Edito n°5

Ces jours derniers, la campagne des municipales et des cantonales m’ont pris un temps fou et je n’ai pas pu me consacrer entièrement à mon blog. Les élections étant terminées, je peux enfin livrer mon cinquième édito.

Reparlons des municipales justement. Les choses sont désormais claires : « pris au piège » selon L’Express, le président de la République doit tirer les conclusions du vote du 16 mars dernier – qui a vu la gauche remporter 40 villes de plus de 100 000 habitants – et assumer ses dires. En effet, il faudrait rappeler au chef de l’Etat que c’est bien lui qui voulait en janvier dernier « politiser le scrutin » des municipales. Vœu respecté puisque nos concitoyens lui ont rappelé, entre autres, ses promesses sur le pouvoir d’achat (pardon ! L’augmentation du pouvoir d’achat). Résultat des courses, si on ne peut pas tout à fait parler de désaveu, il est en revanche, indéniable qu’il s’agit bel et bien d’un avertissement. Dès lors, force est de constater que le style « bling-bling » et « m’as-tu vu » de Nicolas Sarkozy a fini par lasser dans un contexte où les difficultés de nos compatriotes n’en finissent pas de plomber le quotidien de ces derniers.

Toutefois, force est de constater que Nicolas Sarkozy s’est tiré une balle dans le pied en prononçant à l’envie le mot « rupture » ! C’est sans doute un mot alléchant en période de campagne présidentielle, mais c’est une véritable publicité mensongère une fois l’élection passée. Dix mois après, on attend toujours la rupture et si le président de la République veut finalement changer, il risque bien de se chiraquiser et adopter des mesures qui ressembleront à des réformettes au mieux, à de l’immobilisme au pire !

Le rapport Attali en est l’exemple même. En février dernier, il préconisait la libéralisation de la licence des taxis. Que font les chauffeurs ? Ils menacent de mener des opérations « coup de poing ». Que fait le gouvernement Fillon qui promettait tant de ne pas céder dans l’intérêt des réformes ? Elle enterre la proposition Attali pour mieux rassurer son électorat !

Il est de même pour la Françafrique, et là c’est plus grave. Jean-Marie Bockel, alors secrétaire d’Etat chargé de la coopération et de la Francophonie avait demandé que Nicolas Sarkozy signe l’acte de décès de celle-ci, conformément à sa promesse présidentielle. Réponse du chef de l’Etat : Bockel devient secrétaire d’Etat… aux Anciens combattants sous les hourras du président de la République du Gabon qui s’est satisfait de ce remaniement. Si Nicolas Sarkozy n’a pas les c******* pour changer véritablement de cap à propos des relations franco-africaines, cela montre tout simplement que son discours reste tout simplement du vent et que la France se contente d’être un pays suiveur.

Dix mois après l’élection de Nicolas Sarkozy, il devient désormais clair que le président de la République n’a pas la carrure d’un chef d’Etat. Certains diront que j’exagère et qu’il y a encore pas mal de choses à faire en quatre ans. Mais à quoi sert un bon stratège si on devient après un président médiocre ? La France mérite mieux que cela, bien mieux !

Aussi, la victoire de mon parti, dimanche dernier, doit permettre à ce dernier de poursuivre son renouvellement politique et idéologique. D’ailleurs, je ne peux que me réjouir de l’attitude adoptée par les responsables du PS, il y a une semaine. Une attitude sereine mais non arrogante ou triomphaliste. C’était l’une des conditions pour ne pas reproduire l’erreur de 2004. L’attitude modeste des ténors du parti montre que tout reste encore à faire au sein de la gauche afin que celle-ci unie, puisse être au rendez-vous de 2012.

Et elle y sera.

Retour sur les municipales

Vous l’aurez compris, je me suis essentiellement occupé de la campagne des municipales et des cantonales pour le compte du Nouvel Observateur. Une aventure humaine et « professionnelle » de deux mois qui m’a pas mal lessivé sur la fin même si cela fut une sacrée expérience. Dès lors, je n’ai pas pu me pencher, en tant que militant, sur bon nombre de sujets notamment en Seine-Saint-Denis.

Toujours est-il que je suis très satisfait du résultat de ces municipales qui marquent, quoi qu’en dise l’exécutif, un avertissement pour le pouvoir. Ainsi, des villes comme Strasbourg, Toulouse et Périgueux retombent dans l’escarcelle de la gauche, cette dernière confirme à Paris et Lyon et elle est même plébiscitée à Grenoble ou bien encore Lille.

Gilbert Roger, maire de Bondy, premier vice-président du conseil général de Seine-Saint-Denis en compagnie de son épouse Krystina (à gauche), conseillère régionale et de Sylvine Thomassin, conseillère générale et première adjointe du maire de Bondy

En ce qui concerne la Seine-Saint-Denis, je suis très ravi de la victoire de Gilbert Roger et de Sylvine Thomassin aux cantonales à Bondy, victoire d’autant plus méritée que Sylvine est une femme de terrain, de convictions et surtout disponible. La chef de file UMP Georgia Vincent n’a décidément rien compris aux enjeux et préoccupations de notre ville et ferait bien mieux de rester quelques temps en notre compagnie au lieu de découvrir la 10ème ville du département à chaque élection. A titre personnel, je considère que tant que Mme Vincent restera la patronne de l’UMP Bondy, le PS et Gilbert Roger auront encore de beaux jours devant eux ! (RIRES)

Gilbert Roger, en compagnie de Claude Bartolone, président du conseil général.

La sacrée performance de Gilbert et Sylvine me réjouit d’autant plus que ces derniers représenteront au mieux les intérêts de Bondy et de la Seine-Saint-Denis par extension, aux côtés de Claude Bartolone. Pour la première fois depuis la création du « 9 – 3 », les socialistes sont majoritaires et prendront la présidence de l’assemblée départementale, ce qui est historique. Qui plus est, je suis très content que l’ancien ministre délégué à la Ville sous le gouvernement Jospin prenne cette responsabilité. A ses côtés, Gilbert est tout aussi présent puisqu’il est premier vice-président. Cette équipe impulsera une autre image à notre département, ce qui ne peut être que bénéfique pour ce dernier.

Michel Destot, député-maire de Grenoble en compagnie de Christine Crifo (vice-présidente du conseil général de l'Isère), Geneviève Fioraso (adjointe au maire et députée) et de Jacques Chiron (adjoint au maire et élu conseiller général)

Enfin, il y a évidemment Grenoble, capitale du Dauphiné et des Alpes. Dimanche dernier, Michel Destot a réalisé un très beau score dans le cadre d’une triangulaire qui l’opposait à l’UMP, menée par Fabien de Sans Nicolas et aux Verts, conduits par Maryvonne Boileau. Le député-maire a réalisé le « coup du chapeau » en étant élu pour la troisième fois consécutive à la mairie. C’est avant tout la conséquence d’un travail de terrain au service de Grenoble et des Grenoblois. Motion spéciale également pour Jacques Chiron et Alain Pilaud qui ont conquis les cantons 4 et 2 de la ville, historiquement ancrées à droite depuis des années avec à leur tête, des proches notoires d’Alain Carignon, le président de l’UMP Isère.

Les municipales et les cantonales sont un avertissement clair à la politique menée par Nicolas Sarkozy qui a l’air de faire preuve d’autisme. Qu’à cela ne tienne, l’opposition est présente ! Bien présente notamment dans les villes et les départements.

La gauche rassemblée derrière Gilbert et Laurent

Gilbert Roger en compagnie de Philippe Gugliemi, président du conseil fédéral du PS et de Claude Bartolone (de dos) lors de la réunion publique d'hier soir (Photo prise de mon téléphone portable)

Hier soir, j’ai assisté à la réunion publique de Gilbert Roger, candidat à sa propre succession à la mairie de Bondy réunion dans laquelle étaient présents la plupart de ses colistiers, les principaux partis de la gauche ainsi que Claude Bartolone – qui vise la présidence du Conseil général de Seine-Saint-Denis – Pascal Popelin, ancien premier secrétaire fédéral du PS et candidat à la mairie de Livry-Gargan, d’Elisabeth Guigou, et l’ancien Premier ministre (1984 – 1986) Laurent Fabius.

Une réunion publique qui fut courte, simple et enthousiasmante. Curieusement, Gilbert n’a pas énormément parlé. Au contraire, il a laissé la parole à deux de ses colistiers (Stéphane Clee pour le PCF et Patrick Sollier pour les Verts) qui ont insisté sur la stratégie d’union de la gauche et sur la pauvreté du programme de la candidate UMP, Georgia Vincent. Laurent Fabius s’est ensuite adressé à la salle et en bon orateur, il a appelé la nécessité de voter pour la gauche dès le premier tour en insistant notamment sur le contexte national.

Laurent Fabius, ancien Premier ministre (1984 - 1986), actuel député de Seine-Maritime et premier adjoint au maire du Grand Quévilly (agglomération de Rouen) (76).

Contrairement aux élections présidentielles et législatives, je dois bien avouer que pour ces municipales, je suis un peu en retrait niveau terrain aussi bien à Bondy qu’à Grenoble. A Bondy, cela est logique puisque je ne suis plus là constamment. Quant à Grenoble, mes multiples activités (suivi des municipales pour le Nouvel Obs, théâtre, Mouvement Européen…) et mes études à l’IEP font que je ne suis pas aussi efficace que j’aimerais le souhaiter. Ce qui ne m’empêche de filer un coup de main à mes camarades socialistes.

Et c’est avec un grand plaisir que j’ai assisté à la réunion publique d’hier soir. Gilbert Roger est un homme de convictions, réellement à l’écoute et connaissant parfaitement notre ville de Bondy. Son adversaire principale, Georgia Vincent brille par son absence et se réveille tous les six / sept ans, à chaque nouvelle échéance municipale ! C’est dire le mépris qu’elle exprime pour cette ville et ses habitants !

Natif de Bondy et ayant effectué mon primaire et mon secondaire dans cette ville, j’ai vu la commune bouger et s’embellir, le Bois de Bondy étant le meilleur exemple et le projet ANRU étant le plus beau pari qu’on puisse faire sur l’avenir. Cette impulsion n’aurait pu être possible sans la forte volonté d’un maire tout simplement amoureux de sa commune – et par extension de son département – et c’est pour cela que l’aventure doit se poursuivre.

Aussi, rassemblons-nous derrière Gilbert dès le 9 mars et accordons-lui un troisième mandat à la tête de notre ville, d’une manière franche et massive. Car à mon sens, Bondy s’assurera d’un meilleur avenir avec Gilbert Roger et la gauche rassemblée.

En compagnie de Laurent Fabius (photo prise de mon téléphone portable)

A cran !

Rama Yade, secrétaire d'Etat chargée des Droits de l'Homme, troisième sur la liste UMP à Colombes (92)

Décidément, la droite sarkozyste est à cran ! A bientôt trois semaines des municipales, la voilà qui sort des inepties et des déclarations choc.

Il y a tout d’abord, les propos de Rama Yade qui a carrément insulté la gauche. L’actuelle secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes en charge des Droits de l’Homme, avait déclaré que la gauche s’en prenait à elle parce qu’elle était noire ! Ses propos m’ont personnellement choqué car cela sous-entendait que la gauche française est raciste ! Assez de mensonges et hypocrisies s’il vous plaît madame Yade ! Je veux bien que vous défendiez Nicolas Sarkozy mais prononcer de tels propos me paraît une véritable insulte pour la gauche. Mais en même temps, je me dis que c’est le climat électoral qui veut cela ! Toujours est-il que cela ne doit pas empêcher la secrétaire d’Etat et troisième de liste à Colombes (92) d’être mesurée dans ses propos. Là, où elle fustigeait Ségolène Royal de se poser en victime, je constate que Rama Yade en fait tout autant et le mieux, c’est qu’elle fasse publiquement ses excuses : ses propos sont intolérables et font passer les Noirs comme des victimes. Autrement dit, la carte de la victimisation n’est bénéfique pour personne et ne séduira pas plus les habitants des quartiers populaires de Colombes.

Puis, il y a les déclarations de Dominique Perben, candidat à la mairie de Lyon. Celui déclare avec finesse : « on va les défoncer ». Autrement dit,        défoncer la gauche et Gérard Collomb. Mauvais jeu de mots au passage ! Il faut dire qu’il joue son va-tout Perben dans la mesure où il est distancé par le sénateur-maire sortant qui se rapproche de plus en plus d’un second mandat à la tête de la capitale des Gaules. Au passage, voici la version non censurée de la vidéo de Perben avec la fameuse perle, perle qui a mystérieusement disparu depuis.

Georgia Vincent, tête de liste UMP à Bondy (93)

Pour finir, il y a les propositions, ô combien intelligentes de Georgia Vincent, tête de liste UMP à Bondy contre Gilbert Roger. Celle qui passe beaucoup plus de temps à Paris que dans notre ville a fait la proposition suivante : dans son envie de se rapprocher des habitants des quartiers nord, elle souhaiterait installer un terrain de moto-cross en place et lieu du parc urbain ! Elle s’était dit que c’était plus populaire que sa dernière proposition faite en 2001 d’installer un terrain de golf ! Est-ce que c’est risible !

Il faut dire que les élus et candidats UMP se font du souci et ils ont bien raison. Le président Sarkozy plonge dans l’impopularité et l’opposition – jusqu’ici incarnée par Bayrou et Royal – retrouve peu à peu des couleurs même s’il y a encore du chemin à faire. Résultats des courses, l’UMP est à cran et les candidats de la majorité évitent soigneusement d’apposer sur leurs affiches, le logo de leur formation. C’est ainsi qu’à Grenoble, Fabien de Sans Nicolas oublie de préciser qu’il est candidat UMP sur ses tracts, histoire de ne pas exaspérer davantage les électeurs…

Voilà, à bientôt trois semaines du scrutin, l’UMP est visiblement à cran et Nicolas Sarkozy fait de son possible pour limiter la casse ! Après les multiples propos de Yade, les âneries de Wauquiez, la finesse de Perben et l’inconstance de Sans Nicolas, il est temps d’en finir avec ce cauchemar. Mais pas tout de suite, parce que c’est tellement rigolo. Cela serait encore plus drôle si pendant ce temps-là, les Français bénéficiaient enfin de ce fameux pouvoir d’achat !

Tel père, tel fils (ou quand Judas est un jeune homme de 22 ans)

Bon, pour une fois, je vais faire court en faisant un petit exercice de style :

Voici la première vidéo. Il s’agit de Jean Sarkozy lorsqu’il déclarait qu’il « soutenait à mort » David Martinon

Ca, c’était avant le 10 février. Depuis, le discours a bien changé. Voici la seconde vidéo :

Tel père, tel fils. En 1983, Nicolas Sarkozy usait de la manipulation et de la trahison politique pour écarter Charles Pasqua de la course à la mairie de Neuilly lorsque celui-ci était hospitalisé, en 2008, le fils suit bougrement les pas de son papa et misant sur Arnaud Teullé. Qui depuis cette vidéo a lancé sa liste dissidente !

Jean Sarkozy vit décidément dans un monde bien différent du mien. Là, où mes parents et l’école républicaine m’ont appris des valeurs essentielles telles que la loyauté et le respect, Jean Sarkozy a sans doute dû apprendre, la trahison, les coups fourrés et la manipulation. Quand je dis le mot « humilité », le rejeton du président de la République dira « bling-bling ». Là où je pense conviction politique, ce jeune homme de 22 ans – il a mon âge en gros – pensera appétit politique. Non pas qu’il ne faut pas être ambitieux dans la vie – notamment en politique – mais il y a quand même des limites et surtout un code à respecter.

De tels agissements éclaboussent notre vie politique et la décrédibilise aux yeux de nos concitoyens. Et le pire, c’est qu’il n’y a plus âge pour trahir !

PS : pour finir, regardez Jean Sarkozy suivre une leçon de trahison de la part de son papa ! ;)

Les municipales vues par Sciences Po

La campagne des municipales suit son plein entre volonté de sanction du gouvernement Sarkozy – Fillon et enjeux locaux.

Depuis plusieurs mois, les étudiants des neuf Instituts d’Etudes Politiques (l’autre nom de Sciences Po) de France et de Navarre suivent la campagne en partenariat avec le Nouvel Obs à l’exception de Paris (qui couvre l’évènement pour le Monde)

Off, coulisses de campagne, tractations, analyses, rencontres… venez consulter le blog d’un des neuf IEP proche de chez vous et donnez votre avis.

Et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, je vous invite à consulter en premier le blog de Sciences Po Grenoble, pour lequel j’y participe !

Bonne lecture !

Gilles

PS : pour accéder au site d’un des neuf IEP cliquez sur un des logos suivants :

En partenariat avec :

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Panique à bord ! (suite)

Jean Sarkozy et David Martinon, tête de liste UMP à Neuilly-sur-Seine (www.lemonde.fr)

La panique à bord se poursuit dans le bateau UMP à Neuilly ! Ce matin, Marie-Cécile Ménard, Arnaud Teullé ainsi que Jean Sarkozy – le fils de Nicolas – ont annoncé qu’ils allaient « conduire la liste de rassemblement pour les élections municipales à Neuilly, afin de faire cesser les divergences au sein de la majorité présidentielle ». La tête de liste investie par le parti majoritaire, David Martinon se terre dans son mutisme bien qu’il ait déclaré, de par la voie de son directeur de campagne, Olivier Babeau, qu’il poursuivait sa campagne.

C’est donc la zizanie qui prévaut dans la plus riche commune de France et on peut dire qu’il s’agit là d’un joyeux désordre. Aussi, face à la panique que le protégé du président se mange une branlée dans une ville chère au chef de l’Etat, les principaux soutiens de Martinon ont préféré quitter le navire avant qu’il ne soit tout simplement trop tard. « Cette décision, déclarent-ils dans un communiqué, résulte d’un certain nombre de désaccords majeurs avec David Martinon. De très nombreux Neuilléens nous demandent de réagir et de travailler ensemble pour notre ville. Dans ce nouveau contexte politique, nous appelons au plus large rassemblement » (in le Monde.fr)

Toujours est-il que tout s’est décidé en vingt-quatre heures notamment aux regards de la campagne plus ou moins mauvaise que mène le candidat officiel de l’UMP. Dès lors, le parti majoritaire semble-être pris au piège, à mon sens : si David Martinon se retire, cela voudra dire qu’il n’avait pas la capacité de mener sa liste jusqu’à la victoire et que c’est le président de la République qui s’en retrouve d’une certaine manière humilié. Toutefois, si David Martinon maintient sa liste, il risque de semer un peu plus le trouble dans les rangs de l’UMP Neuilly et faciliter un peu la victoire d’un candidat divers droite qui ose résister aux exigences du monarque ! Aussi, en cas de victoire de ce dernier, l’humiliation serait encore plus grande pour le locataire de l’Elysée.

Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP

Au bout du compte et quelque soit l’issue de cet imbroglio, il n’en demeure pas moins que David Martinon reste le dindon de la farce et qu’il est au centre d’un véritable poker menteur entre membres de l’UMP. Toujours est-il que la panique n’est pas prête de s’en aller. Pire, elle gagne la direction nationale du parti de Nicolas Sarkozy si on analyse les propos de Patrick Devedjian sur France 2, aujourd’hui : « [Marie-Cécile Ménard, Arnaud Teullé et Jean Sarkozy] sont des gens de qualité, des habitants de Neuilly depuis toujours, ils connaissent bien leur ville et ils la sentent, ce qu’ils expriment mérite naturellement d’être pris en considération ». « D’un autre côté, David Martinon est un garçon qui s’est engagé avec beaucoup de conviction dans cette campagne, a-t-il poursuivi, elle est difficile et il se heurte à de grosses difficultés. On va voir demain comment on tranche tout cela». Autrement dit, c’est sauve qui peut et on essaie de sauver les meubles !

Panique à bord !

David Martinon auprès de passantes à Neuilly-sur-Seine (92), (www.lemonde.fr)

Le Figaro a lancé aujourd’hui une petite bombe dans la campagne des municipales ! En effet, David Martinon, candidat investi par l’UMP pour la mairie de Neuilly-sur-Seine, serait sur le point d’être remplacé par sa seconde de liste, Marie-Cécile Ménard. La raison : un sondage dans lequel, le porte-parole de l’Elysée serait distancé par le candidat divers droite, Jean-Christophe Fromentin (40% contre 45%)

Résultats des courses : c’est la panique à bord dans le camp sarkozyste et Martinon se passe de tout commentaire. Il faut dire que certains militants UMP ne digèrent toujours pas la candidature du porte-parole de l’Elysée tout fraîchement Neuilléen. En effet, il faut rappeler que c’est le président de la République qui a voulu que son porte-parole le succède dans la ville dont il a été premier magistrat de 1983 à 2001. C’est assez drôle au passage puisque c’est le même Nicolas Sarkozy qui parlait tant de méritocratie, qui nous faisait pleurer lorsqu’il nous disait que sa réussite, il le doit à lui-même, qu’on ne lui a pas de fait de cadeaux, etc. Et voilà qu’il est en pleine contradiction lorsqu’il impose son propre porte-parole tout aussi charismatique que Fabien de Sans Nicolas (au passage, les militants UMP en savent quelque chose à Grenoble !) aux habitants de Neuilly-sur-Seine.

En tout cas, quelque chose est en train de bouger dans une des communes les plus riches de France. Quarante ans après, Neuilly sur Seine connaît-elle son « Mai 68 » ? Sans doute, si on voit l’évolution de la campagne municipale. Bon, ce n’est pas non plus la révolution et il est clair que la commune restera de droite mais tout de même ! Les Neuilléens sont prêts à dire « Merde » à David Martinon et à travers lui, à Nicolas Sarkozy.

Car le président de la République ne cache pas son inquiétude en coulisses et selon un proche du chef de l’Etat : « Je sais que c’est difficile pour David Martinon, s’il se retire c’est un échec pour lui et indirectement pour Nicolas Sarkozy (…) et ce n’est pas bon » (in Le Monde du 08 février daté du 09 février). Dès lors, ce qui devait être comme une succession sans encombre risque bien de se transformer en un véritable chemin de choix et un désaveu pour le chef de l’Etat.

En tout cas, c’est bien panique à bord du côté de l’UMP Neuilly ! N’est-ce pas David Martinon ? (RIRES)

PS : pour un résumé des épisodes précédents, cliquez-ici !

La stratégie du brouillard

Le président du Modem, François Bayrou

Décidément, je reste impressionné par le Mouvement Démocrate de François Bayrou ! « Ni droite, ni gauche » ont-t-ils dit les adhérents ? Toujours est-il que ce jeune parti mène une jolie stratégie : celle du brouillard !

En effet, la situation est bien complexe et parfois on en perd son latin, rien qu’en région Rhône-Alpes, le Modem peine à se définir une stratégie, privilégiant finalement les accords politiques de premier tour que la constitution d’une véritable liste autonome. Ainsi, à Grenoble, le Modem a rejoint la liste menée par le socialiste Michel Destot. A 25 km de là, à Voiron, c’est ce même Modem qui s’allie avec l’UMP. Et que dire de Lyon où la tête de liste démocrate, après avoir flirté avec le maire socialiste sortant Gérard Collomb, a préféré finalement rejoindre Dominique Perben alors que dans le même temps, des cadres du Modem lyonnais plaidaient pour une alliance avec l’actuel premier magistrat !

A gauche, Philippe de Longevialle, président du Modem Isère et anciennement tête de liste à Grenoble. A droite, Philippe Geourjon, anciennement tête de liste Modem à Lyon. Le premier a rejoint le socialiste Michel Destot, le second l'UMP Dominique Perben

Bref, on en perd les pétales et la stratégie tout azimut du Modem à l’occasion des municipales montrent à quel point, la volonté de rassemblement de François Bayrou trouve ses limites.

A mon sens, si l’ancien candidat à la présidentielle souhaitait véritablement peser lors de ce scrutin, il aurait été pertinent de constituer des listes autonomes dans l’ensemble des municipalités de France et de Navarre et non adopter une stratégie du laisser-faire et du grand n’importe quoi. Cela s’explique sans doute par le manque de cohérence et de discipline qui existent au sein du parti de François Bayrou. En effet, on ne peut pas déclarer vouloir dans une ville faire une liste commune, et dans une autre, s’allier avec l’UMP ou le PS, sans compter que les enjeux politiques, voire politiciens prennent souvent le pas sur les véritables enjeux locaux.

Aussi, le Modem applique une stratégie du brouillard qui ne peut que dérouter ses électeurs et sympathisants, invalidant ainsi la volonté de l’actuel député des Pyrénées-Atlantiques de peser sur un plan national d’autant plus que le mode de scrutin aurait pu être favorable au parti centriste à l’occasion de ces municipales.

Toujours est-il que quelque soit le résultat du Modem au soir des 9 et 16 mars prochains, il serait plus que temps que le parti de François Bayrou tranche sur la question de son orientation politique. Car si la configuration du Modem peut correspondre sans problème à un niveau local, voire régional, je doute fort que la stratégie du « ni droite, ni gauche » puisse être pertinente sur le plan national.

Le Grand Pari(s)

Avertissement :

J’avais prévu d’écrire cet article, il y a plusieurs semaines de cela. Malheureusement, les partiels de janvier et mes multiples activités ont eu raison de ma volonté de rédiger ce papier. Mais qu’à cela ne tienne puisque le sujet est toujours d’actualité ! Alors, place au « Grand Pari(s) ! ;)

Gilles

Françoise de Panafieu et Bertrand Delanoë, tous deux candidats à la mairie de Paris.

Les sondages suivent et se ressemblent à Paris : le maire PS sortant, Bertrand Delanoë, conserverait très facilement son fauteuil de premier magistrat face à la candidate UMP, Françoise de Panafieu. Une situation qui réjouit aussi bien le candidat socialiste qu’un certain… Nicolas Sarkozy !

Le président de la République soutient officiellement la challenger de Delanoë. Du moins officiellement puisqu’en coulisses, on ne se cache plus pour critiquer la campagne de Panafieu et, à ce titre, les petites phrases fusent. De fait, le locataire de l’Elysée fait un calcul bien précis.

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que Paris est la capitale de notre pays, ce qui donne à la Ville-lumière un statut et une position bien particulière, notamment politique. Dès lors, une élection municipale à Paris, cela ne ressemble en rien à une autre élection municipale et celui qui conquiert l’Hôtel de Ville, peut prétendre à d’autres ambitions. Jacques Chirac l’avait compris en 1977, la capitale ayant servi de tremplin pour sa conquête de l’Elysée. Sarkozy l’a également compris mais pas pour les mêmes raisons.

Tout comme ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy semble vouloir mener une politique des grands travaux. Pour cela, rien de tel que de s’impliquer dans le projet du Grand Paris. Initié en 2001 par la municipalité socialiste et les collectivités territoriales, ce projet a pour but de réorganiser la capitale ainsi que la région Ile-de-France. En bref, il s’agit d’imaginer la capitale à l’horizon 2050.

C’est le Grand Pari(s) de Sarkozy puisque le président de la République entend bien imprimer sa marque dans ce projet et pour jouer les premiers rôles, il a plus intérêt à soutenir en sous-main la candidature de Delanoë que celle de Panafieu, la présence d’un maire de droite à Paris pouvant gêner le pouvoir élyséen. D’ailleurs, des militants UMP d’Asnières sont plus explicites : « Un maire UMP de Paris représente en effet un challenger dangereux pour la prochaine élection présidentielle ».

Dès lors, Panafieu n’est à mon sens, qu’un candidate sacrifiée par l’Elysée, Nicolas Sarkozy souhaitant – selon certains – mettre l’actuel maire de Paris en orbite dans la prochaine course à présidentielle. C’est cela le Grand Pari(s) de Sarko : mettre la main sur la capitale quitte à voter Delanoë, afin de jouer un rôle décisif dans ce projet de réorganisation de la région-capitale.

Mais qu’on ne s’y prenne pas ! Je souhaite bien évidemment, la réélection de Bertrand Delanoë à l’Hôtel de Ville de Paris !