Vers une majorité absolue ?

Le premier tour des législatives a livré son verdict et ses premiers résultats.

Tout d’abord, un taux d’abstention qui atteint des sommets puisque 42% des électeurs ne sont pas déplacés pour voter et accomplir leur devoir électoral. La faute sans doute à un scrutin plus ou moins compliqué mais aussi à la périodicité de l’élection, faisant bel et bien des législatives une élection de second rang, confirmant les résultats des présidentielles et devant assurer une majorité au président nouvellement élu, et renforçant le sentiment de défiance envers les institutions et ceux qui les représentent.

La gauche parlementaire (Parti socialiste, Europe Ecologie Les Verts et Front de gauche) remporte largement le premier tour de ces législatives en recueillant près de 47% des voix, dont 35% pour le seul PS. Face à elle, la droite parlementaire (UMP et Nouveau Centre) n’obtient que 35% des suffrages exprimés, écartant de fait toute perspective de cohabitation. De son côté, le Mouvement démocrate de François Bayrou poursuit sa longue descente aux enfers en ne recueillant que 2% des suffrages, bien loin des 7% qu’il avait recueilli il y a cinq ans et marginalisant encore un peu plus le parti de François Bayrou (et son leader) de la scène politique. Quant au Front national, il recueille près de 14% des voix, soit dix points de plus qu’en 2007. Bien que le parti de Marine Le Pen ne soit pas en mesure de se maintenir dans nombre de circonscriptions au second tour, ce score s’inscrit dans la bonne dynamique de la présidentielle d’avril dernier, permettant d’exercer une pression encore plus forte sur l’UMP, cette dernière voulant limiter la casse pour le second tour.

La perspective d’une cohabitation semble complètement mise de côté comme le montre les résultats en voix mais aussi la projection en sièges où le Parti socialiste obtiendrait entre 283 et 315 sièges. Autrement dit, ce dernier pourrait facilement avoir la majorité absolue, ce qui lui permettrait d’avoir les coudées franches face notamment aux Verts mais aussi et surtout au Front de gauche. Une majorité qui n’est pas totalement acquise mais qui demeura sans doute plus large que celle obtenue par Lionel Jospin en 1997. Une telle configuration parait importante pour le gouvernement Ayrault qui se mettre à l’abri d’éventuelles pressions du Front de gauche, qui demeure l’un des grands perdants de ce premier tour.

En effet, avec 8,5% des voix, la coalition de gauche radicale menée réalise un résultat décevant et semble être en recul notamment en banlieue parisienne (et en Seine-Saint-Denis tout particulièrement) mais aussi et surtout dans le Nord, où son leader et co-président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon a été éliminé dès le premier tour face à Marine Le Pen à Hénin-Beaumont. Le patron du Front de gauche paye sans doute une campagne qu’il a voulu comme le prolongement de la présidentielle, ce qui a profité à la présidente du Front national qui semble bien partie pour être élue députée, le 17 juin prochain.

Le premier tour de la législative semble largement favorable à la gauche et tout particulièrement au Parti socialiste qui pourrait détenir la majorité absolue qu’il souhaite in fine, notamment face à une droite dont les principaux leaders sont clairement menacés. Une configuration quelque peu logique qui confirme le caractère secondaire de cette élection, à savoir qu’elle confirme le choix des Français à l’élection présidentielle, permettant ainsi au président de la République et à son gouvernement de gouverner.

Le choix de raison de François Bayrou

François Bayrou, président du Mouvement démocrate

François Bayrou a donc choisi. Il votera pour François Hollande à titre personnel, tout en laissant le soin à ses électeurs de voter librement.

Le président du Mouvement démocrate et candidat à la présidentielle a finalement tenu parole, lui avait indiqué qu’il prendrait ses responsabilités à l’issue du débat de l’entre-deux-tours entre les deux prétendants à la magistrature suprême. Un choix qui n’engage que lui, comme il aime à le rappeler, mais qui reste lourd de sens et surtout de symboles.

En appelant à voter pour le candidat du Parti socialiste et du Parti radical de gauche, à la veille d’un choix décisif pour l’avenir de notre pays, François Bayrou ne condamne pas seulement la stratégie honteuse de Nicolas Sarkozy qui consiste à récupérer vaille que vaille les voix de Marine Le Pen, mais désavoue également ses ex-amis centristes qui ont décidé de rejoindre le président sortant dès le premier tour et qui n’ont pas pipés un mot depuis le 22 avril dernier sur la droitisation de l’UMP et de son candidat. En effet, pas un mot – ou presque – de Jean-Louis Borloo, de Rama Yade ou bien encore d’Hervé Morin qui aimait pourtant rappeler à qui veut l’entendre que le Nouveau Centre, n’était pas un parti suppôt de l’UMP !

C’est d’ailleurs le second enseignement qu’il faut tirer du choix de raison de Bayrou. Celui qui consiste à rappeler que le Mouvement démocrate reste un parti centriste qui se veut indépendant en toute circonstance. Un rappel sans doute douloureux pour l’UMP et ses militants qui, avec l’habitude, ont souvent considéré le Modem comme ils considèrent le Nouveau Centre, à savoir un prolongement de l’ex-UDF, à la différence que le second s’est très vite comporté comme affidé à l’UMP. Ce qui explique sans doute les propos amers, voire méprisants de certains cadres de l’UMP à l’annonce du choix de François Bayrou, ces derniers pensant que le leader centriste finirait par rejoindre Nicolas Sarkozy, en dépit de ses attaques sans concession, histoire de compenser la stratégie très droitière de leur candidat à l’égard du Front national.

Toujours est-il que le soutien personnel de Bayrou à François Hollande n’est que la suite logique d’une vague d’appels de militants et d’élus Modem en faveur du candidat socialiste qui a eu lieu peu avant le premier tour. Soucieux avant tout de la cohésion et de l’unité de son parti, Bayrou savait qu’un choix différent aurait marqué la fin de sa carrière politique surtout quand on sait que nombre de ses cadres s’étaient déjà exprimés à titre personnel pour le candidat socialiste, sachant que leur parole, quoi qu’on en pense, a quand même un certain poids.

Le choix de raison de François Bayrou en faveur de François Hollande est donc un pari sur l’avenir. On pourrait même dire qu’il s’agit d’un choix vigilant dans la mesure où le leader du Modem pourra toujours se désolidariser de ce dernier, le moment venu, apparaissant ainsi comme un éventuel recours notamment au centre. Choisir Nicolas Sarkozy aurait été un contre-sens extraordinaire, sauf à considérer que l’UMP ait changé et soit résolument républicaine, ce dont on peut sincèrement en douter depuis un certain moment et ce qui explique la décision de Bayrou.

Caricature de Plantu, pour Le Monde

Le positionnement du leader du Mouvement démocrate constitue incontestablement une mauvaise nouvelle pour Nicolas Sarkozy qui aurait finalement souhaité que François Bayrou ne prenne pas position comme en 2007. Une attitude semblable à celle de Jacques Chirac qui en 1981 n’avait indiqué aucune consigne de vote tout en déclarant qu’il appuierait Valéry Giscard d’Estaing à titre personnel. La suite, on la connait ! Qui a dit que l’Histoire était un éternel recommencement ?

Le choix impossible de François Bayrou

François Bayrou, président du Mouvement démocrate, et candidat à la présidentielle, le 22 avril dernier lors du premier tour.

Qui de François Hollande ou de Nicolas Sarkozy, le président du Mouvement démocrate donnera son soutien, le 3 mai prochain, au lendemain du débat télévisé ?

Le candidat centriste à la présidentielle devrait en effet se déterminer pour l’un ou l’autre des deux finalistes comme il s’y était engagé durant la campagne. Aussi, souhaite-t-il prendre ses responsabilités selon ses propres mots.

En 2007, Bayrou, fort de ses 18,3%, n’avait pas donné de consigne de vote, laissant ses électeurs libres de leur choix. Une stratégie avant tout tactique dans la mesure où il existait politiquement et pouvait incarner ce « ni droite, ni gauche » qu’il avait mis en avant et lui avait permis de se démarquer, devenant le troisième homme du scrutin.

Une stratégie, si elle fut efficace lors de la campagne, s’est brusquement fracassée durant le mandat de Nicolas Sarkozy : contre-performances successives aux municipales, européennes, régionales et cantonales, dissensions et divisions très marquées au sein du Mouvement démocrate, départ de personnalités majeures tels Jean-Christophe Lagarde ou bien Corinne Lepage, remise en cause du leadership de François Bayrou… autant d’éléments qui ont pesé sur la stratégie du parti centriste et sur son influence dans la vie politique française.

Avec seulement 9,11% des voix au premier tour du scrutin du 22 avril dernier, le Modem et son leader se retrouvent bel et bien affaiblis et n’étant pas tellement en mesure de peser sur l’élection du futur président de la République même si le candidat centriste se donne quelques illusions, comme la fameuse lettre qu’il a adressé à Hollande et Sarkozy. François Bayrou le sait et tente d’exister politiquement en s’engageant à soutenir l’un ou l’autre des deux prétendants à l’Elysée. Or, il est fort à parier que l’actuel député des Pyrénées-Atlantiques ne donne pas de consigne de vote, pour des raisons somme toute évidente.

En effet, appeler à voter soit pour François Hollande, soit pour Nicolas Sarkozy n’est pas sans risque. En appelant à voter en faveur du candidat socialiste, le patron du Mouvement démocrate risque de voir la cohésion de son mouvement mis à mal, entre ceux qui soutiennent publiquement Hollande (comme Jean-Luc Benhamias, actuel député européen) et ceux qui, comme Jean Arthuis, se rangent derrière Nicolas Sarkozy. De l’autre côté, soutenir Nicolas Sarkozy relevait du suicide politique, Bayrou ayant eu des propos et des mots bien durs envers la politique de ce dernier menée durant ces cinq dernières années. Qui plus est, il ne manquerait pas d’être décrédibilisé notamment envers celles et ceux qui ont été séduit par son discours d’indépendance en 2007.

Aussi, il est peu probable que François Bayrou appelle franchement à voter en faveur de Hollande ou de Sarkozy même s’il n’hésite pas à critiquer ouvertement la stratégie de droitisation du président sortant, parti à la chasse aux voix de Marine Le Pen. Quand bien même, si Bayrou indiquait une préférence, il est également peu probable qu’il sera suivi par ses électeurs. Une telle position est loin d’être confortable politiquement parlant dans la mesure où cela renforce la marginalisation du Modem, lui qui se voyait pourtant comme la nouvelle force politique capable de remettre en cause le match habituel gauche – droite. Une ambition respectable et qui aurait eu de tout son sens si seulement nous étions sous un régime parlementaire et non semi-présidentiel.

C’est bel et bien à un choix impossible auquel est confronté François Bayrou qui en raison de son score et de son poids politique n’aura pas d’autres solutions que de préférer sa marginalisation plutôt que la mise en péril de son parti. C’est au contraire tout l’intérêt de l’homme notamment en cas de turbulences au sein de l’UMP, consécutive à une éventuelle défaite de Nicolas Sarkozy. Autrement dit, en profiter pour récréer un grand pôle centriste à l’instar de l’UDF des années 1980 à 2000, à côté d’une UMP en plein règlements de comptes. Raison pour laquelle, il restera sans doute silencieux, histoire de ne pas insulter l’avenir !

L’étrange proposition de François Bayrou

François Bayrou, candidat du Mouvement démocrate à la présidentielle

François Bayrou a fait une proposition pour le moins étrange.

Le candidat du Mouvement démocrate (Modem) pour la présidentielle a récemment proposé que son parti, le Parti socialiste et l’UMP se rencontrent et se mettent éventuellement d’accord à propos de Marine Le Pen et de son problème de parrainages.

Pour rappel, le système des parrainages est un passage obligé pour tout candidat ou candidate qui souhaite se présenter à l’élection présidentielle française. Instauré en 1962, en même temps que l’instauration de l’élection du président de la République au suffrage universel, il consiste à recueillir au moins cinq cents signatures d’élus locaux – essentiellement des maires –, condition sine qua none pour être autorisé à se présenter à la magistrature suprême.

Un système censé à l’origine d’éviter les candidatures farfelues dans l’esprit même du Général de Gaulle et que s’il favorise les grands partis, semble handicaper les petits formations malgré le nombre d’important de maires présents sur l’Hexagone (soit plus de 36 000).

C’est notamment le cas de Marine Le Pen qui malgré le fait qu’elle recueille entre 15 et 17% d’intentions de vote peine à obtenir ces fameux parrainages. La faute à la très faible présence d’élus locaux du Front national à la différence du Parti socialiste, de l’UMP et du Modem qui peuvent s’appuyer sur un réseau un peu plus étoffé et surtout discipliné.

Depuis, Marine Le Pen crie au complot et dénonce un système qui selon elle est délibérément verrouillé au profit des autres grandes formations politiques. Cette accusation n’est pas nouvelle en soi, Jean-Marie Le Pen en son temps criant également au scandale, ce qui n’avait pas empêché ce dernier à obtenir finalement ses parrainages et donc se présenter à l’élection suprême, exception faite de 1981.

Aussi, on pourrait penser que la proposition de Bayrou est complètement désintéressée et qu’elle est uniquement motivée par esprit de démocratie, le respect de la liberté d’expression et du pluralisme. Il n’en est rien tant que ce dernier semble craindre une absence du leader du Front national du scrutin présidentiel que le contraire.

De fait, Marine Le Pen absente, c’est renforcer l’idée que le système des parrainages est bel et bien anti-démocratique et qu’il profite réellement au grands partis traditionnels français. Une idée que la candidate frontiste ne manquera pas d’exploiter à son avantage notamment dans le cadre des prochaines législatives où le parti d’extrême droite prendra à coup sur sa revanche en tirant notamment à boulets rouges contre l’UMP qui sera considérée (à tort ou à raison) comme la principale responsable.

Qui plus est, si François Bayrou s’inquiète du sort de Marine Le Pen, c’est davantage pour apparaître comme un véritable démocrate, un véritable chevalier blanc face à un PS et une UMP accusés de jouer les magouilleurs au nom de la sauvegarde de leurs intérêts. En clair, il s’agit de mettre le principal parti de gauche et celui de droite au pied du mur face aux Français.

Pour l’heure, l’UMP comme le PS ont fait une fin de non-recevoir à la proposition de Bayrou et de son côté, Marine Le Pen a fait de même, considérant qu’elle n’avait pas à « appeler à l’aide » bien qu’elle ait salué le « comportement républicain » du patron du Modem. Toujours est-il que la polémique actuelle sur la question des parrainages pose, comme à chaque élection présidentielle, la question sur la pertinence d’un tel système qui ne cesse de montrer ses limites malgré ses bonnes intentions initiales.

Balle au centre

Hervé Morin, ancien ministre de la Défense (2007 - 2010) et président du Nouveau Centre et François Bayrou, député des Pyréenés-Atlantiques et président du Mouvement démocrate. Tous deux candidats à la présidentielle

Jeudi dernier, François Bayrou, député des Pyrénées-Atlantiques et président du Mouvement démocrate (Modem) a annoncé sa candidature à la présidentielle tout comme l’ancien ministre de la Défense et président du Nouveau Centre, Hervé Morin hier.

Deux candidatures qui ne surprennent personne tant elles étaient attendues depuis de plusieurs semaines, pour ne pas dire mois. En effet, l’un comme l’autre ne faisait guère mystère de leur intention de représenter les valeurs et les idées centristes à la présidentielle, histoire de rappeler qu’il existe bien et toujours une famille centriste en France.

La candidature de Bayrou et de Morin suscite peu d’enthousiasme et beaucoup de scepticisme en particulier en ce qui concerne le second. De fait, nombreux sont les amis de l’ancien ministre de la Défense qui considère qu’Hervé Morin réalise une erreur majeure en se présentant à une élection où il ne recueille jusqu’à présent d’1% des intentions de vote. D’où les critiques à peine voilée de l’ambitieux Jean-Christophe Lagarde, député-maire de Drancy (Seine-Saint-Denis) mais surtout numéro deux du Nouveau Centre qui ironise sur l’annonce et l’impact de la candidature de son patron (ça promet !) sans oublier le silence radio de Jean-François Sauvadet et de Maurice Leroy, également membres du Nouveau Centre mais aussi membres de l’actuel gouvernement Fillon (ce qui explique sans doute leur silence du coup !)

Jean-Christophe Lagarde, député-maire de Drancy (Seine-Saint-Denis) et numéro deux du Nouveau Centre

Même son de cloche du côté de François Bayrou dont les soutiens ne se bousculent pas au portillon. Il faut dire que celui qui avait réalisé un score de 18,3% à la présidentielle de 2007 a vu le nombre de ses partisans fondre comme neige au soleil, sans doute déçus par le fonctionnement du Modem mais aussi la stratégie mise en place par son président, le fameux « ni droite, ni gauche ! » Alors que le Modem était justement conçue pour être une machine de guerre, une machine de conquête de pouvoir, la voici désormais bien rouillée et surtout sans soutiens, ce qui risque d’être problématique pour un François Bayrou qui part à la bataille présidentielle bien tout seul.

 Toujours est-il que la candidature de Bayrou et de Morin relance la fameuse guerre du Centre et ce sur fond de rivalités entre les deux protagonistes. En effet, derrière ces deux candidatures se cache une véritable guerre des ego entre deux hommes qui se détestent cordialement, l’un pensant avoir été trahi par l’autre. L’un comme l’autre pense incarner le centre et les valeurs humanistes qui vont avec et l’un comme l’autre pense incarner cette fameuse troisième voie que la France attend depuis de nombreuses années.

Mais l’un comme l’autre oublie qu’ils sont plus ou moins discrédités et qu’ils ont plus ou moins décrédibilisé le centre au lieu d’en faire une véritable force politique. Ainsi si François Bayrou a bradé le Mouvement Démocrate avec sa désastreuse stratégie « ni droite, ni gauche », Hervé Morin a réussi l’exploit de ressusciter l’UDF version Giscard d’Estaing en créant un parti qui a gouverné et qui gouverne toujours avec l’UMP tout en prenant le soin de critiquer l’agité de l’Elysée, afin de mieux être dans la posture.

Aussi, deux candidatures qui sont plutôt l’expression d’une guerre des ego plutôt que par la volonté de proposer une nouvelle direction pour notre Hexagone. Une fois encore, le centre est dispersé et partagée entre une stratégie d’indépendance et une stratégie d’alliance sur l’échiquier politique. Pas sur que la présence de Bayrou et de Morin suffira pour assurer l’existence politique de la famille centriste sans compter qu’un score décevant pourrait bien signifier la mort politique des deux prétendants qui ont finalement beaucoup plus perdre qu’à gagner !

 

Le centre en ordre dispersé (suite)

La guerre du Centre est-elle en train de repartir de plus belle ?

Depuis leur départ plus ou moins forcé du gouvernement, Jean-Louis Borloo et Hervé Morin veulent sonner la révolte des centristes ralliés à l’UMP et à Nicolas Sarkozy. Très vexés d’avoir été maltraités par l’agité de l’Elysée, ils réunissent respectivement leurs troupes afin de décider de la stratégie à adopter pour la suite dans la perspective de 2012.

François Bayrou, président du Mouvement démocrate (dans l'opposition), Jean-Louis Borloo, président du Parti radical valoisien (associé à l'UMP) et Hervé Morin, président du Nouveau Centre (allié à l'UMP), tous trois issus de l'UDF

Une rébellion qui amuse fortement le président du Mouvement démocrate et ancien candidat à la présidentielle, François Bayrou. Pas peu fier d’avoir prévenu ses anciens amis de l’UDF, l’actuel député des Pyrénées-Atlantiques s’est montré sceptique face à la nouvelle attitude des centristes de l’UMP et des néo-centristes ralliés au président de la République. Pour lui, ils ont beau jouer les offusqués, être énervés d’avoir été les dindons de la farce (notamment Jean-Louis Borloo, et on peut le comprendre !), il n’en demeure pas moins qu’ils restent encore liés à la majorité.

Ainsi le Parti radical valoisien, la formation présidée par Jean-Louis Borloo, qui est toujours associée à l’UMP et qui n’est pas disposée à couper les ponts tant qu’elle a besoin du parti sarkozyste pour conquérir des sièges de députés ou bien encore élu local. Même chose pour le Nouveau-Centre d’Hervé Morin qui malgré sa volonté de créer une « confédération du Centre » reste encore liée à l’UMP aussi bien sur le plan local que national.

Les centristes ralliés à la majorité souffrent d’un sérieux problème : celui d’être entré dans le gouvernement ou bien d’avoir rallié l’UMP dès 2002, avec les succès que l’on connait. En l’espace de huit ans, le centre-droit incarné par l’UDF et qui était l’allié indispensable du RPR d’alors a réussi l’exploit de se désintégrer et de se disperser entre le Modem, l’UDF sarkozyste (c’est-à-dire le Nouveau Centre), l’UDF historique (c’est-à-dire les nostalgiques de Valéry Giscard d’Estaing tel que le sénateur et ancien ministre Jean Arthuis) et les centristes membres de l’UMP depuis sa création comme Jean-Pierre Raffarin ou… Jean-Louis Borloo.

Hervé Morin, ancien ministre de la Défense (mai 2007 - novembre 2010) quittant son ministère sous les yeux de son successeur, Alain Juppé, le 15 novembre 2010

De ce fait, et à force d’émiettement, ils ont perdu toute crédibilité politique et passent leur temps dans des guerres d’ego tout en affirmant, à qui veut l’entendre, leur volonté de recréer la grande famille centriste. Car si Hervé Morin veut sa « confédération du Centre », il n’est certainement pas prêt à se rabibocher avec François Bayrou, l’ancien bras-droit de ce dernier tout comme le leader du Modem pensant très fortement à la présidentielle de 2012. Et ce d’autant plus que c’est ce même Hervé Morin qui déclarait en novembre 2009 devant un amphi blindé à Sciences Po Grenoble, sa volonté de présenter une candidature centriste pour cette élection.

Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie de juin 2007 à mai 2010

Pour ma part, je ne peux m’empêcher de sourire lorsque je vois les centristes de la majorité se rebiffer alors qu’ils n’ont à aucun moment (ou alors à quelques rares exceptions près) fait entendre leur spécificité. Les centristes menés par Hervé Morin et Jean-Louis Borloo, on les connaît ! Ils jouent les offusqués, les rebelles, s’insurgent d’avoir été mis à la porte mais donneront volontiers leur voix à l’agité de l’Elysée le moment venu (en échange de quelques ministères et quelques circonscriptions gagnables, histoire de créer un groupe parlementaire). Une situation qui est même tout bénéfice pour le chef de l’Etat qui verrait finalement une candidature néo-centriste, histoire de se constituer une réserve de voix pour la second tour.

Finalement, celui qui semble être le plus cohérent reste François Bayrou, le président du Modem. Même si sa stratégie du « ni droite, ni gauche » s’avère catastrophique, il peut toujours se consoler en se targuant de ne pas s’être compromis en refusant la main tendue de l’UMP et de Nicolas Sarkozy. A même se demander si son sort est finalement plus enviable que celui de Borloo et de Morin !

Mais bon ! Reste à voir si cette rébellion des centristes de la majorité marque un véritable tournant ou n’est encore qu’une énième (im)posture !

Le monde merveilleux (et étrange) du Modem !

Tiens le Modem existe toujours !?

François Bayrou, député non-inscrit des Pyrénnées Atlantiques et président du Modem

En tout cas, il semblerait que cela soit le cas, François Bayrou ayant lancé il y a quelques jours une initiative pour le moins curieuse.

Ainsi, a-t-il lancé son propre gouvernement. Enfin, je devrais dire un gouvernement parallèle, un shadow cabinet à l’instar de ce qui existe au Royaume-Uni. Une vingtaine de personnes présente dans son équipe et dont les membres sont chargés de suivre la politique menée par le gouvernement mais surtout de faire des contre-propositions.

Dès lors, on retrouve pêle-mêle la fidèle Marielle de Sarniez, en charge des Affaires étrangères, Jean-Luc Bennahmias pour la culture, la jeunesse et les sports, Yann Werhling en charge de l’écologie ou bien encore Sylvie Goulard pour les questions européennes. Un gouvernement parallèle qui comme il se doit, sera sous la conduite de François Bayrou himself qui s’octroie le plus beau rôle : se mettre à l’égal de notre agité de l’Elysée !

Les membres du shadow cabinet du Modem

Lancé en grandes pompes, ce shaodw cabinet suscite des réactions allant du scepticisme – au mieux – à la raillerie – au pire – si on interroge nos chers analystes politiques et autres chroniqueurs. Ainsi, Yann Barthès ne râte jamais une occasion pour se moquer de ce gouvernement parallèle qui donne l’impression qu’il existe bien mais dans un monde parallèle au notre.

De fait, l’idée du shadow cabinet n’est pas si absurde en soi pourvue qu’elle permette de dégager des propositions. Qui plus est, elle doit se faire dans un cadre institutionnel précis. Le cas britannique est sans doute le plus intéressant dans la mesure où ce gouvernement parallèle est officieusement reconnu au sein de la chambre des Communes. Il y a en effet une véritable confrontation entre majorité et opposition, ce qui rend le débat et l’échange encore plus vif et intéressant.

Cependant, j’ai bien peur que le shadow cabinet version Bayrou connaisse le même sort que celui initié par les députés socialistes il y a trois ans, c’est-à-dire un bide complet. Déjà en 2007, certains camarades s’interrogeaient sur l’opportunité d’avoir un cabinet parallèle au sein de l’Assemblée, étant donné qu’il s’agit d’une tradition bien anglo-saxonne à la base. Qui plus est, l’initiative de François Bayrou, à un an et demi de la présidentielle d’avril 2012 n’a sans doute que pour objectif d’avoir une visibilité politique et d’exister politiquement. En clair, Bayrou fait ce qu’il a toujours su faire de mieux, c’est-à-dire dans la posture et les effets d’annonce.

François Bayrou en compagnie de Marielle de Sarnez, députée européenne, vice-présidente du Modem et membre du shadow cabinet en charge des Affaires étrangères

Aussi, le shadow cabinet du Modem sert d’alibi pour un homme qui est obnubilé par la présidentielle de 2012 au point de ne se servir de son parti (du moins ce qu’il en reste) comme un faire-valoir. Son idée de shadow cabinet aurait eu de sa pertinence si seulement il y avait été lancé à un moment où le Modem avait un sérieux potentiel pour remettre en cause la dualité PS – UMP et ce, avec des personnalités de premier plan qui avaient rejoint le parti de Bayrou et qui était souvent écoutées par l’opinion publique comme Eva Joly ou bien encore Corinne Lepage. Avec uniquement des seconds couteaux, le shadow cabinet du Modem a de fortes chances de n’exister que dans le but d’amuser la galerie et de permettre au monde merveilleux de Bayrou d’avoir encore un avenir dans la perspective de 2012. C’est peut-être le but recherché mais après il ne faudra pas que Bayrou s’étonne de sa marginalisation au sein de l’échiquier politique de notre pays.

Le naufrage (démocrate)

Corinne Lepage, députée européenne ADLE, vice-présidente (démissionnaire) du Modem

Ce matin, Corinne Lepage, vice-présidente fondatrice du Modem et président du mouvement écologiste Cap 21, a annoncé sa démission du parti de François Bayrou et son intention de se rapprocher d’Europe Ecologie, intentions qu’elle soumettra au vote des adhérents de Cap 21 lors de son congrès de mai prochain.

Il faut dire que la rupture était consommée depuis un certain temps déjà, l’ancienne ministre de l’environnement de Jacques Chirac et candidate à la présidentielle de 2002 marquant de plus en plus ses distances avec le leader du Modem et ce, dès le lendemain des présidentielles. Ces critiques n’étaient plus feutrées ou dissimulées comme j’ai pu le constater lors de la soirée électorale de dimanche dernier où elle se désolait du piètre score du Modem (moins de 5% des voix) mais aussi de la stratégie à courte-vue de Bayrou. Résultat des courses (et sans doute cohérente avec elle-même et dans sa réflexion), elle a préféré jeter l’éponge et quitter un navire qui est en train de couler.

François Bayrou, président du Modem, à son bureau de vote lors du premier tour des régionales, dimanche dernier

Le cas Lepage est finalement assez révélateur de la position dans laquelle se trouve François Bayrou qui semble plus isolé que jamais au sein de la maison Modem. Les critiques ne cessent de fuser notamment auprès de militants sincères qui n’ont pas attendu le naufrage et le départ de Lepage pour s’en aller vers d’autres (et meilleurs) cieux : ainsi des copains démocrates à Sciences Po Grenoble ont tout simplement préféré rejoindre d’autres partis notamment à gauche comme le Mouvement Républicain et Citoyen de Jean-Pierre Chevènement mais également le Parti socialiste (qui a dit qu’il n’était plus attractif ? MDR)

Toujours est-il qu’il s’agit là d’un véritable gâchis dans la mesure où le Modem aurait pu vraiment apporter quelque chose de neuf au sein de l’échiquier politique hexagonal même s’il faut bien avouer que le parti de Bayrou reste bien peu avantagé par un système électoral qui favorise assez nettement les deux principaux partis que sont l’UMP et le PS ainsi qu’un jeu d’alliances primordial pour exister politiquement. Les néo-centristes emmenés par Hervé Morin l’ont bien compris en préférant se rallier à Nicolas Sarkozy quitte à devenir les suppôts de l’UMP. Stratégie dont ils sont doublement bénéficiaires à l’arrivée puisque non seulement ils arrivent à avoir des élus à tous les niveaux et en nombre suffisant mais à pouvoir se constituer une base électorale nécessaire capable d’exister mais aussi rivaliser avec l’UMP le moment venu.

Corinne Lepage en compagnie de François Bayrou et de Marielle de Sarnez

François Bayrou a cru que les 18% qu’il avait réalisés à l’élection présidentielle d’avril 2007 marquerait le tremplin et l’ouverture d’une troisième voie qu’il incarnerait. La voie humaniste aurait été parfaite pour le Béarnais si seulement il n’était pas grisé par son succès de 2007 résultat d’un rejet de Royal et de Sarkozy. Une erreur de diagnostic fatale dans la mesure où il a fait l’économie d’une réflexion idéologique primordiale pour son mouvement et ce n’est pas le Manifeste humaniste – qui arrive bien tard d’ailleurs ! – qui change quoi que cela soit !

Dès lors, nul ne sait comment François Bayrou va se tirer de cette impasse mais bon, le mal est déjà fait et le député des Pyrénées-Atlantiques ne peut qu’être le seul responsable de sa propre situation. Bien dommage pour les militants sincères du Modem ! (Enfin, ceux qui restent !)

Orange amère

Je suis certes en vacances mais je dois bien vous avouer que j’ai souffre d’insomnies ces temps-ci. Hé oui ! Trop de projets et de choses dans la tête. Néanmoins, j’en profite pour rédiger un nouveau billet sur mon blog avant de rejoindre enfin mon lit.

François Bayrou, lors du congrès du Modem à Arras (Pas de Calais), en novembre 2009

Et puisque j’ai une insomnie – au moment où j’écris cet article, il est tout bonnement 4 heures 20 du matin – j’en profite pour parler du Modem et de François Bayrou, un Modem plus ou moins en perdition ces temps-ci. A trois semaines et demi des régionales en effet, le parti centriste de l’ancien candidat à la présidentielle continue sa chute libre dans l’électorat. Il est en effet crédité de 4 à 5% des intentions de vote et peine véritablement à décoller.

La faute à qui ? A un François Bayrou qui joue, selon ses détracteurs, trop perso et qui cherche à tout contrôler ? A un mouvement qui est incapable de faire des propositions alternatives et crédibles, se contentant de crier son fameux slogan « Ni de droite, ni de gauche » ? Ou bien alors, à ses propres candidats qui, à l’instar d’Azouz Begag en Rhône-Alpes, font plus ou moins de la figuration ?

C’est un peu un mélange de tout quand on sait que le Modem reste un parti pensé par François Bayrou et pour ce dernier. A son origine, le Mouvement démocrate devait transformer l’essai des 18,5% réalisés par l’ancien patron de l’UDF le 22 avril 2007 au premier tour de la présidentielle. A cette date, nombreux furent ceux qui ont véritablement cru au discours du Béarnais qui au lendemain de l’élection avait déclaré que la manière de faire de la politique ne sera plus jamais la même en France.

Corinne Lepage,ministre de l’environnement sous le gouvernement d’Alain Juppé (1995 – 1997), candidate à la présidentielle de 2002, présidente de Cap 21 (une des composantes du Modem) et actuelle députée européenne ALDE, aux côtés de François Bayrou lors des Européennes (www.20minutes.fr)

Or, les espérances des électeurs de Bayrou sont à la hauteur de leur déception, c’est-à-dire immenses et surtout à l’image du Modem d’aujourd’hui, c’est-à-dire floues. Le Modem semble bien en panne aujourd’hui et ses principaux cadres et militants quittent peu à peu le navire Bayrou. Ainsi au niveau national, Corinne Lepage, député européenne ADLE, ne cache plus ses critiques plus ou moins acerbes vis-à-vis du patron du Modem. Sur le plan local, ses choix et sa stratégie sont ouvertement critiquées. Ainsi, en Rhône-Alpes, Azouz Begag, tête de liste pour les régionales est loin de faire l’unanimité et nombreux sont ceux qui dénoncent un choix pris depuis Paris, bien loin des spécificités locales. Spécificités qui auraient conduit à la candidature de Michel Mercier, conseiller général du Rhône et ancien Trésorier du Modem mais qui a rejoint le gouvernement à l’été dernier.

Avec 4 – 5% d’intentions de vote aux régionales des 14 et 21 mars prochain, le Modem s’enfonce encore un peu plus dans une dépression provoquée par François Bayrou lui-même à force d’autisme et de manque de sens politique. Il apparaît désormais plus comme une force d’appoint qu’un mouvement capable de donner un sens à son credo « Ni droite, ni gauche ». Dommage, car un travail somme toute idéologique aurait pu servir et éviter que les militants démocrates (du moins ce qui en reste !) mangent une orange… amère !

Mais qui va garder l’UDF ?

Hervé Morin, ministre de la Défense et président du Nouveau Centre.

Hervé Morin, le ministre de la Défense et président du Nouveau Centre, a un rêve : celui de ressusciter l’UDF de Valéry Giscard d’Estaing avec la bénédiction de l’intéressé, président de la République de 1974 à 1981. Pour ce faire, il doit organiser une convention au sein de son parti, ce samedi, afin de proposer le changement de nom qui devrait être effectif courant 2010.

Or, il y a un petit problème – et non des moindres ! François Bayrou est le propriétaire intellectuel de l’UDF, membre fondateur du Mouvement démocrate qu’il a fondé en décembre 2007 dans la foulée des présidentielles et des législatives. C’est du moins ce qu’il prétend puisque dans la foulée, Hervé de Charrette – ministre des Affaires étrangères de 1995 à 1997 et qui vient juste de quitter l’UMP qu’il juge trop à droite pour le Nouveau Centre – a récemment déclaré qu’il avait déposé le nom « UDF » en 2004 au sein de l’Institut national de la propriété intellectuelle (INPI). « Je voulais protéger les intérêts de la famille centriste et ceux de Giscard dans une atmosphère de querelles politiques. C’était un acte de préservation de notre patrimoine politique » a-t-il dit récemment à l’AFP.

Depuis, on assiste à une sacrée foire d’empoigne entre deux frères ennemis comme la famille centriste sait s’y prendre et dont elle a le secret. Car François Bayrou et Hervé Morin se veulent tous les deux les héritiers de la tradition centriste en France surtout depuis 2007 et les fameux 18% réalisés par le premier à la présidentielle. Le Modem comme le Nouveau Centre considèrent qu’ils sont la continuité de l’UDF et le second, qui peine à exister politiquement sur la scène nationale et notamment vis-à-vis de l’UMP.

François Bayrou, député des Pyrénnées-Atlantiques et président du Modem et Hervé Morin, ministre de la Défense et président du Nouveau Centre durant la campagne présidentielle de 2007.

Car c’est sans doute cela qui pousse le Nouveau Centre d’Hervé Morin à vouloir reprendre l’appellation « UDF » et d’en contester ainsi la légitimité au Modem qui lui ne connait pas des difficultés pour se faire connaître sur l’échiquier politique. De l’aveu même d’Hervé Morin, peu de gens connaissent le Nouveau Centre et identifient ses membres comme étant affilés à l’UMP sarkozyste pour ne pas dire plus. En manque de reconnaissance et surtout d’espace politico-médiatique, la petite formation du ministre de la Défense tente ainsi une sorte de hold-up, indispensable à sa survie vis-à-vis de l’UMP.

Car difficile à mon sens de faire la distinction entre l’UMP sarkozyste et des cadres centristes qui ont préféré sauvegarder à tout prix leur carrière politique en ralliant Nicolas Sarkozy il y a deux ans et demi. L’initiative du Nouveau Centre n’a que pour objectif d’élargir son espace sur l’échiquier afin d’attirer tous les déçus du sarkozysme (tel Hervé de Charrette, par exemple) mais aussi les dégoutés du Mouvement démocrate en leur promettant de leur faire revenir les meilleures années du Giscardisme avec la résurrection de l’UDF.

Pour autant si ressusciter l’UDF se résume à être les éternels godillots de l’UMP (qui se définit elle-même comme un parti de la droite et du centre), je conseille à Hervé Morin de laisser le Nouveau Centre en l’état d’autant plus que l’UMP se fait à un malin plaisir à marginaliser sa principale alliée, chaque jour que Dieu fait !