Le retour du fils prodige (suite)

Martin Hirsch, ancien président d’Emmaüs France et Haut-commissaire aux solidarités actives et à la lutte contre la pauvreté de 2007 à 2010

Martin Hirsch est de retour parmi les siens. Il a en effet, officialisé son intention de voter en faveur de François Hollande à l’occasion du premier tour de la présidentielle qui aura lieu ce dimanche.

L’ancien Haut-commissaire en charge des solidarités activités et de la lutte contre la pauvreté de 2007 à 2010, initiateur du Revenu de solidarité active (RSA) en 2009 et une des figures (avec « Monsieur Besson ») de l’ouverture à la gauche, franchit à nouveau le Rubicon à quelques jours du 22 avril. Une annonce pour le moins symbolique mais qui en dit long sur ce qui reste de l’ouverture si chère à Nicolas Sarkozy durant la première partie de son quinquennat.

Certains pourront être surpris, agacés, voire choqués par le soutien d’un homme qui avait clairement participé à la politique menée durant les cinq dernières années. Un homme qui n’avait pas tellement fait ressurgir ses convictions de gauche dans une équipe gouvernementale persuadée d’avoir mis l’opposition à terre et être au pouvoir pour de longues années. Cependant, et à la différence de Besson, de Bockel et dans une moindre mesure de Kouchner, Martin Hirsch a eu la bonne idée de ne pas se montrer particulièrement zélé dans sa participation au gouvernement Fillion, se contentant uniquement de la mise en place en RSA en lieu et place du Revenu minimum d’insertion. Qui plus est, il s’est attaché à conserver de corrects rapports avec les cadres du Parti socialiste, là où Besson et Jean-Marie Bockel ont parié sur la mort de ce dernier et leur carrière politique et ministérielle afin d’être placé au mieux au sein de la majorité et d’avoir les faveurs de l’agité de l’Elysée.

Dès lors, Hirsch a brillamment réussi son tour de passe-passe dans la mesure où il se présente comme un homme qui avait accepté de rejoindre Nicolas Sarkozy dans un premier temps, pour en suite s’en éloigner dans un second temps et au bout du compte le désavouer dans un troisième temps. Car le soutien de Hirsch à Hollande est bel et bien un désaveu pour Hollande dans la mesure où celui qui veut incarner une France forte et rassemblée se trouve contredit par un homme qui avait accepté de participer au gouvernement, au nom des intérêts de la France.

Mais c’est au nom de ces mêmes intérêts que l’ancien Haut-commissaire a décidé d’officialiser son soutien à François Hollande renforçant un peu plus sa stature présidentielle, cette stature que l’UMP et ses principaux leaders ne cessent de lui contester. Autrement dit, un ancien ministre de Sarkozy qui soutient le favori de la présidentielle, c’est plutôt un camouflet pour l’actuel locataire de l’Elysée et du pain béni pour l’ancien premier secrétaire du Parti socialiste qui lui pourra jouer la carte du rassemblement.

Fadela Amara, secrétaire d’Etat en charge de la politique de la Ville (2007 – 2010)

D’autant plus qu’entre temps, d’autres personnalités dites d’ouverture et du centre ont publiquement annoncé leur soutien au candidat socialiste. Ainsi, Jean-Luc Benhamias, député européen – membre du Modem –, Azzouz Begag, ancien ministre délégué à l’égalité des chances du gouvernement Villepin (2005 – 2007), Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Ecologie et ex-candidate à la présidentielle, et le dernier en date Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la politique de la ville de 2007 à 2010. Autant de noms et de soutiens qui sont un coup dur pour le candidat sortant et pour une politique d’ouverture bel et bien enterrée.

Bien évidemment, les caciques et autres pit-bulls de l’UMP ne manqueront pas tirer à boulets rouges contre Hirsch et désormais Fadela Amara tel Chantal Jouanno, par exemple. Sur son compte Twitter, l’ancienne secrétaire d’Etat s’en est d’ailleurs pris à ses anciens collègues et sans nul doute que les attaques vont se multiplier.

Signe que c’est vraiment la panique à l’UMP ! Quant à Hirsch, il devrait ne pas trop se sentir dépaysé si d’aventure il venait voir Hollande. Le QG de campagne de ce dernier était précédemment le siège du Haut-commissariat aux solidarités !

L’avis autorisé (et intéressé) de Claude Allègre

Claude Allègre fait de nouveau parler de lui.

Claude Allègre, ancien ministre de l'Education nationale sous le gouvernement Jospin entre 1997 et 2000.

En effet, l’ancien ministre de l’Education nationale du gouvernement Jospin (1997 – 2000) a récemment publié une tribune dans Le Point dans laquelle il se lance dans un véritable plaidoyer pour l’actuel chef de l’Etat, tout en précisant qu’il se considère à gauche, et férocement à gauche.

L’ancien ministre et conseiller de Lionel Jospin nous explique entre autres que les réformes sont nécessaires (notamment celle des retraites) et que malgré le fait que Nicolas Sarkozy soit impopulaire, c’est avant tout à cause de la crise et de son style, mais qu’après tout, cela n’est pas bien grave puisqu’il a fait beaucoup de réformes en trois ans que Pompidou, Giscard, Mitterrand et Chirac réunis.

Claude Allègre, connu pour ses propos affligeants sur le réchauffement climatique, n’en rate pas une pour débiter un tas de conneries ! Navré de dire les choses d’une manière assez brutale mais c’est le sentiment que j’ai lu en lisant sa tribune. Car si le constat est juste, c’est-à-dire la nécessité de réformer notre pays, rien en revanche sur les conséquences et l’efficacité de celles-ci.

A ce titre, j’aurais bien aimé qu’il s’exprime sur le fameux bouclier fiscal qui, semblait-il, devait ramener les riches fortunes sur notre Hexagone et encourager l’investissement grâce à une fiscalité plus généreuse. Plus généreuse, elle l’a été pour certains, ce qui ne les a pas empêché de rester à l’étranger tout en profitant des largesses du gouvernement Sarkozy-Fillon.

Mais ne comptez pas sur Claude Allègre qui semble bien préoccupé à cirer les pompes de notre agité de l’Elysée plutôt qu’à bien regarder la réalité de notre pays et les réformes engagées. Car de fait, il y a une confusion terrible entre le fait de réformer et l’efficacité des réformes. Une boulimie de réformes ne signifie en rien que Nicolas Sarkozy mène la France dans la bonne direction bien au contraire ! Qui plus est, reste à savoir si les réformes engagées sont justes et efficaces.

Et c’est là que la bas blesse dans la mesure où, trois ans et demi après l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, force est de constater que les réformes en cours ou votées ne sont qu’au bout du compte des réformettes qui ne mènent nulle part sauf à caresser dans le sens du poil un président de la République qui reste plus que jamais un président de parti et non un chef de l’Etat soucieux de l’intérêt général. Un chef de l’Etat qui salit encore un peu plus l’image et la réputation de la France sur la scène internationale et européenne de par son attitude et ses propos pour le moins insultants.

Mais là aussi, ne comptez pas sur Claude Allègre pour avoir la clairvoyance nécessaire, bien occupé à cracher sur le PS et ses anciens camarades – il en profite au passage pour égratigner une fois de plus, Ségolène Royal – et à faire don de sa personne à notre agité de l’Elysée dans l’optique d’un remaniement dont on attend toujours l’issue.

La tribune de Claude Allègre montre surtout à quel point un homme qui se dit de férocement de gauche est loin, bien loin des réalités que connaissent nos compatriotes. Le chômage atteint des sommets, le pouvoir d’achat est en berne et la crise morale n’a pas été aussi forte. Mais qu’à cela ne tienne pour Allègre : les quelques millions de manifestants de ces derniers mois contre la réforme des retraites n’ont aucune légitimité et n’ont qu’un droit, celui de respecter le suffrage des urnes ! Un discours digne d’un ayatollah de l’UMP qui considère que le peuple est au fond illégitime car ne pouvant exprimer directement son avis. A l’heure où les Français vivent des temps difficiles, Claude Allègre ne trouve rien de mieux que de louanger un homme et toute sa clique qui en trois ans, détruit délibérément le peu de cohésion sociale qui existe dans ce pays, annihilant au passage toute définition de justice et d’équité sociales.

Ainsi, Claude Allègre montre une nouvelle fois qu’il est bien loin de la réalité, bien occupé à faire un appel du pied à Nicolas Sarkozy. Afin de légitimer ses propos, il cite tour à tour Michel Rocard, Manuel Valls ou bien encore les sociaux-démocrates allemands avec la crédibilité, le sérieux ou bien encore les réussites que l’on connait. D’ailleurs mention spéciale pour le SPD dont la politique de Neue Mitte de Schröder s’est conclue par la grande coalition avec la CDU en 2005 puis un retour dans l’opposition quatre ans après à la grande joie d’Angela Merkel. Et s’il invite la gauche à être inventive, celle-ci doit l’être effectivement sans pour autant oublier d’’où elle vient et pour qui elle se bat, ce qui nous a fait cruellement défaut durant une dizaine d’années.

En tout cas, la tribune de Claude Allègre m’aura fait bien rire et surtout permis de m’échapper de mon devoir de sciences politiques !! D’ailleurs, si vous voulez la consulter (et rire qui sait), cliquez ici. Bonne lecture !

Le retour du fils prodige ?

Martin Hirsch, Haut Commissaire aux Solidarités actives et à la Jeunesse de juin 2007 à mars 2010, actuel président de l'Agence du Service Civique

Martin Hirsch, de retour dans le giron socialiste ?

Alors qu’on parle d’un remaniement qui ne cesse de traîner en longueur, certains se sont penchés sur le cas de Martin Hirsch, l’ancien président d’Emmaüs et Haut Commissaire en charge de la lutte contre la pauvreté et les solidarités actives.

Celui qui était jusqu’en mars 2010 membre du gouvernement Fillon semble bien décidé à reprendre sa liberté de penser (comme dirait l’autre !). C’est ainsi qu’en septembre dernier, il a dénoncé, dans un livre, les divers conflits d’intérêts qui touchent la classe politique, la palme revenant sans doute à Jean-François Copé, député de Seine-et-Marne, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, Maire de Meaux et surtout avocat d’affaires.

Des dénonciations qui n’ont fait pas plaisir à l’intéressé qui a tenté de pilonner Hirsch via un amendement fait sur-mesure (et rédigé par Copé, Louis Giscard d’Estaing et Bernard Debré) et visant à remettre en cause les indemnités perçues par l’ancien ministre désormais président de l’Agence du service civique. La réaction de Martin Hirsch ne s’est pas faite attendre comme le montre cet extrait radio :

L’attitude de l’ancien haut-commissaire me fait penser à celle de l’enfant prodigue, du nom d’un extrait de la Bible que les chrétiens – comme moi – doivent connaître, j’en suis sur. En effet, après avoir servi et d’une certaine manière cautionné la politique du gouvernement Sarkozy-Fillon durant près de trois ans, ce dernier semble reprendre sa liberté de parole et d’action. Ainsi, on a récemment appris qu’il apprêtait à rejoindre Terra Nova, la « boîte à idées » du Parti socialiste, afin de participer au programme présidentiel de la gauche pour 2012.

Martin Hirsch en compagnie de Nicolas Sarkozy, le 2 octobre 2007 à Dijon (Côte d'Or)

Un retour (supposé) à gauche qui laisse nombre de commentateurs et analystes politiques circonspects pour ne pas dire sceptiques. Ainsi, Romain Pigenel sur son blog s’interroge sur les motivations véritables d’un homme dont il se demande s’il a toujours été à gauche tandis qu’Emmanuel Lévy et Gérald Andrieu, journalistes à Marianne, y voient là une sacré imposture ! Au passage, tout ce beau monde en profite pour égratigner son côté technocrate.

Pour ma part, je m’interroge sur l’attitude de Martin Hirsch, un homme qui est avant entré au gouvernement parce qu’il partageait des intérêts à la fois divergents et communs mais aussi croisés avec le président de la République. Divergents car quand le premier souhaitait la mise en place du RSA, le second voulait concrétiser sa stratégie d’ouverture à gauche, communs puisque le premier a accepté l’offre du second à la condition que sa mesure-phare soit adoptée par ce dernier (qui pouvait par la même occasion poursuivre son objectif d’ouverture et de déstabilisation de la gauche). C’est lorsque les intérêts des deux hommes ont été satisfaits que Martin Hirsch et Nicolas Sarkozy ont cessé leur collaboration, permettant au premier de reprendre sa liberté de parole, histoire de montrer qu’il a encore quelque de gauche dans l’esprit.

Toujours est-il – et il est important de le souligner ne serait-ce que par honnêteté intellectuelle – que Martin Hirsch a le mérite de n’avoir jamais insulté les membres du Parti socialiste à la différence d’un « Monsieur Besson » qui a force de vouloir être plus sarkozyste que les sarkozystes a fini par en devenir pitoyable. Qui plus est, il convient de rappeler qu’à ma connaissance, l’ancien président d’Emmaüs n’a pris sa carte dans aucun parti.

Ainsi, Hirsch est décrit comme le fils prodigue de la gauche, c’est sans doute aller un peu vite en besogne mais montre une fois de plus que la politique d’ouverture de Nicolas Sarkozy est un échec complet. Quant à l’ancien président d’Emmaüs, il a seulement su profiter du bon moment pour tirer sa révérence et reprendre sa liberté tout en évitant de compromettre ses liens avec la gauche (et les socialistes en particulier)

La naïveté de Kouchner (et des autres)

Bernard Kouchner me fait décidément de la peine !

Le ministre des Affaires étrangères et – du moins officiellement – chef de la diplomatie française s’est en effet plaint d’humiliations de la part de Claude Guéant et de Jean-David Levitte, l’un secrétaire général de l’Elysée (et surnommé le « vice-président »), l’autre conseiller de Nicolas Sarkozy aux affaires étrangères.

Une révélation qui émane d’une lettre rédigée par l’intéressé qui faisait par de son intention de démissionner et qui constatait la dérive sécuritaire du gouvernement ainsi que la fin de la politique d’ouverture. Néanmoins, en bon ministre sarkozyste, Kouchner a voulu montrer toute loyauté qu’il avait à l’égard du président de la République !

Kouchner fait preuve d’une grande naïveté, lui pensait que Nicolas Sarkozy allait changer les codes de la diplomatie et insuffler une nouvelle dimension à notre politique étrangère. Il n’en a rien été et, pire que tout, il n’a cessé d’avaler des couleuvres par centaine, de l’affaire Kadhafi au rapprochement avec des régimes bien peu recommandables… Kouchner, le droit-de-l’hommiste par excellence a tout avalé, sans se révolter.

C’est qu’il n’avait pas trop le choix dans la mesure à partir du moment où il franchissait le Rubicon, il lui était impossible de faire marche arrière, à savoir revenir au Parti socialiste, un parti qui, semble-t-il, ne l’aurait pas assez jugé à sa valeur. En allant rejoindre Sarkozy et pensant que son côté droit-de-l’hommiste allait influencer la politique de notre agité de l’Elysée, Kouchner a cru qu’il pouvait servir notre Hexagone en apportant une sensibilité de gauche.

Bernard Kouchner en compagnie de Nicolas Sarkozy sur le perron de l'Elysée

Or, il n’en est rien et force de constater – de l’aveu même de l’intéressé – que Kouchner et les autres nigauds de l’ouverture ne sont que des faire-valoir d’un gouvernement qui a oublié, semble-t-il, l’ouverture au regard de la politique qu’il mène. Pire, le chef de la diplomatie française a été réduit au rôle de pantin comme cela fut le cas en 2009 au moment de la campagne des européennes, ce dernier déclarant qu’il voterait pour la liste UMP. De fait, il y était bien obligé, notre agité de l’Elysée lui ayant fait rappelé qu’il faisait partie de la majorité présidentielle et qu’il ne pouvait que la soutenir. Aussi, et comme l’avait si bien pronostiqué Elisabeth Guigou lors de la campagne des législatives trois ans auparavant, les ministres d’ouverture sont plus ou moins passé à l’oubli, à l’exception notable de « Monsieur Besson » qui n’est plus à une prostitution près pour satisfaire les exigences du monarque et assoiffer ses ambitions.

Alors bien évidemment, rien n’empêche Kouchner et consorts de rendre leur tablier et de démissionner. Mais lorsqu’on a gouté aux bienfaits de la République, c’est comme la cigarette : (très) difficile de s’en passer surtout quand le rang de ministre (ou de secrétaire d’Etat, c’est-à-dire sous-ministre) vous donne des ailes. Le ministre des affaires étrangères et européennes, mais également ses collèges Fadela Amara et Jean-Marie Bockel l’ont bien compris et ont en réduit à jouer les seconds couteaux quand ils ne négocient pas leur départ.

Ainsi lorsque Jean-Marie Bockel confortablement installé dans son placard de la Place Vendôme, déclare qu’il soutiendra Nicolas Sarkozy quoi qu’il arrive, de son côté, Bernard Kouchner montre son intérêt à la fonction de « défenseur des droits », une coquille vide dont personne ne sait à quoi elle va bien servir et qui sera un bon poste de rechange pour l’actuel ministre des affaires étrangères, une retraite dorée en somme !

Retraite dorée

Michel Charasse, sénateur Divers Gauche du Puy de Dôme, ancien ministre du Budget de 1988 à 1992.

Les récentes nominations au Conseil constitutionnel ont beaucoup fait parler ces derniers temps, notamment celle de Michel Charasse.

L’ancien ministre du Budget de François Mitterrand – et grand lieutenant de ce dernier ! – est souvent présenté comme une prise de guerre de Nicolas Sarkozy, ce qu’il convient à nuancer de suite. En effet, cela fait belle lurette que Charasse n’est plus membre du PS (il en fut exclu en 2008 pour avoir soutenu une candidature dissidente lors d’une élection locale) et de toute façon, je me demande s’il a vraiment été socialiste durant toute sa carrière politique !

Michel Charasse a fait parler de lui en 2003 au moment du débat sur le port de signes ostensibles à l’école lorsqu’il avait notamment déclaré qu’une loi les interdisant était nécessaire, seul moyen selon lui d’empêcher que certains élèves interrompent le cours et se mettent à genoux pour l’heure de la prière ! Une manière d’attaquer et de stigmatiser les Français de confession musulmane qui a du plaire aux intéressés !

Nicolas Sarkozy en compagnie de Michel Charasse, en avril 2007

Toujours est-il que l’ancienne groupie mitterrandiste peut chaleureusement remercier l’actuel président de la République surtout quand certains prétendent que Nicolas Sarkozy lui avait promis sa place au Conseil constitutionnel au moment de la campagne présidentielle de 2007 moyennant son soutien plus ou moins affiché (cf. la vidéo ci-dessous). Après tout, certains me diront qu’il n’y a rien de choquant puisque Sarkozy et Charasse s’aiment bien mais les faits sont têtus et en politique, le message est essentiel !

Jacques Barrot, ancien ministre RPR, puis UMP et ancien commissaire européen de 2004 à 2009.

Michel Charasse termine donc sa carrière politique sous l’œil bienveillant de son ami Sarkozy, une amitié qu’il aura tout le loisir d’honorer quant on sait que le Conseil constitutionnel n’était jusqu’ici pas tendre avec le pouvoir en place. A côté de cela, j’en reviens même à me féliciter de la nomination de Jacques Barrot, anciennement commissaire européen (de 2004 à 2009) et dont l’européisme n’est plus à démontrer. C’est en tout cas, un homme que je respecte et qui est resté fidèle à ses engagements. Espérons seulement qu’il ne verra pas dans le Conseil constitutionnel, un lieu de villégiature politique pour finir sa carrière politique paisiblement.

Lot de compensation ?

Didier Migaud, député-maire PS de Seyssins, président de la Communauté d'agglomération "Grenoble-Alpes Métropole", désormais président de la Cour des Comptes (www.liberation.fr)

Je viens de l’apprendre, Didier Migaud, succède à Philippe Seguin comme premier président de la Cour des Comptes.

Le député socialiste de l’Isère, maire de Seyssins et président de la Communauté d’agglomération « Grenoble Alpes Métropole » (plus connue sous le nom de « La Métro ») prend donc la direction de cette institution prestigieuse suite au décès de Seguin, en janvier dernier. Plusieurs noms avaient été évoqués comme ceux d’Alain Lamassoure (actuel député européen PPE) et d’Anne-Marie Idrac (ancienne présidente de la RATP et de la SNCF, actuelle secrétaire d’Etat).

Il faut dire que je suis à moitié surpris de la nomination de Didier Migaud tant que son nom revenait fréquemment et que personne d’autre ne semblait en mesure de le concurrencer sérieusement. A titre personnel, l’arrivée de l’actuel président de la Commission des finances à l’Assemblée nationale est plutôt une bonne chose et pourrait s’avérer utile si ce dernier arrive à se montrer d’une part indépendant mais également efficace dans son action.

Car la nomination de Didier Migaud à la Cour des comptes apparaît comme une sorte de compensation, de contrepartie pour l’opposition notamment par rapport au renouvellement du Conseil constitutionnel. Vous le savez, cette dernière doit être renouvelée de trois de ses membres et il paraît finalement évident qu’il n’y aura aucune personnalité de gauche au sein de cette cour suprême. Conscient de cette situation et souhaitant surtout éviter un retour de bâton, à quelques semaines des régionales, le gouvernement et le parti sarkozystes ont tenté de couper de l’herbe sous le pied de l’opposition en nommant Didier Migaud à la première présidence de la Cour des Comptes. D’ailleurs, les analystes et observateurs politiques ne s’y sont pas trompés, certains considérant qu’il s’agit d’une poursuite de la politique d’ouverture.

Néanmoins, ce lot de consolation (ou plutôt de compensation) donné à l’opposition ne suffira pas pour sauver les meubles tant que le climat social, économique et politique s’est considérablement dégradé. Qui plus est, il est à rappeler qu’il ne s’agit en rien d’une ouverture dans la mesure où la Cour des Comptes est une institution technique à la marge de manœuvre principalement consultative. Enfin, la nomination de Didier Migaud ne risque de changer pas grand-chose notamment pour l’intéressé qui bien qu’à la tête de la Commission des finances à l’Assemblée nationale, a toujours démontré qu’il était membre de l’opposition.

La nomination de Migaud est finalement la preuve que la droite, sous-couverte d’ouverture, cherche à se montrer moins arrogante vis-à-vis d’une opposition de plus en plus à l’offensive. Et si elle espère que l’actuel maire de Seyssins se mette volontairement au placard, profitant d’une belle fin de carrière politique, elle se trompe lourdement !

Kächerisée !

Mais où est donc passée Fadela Amara ?

En compagne pour les régionales ? Retournée à la présidence de « Ni Putes, ni soumises » ? Personne ne sait. Ah oui ! Elle est (toujours ?) secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la Ville.

Ah, la fameuse Politique de la Ville et son fameux plan Marshall pour les Banlieues promis par le candidat Sarkozy ! En 2007, ce dernier, prenant les clés de l’Elysée, avait réussi le tour de force de faire entrer celle qui était à l’époque, la patronne de « Ni Putes, ni soumises » dans le gouvernement Fillon. L’objectif ? Redonner espoir aux habitants des quartiers, sous-entendez des banlieues. Pour ce faire, la secrétaire d’Etat voulait mener, à grands renforts de publicité, un plan ambitieux devant permettre de régler une fois pour toutes un dossier qui empoisonne tous les gouvernements depuis trente ans. Ainsi, naissait le plan « Espoir Banlieues », un énième plan parmi tant d’autres, bien loin du fameux plan Marshall de Nicolas Sarkozy qui devait révolutionner la politique de la Ville menée jusqu’ici.

Depuis, le Plan Espoir Banlieues n’est qu’une succession d’annonce et Fadela Amara peine à exister politiquement. D’ailleurs, on se demande encore pourquoi elle demeure au gouvernement. Le prestige d’occuper un poste de ministre ? Les généreux avantages octroyés par la République ? Ou tout simplement le fait qu’elle ne peut franchir de nouveau le Rubicon sans reconnaître le fait qu’elle s’est faite dupée par le président de la République ?

Car c’est une triste réalité : le Plan Espoir Banlieues n’est qu’un énième parmi d’autres qui est dépourvu d’ambitions et surtout de moyens. Bien évidemment, Fadela Amara fait dans les annonces (plus ou moins discrètes) afin de montrer qu’elle reste utile. Mais les faits sont têtus et trahissent même une certaine vérité. Ainsi, ses propos sur « cette violence des cités qu’il faudrait nettoyer au Karcher », surprenante référence à propos de Nicolas Sarkozy à la Cité des 4000 de La Courneuve en juin 2005 au lendemain de la mort de Sidi Ahmed, un enfant de 11 ans. Cela témoigne surtout d’une impuissance certaine alors qu’elle est membre du gouvernement et qu’elle a les clés du pouvoir !

Fadela Amara, à l'Assemblée nationale, début 2009 (www.lemonde.fr)

Au lendemain des élections législatives de juin 2007, j’ai écrit sur ce blog que Fadela Amara avait fait une erreur en acceptant d’entrer dans le gouvernement Fillon. Trois ans après, le constat est sans appel : celle qui avait été choisie pour redonner espoir à la banlieue (mais aussi permettre à Nicolas Sarkozy de redorer son blason parmi les jeunes des cités) n’était finalement qu’un faire-valoir du monarque qui, comme tous les autres ministres dit « d’ouverture » ont réalisé une métamorphose extraordinaire en cautionnant leur présence dans un gouvernement qui préfère débattre identité nationale pour mieux masquer son impuissance face à la crise.

Toujours est-il que Fadela Amara doit en tirer les conclusions en tirant sa révérence dès que possible et quitter un gouvernement dans lequel on s’excite sur la burqua et autres considérations sur l’Islam. Mais le silence complice de Fadela Amara est révélateur du manque de courage de cette dernière face au monarque : car après lui avoir tenu un peu tête en début de mandat à propos des tests ADN, celle-ci est finalement revenue dans le rang et est devenue une bonne ministre sarkozyste !

A croire que je regrette le temps où elle était présidente de « Ni Putes, ni soumises ! »

L’homme le plus détesté de France

Voici l’homme le plus détesté de France (enfin, ce n’est pas moi qui le dit mais l’hebdomadaire « Marianne » du 12 décembre dernier)

Vous l’aurez deviné, il s’agit de « Monsieur Besson », notre ministre des expulsions et de l’identité nationale. La semaine dernière, Le Nouvel Obs et Marianne ont consacré leur une à l’ancien socialiste en charge des questions économiques, devenu une pièce maîtresse de la machine sarkozyste.

Monsieur Besson est donc l’homme le plus détesté de France, du moins, il n’est pas en odeur de sainteté aussi bien à gauche qu’à droite. Au Parti socialiste, cela est une évidence folle tant que l’intéressé continue à insulter et à dénigrer un parti qui lui a permis d’être député de la Drôme mais d’acquérir d’importantes responsabilités jusqu’à son fait de trahison en pleine campagne présidentielle. Mais au sein de l’UMP, il est (très) loin d’être considéré comme un des leurs notamment on interroge les cadres et autres élus du parti sarkozyste qui se méfient de lui comme de la peste. Celui qui est désormais le numéro deux de l’UMP sait qu’il ne doit sa place qu’au bon vouloir du monarque-président et les membres de l’UMP ainsi que les sarkozystes historiques le savent très bien.

Pourquoi tant de haine envers Besson ? Certains considèrent en effet qu’une telle animosité envers l’actuel ministre de l’Identité nationale est abusée dans la mesure où l’homme, déçu par son ancienne formation, n’a fait que profiter de la balle qui saisissait le bond sans compter qu’il sert le président de la République au nom de l’ouverture voulue par ce dernier, au lendemain de son élection.

Toutefois, j’ai bien du mal à considérer un tel argument lorsqu’il s’agit de « Monsieur Besson » qui cherche en permanence à régler ses comptes avec ses anciens camarades socialistes en multipliant les provocations et autres attaques à l’encontre du PS.

Car à la différence d’un Jean-Marie Bockel ou d’un Bernard Kouchner qui font preuve de discrétion mais surtout de respect envers leurs anciens camarades, le ministre de l’Immigration excelle dans l’art de se montrer plus sarkozyste que le roi, histoire de montrer à ses nouveaux amis qu’il n’a plus rien de socialiste, plus de rien de gauche. C’est sans doute pour cette raison qu’il applique sans aucun scrupule la politique de Nicolas Sarkozy en matière d’immigration et d’identité nationale, faisant ainsi Brice Hortefeux, son prédécesseur, pour un enfant de chœur.

Dès lors, il ne faut pas que l’actuel maire de Donzère s’étonne d’être attaqué de toutes parts notamment sur la manière dont il gère le débat sur l’identité nationale. L’ancien socialiste sait qu’il n’inspire confiance à personne sauf peut-être – et encore, on peut s’interroger ! – à notre monarque-président tant que tous les deux savent que l’avenir politique est désormais lié en particulier en ce qui concerne le premier.

"Monsieur Besson" et Nicolas Sarkozy, au second tour de l'élection présidentielle, le 24 avril 2007 à Dijon (Côte d'Or)

Car si en 2012, Sarkozy venait à être battu, cela signifierait tout simplement la fin de la carrière politique du ministre des expulsions. En revanche, un second mandat lui ouvrait des perspectives encore plus grandes (comme un poste à l’Hôtel Matignon, par exemple ?), récompense ultime pour celui qui n’aura pas hésité à trahir tous ses idéaux afin de satisfaire sa boulimie de pouvoir.

Dès lors, « Monsieur Besson » cherche à montrer qu’il est le premier des sarkozystes quitte à être une mauvaise doublure du chef de l’Etat : arrogance, inculture, provocation, cynisme… tout y passe et tout est imité à la perfection jusqu’à irriter les sarkozystes véritables et sincères (à défaut de leur faire peur)

Et justement en cela qu’il est l’homme le plus détesté de France (du moins de notre vie politique), car insincère et finalement imprévisible.

DRH du PS ou pourfendeur de l’ouverture ?

Nicolas Sarkozy, à défaut d’être le président de tous les Français, a un incroyable talent, celui d’être un amuseur public ! (Reconnaissons-lui au moins cela !)

En effet, lors d’une réunion avec des militants UMP en Alsace, il s’est – comme à son habitude – lâché vis-à-vis du Parti socialiste et au passage, dit qu’il pensait au bout du compte de sa politique d’ouverture, comme le montre cet extrait filmé par un militant du mouvement populaire :

Je ne sais pas si Sarkozy savait s’il était filmé ou non lorsqu’il a cru bon de sortir de telles amabilités vis-à-vis notamment de Ségolène Royal et de Martine Aubry. Toujours est-il que les propos du chef de l’Etat montrent une fois de plus que ce dernier se comporte comme un chef de parti qui n’a aucune considération pour ses adversaires.

Nicolas Sarkozy et Martine Aubry (première secrétaire du PS) sur le perron de l'Elysée en juin dernier.

Bon d’un côté, cela paraît logique tant qu’il déteste l’opposition et qu’il méprise tous ceux qui ont le malheur d’avoir une opinion discordante de la sienne notamment en ce qui concerne les politiques qu’il mène. Néanmoins, en parlant de Strauss-Kahn, Kouchner et Lang avec une telle condescendance, le président de la République a réussi l’exploit de pilonner sa propre politique d’ouverture dans la mesure où il avoue, de manière implicite, que celle-ci n’avait que pour but de dépouiller le PS et y semer le trouble et non d’agir au nom des intérêts du pays.

Des tels propos, s’ils ont amusé la galerie, n’ont pas été du goût de certains à l’UMP. Je ne parle pas des autres suppôts de l’UMP tels que Bockel et Besson qui, curieusement, n’ont pas été cités par notre monarque-président. On peut se payer la tête du PS mais pas de ses renégats, bien utiles pour diffuser la bonne parole sarkozyste. Je parle plutôt de certains militants sarkozystes qui n’ont toujours pas digéré la politique d’ouverture et les propos du chef de l’Etat doivent sans doute les conforter en ce sens.

Toujours est-il que pendant que Nicolas Sarkozy joue les bouffons et que l’UMP et le gouvernement s’adonnent dans le ridicule (voir partie « Bonus »), tout ce gentil monde nous donne une jolie image de la droite française actuelle : arrogante, méprisante et servile avec les puissants. Ainsi, je ne suis pas certain que le président de la République, en croisade contre le capitalisme débridée – à tel point qu’il a joué les apostats en critiquant, après l’avoir encensé, le modèle britannique – fasse dans l’humour lorsqu’il est invité au Bristol, un club d’entrepreneurs très huppé où les cotisations annuelles sont de l’ordre de 3 000 à 7 500 euros par an (soit 1 à 7,5 SMIC). Bien au contraire, il a déclaré aux patrons et entrepreneurs membre de ce club qu’il ne toucherait pas au bouclier fiscal qui n’en finit pas de couler nos finances et empêche véritablement de lutter contre la crise !

Dès lors, si Sarkozy est le DRH du PS, il est méchamment efficace en étant le fossoyeur de la France !

BONUS :

Alors que les Jeunes Pop’ – la branche jeunesse de l’UMP – doit présenter son lip-dub (que je qualifierais volontiers de « lip-daube ») ce vendredi, BFM TV a eu l’ingénieuse idée de le pirater !! A voir, tant que le ridicule ne tue pas !

Tonton et Sarkozy

Frédéric Mitterrand, nouveau ministre de la Culture et de la Communication en remplacement de Christine Albanel.

C’est la sensation du nouveau gouvernement Fillon : l’arrivée de Frédéric Mitterrand au ministère de la Culture et de la Communication en remplacement de Christine Albanel qui n’était plus en odeur de sainteté depuis fort bien longtemps du côté de l’Elysée. Frédéric Mitterrand devra réussir là où son prédécesseur a échoué à savoir la mise en place de la loi HADOPI qui fut récemment retoqué par le Conseil constitutionnel, la vidant ainsi de son sens.

Frédéric Mitterrand est le neveu de « Tonton » alias François Mitterrand, président de la République de 1981 à 1995, le seul chef d’Etat socialiste qu’à connu la France depuis la V° République à ce jour. Il s’agit d’un homme très cultivé et qui connaît bien le milieu de la culture et de la communication pour avoir été, entre autres directeur de TV5 Monde ou jusqu’à tout récemment directeur de la maison Médicis à Rome.

Un homme de culture et cultivé donc mais qui un peu trop pédant et qui n’a jamais été véritablement de gauche. Hormis un court passage au Mouvement des radicaux de gauche (l’ancêtre de l’actuel PRG), il a toujours été proche de la droite. Ainsi, après avoir soutenu Jacques Chirac en 1995 et 2002 à l’élection présidentielle, il vote pour Nicolas Sarkozy en 2007 qui depuis lui a largement renvoyé l’appareil. Dès lors, cela me fait bien rire lorsqu’on parle d’ouverture dans la mesure le neveu Mitterrand est finalement bien plus proche de l’UMP bien qu’il soit considéré comme inclassable politiquement et qu’il se comporte comme un courtisan voulant jouer dans la cour du monarque républicain.

Je ne sais pas si Tonton Mitterrand aurait crié au génie ou se serait retourné dans sa tombe en apprenant la nouvelle toujours est-il qu’une telle nomination fait un peu jaser et cache assez mal les difficultés de Sarkozy à poursuivre son ouverture à gauche. En effet, l’arrivée de Mitterrand rue de Valois est symbolique dans la mesure où le président de la République espère profiter du réseau de ce dernier dans la culture et l’audiovisuel, des milieux qui ont toujours été hostiles à l’actuel locataire de l’Elysée (ce qui surtout vrai pour la culture). Qui plus est, rien de tel que de se targuer d’avoir son équipe un personne au nom prestigieux tout comme l’a été son oncle au cours des années 1980 et 1990. Bref, Nicolas Sarkozy compte bien profiter de la venue de Mitterrand au bien de son gouvernement, ce dernier devenant une sorte de caution intellectuelle à la politique actuellement menée et ce, dans la perspective de 2012.

Frédéric Mitterrand et Nicolas Sarkozy à la Villa Médicis (Rome, Italie) en juin 2008.

Car il me paraît évident que la présence de Frédéric Mitterrand dans le gouvernement Fillon n’est pas seulement du à ses qualités d’homme de lettres et de culture foncièrement pédant, je tiens à le rappeler. Le président de la République veut tout simplement profiter de son nom et du mythe qui s’est formé autour, les Français conservant encore une bonne image de François Mitterrand en dépit de ses fameuses zones d’ombres. Une manière de se dire dans l’opinion : « Tiens ! S’il y a un Mitterrand dans ce gouvernement, c’est qu’il est bien et ouvert » Seulement, voilà ! On a beau s’appeler Mitterrand, il ne faudra pas s’attendre à une quelconque politique de gauche au sein de cet exécutif ! Les précédents ministres d’ouverture nous l’ont suffisamment démontré ainsi !

PS : je vous mets en ligne une vidéo extraite de l’émission « Ce soir ou jamais » diffusée le 21 juin 2007 sur France 3 et qui montre un Frédéric Mitterrand aux prises avec le réalisateur Jean-Jacques Beineix et un peu imbu de sa personne. Bonne lecture !