Le choix de Martine

Harlem Désir, actuel député socialiste et démocrate au Parlement européen, futur premier secrétaire du PS

Martine Aubry a donc choisi. Elle a proposé qu’Harlem Désir, actuel numéro deux du Parti socialiste, lui succède à la tête du parti majoritaire, en étant le premier signataire de la motion déposée par l’actuelle maire de Lille et le premier ministre, Jean-Marc Ayrault. De son côté, Jean-Christophe Cambadélis, longtemps pressenti pour occuper la tête du PS a pris acte de la décision de Martine Aubry et a en appelé au rassemblement derrière Harlem Désir qui sera épaulé par Guillaume Bachelay (actuel député et futur numéro deux) et d’Olivier Faure (député de Seine-et-Marne).

L’actuel député européen et ancien président-fondateur de SOS Racisme deviendra dans quelques semaines le nouveau chef des socialistes, à l’issue du Congrès de Toulouse et du vote des militants qui devraient confirmer ce choix. Un choix quelque peu logique dans la mesure où Harlem Désir avait la confiance de Martine Aubry mais aussi le soutien d’une grande partie du gouvernement à commencer par Jean-Marc Ayrault, lui-même et même du président de la République, selon Europe 1. Qui plus est, son intérim à la tête du PS durant les primaires fut particulièrement apprécié par les cadres comme par les militants.

Harlem Désir, en compagnie de Martine Aubry, première secrétaire du PS en exercice, et de Jean-Christophe Camdabélis, député de Paris

Toutefois, reste à savoir ce qu’Harlem Désir pourra apporter à la tête du Parti socialiste dans les semaines et surtout les mois à venir, à l’heure où les Français s’interrogent et critiquent la stratégie mise en place par l’exécutif. En effet, s’il est logique et naturel que le Parti socialiste, premier parti de France – en terme d’élus – soutienne la politique gouvernementale, il n’en demeure pas moins qu’il garde un certain esprit critique et qu’il reste surtout aux prises de la société française. En clair, rester au contact des Français afin d’anticiper les problèmes et les griefs à venir.

Harlem Désir sait que sa tâche ne sera pas simple dans la mesure où il devra exister politiquement tout en montrant qu’il est légitime pour occuper le poste de premier secrétaire. A ce titre, il est bon de rappeler que nombre de personnes ont déploré le mode de désignation du premier secrétaire, laissant peu de manœuvre aux militants qui ont l’impression d’avoir été privés, d’une certaine manière d’un débat, notamment sur l’orientation du parti et surtout sur les personnalités qui devraient incarner ce changement. A ce propos, certaines personnes ont plaidé pour un renouvellement en profondeur des têtes avec l’émergence d’une nouvelle génération à la direction du parti, comme Gaétan Gorce par exemple, ancien député et désormais sénateur de la Nièvre, qui s’est également lancé dans la course à Solferino. Dans l’optique du rassemblement, Harlem Désir sait qu’il devra donner des garanties et surtout des gages aussi bien à certains cadres qu’aux militants, afin de gagner en légitimité et en autorité et tout particulièrement par rapport à des ses deux adjoints. Cela suppose un premier secrétaire qui prenne des initiatives, voire des risques et qui n’hésite pas à critiquer le gouvernement si cela est justifié. C’est à cette condition que le futur Premier secrétaire pourra se faire entendre et surtout se faire respecter par l’ensemble des sensibilités et courants qui composent le Parti socialiste.

C’est donc une sorte de triumvirat qui s’installe à Solferino et qui devra notamment mener la campagne des municipales et des européennes de 2014. Harlem Désir sait qu’il devra faire ses preuves et surtout se montrer utile au Parti socialiste en lieu et place d’un premier secrétaire godillot, sorte de béni oui-oui à l’instar des hommes qui se sont succédés à la tête du secrétariat général de l’UMP durant la présidence de Nicolas Sarkozy. La tâche n’est pas simple mais elle est primordiale pour qu’Harlem Désir anticipe et surtout fasse taire toute éventuelle bronca ou contestation sur sa personne (ce qui ne serait pas surprenant en raison de la façon dont à laquelle il fut désigné). C’est à ce titre que le choix de Martine deviendra anecdotique.

Les projets ambivalents de Martine Aubry

Harlem Désir, député européen et actuel numéro deux du Parti socialiste

Et si Martine Aubry prolongeait finalement son bail à la tête du Parti socialiste ?

Ce lundi, Harlem Désir, numéro deux du parti a déclaré à l’AFP (Agence France Presse) qu’il ne se présenterait pas au poste de Premier secrétaire si Martine Aubry se représentait, confirmant une information dévoilée au Figaro, il y a quelques jours.

Bien que passés relativement inaperçues, les propos de l’actuel député européen n’en demeurent pas moins instructifs notamment les véritables intentions de l’actuelle maire de Lille. En avril dernier, elle avait toutefois déclarée qu’elle ne briguerait un nouveau mandat à la tête du Parti socialiste considérant que sa tâche fut accomplie, à savoir rénover le parti, remporter les élections locales et nationales et surtout désigner un candidat à la présidentielle à travers l’organisation des primaires. Suite à son annonce, Harlem Désir et Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris et secrétaire national du PS en charge de l’International, avait officiellement fait acte de candidature.

A quelques semaines du congrès de Toulouse, les spéculations restent vives quant à l’avenir politique de Martine Aubry et le doute subsiste. L’ancienne ministre de l’Emploi et de la Solidarité reste discrète quant à ses projets mais pourrait, si on en croit les déclarations d’Harlem Désir, finalement rester à la tête du Parti socialiste, notamment pour continuer à jouer un rôle majeur dans la majorité, à défaut d’être au gouvernement.

Martine Aubry, actuelle maire de Lille, premier secrétaire du Parti socialiste

Sans compter qu’un nouveau mandat de Martine Aubry à la tête du Parti socialiste ferait les affaires de tous. De l’intéressée qui pourrait ainsi continuer à avoir une assise nationale tout comme de François Hollande qui a besoin d’un parti structuré et surtout en ordre de bataille notamment au sein d’une gauche française dont certains de ses éléments seraient tentés à ruer dans les brancards afin de mieux se faire entendre tel le Front de gauche et dans une moindre mesure les Verts. Forte de ses relations avec les autres partis, le maintien de Martine Aubry à la tête du Parti socialiste pourrait s’avérer fort précieux pour un François Hollande qui aura à cœur de calmer les velléités à venir de ses partenaires et autres soutiens politiques notamment dans le cadre de l’action gouvernementale et des décisions prises par le gouvernement.

D’autant que rester à la tête du Parti socialiste constituerait un net avantage pour Martine Aubry qui pourrait continuer à exister politiquement et essayer de peser sur la stratégie gouvernementale de Jean-Marc Ayrault, elle qui s’était préparée à devenir Premier ministre jusqu’à ce que François Hollande en ait décidé autrement. Martine Aubry le sait, elle a besoin d’une assise nationale et doit surtout se rendre utile et donc servir d’éventuel recours. Sa présence, rue de Solferino, pourrait dès lors s’avérer comme un atout majeur pour la suite sans compter qu’il soit peu probable qu’une autre candidature émerge pour lui barrer la route et donc contester sa légitimité dans le cas où elle se présenterait. C’est d’ailleurs tout le sens de la récente déclaration d’Harlem Désir qui, sans doute par loyauté, préfère sans doute s’effacer au bénéfice de l’ancienne ministre.

Jean-Marc Ayrault, premier ministre, en compagnie de Martine Aubry, le 7 juin dernier lors du premier tour des législatives

De fait, il est difficile de savoir ce que veut concrètement l’actuelle maire de Lille mais il est fort à parier qu’elle ne se contentera pas de jouer les seconds rôles, elle qui aurait finalement bien aimé devenir Premier ministre de François Hollande, en guise de reconnaissance et de loyauté affichée durant toute la campagne présidentielle. Et même si certains analystes politiques considèrent qu’elle a peu de troupes au sein du Parti socialiste, le fait qu’elle détienne le parti reste un point non négligeable sur lequel elle peut s’appuyer pour continuer à peser au sein de la majorité notamment face au Premier ministre envers qui elle se pose en partenaire loyale mais vigilante.

Transparences

Arnaud Montebourg, député socialiste de Saone et Loire, actuel président du Conseil général

Arnaud Montebourg est reparti en croisade, non pas contre l’Allemagne d’Angela mais contre le PS de Martine, plus précisément la fédération du Pas-de-Calais.

Dans une lettre adressée à l’intention de notre première secrétaire, il fait part de ses inquiétudes en alertant l’actuelle maire de Lille sur le comportement de certains élus socialistes, fortement soupçonnés de malversations, voire de corruption. Parmi les noms cités, Jean-Pierre Kucheida, député du Pas de Calais et maire de Liévin, un nom déjà évoqué par Gérard Dalongeville, l’ancien maire d’Hénin-Beaumont, également mis en cause par la justice pour détournement de fonds.

Des accusations assez graves portés par l’actuel député de Saône et Loire qu’il convient de ne pas prendre à la légère même s’il faut bien évidemment se montrer prudent. C’est dans cet esprit que Martine Aubry a récemment proposé la mise en place d’une commission d’enquête afin de faire toute la lumière sur cette sombre histoire.

La nouvelle charge d’Arnaud Montebourg pourrait être considérée comme périlleuse à quelques mois de la présidentielle et des législatives surtout s’il s’avère que la fédération du Pas de Calais a effectivement quelque chose à se reprocher. Qui plus est, il ne s’agit pas d’une fédération quelconque puisqu’il s’agit d’une des plus importantes fédérations du Parti socialiste avec celles du Nord et des Bouches-du-Rhône, département où le Parti est également dans la tourmente avec l’affaire Guérini. Inutile de vous rappeler que ces trois fédérations sont stratégiques notamment dans le cadre du Congrès et de la conquête du premier secrétariat.

Toujours est-il que la mise en place de cette commission d’enquête pourrait être l’occasion de faire effectivement le ménage, du moins de faire la lumière sur ce qui se passe réellement au sein de la fédération du Pas de Calais. C’est pratiquement une obligation pour un parti qui prétend gouverner dans la mesure où il doit montrer l’exemple notamment vis-à-vis de nos concitoyens. C’est à titre d’ailleurs que Martine Aubry a fortement recommandé à Jean-Noel Guérini de démissionner de la présidence du conseil général des Bouches du Rhône, lorsque ce dernier fut mis en examen, il y a quelques semaines.

De fait, les socialistes que nous sommes ne peuvent prendre le risque de laisser pourrir une affaire dont personne ne sait quelles proportions elle pourrait prendre d’autant plus qu’il est fort à parier que nos adversaires s’en donnent déjà à cœur joie et ne se seraient pas gênés pour reprendre à leur compte cette affaire pour mieux attaquer le PS (ce qui, après tout, est normal dans le jeu démocratique et politique). Marine Le Pen, la présidente du Front national et candidate à la présidentielle, ne s’y est d’ailleurs pas trompée, elle qui espère bien capitaliser sur les déboires de la fédérations du Pas du Calais pour mieux conquérir un siège de député à Hénin-Beaumont face au parlementaire socialiste sortant, lui aussi cité et mis en cause par la justice. Ne rien faire et ne prendre la mesure de la situation actuelle et à venir aurait été beaucoup plus préjudiciable pour la direction du Parti socialiste et donc pour Martine Aubry qui a préféré prendre les devants en espérant retenir les leçons de l’affaire Guérini à Marseille.

Arnaud Montebourg et Martine Aubry, première secrétaire du PS, maire de Lille

Une stratégie qui pourrait mettre à mal l’unité du Parti socialiste selon certains journalistes. A voir mais comme je viens de l’écrire, la stratégie de l’autruche aurait été bien plus hasardeuse surtout si les accusations étaient fondées et vérifiées. Alors laissons la justice et surtout la commission d’enquête faire, histoire aussi pour le Parti socialiste de montrer qu’il est un parti qui prend ses responsabilités face à un tel cas, ce qui peut toujours être utile notamment dans un contexte électoral aux enjeux ô combien importants !

En espérant que cette commission fasse vraiment preuve de transparence et ait les moyens réels et concrets de son action afin de faire la lumière, une bonne foi pour toutes.

Une rose et des larmes

Une de Libération, lundi 10 octobre

Le premier tour des primaires a rendu son verdict avec son lot de résultats attendus et aussi de surprises bonnes ou mauvaises selon les cas et les intéressés.

Un scrutin avec d’ores et déjà un vainqueur incontesté, le Parti socialiste qui a réussi son pari des primaires au-delà de ses espérances. On attendait en effet près d’un million de Français, ce sont finalement plus de deux millions et demi de nos compatriotes qui se sont déplacés aux bureaux de vote mis en place pour notre mouvement. Un chiffre qui en dit long sur l’intérêt réel pour cette élection et qu’il convient donc de saluer, reconnaissant au passage toute l’utilité des primaires après y avoir émis quelques réserves dans le passé.

Un premier tour qui a eu son lot de surprises et de coup de théâtre. Si la performance de François Hollande était, en effet, attendue, on est en revanche loin du raz-de-marée annoncé. En effet, avec 39% des voix, l’ancien premier secrétaire est bel et bien en tête mais suivi par une Martine Aubry qui avec 31% des suffrages peut sereinement et fortement croire en ses chances dimanche prochain. Un second tour qui donc s’annonce beaucoup plus ouvert et qui pourrait bien compliquer la tâche de celui qui se voyait écraser la concurrence.

Arnaud Montebourg, rejoignant ses partisans, au soir du premier tour de la primaire

Mais c’est plutôt chez les outsiders que les résultats ont en surpris plus d’un, moi le premier. Ainsi, si le score d’Arnaud Montebourg m’a étonné (17% des voix) que dire du décrochage de Manuel Valls (5%) mais surtout de la déroute de Ségolène Royal qui avec 7% des votes seulement ne s’attendait pas à une telle sanction malgré une campagne que tout le monde qualifie de sérieuse et forte. Comme je le craignais depuis un certain moment, l’actuelle présidente de la région Poitou-Charentes, malgré de l’intuition et de la détermination, n’a plus su susciter l’enthousiasme de 2006 – 2007. Semble-t-il que la page était définitivement tournée, ce que Ségolène Royal s’est résolue à accepter, retenant difficilement ses larmes au passage, comme le montre cet extrait de BFM TV :

Aussi, le second tour – qui devait être une simple formalité pour François Hollande – s’annonce beaucoup plus ouvert que prévu. D’ailleurs les Hollandistes l’ont bien compris et ces derniers semblent quelques peu circonspects pour ne pas dire préoccupés. Car si Manuel Valls a publiquement annoncé son soutien à l’actuel député de Corrèze, la clé du second tour se trouve chez Arnaud Montebourg qui, fort de son score, se pose en véritable faiseur de roi et qui n’hésitera pas à faire monter les enchères afin de peser dans la campagne à venir. Une remarque qui vaut également pour Martine Aubry qui devra sans doute également faire des appels au pied des partisans de Montebourg qui, malgré leur proximité idéologique avec la maire de Lille, n’hésiteront pas à vendre leur ralliement à prix coûtant. Toujours est-il que dans les deux cas, les soutiens d’Arnaud Montebourg seront très sollicités et les déclarations à venir de l’actuel député de Saône-et-Loire attendus comme parole d’Evangile.

Alors voilà ! Un second tour qui s’annonce plus ouvert que prévu, un challenger qui se pose désormais comme nouvelle valeur sure au sein du Parti socialiste et une candidate qui aura du mal à se remettre de sa déroute… tels sont les enseignements de ce premier tour. A cela s’ajoute les commentaires plus ou moins convenus de la droite sarkozyste mais aussi le silence de l’agité de l’Elysée, ce qui en dit long sur la perception des primaires au sein de l’UMP, signe avant tout d’une fébrilité certaine.

M.A Présidente

Les six prétendants à l'investiture socialiste lors du troisième et dernier débat télévisé, le 5 octobre dernier

La campagne des primaires touche à sa fin, une campagne instructive et très intéressante où les candidats ont pu développer et affiner leurs arguments et les raisons de leur candidature tout en affichant un respect mutuel. On était donc loin de la catastrophe annoncée et des éclats à voix à venir.

Une campagne qui aura montré que le Parti socialiste reste un parti qui innove toujours. Bon, pour être honnête, j’avais affiché un fort scepticisme pour ce nouveau mode de désignation de notre candidat socialiste pour la prochaine présidentielle mais je dois reconnaître que ce processus a finalement apporté bien de choses à notre formation politique mais aussi pour les Français dont l’intérêt pour le scrutin n’a cessé de grandir ; un intérêt qui doit se confirmer dimanche prochain pour le premier tour.

En 2006, lors de la primaire interne, je n’avais pas affiché de soutien particulier même si ma préférence penchait du côté de Ségolène Royal. Par la suite, j’ai soutenu cette dernière à l’élection présidentielle et même après notamment au Congrès de Reims de 2008 pour la direction du Parti socialiste. Un soutien que je ne renie pas tant l’ancienne ministre de l’Environnement du gouvernement Bérégovoy fait preuve de courage, d’intuition et de détermination.

Toutefois et dans le cadre de ces primaires, la candidature de Ségolène Royal ne semble plus correspondre et surtout répondre aux préoccupations actuelles des Français, notamment face à une droite, la plus arrogante et la plus intolérante qu’on ait connu depuis la Libération. Du moins, la candidature de Royal ne répond pas suffisamment aux défis qui nous attendent au lendemain du second tour de la présidentielle.

Car une question se pose actuellement : voulons-nous continuer avec une politique qui va droit dans le mur ou bien s’engager dans une nouvelle direction, une nouvelle France qui promeut le vivre-ensemble, le partage mais également l’exigence environnementale et sociale ? Une France dont on peut être fier et qui nous donne envie d’y rester et de se battre pour elle et non de la fuir ou bien qui nous fait honte, notamment lorsqu’on a été durant un temps expatrié comme moi (notamment en Belgique et en Pologne)

C’est à partir de ce constat et de l’étude de notre situation politique nationale comme internationale que j’ai décidé de soutenir publiquement la candidature de Martine Aubry dans le cadre de cette primaire. Certains s’interrogeront sans doute sur mon choix, moi qui avait eu les mots assez durs lors du Congrès de Reims et de la conquête controversée par l’actuelle maire de Lille du parti. Or, le temps du Congrès est derrière nous et Martine a démontré à plusieurs reprises sa volonté de remettre le PS en mouvement et surtout de le rassembler, ce qu’elle a fait avec brio et autorité surtout.

Une femme soucieuse de l’intérêt général au sein du Parti socialiste quitte à mettre entre parenthèse son ambition personnelle. Certains le lui ont reproché volontiers mais finalement je trouve que c’est pas plus mal tant les velléités des uns et des autres ont parfois mis à mal l’unité et la cohésion du parti. Une femme enfin ancrée à gauche tout en ayant un discours responsable et surtout réaliste.

Lorsqu’on évoque Martine Aubry, on évoque à tort ou à raison les 35 heures. Mais d’elle, n’oublions pas les emplois-jeunes mais aussi la Couverture maladie universelle qui permet aux plus démunis d’entre nous de pouvoir se soigner décemment dans notre pays. Il n’y a pas à dire, elle a le social dans la peau, et cela me touche tout particulièrement, le social étant tout ma raison d’être au Parti socialiste.

C’est pour toutes ces raisons – parmi d’autres d’ailleurs – que j’ai décidé d’afficher publiquement mon soutien à Martine Aubry. Certains pourront dire que mon soutien est quelque peu tardif à quelques jours du premier tour. Cela est vrai mais même si mon soutien était connu de mes proches depuis un certain moment, je souhaitais avant tout suivre et surtout commenter les primaires en toute « indépendance » d’esprit, certains lecteurs n’ayant pas le même point de vue que moi, ce qui est normal après tout.

Fort de son expérience mais aussi de sa solidité, Martine Aubry a toutes les qualités pour mener les socialistes mais aussi – et surtout – l’ensemble des forces de gauche et écologistes à la victoire pour donner une nouvelle impulsion à mon pays en avril prochain. D’ailleurs, le soutien affiché de personnalités issues de la société civile tel Edmond Maire (secrétaire général de la CFDT de 1971 à 1988 et négociateur au nom de ce syndicat au moment de la loi sur les 35 heures), Sandrine Bonnaire (actrice), Yohann Diniz (athlète) ou bien encore Jean-Louis Nadal, l’ancien procureur général à la Cour de Cassation de Paris) est significatif du sérieux et de l’engagement affiché par Martine Aubry et par sa candidature.

Alors voilà, je soutiens Martine Aubry dont j’espère qu’elle sera la prochaine présidente de la République. Toutefois – et pour ceux qui me connaissent – je suis avant tout un socialiste et je me plierai aux vote des sympathisants de gauche du 9 et du 16 octobre prochain. Car ce qui importe avant tout pour moi, c’est que la gauche retrouve le chemin de l’Elysée en avril prochain, surtout quand on connait les conséquences de plus en plus néfastes de la politique sarkozyste sur notre pays.

Mais d’ici là, en avant avec Martine, M.A Présidente !

Faiseur de candidat (socialiste) ?

Ce week-end a eu lieu la traditionnelle fête de l’Huma au Parc de La Courneuve, une nouvelle édition bien évidemment particulière en raison des échéances de 2012.

Une fête de l’Huma à laquelle je n’ai pas assisté mais dans laquelle Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche et candidat du Front de gauche à la prochaine présidentielle était particulièrement présent… et courtisé. C’est ainsi qu’il  a reçu trois des six candidats à l’investiture socialiste dans le cadre des primaires citoyennes, c’est-à-dire Martine Aubry, Ségolène Royal et Arnaud Montebourg, François Hollande et Manuel Vals ayant préféré se porter pâles.

Martine Aubry, candidate à l'investiture socialiste en compagnie de Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche et candidat du Front de gauche à la présidentielle, lors de la Fête de l'Humanité, le 17 septembre dernier

Des visites qui a du faire plaisir Méluch’ tant il est replacé dans le centre du jeu notamment dans le cadre de la primaire en cours. L’ancien sénateur socialiste reçoit les prétendants à l’investiture comme on vient pour recevoir l’onction royale ou quelque soutien implicite.

Les commentaires n’ont pas manqué notamment parmi les soutiens à François Hollande qui se sont empressés de conclure à la faute stratégique pour Ségolène Royal et Martine Aubry, épargnant curieusement Arnaud Montebourg (on ne comprend pas tellement pourquoi d’ailleurs !). Pour eux, la visite de ces deux candidates fleuraient bon l’opportunisme politique mais était surtout bien malvenue car donnant de l’importance à un homme (Jean-Luc Mélenchon) qui, bien que ne participant pas aux primaires, y exerce une certaine influence.

On pourra dire tout ce qu’on veut sur Jean-Luc Mélenchon et la gauche du Parti socialiste en général. Toutefois, si cette gauche peut parfois être casse-pied, elle doit être en revanche considérée et respectée. Car à la différence des années précédentes, la gauche de la gauche a gagné en importance et ne souhaite clairement plus se comporter comme vulgaire filiale du Parti socialiste. Les coups de griffe d’Europe Ecologie – Les Verts mais également du Front de gauche sont là pour le rappeler.

Aussi, même si la visite d’Aubry et de Royal était stratégique (après tout, peut-on vraiment les en vouloir, elles sont en campagne mine de rien), elle n’en demeurait pas moins symbolique, pour ne pas dire importante à plus d’un titre. En effet, la gauche ne pourra remporter les élections nationales qu’en se basant sur la stature du Parti socialiste, cela n’est plus possible et ceux qui considèrent cela vont tout droit dans le mur. Bien qu’au centre du jeu et meneur de jeu, le PS sait pertinemment qu’il aura besoin de l’appui total de ses partenaires non pas dès le lendemain du premier tour mais bien avant.

D’où l’intérêt des autres partis de gauche pour la primaire socialiste car du candidat qui sera désigné par les socialistes dépendra la nature et l’intensité des relations que nous aurons avec nos partenaires. Dans le cas de Méluch’, être en dehors du jeu des primaires ne veut pas dire qu’il soit hors-jeu notamment sur un plan stratégique. Aubry, Royal et dans une moindre mesure Montebourg l’ont bien compris et savent que le rapprochement et le rassemblement se joue dès aujourd’hui si on veut espérer un changement à terme.

Jean Luc Mélenchon, lors de son discours de clôture à la fête de l'Humanité, le 18 septembre dernier

Aussi, l’erreur pourrait être commise non pas par les Aubryistes et autres Ségolistes mais plutôt par les Hollandistes et les partisans de Vals dans la mesure où non-venue de l’actuel député de Corrèze et de l’actuel député de l’Essonne pourrait être interprétée comme une indifférence polie (pour ne pas dire du mépris) envers les partisans de la gauche de la gauche (dont certains, il y a encore peu de temps, étaient proches du PS). Or, s’il y a bel et bien une règle d’or à respecter c’est bien la suivante : rassembler les socialistes, rassembler la gauche et ensuite rassembler les Français. Hollande et Vals – et cela est quelque peu révélateur de leur stratégie dans le cadre de cette primaire – veulent directement passer à la troisième étape, ce qui n’est pas sans risques !

De l’art de monter les choses en épingle…

Ségolène Royal en novembre 2010

La campagne des primaires au Parti socialiste se poursuit et celle-ci reste encore feutrée à un mois tout juste du premier tour de l’élection qui désignera le champion du premier parti d’opposition dans la course à l’Elysée.

Une campagne qui, jusqu’ici, semblait se concentrer uniquement sur la bataille des idées et des arguments, bien loin des questions de personnes. D’ailleurs, à La Rochelle, lors de l’Université d’été, le mot d’ordre était le suivant : « Unité ».

Une unité qui, une fois encore, semble se fissurer si on en croit les analystes et journalistes politiques qui, d’une certaine manière, s’en donnent à cœur joie. C’est ainsi que Ségolène Royal aurait durement taclé ses deux principaux rivaux, Martine Aubry et François Hollande, en s’attaquant moins sur leur programme mais plus sur leurs personnalités, à tel point que la Haute autorité des primaires – l’organe qui fut spécialement créée par le PS pour s’assurer du bon déroulement de la campagne – est intervenue pour rappeler à l’ordre l’ancienne candidate à la présidentielle de 2007.

Des propos que l’actuelle présidente de la région Poitou-Charentes s’est empressée de corriger, dénonçant une manipulation du Figaro qui aurait déformé ses déclarations. En retour, les intéressés – c’est-à-dire Martine Aubry et François Hollande – ont fait mine de minimiser la polémique, histoire de ne pas empoisonner la campagne semi-interne et se concentrer sur l’essentiel.

Ceux qui espéraient – ou espèrent encore – que les socialistes que nous sommes s’en prennent plein la figure risquent d’être bien déçus dans la mesure où les déclarations de Ségolène Royal, réutilisées par Le Figaro, n’avaient que pour but de créer une énième zizanie du sein du Parti socialiste dans un contexte où le mouvement semble gagner en unité et en crédibilité même si le cadre des campagnes incite à une certaine compétition, ce qui est normal et tout à fait logique en soi. Qui plus est, il n’est dans l’intérêt d’aucun des candidats à la primaire socialiste de semer le désordre en s’en prenant directement à ses concurrents dans la mesure où un tel comportement ne serait pas accepté par nos compatriotes qui attendent bien mieux du premier parti de gauche.

Dès lors, on ne cherche qu’à monter en épingle des déclarations, sans doute sortis de leur contexte, afin de voir des socialistes retomber dans leurs vieux démons, à la grande joie de certains journalistes, sans doute mal à l’aise avec l’image d’un PS optant pour la carte de l’unité et de la cordialité malgré le contexte des primaires. Aubry, Hollande et même Royal l’ont bien compris et savent qu’ils auront cruellement besoin des autres au matin du 17 octobre pour mener la campagne et préparer l’alternative que notre pays a cruellement besoin. Polémiquer sur les petites phrases de Ségolène Royal aurait été un cadeau donné à la presse, un cadeau que la majorité n’aurait pas manqué d’exploiter à terme.

Ségolène Royal, Martine Aubry et François Hollande lors de l’université d’été du Parti socialiste en août dernier

Toutefois, si l’unité et la cordialité doivent être de mise, cela ne veut pas dire que les primaires doivent rester statiques et dépourvues de débat. Les détracteurs des primaires dénonçaient le côté destructeur de ce type d’élection où les questions de personnes allaient prendre le dessus sur la question des idées. Il n’en demeure pas moins qu’à partir du moment où on opte pour ce type de désignation pour présenter notre candidat à la présidentielle, il faut accepter la confrontation, pourvue qu’elle se fasse dans un respect mutuel, ce qui juste ici semble être plutôt réussi.

Candidate… enfin !

Martine s’est donc lancée. Dans sa mairie de Lille, l’actuelle première secrétaire du Parti socialiste a finalement déclaré, hier midi, sa candidature à la présidentielle dans le cadre de la primaire socialiste qui doit se tenir en octobre prochain.

Martine Aubry, maire de Lille et première secrétaire du Parti socialiste, annonçant sa candidature à la candidature socialiste pour les primaires de 2012, le 28 juin dernier

La chef de file des socialistes a tenu un discours court – une dizaine de minutes – mais finalement assez précis notamment sur les raisons de sa candidature. Une candidature qui ne faisait plus de doutes malgré des semaines, voire des mois de supputations et autres hypothèses.

Martine s’est donc entrée en campagne, reste à savoir si elle le souhaite vraiment comme s’interroge bon nombre de journalistes et d’analystes politiques. A mon sens, je ne pense pas qu’on décide d’être candidat à la présidentielle par hasard surtout si on a de sérieuses chances de l’emporter, ce qui est le cas de l’actuelle maire de Lille qui a les ressources mais aussi le sérieux et les qualités nécessaires pour mener une bonne campagne, mener les socialistes à la victoire et orienter notre pays dans une autre direction à l’opposé de celle prise par l’actuelle pouvoir depuis 2007 et qui nous mène droit dans le mur.

C’est d’ailleurs sans doute ce qui explique la fausse indifférence de l’agité de l’Elysée et de son chambellan de Matignon. En déplacement dans la Sarthe, les deux têtes de l’exécutif ont tenté de faire bonne figure et de faire de la candidature de Martine Aubry, un non-évènement. De fait, l’arrivée de la patronne du Parti socialiste est plutôt synonyme de mauvaise nouvelle dans la mesure où Martine Aubry est un peu l’anti-Sarkozy sur la forme mais surtout sur le fond, ce qui peut faire tâche d’huile par la suite.

La candidature de l’actuelle première secrétaire marque en tout cas, le coup d’envoi véritable des primaires socialistes et d’une campagne inédite à l’issue de laquelle, on connaîtra le nom de l’heureux ou de l’heureuse élu(e). Si chacun des candidats peut se targuer d’avoir tel ou tel soutien, il n’en demeure pas moins que Martine Aubry conserve un léger avantage dans la mesure où elle peut compter sur le ralliement de socialistes historiques comme Pierre Mauroy, Laurent Fabius, Elisabeth Guigou, mais également de la quasi-totalité des strauss-kahniens menés par Michel Destot, actuel maire de Grenoble, sans oublier l’aile gauche du parti dominé par Benoît Hamon.

De larges soutiens qui peuvent s’avérer précieux mais également handicapants dans la mesure où Martine Aubry pourrait être vue, considérée comme la candidate de l’appareil, de la direction et des cadres du Parti socialiste. De fait, charge à elle de démontrer que sa candidature n’est pas une candidature par défaut ou suggérée mais bien une candidature souhaitée. Sans doute – et cela doit faire parti de son caractère – Martine Aubry ne fait pas dans le spectaculaire, préférant mettre une certaine distance, une certaine pudeur pour mieux privilégier le fond, le travail intellectuel. Remarquez, ce n’est pas plus mal que cela, la France n’ayant pas besoin d’un responsable politique qui fasse le beau devant les caméras mais de quelqu’un pense d’abord à l’intérêt général, en toute modestie et sans artifices.

La candidature de Martine Aubry semble être le grand évènement de ses vingt quatre heures, une candidature qui n’aura laissé personne indifférent ni même les caciques de l’UMP qui ont déjà sorti l’argumentaire sans valeur et pauvre sur les 35 heures, signe que la présence de la maire de Lille suscite bien plus d’inquiétudes qu’il n’y parait pour la majorité. La campagne à venir ne sera pas des plus simples pour Martine Aubry, toutefois les primaires peuvent lui donner l’occasion de se sublimer et de faire d’elle définitivement une femme d’Etat capable de diriger notre Hexagone.

La chance (paradoxale) du PS ?

Je n’arrive pas à réviser ! Du moins, je n’arrive pas à me concentrer à 100% Je dois vous avouer que l’affaire DSK occupe véritablement mon esprit en lieu et place de mon oral de « Social Policies in  today’s economy » que je dois préparer pour ce mercredi matin. Sans doute que cette affaire est bien plus excitante que l’avenir des systèmes européens de retraite et de l’assurance-maladie surtout lorsque cela a une incidence durable sur le Parti socialiste.

L’inculpation de DSK rabat effectivement les cartes et à ce petit jeu, toutes les spéculations sont permises. Ainsi, si certains misent sur la mise en orbite de François Hollande, d’autres imagineraient une Martine Aubry sur les starting-blocks, libérée de son « pacte » avec l’actuel directeur général du FMI et une Ségolène Royal relancée.

François Hollande, Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry en 2007, lors d’un meeting de Ségolène Royal durant la présidentielle

Toujours est-il que l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn est un moment inattendu dans l’histoire de notre parti, prélude à bien des aventures. Certains considèrent que la disqualification de fait de l’ancien maire de Sarcelles va replonger le PS dans ses vieux travers, celui de la division, des petites phrases et des querelles d’egos. En revanche, d’autres pensent que l’affaire DSK doit être l’occasion de se serrer les coudes et de montrer un parti socialiste résolument tourné vers les Français et déterminé à mettre un terme à la politique désastreuse menée par l’actuel chef de l’Etat.

Comme je l’ai écrit dans un précédent article, la présidentielle de 2012 ne se jouera pas seulement sur la personnalité et le caractère des candidats en lice mais aussi sur le jugement d’un bilan sur fond de « stop ou encore ». A ce titre, les sarkozystes auraient bien tort de sabrer le champagne en coulisses, jubilant sur les déboires de DSK, ce qui est bien indigne de leur part, surtout lorsque la plaignante est en réalité le cadet de leurs soucis. La probable disqualification de DSK n’empêchera pas la confrontation du bilan de l’UMP et du projet du Parti socialiste pour les cinq années à venir.

Ce qui m’amène pas à penser qu’il n’y a pas d’homme ou de femme providentiel en politique, pas plus qu’il n’y a d’homme ou de femme irremplaçable. La force (mais aussi avouons-le un peu, la faiblesse) du Parti socialiste, c’est d’avoir dans ces rangs autant de talents et de personnes capables de prendre les rênes de la France. Les primaires seront un moyen de décanter et de proposer un candidat bénéficiant d’une plus large assise, ce qui n’est pas négligeable.

Pourvu que le Parti socialiste se concentre sur la présidentielle et le projet pour la France. C’est sans doute la chance « paradoxale » de mon parti : songer sans doute à lever l’hypothèse DSK et se concentrer non pas sur une candidature de défaut mais sur une candidature d’alternative à Nicolas Sarkozy et nul besoin d’afficher un CV impressionnant avec une large stature internationale, surtout à l’heure où les Français veulent un président qui préside tout simplement.

Martine Aubry, actuelle maire de Lille et première secrétaire du PS, le 16 mai 2011

D’où les appels importants de Martine Aubry à l’unité du parti et à la responsabilité de ses cadres, ce dont je ne peux que m’en réjouir. A un an de la présidentielle, les Français ne nous pardonneraient un nouvel épisode de divisions et de chamailleries alors qu’il y a bien plus grave. La chance du PS est de montrer qu’il est effectivement un mouvement responsable et qu’il est mesure de proposer une alternative, homme providentiel ou pas. Ce qui suppose une mise à l’écart des questions d’egos et un regroupement sans faille autour de la Première secrétaire mais aussi autour du ou de la candidate qui aura été désigné par les électeurs ayant participé aux primaires, au terme d’une campagne où – on l’espère – on aura plus débattu des idées que des questions de personnes.

Dès lors, le Parti socialiste doit montrer qu’il n’escomptait pas le retour de DSK pour retrouver le pouvoir mais bien que sa détermination repose sur une volonté de mettre fin au cauchemar sarkozyste en proposant une autre direction pour les Français et la France. L’instant est trop grave pour qu’on se permette de se tirer dans les pattes.

PS : « Unité, responsabilité, combativité ! » C’est par ces mots que Martine Aubry, la première secrétaire de mon parti a cherché à rassembler les socialistes que nous sommes. Je dois dire que j’ai particulièrement apprécié le message, signe d’une volonté d’aller de l’avant et que le PS est résolument déterminé à proposer une alternative à la situation désastreuse que connaît notre pays. Vous pouvez visionner la vidéo en cliquant ci-dessous. Bonne lecture !

Le pacte des trois roses

Martine Aubry, première secrétaire du PS et maire de Lille, Dominique Strauss-Khan, président du FMI et Ségolène Royal, ancienne candidate PS à la présidentielle et actuelle présidente de la région Poitou-Charentes

Martine Aubry, DSK et Ségolène Royal auraient-ils conclu un pacte de non-agression, dans la perspective des primaires d’octobre 2011 ? En tout cas, tout porte à croire que les trois leaders du Parti socialiste semblent progressivement accorder leurs violons pour jouer une partition commune.

Ainsi Martine Aubry, maire de Lille et première secrétaire du PS, qui a récemment et favorablement répondu à la main tendue de Ségolène Royal. Sur le plateau du journal de France 2, mercredi dernier, elle a déclaré réfléchir avec l’ancienne candidate à la présidentielle de 2007, a une candidature commune en collaboration avec DSK, l’objectif étant de ne pas être l’un contre l’autre.

L’actuelle présidente du conseil régional de Poitou-Charentes a donc intégré le pacte tacite existant entre la première secrétaire du PS et l’actuel président du Fonds Monétaire International. Une sorte de pacte de non-agression comme je l’ai souligné histoire, dit-on, de mutualiser les forces et de jouer la carte de l’unité au sein du Parti. Un pacte qui ne fait des heureux notamment François Hollande ou bien encore Manuel Valls qui y voient là des magouilles devant faciliter l’un des trois initiateurs de l’accord.

François Hollande en compagnie de son ancienne compagne, Ségolène Royal

Beaucoup de gens s’interrogent sur la soudaineté d’un tel pacte mais aussi sur sa viabilité à terme. En effet, DSK, Royal et Aubry n’ont jamais manqué de s’attaquer entre eux par presse et lieutenants interposés notamment durant le tristement célèbre Congrès de Reims de novembre 2008. D’ailleurs, les injectives du congrès avaient laissé des traces par la suite, l’impact le plus visible ayant été le mauvais score réalisé par le Parti socialiste aux élections européennes de juin 2009. Aussi, on ne peut que s’interroger sur ce pacte des trois roses.

Toutefois, il n’en demeure pas moins qu’Aubry, DSK et Royal ont intérêt à un tel pacte tant qu’ils ont intérêt commun. En effet, aucun des trois ne peut, à l’heure actuelle, s’imposer de lui-même notamment face aux autres candidats déclarés mais surtout face aux militants. En effet, si Martine Aubry occupe la direction du PS et qu’elle peut s’appuyer sur certaines fédérations (notamment les plus stratégiques) elle manque encore d’un soutien populaire et d’une image positive dans l’opinion. Tout le contraire d’une Ségolène Royal qui garde un bon aura dans les classes populaires mais n’a aucun contrôle sur le parti dans la mesure où elle ne le dirige pas. Enfin, même si DSK semble caracoler en tête dans les sondages, il sait en même temps qu’il devra convaincre à la fois les militants et les sympathisants socialistes, ce qui n’est pas une mince affaire surtout lorsqu’on est de l’autre côté de l’Atlantique.

Aussi, ce pacte des trois roses demeure essentiel dans la mesure où il sert au mieux les intérêts de chacun. C’est aussi le meilleur moyen de s’imposer face aux autres prétendants à la candidature socialiste pour l’élection de 2012 dans la mesure où le soutien des deux autres sur le ou la troisième est avant tout stratégique. Un pacte qui peut s’avérer détonnant et efficace pourvu qu’il soit fiable dans le temps.

Les présidentiables supposés et déclarés au PS : Martine Aubry, Dominique Strauss Khan, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, François Hollande, Manuel Valls, Benoît Hamon, Pierre Moscovici, Jean-Louis Bianco

Toujours est-il que j’accueille ce pacte des trois roses avec un intérêt certain, signe d’une réelle envie et d’une réelle marche à l’unité de notre mouvement ? Trop souvent en effet – depuis le retrait de Lionel Jospin de la vie politique en 2002 en réalité – le Parti socialiste s’était souvent fait remarquer par son trop grand nombre de présidentiables, chacun croyant qu’il pouvait correspondre au job sans penser à l’intérêt du mouvement. Bien évidemment, un tel pacte ne se fait pas sans contreparties et sans quelques promesses mais si les règles sont respectées et si personne ne se sent floué, cette alliance pourrait peser lourd dans le processus des primaires, ce qui ne serait plutôt intéressant dans la bataille électorale qui nous attend, une bataille difficile malgré tout, en dépit des bons sondages actuels.

Caricature de Martin Vidberg parue sur son blog "L'actu en patates" (http://vidberg.lemonde.fr)