Socialiste 15 876 32,02
M.  Philippe  DE LONGEVIALLE UDF-Mouvement Démocrate 5 132 10,35
M.  Alain  CARIGNON Union pour un Mouvement Populaire 10 638 21,45
Mme  Cécile  ALLIBE Extrême gauche 971 1,96
M.  Bruno  PALIARD Mouvement pour la France 615 1,24
Mme  Colette  MONTREDON Ecologiste 320 0,65
Mme  Danielle  MATTREL Extrême gauche 178 0,36
Mme  Marie-Odile  NOVELLI Les Verts 3 235 6,52
Mme  Marie-France  MONERY Communiste 757 1,53
Mme  Eléonore  PERRIER Divers gauche 321 0,65
Mme  Chantal  REVERDY Divers 8 0,02
M.  Gérard  DUBOIS Divers 266 0,54
Mme  Anne-Lise  KIRCHNER Ecologiste 300 0,60
M.  Hugues  PETIT Front national 898 1,81
M.  Christophe  CLOITRE Divers droite 343 0,69

Troisième circonscription de l’Isère (Grenoble canton 3, 5, 6, Fontaine, Sassenage, Veurey…)

Nuance Voix
M.  Michel  DESTOT Socialiste 12 656 37,79
M.  Matthieu  CHAMUSSY Divers droite 5 326 15,90
M.  René  FORNEY Extrême droite 62 0,19
M.  Mazdak  KAFAI Extrême gauche 1 045 3,12
M.  Nicolas  PINEL UDF-Mouvement Démocrate 3 222 9,62
M.  Rémi  ADAM Extrême gauche 207 0,62
M.  Emmanuel  LARDEUX Mouvement pour la France 201 0,60
M.  Serge  LOPEZ Ecologiste 378 1,13
M.  Guy  BOUTEILLE Extrême droite 126 0,38
M.  Raymond  BAILLY Front national 928 2,77
Mme  Zohra  CHORFA Communiste 1 096 3,27
Mme  Christine  GARNIER Les Verts 1 829 5,46
M.  Guy  RABASA Extrême gauche 107 0,32
M.  Paul  CHENAVAZ Divers 0 0,00
Mme  Nathalie  BERANGER Union pour un Mouvement Populaire 5 629 16,81
Mme  Catherine  CARRIER Divers 226 0,67
M.  Sébastien  TEYSSIER Extrême gauche 422 1,26
M.  Etienne  CORNU Divers 28 0,08

Neuvième circonscription de Seine-Saint-Denis (Bondy, Noisy-le-Sec, Romainville) :

Nuance Voix
Mme  Marie-Estelle  PREJEAN Front national 1 649 5,69
M.  Ahmed  MOUALEK Divers 202 0,70
M.  Gilles  BARIAL Extrême droite 307 1,06
M.  Jean-Paul  BUROT Extrême gauche 338 1,17
M.  Alain  DUCQ Divers 39 0,13
Mme  Georgia  VINCENT Union pour un Mouvement Populaire 8 659 29,90
Mme  Elisabeth  GUIGOU Socialiste 10 931 37,74
Mme  Céline  CURT Communiste 2 229 7,70
Mme  Anne  DEO Les Verts 1 264 4,36
M.  Erwan  HYVAERT Extrême gauche 903 3,12
M.  Jean  THARY UDF-Mouvement Démocrate 2 239 7,73
M.  Samir  SEMAÏ Divers 202 0,70