Euronews, (enfin) sur la TNT ?

Le siège d’Euronews à Ecully près de Lyon (Rhône)

Euronews enfin sur la Télévision Numérique Terrestre française ? C’est ce que ce suggère en tout cas Fabien Cazenave sur son blog suite au projet d’Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, de remplacer France 4, la chaine culturelle de France Télévisions qui peine à trouver son public.

Créée il y a vingt ans et diffusée depuis le 1er janvier 1993, Euronews est le fruit d’une coopération étroite à l’échelle de l’UE et même au-delà entre les principaux services publics nationaux de radiotélévision[1] et l’Union européenne de radiotélévision (UER) basée à Genève (Suisse). Très rapidement, la petite chaine d’information s’est imposée au fil des années comme la chaîne de référence proposant un point de vue européen sur le monde et l’Union européenne.

Toutefois si Euronews est largement diffusée au sein de l’UE, elle reste très méconnue de certains et en particulier des Français. Malgré son statut de chaine de référence, Euronews n’est toujours pas disponible en libre accès et reste considérée comme une chaine secondaire en France, privant nombre de nos compatriotes de la possibilité de s’informer sur les affaires européennes à l’instar de ce qui se passe chez nos voisins comme en Belgique ou en bien encore en Grande-Bretagne où la chaine européenne est non seulement présente sur la TNT locale mais en plus très suivie. C’est ainsi, par exemple, qu’à Antwerpen-Centraal (la Gare centrale d’Anvers) comme à Bruxelles-Midi (Brussel-Zuid), il n’est pas rare de trouver des stands où les voyageurs peuvent regarder Euronews en attendant leur train.

L’absence d’Euronews sur les canaux terrestres numériques pose une fois encore, la place de l’Union européenne et de son traitement dans les médias français. Au moment même où la construction européenne devient de plus en plus concrète et surtout importante dans nos vies de tous les jours, le traitement médiatique sur l’Europe reste encore peu suffisant malgré l’émergence de magazines et de chroniques spécialement dédiées comme Avenue de l’Europe sur France 3 ou encore Europe Hebdo sur LCP/Public Sénat. Des émissions qui ont leur public et salutaires mais qui ne suffisent pas pour répondre au sentiment chronique de déficit démocratique et surtout de déficit informatif vis-à-vis de l’UE ressenti par les citoyens français. La faute est notamment imputable aux médias français – principalement les grandes chaines – qui n’ont ni le temps, ni la volonté (financière) de couvrir correctement l’actualité européenne, sacrifiant au passage les rares émissions spécialement consacrées : France Europe Express (présenté par Christine Ockrent sur France 3 et France Info entre 1997 et 2007) en est un triste et douloureux exemple au passage ! Les responsables politiques ne sont pas en reste dans la mesure où Euronews a toujours été mis de côté des stratégies gouvernementales en matière de télévision et de diffusion de l’information, ce qui est très paradoxal quand on sait que le siège social d’Euronews se situe non pas à Bruxelles à mais Ecully dans la banlieue lyonnaise !

De fait, une présence d’Euronews sur la TNT française ne serait que logique dans la mesure où cela permettrait à nos concitoyens d’être suffisamment et efficacement informés sur les questions européennes et donc d’avoir plus facilement les cartes en main pour se faire une opinion, à partir d’un point de vue non pas national mais européen. A l’heure où la défiance envers l’Europe reste forte, l’information européenne reste primordiale ne serait-ce que pour prolonger et approfondir le débat au sein des Etats-membres. A ce titre, Euronews aurait toute sa place, une place d’autant plus légitime qu’elle traite exclusivement l’Europe depuis sa création et porte un point de vue européen sur le monde.

A charge donc pour les autorités audiovisuelles et le gouvernement français de faire preuve de volonté politique en accordant une bien meilleure place à cette chaine dans le paysage audiovisuel français que celle qu’elle n’occupe actuellement[2]. A l’heure où les médias d’information en continu explosent (tels BFM TV, I-Télé, France 24) et gagnent en popularité, la présence d’Euronews serait non seulement bénéfique mais surtout salutaire pour le débat européen et la légitimité de l’Union européenne vis-à-vis des citoyens.


[1] Parmi lesquels France Télévisions (France), la Rádio e Televisão de Portugal (RTP, Portugal), la Radio Televisión Española (TVE, Espagne), ou bien encore la Radio Télévision Belge francophone (RTBF, Belgique) sans oublier la Radio Télévision Suisse (RTS, Suisse) et la TRT (Turquie)

[2] Euronews est en effet diffusée de 6heures à 6heures 30 sur France 3, 7/7

Entartons les pompeux cornichons !

Eric Zemmour et Eric Naulleau, actuels chroniqueurs dans l'émission de Laurent Ruquier, "On n'est pas couché" sur France 2

Comme vous le savez, les deux Eric (Zemmour et Naulleau) ont été remerciés par Laurent Rouquier et ne seront donc plus à l’antenne d’ « On n’est pas couché », la rentrée prochaine.

Pour célébrer leur départ – et en particulier celui d’Eric Zemmour – je vous mets en ligne une vidéo dans laquelle, le célèbre polémiste se fait entarter suite à ses propos sur les noirs, les arabes et la délinquance en janvier dernier.

Une vidéo que je ne peux m’empêcher de regarder et qui me donne le sourire !

Alors oui, entartons les pompeux cornichons, comme le dit si bien Noel Godin, le célèbre anarchiste belge à l’origine des entartages !

Bonne lecture vidéo !

Le nègre, il t’emmerde ! (et bien profond en plus !)

Un peu de vulgarité sur ce blog mais c’est pour la bonne cause !

Vendredi dernier, Jean-Paul Guerlain, le célèbre chimiste et fabricant de parfums du même nom, était l’invité des « Cinq dernières minutes » du journal de France 2. Jusqu’ici rien de choquant jusqu’à ces propos :

Des insultes qui n’auront pas manqué de susciter l’indignation des associations – SOS Racisme en tête – qui s’apprêtent à porter plainte à l’encontre de Guerlain. Ce dernier s’est certes excusé mais s’est contenté d’un simple courriel, ce qui est bien léger, trop léger même !

Etant en Pologne et dans ma cage dorée qu’est le campus de Natolin du Collège d’Europe, ce n’est que maintenant que je livre mon point de vue sur cette histoire. Un point de vue qui ne sera que modeste et qui aura un faible impact que celui de nos responsables politiques qui brillent par leur absence !

Car en effet, je n’ai entendu ni les cadres de l’UMP et encore moins ceux du PS ou bien encore des Verts sans oublier le PCF. Alors je peux « comprendre » qu’il y a d’autres chats à fouetter mais quand même !

Le parfumeur Jean Paul Guerlain

Les propos de Guerlain sont assez révélateurs d’une indifférence polie lorsqu’une personnalité aussi importante que lui se permette de sortir des propos racistes en toute tranquillité sans qu’il soit, au passage repris par la journaliste (mais où était Elise Lucet au passage ?). Après tout, les nègres sont polygames, paresseux et vivent du chômage, les arabes sont des intégristes et les italiens des voleurs et obsédés en plus ! Toutefois, je ne suis pas sur que si Guerlain s’était fendu de propos à l’encontre de nos compatriotes de confession juive, on peut aisément parier que l’ensemble de notre classe politique aurait crié à l’antisémitisme, tout de suite après.

Car c’est justement le nœud du problème : si l’Hexagone mène une lutte sans relâche contre l’antisémitisme, cela se fait au détriment de la lutte contre le racisme. Je m’explique : inutile de faire des campagnes de sensibilisation, si de l’autre côté, nos responsables politiques n’affichent pas la plus grande fermeté face à des propos tout aussi scandaleux que ceux prononcés par Guerlain. Encore faudrait-il leur rappeler que la lutte contre le racisme passe également par la condamnation de déclarations tout aussi répréhensibles que celles de certains groupes de rap français. D’ailleurs, j’attends avec impatience le point de vue de Finkelkrault, Zemmour et Cie, prompts à s’en prendre à ceux qui font – selon eux – du racisme « anti-blanc » et de l’antisémitisme mais qui sont demeurés bien silencieux à propos de Guerlain (mais bon, ne dit-on pas « qui ne dit rien consent » ?)

L'analyste politique et chroniqueur Eric Zemmour

En brillant par leur absence, nos leaders politiques et autres membres influents de la société civile donnent l’impression qu’il est tout à fait normal d’avoir de tels préjugés, car d’une certaine manière vrai. Il n’en demeure pas moins que les dires du parfumeur sont assez révélateurs du climat qui règne dans l’Hexagone depuis un certain temps, à savoir la stigmatisation de l’autre, car différent de nous. Une droite décomplexée qui n’a plus peur d’afficher ses préjugés et qui doit sans doute écouter du bon Michel Sardou pensant au temps béni des colonies.

Alors de mon côté, je préfère encore écouter Audrey Pulvar qui a bien résumé la situation avec intelligence et mordant ! Spéciale dédicace pour Jean-Paul Guerlain de la part d’un nègre qui est fier d’être nègre, qui a travaillé (et travaille encore) pour réussir socialement sa vie et qui vous emmerde au passage, tout comme le regretté Aimé Césaire !

PS : pour finir, je n’ai pas pu m’empêcher de vous poster la tristement célèbre chanson de Michel Sardou, « Le temps des colonies » (1976), tant que les paroles sont affligeantes.

« Méthodes fascistes ? »

Qu’est-ce qui ne faut pas entendre, ces temps-ci !

Avec l’affaire Bettancourt – Woerth, les esprits semblent s’échauffer notamment du côté du parti sarkozyste qui semble en grande perte de vitesse. Ainsi, Xavier Bertrand, député de l’Aisne et secrétaire général de l’UMP s’en est pris violemment à Edwy Plenel et son journal payant en ligne, Mediapart, pour ses « méthodes fascistes » notamment le témoignage à charge de l’ancienne comptable de Mme Bettancourt à l’encontre d’Eric Woerth.

A gauche, Xavier Bertrand, député de l'Aisne et secrétaire général de l'UMP. A droite, Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du "Monde" et fondateur de "Mediapart"

Le patron officiel de l’UMP n’y va donc pas avec le dos de la cuillère, quitte à en rajouter une couche notamment à l’égard des socialistes qu’il accuse de fomenter un complot, une cabale contre le ministre du Travail pour faire capoter la réforme des retraites. Et dans le même style, on retrouve l’ineffable mais surtout affligeant, Frédéric Lefebvre qui a publié une tribune dans France Soir dans laquelle il s’en prend comme toujours au Parti socialiste et en louangeant un chef de l’Etat qui ne cesse de garantir cette fameuse « République irréprochable », république dont nous attendons son existence depuis le 6 mai 2007 !

Les attaques et diatribes de l’UMP, aussi scandaleuses et stupides qu’elles soient, sont le signe évident d’une fébrilité de la majorité qui depuis plusieurs semaines est systématiquement épinglée par l’action et l’agissement de certains ministres. Un signe de panique qui se traduit par une agressivité inouïe de la part des ministres aussi bien à l’égard de la presse que du Parti socialiste : ainsi lorsque Nadine Morano (dont l’imbécillité n’est plus à prouver) qualifie le site de Mediapart d’un site de « ragots », « Monsieur Besson » quant à lui n’existe pas à prononcer des propos injurieux et haineux à l’égard de son ancien camarade Christian Paul.

Si l’UMP voulait se montrer sereine face à ce qu’elle considère comme étant de basses manœuvres, elle serait tout simplement d’un calme olympien et attendrait tout simplement que l’orage passe. Mais les hésitations et le manque de clarté de Woerth ainsi que les révélations en chaîne (notamment de l’ex-comptable qui est, en partie, revenu sur ses déclarations depuis) montrent qu’une certaine presse et l’opinion ne font que leur travail. Il aurait été plus facile pour la majorité de vivre dans le monde des Bisounours avec une opposition formelle et une presse qui se contenterait d’être la pâle copie de La Pravda (Ah oui ! On a déjà Le Figaro pour cela).

Sauf qu’on ne vit pas dans le monde des Bisounours ! L’UMP doit être, par conséquent, assez mal à l’aise pour en venir à de tels propos car si informer sur une affaire qui embarrasse le pouvoir équivaut à des « méthodes fascistes », comment apprécier la politique menée par le gouvernement en matière d’immigration ou bien encore de communication (notamment afin de promouvoir la réforme des retraites ?)

Vaste question !

Pflimlin, par défaut !

Juste avant d’évoquer les suites de l’affaire Bettancourt – Woerth, je voulais revenir sur la nomination du nouveau patron de France Télévisions.

Rémy Pflimlin est donc le nouveau président de la holding publique, choisi par le président de la République, un choix qui sera entériné, sauf énorme surprise, par le CSA et les députés d’ici quelques semaines.

L’ancien directeur de France 3 succède ainsi à Patrick de Carolis qui n’a pourtant pas démérité sur fond de polémiques et de scandale notamment dans le cadre de l’affaire Woerth. Une nomination qui se veut consensuelle – Pflimlin est un homme discret et assez peu marqué politiquement – et qui ne doit rien au hasard pour autant !

Comme je l’ai dit précédemment, la nomination de Pflimlin est un choix par défaut dans la mesure où il n’avait pas la préférence de notre agité de l’Elysée. Durant longtemps, le nom d’Alexandre Bompard, patron de la radio Europe 1 était régulièrement cité, sa succession à Patrick de Carolis semblant même acquise durant un certain temps. Or, l’affaire Bettancourt et les autres scandales gouvernementaux à répétition auront eu raison de la volonté de Nicolas Sarkozy de place un de ses proches à la tête des chaînes publiques sans être accusé de mainmise sur les médias. Qui plus est, la polémique autour d’éviction de Didier Porte et de Stéphane Guillon de France Inter ne facilite vraiment pas la tâche.

Le président de la République s’est donc contenté d’un choix par défaut dans la mesure où il ne pouvait pas désigner Alexandre Bompard mais qu’il se refusait de maintenir Patrick de Carolis, un homme qui s’est publiquement opposé aux nombreuses volontés du monarque, montrant ainsi son attachement à l’indépendance du service public audiovisuel. Confirmer l’ancien journaliste à la tête de France Télévisions aurait été un terrible aveu de faiblesse, ce qui aurait été désastreux en terme de stratégie politique. Afin de sauver les apparences, Pflimlin a donc été invité à prendre les rênes du service public.

Nicolas Sarkozy en compagnie de Patrick de Carolis, actuel président de France Télévisions

La nomination par défaut de Rémy Pflimlin montre en tout cas que le président de la République n’est plus maître du jeu, contrairement à ce qu’on pourrait croire mais également un désaveu énorme pour Alain Minc, grand ami du chef de l’Etat mais surtout son conseiller occulte qui a commis l’imprudence d’annoncer la nomination d’Alexandre Bompard, alors que celle-ci n’était pas encore définitive. Sous prétexte de transparence, notre agité de l’Elysée ne réalise ses choix qu’en fonction des évènements et ses intérêts. La nomination de Bompard posant bien plus de problèmes, celle de Pflimlin cherche à faire diversion.

Mais personne n’est dupe et la prochaine arrivée de Pflimlin à France Télévisions est le parfaite traduction d’une réforme malsaine soi-disant transparente mais qui en réalité est encore plus opaque !

Les trublions du PAF

Les humoristes Didier Porte et Stéphane Guillon sur France Inter (Photomontage de Libération)

Il fallait que cela arrive un jour et c’est finalement arrivé : Didier Porte et Stéphane Guillon ont été licenciés de France Inter hier matin, suite à une annonce faite par le patron de Radio France, Jean-Luc Hess qui considère que l’humour ne doit pas être confisqués par des petits tyrans.

Il faut bien reconnaître que les deux humoristes n’y allaient pas de main morte notamment Stéphane Guillon et sa chronique matinale où il se payait volontiers la tête de responsables politiques aussi bien à gauche qu’à droite. Je rappelle notamment de ses vannes grossières sur Dominique Strauss Kahn, décrit comme un obsédé sexuel (c’était à l’époque où il avait eu une relation extraconjugale avec une salariée hongroise du FMI) ou bien encore sur Martine Aubry et son physique.

Dès lors, les chroniques de Guillon et de Porte pouvaient en agacer plus d’un surtout lorsqu’on s’en prend à la direction de la radio qui vous emploie. C’est d’ailleurs cela qui a servi comme prétexte à Jean-Luc Hess pour licencier les deux humoristes qui malgré leur licenciement sec ne sont pas vraiment rancuniers, ils en ont même profité pour faire un baroud d’honneur comme en témoigne la dernière chronique de Guillon :

A titre personnel, je m’interroge sur le renvoi de Guillon et de Porte dans la mesure où parfois, certaines de leur chronique pouvaient laisser à désirer notamment s’il s’agit d’attaquer pour attaquer. Dès lors, c’est la question de la liberté d’expression qui est de nouveau posée notamment lorsqu’on a affaire à de véritables trublions du PAF comme Guillon et Porte mais également Guy Carlier ou bien encore Yann Barthès.

Yann Barthès, chroniqueur dans l'émission "Le Grand Journal" diffusé sur Canal +

Car qu’on veuille ou non, tous ces trublions ont le mérite de pointer là où cela fait mal, bien loin donc du politiquement correct qui veut qu’on prenne nos responsables politiques par le sens du poil, quitte à faire du lèche-botte ! Et si en plus, ils mettent une pointe d’humour, c’est encore plus intéressant. Ainsi, je suis devenu un fan inconditionnel du Petit Journal de Yann Barthès – la chronique actu et people du Grand Journal de Canal + – qui n’hésite pas à être potache et à tourner en ridicule nos responsables aussi bien de droite que de gauche.

Autrement dit, ces trublions du PAF, loin d’être de simples bouffons, sont d’une grande utilité dans la mesure où ils servent finalement de pont entre nos responsables politiques et le reste de la société. Une manière de leur rappeler que s’ils sont des personnalités publiques, il n’en demeure pas moins qu’ils sont censés montrer l’exemple notamment lorsqu’ils cherchent à imposer leur propre vision des choses. Je n’irai pas vite en besogne en concluant que le renvoi de Guillon et de Porte a une signification politique même si cela la perspective de l’élection présidentielle et surtout la dépendance de la direction vis-à-vis du pouvoir (nouveau mode de nomination des présidents des chaînes de radio et de télévision publiques oblige !) ont sans doute aidé. Et bien que je ne sois qu’un auditeur très occasionnel de Guillon, je dois bien avouer que cela va me faire bizarre de ne pas l’entendre !

Et cela me fait d’autant plus bizarre que cela soit Philippe Val, directeur de France Inter, qui ait signé la lettre de licenciement. Pour un homme qui, il y a encore cinq ans, justifiait au nom de la liberté d’expression le droit de diffuser les caricatures danoises de Mahomet, il y a comme un changement d’époque !

Pour le plaisir, je vous poste deux chroniques de Guillon consacrées à « Monsieur Besson » ! Bonne lecture !

Une petite leçon de géographie ?

Bon, j’arrive après la bataille mais peu importe !

Le 26 avril dernier, Harry Roselmack évoquait la situation de la Belgique marquée par la démission d’Yves Leterme, démission transmise au roi des Belges, Albert II.

Jusqu’ici, rien de choquant.

Sauf que le « joker » de TF1 a commis une sacrée boulette comme le montre la carte ci-dessous :

 

Bon, soyons justes ! Roselmack n’est pas directement fautif, c’est plutôt le cartographe de la chaîne privée qui semble avoir quelques délicatesses avec la géographie. Qui plus est, les néerlandais ont fait de même puisque la chaîne publique NOS a intégré la province de Flandre Occidentale (De Panne, Brugge et Ostende, en clair la mer du Nord) en Wallonie. (Voir la carte ci-dessous)

De fait, il s’agit d’une sacrée bourde qui, en temps normal aurait fait rire les Belges. Toutefois, la crise politique est passé par là, signe également que les voisins de la Belgique ne comprennent décidément pas les bisbilles politiques entre francophones et néerlandophones, tellement qu’elles sont parfois difficiles à comprendre et à expliquer surtout !

Mais bon, heureusement qu’il reste des Belges qui ont le sens de l’humour si on se réfère à cette carte ci-dessous :

Et pour le plaisir, une caricature de Pierre Kroll, célèbre dessinateur belge

Coup d’éclat ou coup de pub ?

C’est avec un certain soulagement que j’ai terminé mes partiels et que je peux souffler un peu !  Qui plus est, je ne reprends les cours que ce mardi, ce qui me permet de revenir tranquillement sur mon blog et donc de coller à nouveau à l’actualité.

Arlette Chabot, directrice de l'information sur France 2 et présentatrice de l'émission "A vous de juger"

A ce propos, je voulais revenir sur l’émission « A vous de juger » de jeudi dernier qui a été marquée par le refus à la toute dernière minute formulé par Vincent Peillon de participer au débat entre le ministre des expulsions « Monsieur Besson » et la fille de… Marine Le Pen. Le député européen a finalement préférer décliner l’invitation de France 2 et la présentatrice – et accessoirement directrice de l’Information – Arlette Chabot, plantant ainsi l’émission et cette dernière plus ou moins embarrassée.

Depuis, je ne cesse de m’interroger sur l’initiative de Vincent Peillon, certains considérant comme le président du Parti de Gauche et ex-socialiste, Jean-Luc Mélenchon, qu’il a eu raison de ne pas cautionner le débat tandis que d’autres, comme le député-maire socialiste d’Evry, Manuel Valls, voient dans l’initiative de Peillon, une occasion manquée pour la gauche de s’approprier le débat et de se démarquer ainsi de la majorité et de l’extrême droite.

Vincent Peillon avait-il raison ou tort de se comporter ainsi, en annulant un débat pour lequel il a été invité dès décembre dernier et dont il connaissait les modalités ? A cette question, certains pensent qu’il aurait du venir au plateau d’ « A vous de juger » et de faire sensation en dénonçant en direct, ce qu’il convient de considérer comme un simulacre de débat.

Marine Le Pen (députée européenne non-inscrite et vice-présidente du Front national) et "Monsieur Besson" (ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale")

Car c’était bien là le problème : l’émission de jeudi dernier avait pour but de réhabiliter un ministre des expulsions haï à gauche et dérangeant à droite, n’inspirant plus la confiance des Français tant qu’il exerce des missions avec un zèle qu’on n’a plus vu depuis Vichy ! Face à Le Pen fille et à Vincent Peillon, « Monsieur Besson » aurait-eu le bon rôle, celui de modéré entre les positions racistes et extrémistes du Front national et le discours supposé angélique du Parti socialiste ! Un sacré bon rôle et un scénario de rêve pour France Télévisions escamoté par le refus du socialiste de participer au débat.

Vincent Peillon, député européen socialiste de la zone Sud-Est (Rhône-Alpes, Provence-Alpes Côte d'Azur et Corse)

Néanmoins, je m’interroge sur les réelles intentions de Vincent Peillon qui, selon ses propres dires, avait plus ou moins préparé son coup, histoire de créer un buzz, de choquer. Cela a méchamment réussi mais dans le même temps, je me demande s’il fallait faire tout ce pataquès histoire de gagner en popularité. C’est un jeu à double tranchant dans la mesure où il peut rapporter comme se retourner contre celui qui l’a initié.

Alors voyons honnêtes ! Si l’initiative de Vincent Peillon n’est pas dénuée d’un intérêt politique (voire politicien), il n’en demeure pas moins qu’elle reste audacieuse. A ce titre certains, comme Marc Vasseur, pensent que le député européen a fait une lourde faute politique, ce qui n’est pas le cas à mon sens tant que finalement il a évité au PS, de servir de caution à un débat qui n’a d’autres objectifs que de siphonner ce qu’il reste du Front national.

Décompte partiel

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel a adopté, mardi, une nouvelle règle en matière de temps de parole, remettant ainsi celle dite des « Trois tiers »

Jusqu’ici, le temps de parole des responsables politiques dans les médias était réparti selon le mode suivant : un tiers pour le gouvernement, un tiers pour la majorité et un tiers pour l’opposition. Mais dans la pratique, la proportion était plutôt 2/3 – 1/3 en détriment de l’opposition tant que la parole gouvernementale et de la majorité se regroupaient. Et ce ne sont pas les interventions de Nicolas Sarkozy, en temps que président de la République en exercice, qui facilitaient les choses, bien au contraire !

En effet, le locataire de l’Elysée a pour fâcheuses habitudes de donner son opinion sur les affaires intérieures ou celles concernant le parti qui le soutient en se montrant publiquement à une réunion de l’UMP par exemple, sans oublier les attaques destinées à l’opposition. Dès lors, on avait un mélange des genres dans la mesure où le président de la République se comporte comme un chef de parti alors qu’il est censé représenter la France et les Français et être donc au-dessus des formations politiques.

Certains diront qu’il est normal que le président de la République puisse s’exprimer quand il veut et comme il l’entend sans que cela ne soit décompté par le CSA. D’ailleurs, ces personnes citeront en exemple, des pays comme le Royaume-Uni et l’Espagne où il est normal que le chef du gouvernement puisse s’exprimer sans restriction de temps.

Or, on oublie que le chef du gouvernement britannique et le chef du gouvernement espagnol, bien que chef de partis – Gordon Brown pour le Labour et José Luis Rodriguez Zapatero pour le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) – ne sont pas chefs de l’Etat, ce qui contraste lourdement avec un président de la République qui se comporte en chef de parti et de la majorité, rôle qui devrait être assuré par le Premier ministre, François Fillon (au cas où vous aurez oublié qui c’est !). Dès lors, on assiste à un véritable déséquilibre entre la majorité et l’opposition, d’où la nécessité de revoir les règles en matière de temps de parole.

La nouvelle règle mise en place par le CSA devrait mettre fin à ce déséquilibre puisque désormais le temps de parole du président sera pris en compte pour ce qui concerne les débats nationaux. Une bonne nouvelle et une bonne mesure longtemps réclamée par le PS qui dénonçait ce curieux mélange des genres. Pour reprendre l’expression de Jean-Marc Ayrault, député-maire socialiste de Nantes, Nicolas Sarkozy n’est pas au-dessus de la mêlée, en raison de sa très forte implication dans les débats nationaux. Aussi, et dans le cadre d’une République de plus en plus présidentielle, il était logique que le temps de parole du président soit pris en compte surtout lorsque ce dernier agissait comme un chef de parti et non comme un président de la République. Cela permettra surtout d’avoir des débats politiques plus démocratiques et moins pollués par les interventions très intempestives du chef de l’Etat.

Enfin, espérons-le !

Européennes mode(s) d’emploi : Can you hear me, Europe ?[1]

A tout juste deux semaines du verdict des urnes, un constat s’impose toujours : c’est l’abstention qui ne cesse de prendre des proportions importantes, notamment chez les jeunes et en particulier ceux issus des milieux populaires.

Il faut dire que la plupart des jeunes Européens ont souvent des griefs à apporter à la construction européenne qu’ils considèrent comme souvent abstraite, compliquée et finalement bien loin de leur préoccupation notamment en matière d’emploi ou bien encore de logement sans compter les études.

Cependant, ces jeunes qui critiquent l’Europe sont les mêmes qui restent insuffisamment informés et mobilisés sur la construction européenne et ses enjeux, ce qui explique en grande partie leur faible implication.

Aussi, c’est aux institutions européennes d’aller vers ces jeunes et de leur faire comprendre de l’importance du scrutin européen notamment dans leur vie de tous les jours et c’est à ce titre que la Commission européenne s’est associée à la chaîne musicale MTV (largement diffusée sur le continent européen et notamment en anglais) pour lancer une vaste campagne publicitaire ainsi qu’un site dédié spécialement aux 18 – 25 ans et sur un thème simple : « Can you hear, Europe ? »

Parce que nous sommes les Européens de demain et parce que nous allons écrire la suite de la construction européenne, il me paraît essentiel que les jeunes que nous sommes prenions part à ce scrutin. Aussi, je vous invite à consulter le site « Can you hear me, Europe ? » (disponible dans toutes les langues officielles de l’UE) afin de vous informer sur l’enjeu des Européennes et de prendre part au vote.

En tout cas, soyons nombreux à faire entendre notre voix, en juin prochain.

Gilles

PS : voici les différents clip réalisés par la Commission pour MTV dans trois capitales européennes (Paris, Londres et Rome) et destinés aux 18 – 25 ans ainsi que le site internet dédié. Bonne lecture vidéo.

Site Internet : www.caneuhearme.eu


[1] L’Europe, tu m’entends ?