Quel avenir pour Ségolène Royal ?

Ségolène Royal, lors des Journées d’été d’Europe Ecologie Les Verts, le 22 août dernier

Quel avenir pour Ségolène Royal ? La question se pose en toute légitimité pour celle qui a fait sa rentrée politique lors des Journées d’été d’Europe Ecologie – Les Verts à Poitiers, le 22 août dernier, déclinant l’université d’été du Parti socialiste qui s’ouvre ce vendredi à La Rochelle.

L’actuelle présidente de la région Poitou-Charentes et finaliste de la présidentielle de 2007 n’avait sans doute pas prévu cela, elle qui s’était tranquillement préparée à s’installer au perchoir de l’Assemblée nationale et succéder ainsi à Bernard Accoyer. En effet, bien plus qu’un simple lot de consolation, la présidence de l’Assemblée était la parfaite tribune, la tribune rêvée pour pouvoir exister politiquement mais surtout peser au sein de la majorité présidentielle en étant le quatrième personnage de l’Etat.

Sa défaite contre l’ex-premier secrétaire fédéral du PS de Charente-Maritime, Olivier Falorni, a bien sur changé la donne et anéanti tout espoir de jouer les premiers rôles. La présidente de la région Poitou-Charentes cherche bien évidemment à faire bonne figure et surtout à rebondir depuis le véritable coup de massue. Ségolène Royal le sait, son avenir politique s’est assombri d’un coup et sait qu’elle doit rapidement réagir pour continuer à jouer un rôle majeur au sein de la majorité présidentielle dans les cinq ans à venir.

Toutefois, on aurait tort de parier sur une fin politique de l’ancienne députée des Deux-Sèvres, dans la mesure où cette dernière n’a pas (encore) dit son dernier mot. Comme l’explique si bien Marie-Bénédicte Allaire, chroniqueuse à RTL, Ségolène Royal se donne un à deux ans pour revenir dans le jeu socialiste. Si la défaite législative de juin dernier a bien sur douché ses ambitions, il n’en demeure pas moins qu’elle souhaite à tout prix jouer à nouveau les premiers rôles et s’avérer utile au sein de la nouvelle majorité et dans le quinquennat en cours notamment dans la perspective de 2017.

Ségolène Royal, en compagnie de François Hollande, durant l’élection présidentielle à Rennes, le 4 avril dernier

Aussi, plusieurs possibilités s’offrent à elle pour amorcer un retour au premier plan comme par exemple, renforcer son courant politique au sein du PS – via son club politique « Désir d’avenir », toujours aussi actif et présent – ou celle de devenir ministre au sein du gouvernement. Une hypothèse bien évidemment à exclure dans l’immédiat mais qui est loin d’être farfelu à terme surtout durant l’acte II du quinquennat de François Hollande lorsqu’il s’agira –déjà ! – de préparer la campagne présidentielle et législative de 2017. Ségolène Royal pourrait alors s’avérer un atout précieux, surtout dans une logique de rassemblement du Parti socialiste et de mobilisation de l’électorat de gauche, notamment si la situation politique l’exige ou en cas de difficultés pour l’exécutif.

Autre hypothèse, mais moins probable désormais, celle de la conquête du Parti socialiste, en prenant la tête du premier secrétariat. Pour rappel, l’ancienne candidate à la présidentielle avait manqué de près peu la direction du PS dans un contexte marqué par un Congrès de Reims désastreux et nombreuses soupçons de fraudes. A l’époque, devenir premier secrétaire devait servir de tremplin pour sa candidature à l’élection de 2012, dans l’esprit de Ségolène Royal. Là, il s’agirait pour l’actuelle présidente de la région Poitou-Charentes d’exister nationalement et d’escompter jouer un rôle dans la majorité parlementaire et gouvernementale. Toutefois, et comme je viens de l’écrire précédemment, cette hypothèse a peu de chances de se réaliser dans la mesure où contrairement à 2008 et au Congrès de Reims, le poste de Premier secrétaire a moins d’intérêt au niveau stratégique.

Ségolène Royal, le 6 mai 2012 lors de la victoire de François Hollande à l’élection présidentielle

Toujours est-il que le cas de Ségolène Royal reste un casse-tête pour le président de la République. L’ancienne candidate à la présidentielle de 2007 a joué un rôle non négligeable dans la victoire de François Hollande notamment au moment des primaires et souhaite conserver une place de choix au sein de la majorité, histoire de mieux peser en son sein et dans celui du Parti socialiste. Et s’il est encore difficile d’évaluer la place qu’occupera Ségolène Royal dans les semaines et les mois à venir, il serait néanmoins hasardeux de la considérer comme politiquement perdue même si cette dernière devra sans doute faire le deuil de certaines ambitions. Il n’en demeure pas moins que l’ancienne députée cherchera à exister d’une manière ou d’une autre afin de peser dans le quinquennat en cours et tout particulièrement au sein du Parti socialiste.

Un coup de pouce inattendu

Valérie Trierweiler, compagne de François Hollande, président de la République

C’était l’info politique d’hier matin. Valérie Trierweiler, la compagne de François Hollande, a annoncé via Twitter son soutien à Olivier Falorni, candidat socialiste dissident dans la première circonscription de Charente-Maritime, face à Ségolène Royal.

Il faut rappeler que l’ancienne candidate à la présidentielle de 2007 se trouve dans une situation compliquée. Certes, elle est arrivée en tête du premier tour des législatives en obtenant près de 33% des voix face à son concurrent qui est arrivé second avec 29% des suffrages. Toutefois, et malgré la règle de désistement républicain qui prévaut à gauche et qui veut que le candidat le mieux placé retire sa candidature, l’ancien premier secrétaire de la Fédération de Charente-Maritime (exclu depuis du Parti socialiste) a décidé de maintenir.

Depuis, Olivier Falorni a reçu le soutien de Dominique Bussereau, actuel président UMP du département de Charente-Maritime (qui appelle clairement à voter pour lui) et donc plus surprenant de Valérie Trierweiler, la femme du président de la République. Un soutien quelque peu étrange et véritablement à contre-pied à l’heure où l’ensemble du Parti socialiste ainsi que des autres formations politiques de gauche (au niveau local) appellent à soutenir la candidature de Ségolène Royal et qui ne peut être compris que la volonté d’agir de manière malveillante envers une femme que l’on considère encore et toujours comme une rivale sur le plan personnel et intime.

Olivier Falorni, candidat socialiste dissident dans la première circonscription de Charente-Maritime, actuellement exclu du Parti socialiste

Le tweet de Valérie Trierweiler n’aura pas manqué de faire réagir bon nombre de personnes qui considèrent son geste comme incompréhensible pour ne pas déplacée, sans compter que cela jette un trouble sur la légitimité de la première dame de France à s’immiscer dans un combat électoral, certes local mais symboliquement important dans le cadre de ces élections législatives. Aussi, certains s’interrogent et s’inquiètent sur d’éventuelles conséquences immédiates, notamment sur le plan politique où l’UMP ne manquera sans doute pas l’occasion de tacler davantage Ségolène Royal, espérant se servir de la rivalité entre cette dernière et Trielweiler à des fins politiques.

Toujours est-il que si le tweet en question ne cesse de remuer des vagues et pointe encore un peu plus l’inimité qui existe bel et bien entre les deux femmes, il n’en demeure pas moins que la journaliste-première dame a rendu un formidable service à sa rivale et donc, par effet contraire, embêté Falorni, plus qu’elle ne l’a servi. En effet, en écrivant un tweet de la sorte, Valérie Trierweiler a réussi l’exploit d’attirer l’attention non pas sur le candidat dissident mais bel et bien sur Ségolène Royal qui fait l’objet d’attaques plus ou moins acerbes, pour ne pas carrément violentes de la part de la droite charentaise. Elle y gagne même en crédibilité et en légitimité dans la mesure où largement soutenue par l’ensemble des socialistes, Ségolène Royal passe finalement pour une victime face à un Olivier Falorni prêt à tout pour la faire chuter et prendre sa revanche.

Ce qui explique sans doute l’attitude de Ségolène Royal qui a tout intérêt à paraitre comme étant la victime plutôt que l’agresseur. Cela était déjà le cas avec le soutien mesquin de Bussereau et cela est encore plus évident avec le tweet de Valérie Trierweiler qui ne rend absolument pas service à Olivier Falorni, contrairement à ce qu’on pourrait croire, le dissident socialiste en premier (même si évident, il prétendra le contraire)

Car en cas de victoire in fine de Falorni, ce dernier sait qu’au fond il devra sa victoire non pas à sa campagne mais plutôt à une vengeance orchestrée par ceux qui voulaient en finir avec Ségolène Royal. C’est du moins l’idée qu’on retiendra du second tour si un tel scénario devait se produire. Pas sur que cela soit profitable à l’ancien premier secrétaire de la fédération de Charente-Maritime qui aura un déficit de légitimité même s’il aura reçu l’onction du suffrage universel.

Finalement, Ségolène peut bel et bien dire merci à sa meilleure ennemie, Valérie, pour ce coup de pouce inattendu !

Les deux font la paire !

Ségolène Royal et François Hollande lors du meeting commun de Rennes, le 4 avril dernier

C’était l’affiche politique d’hier soir, une affiche tant attendue !

Ségolène Royal et François Hollande étaient côte à côté lors d’un meeting commun à Rennes. Devant plus de 15 000 personnes, la candidate à la présidentielle de 2007 et actuelle présidente de la région Poitou-Charentes, a affirmé son soutien au candidat socialiste, soulignant ainsi l’unité sans faille du PS derrière son champion.

Ces retrouvailles étaient attendues et n’ont pas manqué d’être savamment commentées même si elles étaient prévues de longue date. Nombre d’analystes politiques y ont en effet vu dans ce rapprochement entre Royal et Hollande, un passage de témoin entre la candidate de 2007 et celui de 2012, un passage de témoin sans encombres majeures, le tout dans une mise en scène soigné devant mettre en valeur un Parti socialiste faisant corps derrière son ancien premier secrétaire, contrairement à la précédente campagne présidentielle.

Hollande et Royal ont donc reconstitué le couple politique qu’ils ont formé durant plusieurs années, ce couple qui fonctionnait comme l’alpha et l’oméga jusqu’à ce que la course à la présidentielle de 2007 en ait décidé autrement. Il faut dire que l’actuel candidat socialiste a besoin de la mère de ses quatre enfants dans le cadre de sa propre campagne, non pas en raison d’un déficit d’image ou d’un décrochage dans les sondages mais d’un point de vue plutôt stratégique. Comme le souligne assez bien Françoise Fressoz, journaliste politique au Monde, « il lui manque comme un supplément d’âme, ce zeste de ferveur qui enflammait naguère les salles et que la présidente de Poitou-Charentes se fait fort de rallumer. François Hollande a beau dire qu’il se méfie de la ferveur, il ne peut plus en faire l’économie » (in « Le 19 heures »)

Il faut en effet rappeler que Ségolène Royal a un contact particulier, une connexion singulière avec tous celles et ceux qu’elle rencontre notamment dans les quartiers défavorisés. Cela est difficile à expliquer en soi mais cela suffit pour attirer du monde, là où François Hollande se montre plus distant dans le sens où l’homme est assez pudique selon ses propres dires. En étant mise en avant et au premier plan de la campagne, Royal se porte en quelque sorte garante du programme et du projet présidentiel proposé par son ancien compagnon, un rôle d’autant plus important dans la mesure où elle connait intimement l’homme qui, pour rappel, est le père de ses quatre enfants.

De son côté, Ségolène, en s’appliquant activement en faveur de son ex-compagnon, joue clairement la carte du collectif, elle qui fut souvent accusée de jouer solo notamment en 2007 lors de sa campagne présidentielle. Aussi, elle se replace habilement au sein du Parti socialiste considérant que les ambitions personnelles passent après l’intérêt du peuple français, ce qui ne veut pas dire qu’elles soient complètement dissipées. En effet, en participant à la campagne, Royal se rappelle au bon souvenir de Hollande et veille au respect de certains de ses engagements pris notamment au lendemain des primaires.

Aussi, si les retrouvailles entre Hollande et Royal furent si attendues, c’est que les deux protagonistes avaient des intérêts convergents. Cela est d’autant plus vrai pour l’ancienne candidate à la présidentielle qui coupe de l’herbe sous le pied à tous celles et ceux qui auraient pu penser à un retrait de cette dernière de la campagne de Hollande pour des considérations et rancoeurs personnels. Bien au contraire, nombre d’analystes politiques insistent sur son rôle-clé dans la campagne de François Hollande et dans le dispositif gouvernemental de celui-ci si ce dernier devait accéder à la présidence de la République.

En clair, les deux font (vraiment) la paire !

Ségolène au perchoir ?

Ségolène Royal, lors du premier tour de la primaire citoyenne, le 9 octobre dernier

L’information est encore peu commentée mais mérite un détour.

Il y a quelques jours, en effet, Ségolène Royal, actuelle présidente de la région Poitou-Charentes et candidate (très) malheureuse à la primaire socialiste envisagerait de se présenter à la députation en juin prochain.

Une intention qui peut surprendre notamment quand on sait que l’ancienne candidate à la présidentielle de 2007 s’était vigoureusement et clairement opposée au non-cumul des mandats au point de montrer l’exemple en se l’appliquant à elle-même au lendemain de l’élection, renonçant ainsi à son mandat de députée pour mieux se consacrer à sa charge de présidente de région. Une stratégie somme toute payante puisque Ségolène Royal fut largement réélue à la tête du Conseil régional de Poitou-Charentes en mars 2010 devant l’ancien ministre des Transports et président du Conseil général de Charente-Maritime, Dominique Bussereau.

Dès lors, la décision de Ségolène Royal peut contrarier certains, notamment si on ajoute le fait qu’il n’est pas exclu qu’elle cumule avec la présidence du conseil régional même si elle prête à renoncer à ce mandat. D’autres en revanche accueillent positivement le projet de Royal qui entend peser et avoir un rôle majeur dans la campagne présidentielle de son ancien compagnon, François Hollande, un François Hollande qui lui aurait promis la création d’un ministère des Droits des femmes.

Toutefois, le probable retour de Ségolène au Palais Bourbon ne s’explique pas uniquement par la nostalgie de ce bâtiment mais plutôt par l’envie d’occuper le perchoir de l’Assemblée, comprenez la présidence. En effet, certains – dont je fais partie – considèrent que l’ancienne députée des Deux-Sèvres souhaiterait occuper la présidence de l’institution, ce qui permet de comprendre un peu les motivations de Ségolène Royal.

Ségolène Royal, alors députée des Deux-Sèvres, posant une question à l’Assemblée nationale

Une motivation qui n’est pas nouvelle d’ailleurs puisqu’en 1997, elle avait présenté sa candidature à la présidence de l’Assemblée à la majorité socialiste, communiste et radicale d’alors. Une candidature qui n’a pas fait long feu face à celle de Laurent Fabius qui était de toute façon acquise depuis un bail. Malgré tout, et en guise de lot de consolation – ou de compensation, c’est selon ! – Ségolène Royal fit son entrée au gouvernement en devenant ministre délégué à l’enseignement scolaire.

Aussi, c’est plutôt son envie de conquérir le perchoir qui pousse sans doute Ségolène Royal à se présenter aux législatives, quitte à se mettre quelque peu en contradiction sur le principe de non-cumul des mandats. De fait, tout dépendra de ce qu’elle fera si elle est effectivement élue en juin prochain, membre de la représentation nationale. Elle qui avait justifié sa décision de ne pas se présenter en juin 2007 en raison de son mandat de conseillère régionale toujours en cours, devra de toutes façons faire face à ses contradictions et montrer que son retour au Parlement national n’est pas uniquement motivé par sa conquête du perchoir, du moins qu’il ne soit pas perçu comme un « deal » conclu entre cette dernière et le père de ses enfants en échange de son soutien sans faille dans la course à la présidentielle.

Une motivation qui ne fait pas que des heureux si j’en lis un article de Sud Ouest, à ce propos !

L’embarras des ségolistes

Ségolène Royal, lors du premier tour des primaires

Ségolène Royal a tranché. Elle soutiendra François Hollande au second tour de la primaire socialiste afin d’amplifier le score de ce dernier et d’assurer le rassemblement autour de sa personne.

Celle qui avait été la championne des socialistes à l’élection de 2007, la femme aux 17 million d’électeurs, s’est finalement rangée derrière celui qui avait partagé sa vie durant une trentaine d’années et qui est le père de ses quatre enfants. Un choix que certains considéreront comme un choix de raison, voire un signe d’apaisement entre ces deux ambitieux.

Si ce choix est quelque peu « sentimental »  – ce qu’on peut comprendre aisément quand on connaît la proximité qui a existé entre les deux êtres –, il n’en demeure pas moins qu’il met dans l’embarras nombre de soutien de l’actuelle présidente de la région Poitou-Charentes. Aussi, si la plupart des lieutenants de Royal comme Guillaume Carot, Jean-Jack Queyranne (député du Rhône et président de la région Rhône-Alpes), Najat Vallaud-Belkacem ou bien encore Aurélie Filippetti et certains militants et autres bloggeurs ont finalement suivi la consigne de vote, d’autres ne cachent pas leur incompréhension, voire leur déception, considérant qu’il s’agit d’une décision prématurée, voire calculée. Pour ces derniers, voter Hollande reste au-dessus de leurs forces et ils pourraient par conséquent, s’abstenir ou bien se prononcer en faveur de… Martine Aubry.

Les partisans et autres soutiens de Ségolène Royal sont en effet confrontés à un sérieux dilemme. Se rallier à François Hollande, l’homme qui a assuré un soutien à minima à la candidate socialiste en 2007 lorsqu’il était premier secrétaire du PS ou bien soutenir Martine Aubry dont les plus fervents ségolistes n’ont pas oublié le désastreux Congrès de Reims, congrès qu’ils considèrent toujours qu’il leur a été volé ?

Difficile dilemme dans lequel l’émotion et les considérations personnelles prennent place à la réflexion politique. C’est ainsi que Kevin Bernardi, un fervent soutien de Ségolène Royal, a finalement décidé, sur son blog, de soutenir Hollande tout en précisant qu’il ne le faisait pas par gaieté de cœur. Un point de vue que je respecte mais qui en dit long sur le manque de sens politique face à un tel enjeu que constitue le second tour des primaires.

Je comprends aisément la déception des ségolistes, moi qui ait soutenu Ségolène Royal durant un temps. D’ailleurs ses larmes et son désarroi, dimanche dernier m’ont vraiment touché. Toutefois, en décidant de se prononcer pour François Hollande, l’ancienne députée des Deux-Sèvres a pris le risque de déboussoler davantage ses partisans qui ne comprennent pas les véritables motivations d’un tel choix surtout quand on sait qu’au bout du compte nombre de propositions défendues par Royal – tel le non-cumul des mandats, l’exigence environnementale, la lutte contre la dette ou la République irréprochable – sont finalement proches des positions défendues par Aubry que par son ancien compagnon. Sans doute que les traces du congrès de Reims sont encore présentes chez elle et nombre de ses soutiens, mais une telle attitude est tout sauf productive et pourrait se retourner contre elle.

Ségolène Royal et François Hollande, lors de l’université d’été de La Rochelle, en août dernier

Aussi, il aurait été préférable que Ségolène Royal ne prenne pas position ne serait-ce en considération pour ses partisans qui voient en Hollande comme en Aubry, un choix entre la peste ou le choléra. Qui plus est, un tel choix ne manquera pas d’être interprété comme une volonté de régler des comptes politiques avec son ennemi intime de Reims au lieu et place d’une véritable démarche intellectuelle et de la défense d’un projet pour la France. A ce titre, la justification de son soutien à François Hollande n’a pour l’heure convaincu peu de monde.

Une prise de position qui met donc dans l’embarras les ségolistes et dont il est fort probable qu’elle ne sera pas totalement suivie notamment par ceux qui n’ont pas oublié l’attitude d’Hollande mais aussi les attaques plutôt acerbes de Ségolène à son égard durant la première phase de la primaire. Aussi, il est fort à parier que les voix ségolistes se disperseront entre l’abstention, Hollande et Aubry, ce qui assurera sans doute au second une avance sur la troisième – et encore c’est à voir – mais qui ne sera pas sans conséquence sur la crédibilité de Royal, désormais contrainte à soutenir un homme qui lui a cruellement manqué il y a quatre ans.

Dure loi de la politique !

Une rose et des larmes

Une de Libération, lundi 10 octobre

Le premier tour des primaires a rendu son verdict avec son lot de résultats attendus et aussi de surprises bonnes ou mauvaises selon les cas et les intéressés.

Un scrutin avec d’ores et déjà un vainqueur incontesté, le Parti socialiste qui a réussi son pari des primaires au-delà de ses espérances. On attendait en effet près d’un million de Français, ce sont finalement plus de deux millions et demi de nos compatriotes qui se sont déplacés aux bureaux de vote mis en place pour notre mouvement. Un chiffre qui en dit long sur l’intérêt réel pour cette élection et qu’il convient donc de saluer, reconnaissant au passage toute l’utilité des primaires après y avoir émis quelques réserves dans le passé.

Un premier tour qui a eu son lot de surprises et de coup de théâtre. Si la performance de François Hollande était, en effet, attendue, on est en revanche loin du raz-de-marée annoncé. En effet, avec 39% des voix, l’ancien premier secrétaire est bel et bien en tête mais suivi par une Martine Aubry qui avec 31% des suffrages peut sereinement et fortement croire en ses chances dimanche prochain. Un second tour qui donc s’annonce beaucoup plus ouvert et qui pourrait bien compliquer la tâche de celui qui se voyait écraser la concurrence.

Arnaud Montebourg, rejoignant ses partisans, au soir du premier tour de la primaire

Mais c’est plutôt chez les outsiders que les résultats ont en surpris plus d’un, moi le premier. Ainsi, si le score d’Arnaud Montebourg m’a étonné (17% des voix) que dire du décrochage de Manuel Valls (5%) mais surtout de la déroute de Ségolène Royal qui avec 7% des votes seulement ne s’attendait pas à une telle sanction malgré une campagne que tout le monde qualifie de sérieuse et forte. Comme je le craignais depuis un certain moment, l’actuelle présidente de la région Poitou-Charentes, malgré de l’intuition et de la détermination, n’a plus su susciter l’enthousiasme de 2006 – 2007. Semble-t-il que la page était définitivement tournée, ce que Ségolène Royal s’est résolue à accepter, retenant difficilement ses larmes au passage, comme le montre cet extrait de BFM TV :

Aussi, le second tour – qui devait être une simple formalité pour François Hollande – s’annonce beaucoup plus ouvert que prévu. D’ailleurs les Hollandistes l’ont bien compris et ces derniers semblent quelques peu circonspects pour ne pas dire préoccupés. Car si Manuel Valls a publiquement annoncé son soutien à l’actuel député de Corrèze, la clé du second tour se trouve chez Arnaud Montebourg qui, fort de son score, se pose en véritable faiseur de roi et qui n’hésitera pas à faire monter les enchères afin de peser dans la campagne à venir. Une remarque qui vaut également pour Martine Aubry qui devra sans doute également faire des appels au pied des partisans de Montebourg qui, malgré leur proximité idéologique avec la maire de Lille, n’hésiteront pas à vendre leur ralliement à prix coûtant. Toujours est-il que dans les deux cas, les soutiens d’Arnaud Montebourg seront très sollicités et les déclarations à venir de l’actuel député de Saône-et-Loire attendus comme parole d’Evangile.

Alors voilà ! Un second tour qui s’annonce plus ouvert que prévu, un challenger qui se pose désormais comme nouvelle valeur sure au sein du Parti socialiste et une candidate qui aura du mal à se remettre de sa déroute… tels sont les enseignements de ce premier tour. A cela s’ajoute les commentaires plus ou moins convenus de la droite sarkozyste mais aussi le silence de l’agité de l’Elysée, ce qui en dit long sur la perception des primaires au sein de l’UMP, signe avant tout d’une fébrilité certaine.

Faiseur de candidat (socialiste) ?

Ce week-end a eu lieu la traditionnelle fête de l’Huma au Parc de La Courneuve, une nouvelle édition bien évidemment particulière en raison des échéances de 2012.

Une fête de l’Huma à laquelle je n’ai pas assisté mais dans laquelle Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche et candidat du Front de gauche à la prochaine présidentielle était particulièrement présent… et courtisé. C’est ainsi qu’il  a reçu trois des six candidats à l’investiture socialiste dans le cadre des primaires citoyennes, c’est-à-dire Martine Aubry, Ségolène Royal et Arnaud Montebourg, François Hollande et Manuel Vals ayant préféré se porter pâles.

Martine Aubry, candidate à l'investiture socialiste en compagnie de Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche et candidat du Front de gauche à la présidentielle, lors de la Fête de l'Humanité, le 17 septembre dernier

Des visites qui a du faire plaisir Méluch’ tant il est replacé dans le centre du jeu notamment dans le cadre de la primaire en cours. L’ancien sénateur socialiste reçoit les prétendants à l’investiture comme on vient pour recevoir l’onction royale ou quelque soutien implicite.

Les commentaires n’ont pas manqué notamment parmi les soutiens à François Hollande qui se sont empressés de conclure à la faute stratégique pour Ségolène Royal et Martine Aubry, épargnant curieusement Arnaud Montebourg (on ne comprend pas tellement pourquoi d’ailleurs !). Pour eux, la visite de ces deux candidates fleuraient bon l’opportunisme politique mais était surtout bien malvenue car donnant de l’importance à un homme (Jean-Luc Mélenchon) qui, bien que ne participant pas aux primaires, y exerce une certaine influence.

On pourra dire tout ce qu’on veut sur Jean-Luc Mélenchon et la gauche du Parti socialiste en général. Toutefois, si cette gauche peut parfois être casse-pied, elle doit être en revanche considérée et respectée. Car à la différence des années précédentes, la gauche de la gauche a gagné en importance et ne souhaite clairement plus se comporter comme vulgaire filiale du Parti socialiste. Les coups de griffe d’Europe Ecologie – Les Verts mais également du Front de gauche sont là pour le rappeler.

Aussi, même si la visite d’Aubry et de Royal était stratégique (après tout, peut-on vraiment les en vouloir, elles sont en campagne mine de rien), elle n’en demeurait pas moins symbolique, pour ne pas dire importante à plus d’un titre. En effet, la gauche ne pourra remporter les élections nationales qu’en se basant sur la stature du Parti socialiste, cela n’est plus possible et ceux qui considèrent cela vont tout droit dans le mur. Bien qu’au centre du jeu et meneur de jeu, le PS sait pertinemment qu’il aura besoin de l’appui total de ses partenaires non pas dès le lendemain du premier tour mais bien avant.

D’où l’intérêt des autres partis de gauche pour la primaire socialiste car du candidat qui sera désigné par les socialistes dépendra la nature et l’intensité des relations que nous aurons avec nos partenaires. Dans le cas de Méluch’, être en dehors du jeu des primaires ne veut pas dire qu’il soit hors-jeu notamment sur un plan stratégique. Aubry, Royal et dans une moindre mesure Montebourg l’ont bien compris et savent que le rapprochement et le rassemblement se joue dès aujourd’hui si on veut espérer un changement à terme.

Jean Luc Mélenchon, lors de son discours de clôture à la fête de l'Humanité, le 18 septembre dernier

Aussi, l’erreur pourrait être commise non pas par les Aubryistes et autres Ségolistes mais plutôt par les Hollandistes et les partisans de Vals dans la mesure où non-venue de l’actuel député de Corrèze et de l’actuel député de l’Essonne pourrait être interprétée comme une indifférence polie (pour ne pas dire du mépris) envers les partisans de la gauche de la gauche (dont certains, il y a encore peu de temps, étaient proches du PS). Or, s’il y a bel et bien une règle d’or à respecter c’est bien la suivante : rassembler les socialistes, rassembler la gauche et ensuite rassembler les Français. Hollande et Vals – et cela est quelque peu révélateur de leur stratégie dans le cadre de cette primaire – veulent directement passer à la troisième étape, ce qui n’est pas sans risques !

De l’art de monter les choses en épingle…

Ségolène Royal en novembre 2010

La campagne des primaires au Parti socialiste se poursuit et celle-ci reste encore feutrée à un mois tout juste du premier tour de l’élection qui désignera le champion du premier parti d’opposition dans la course à l’Elysée.

Une campagne qui, jusqu’ici, semblait se concentrer uniquement sur la bataille des idées et des arguments, bien loin des questions de personnes. D’ailleurs, à La Rochelle, lors de l’Université d’été, le mot d’ordre était le suivant : « Unité ».

Une unité qui, une fois encore, semble se fissurer si on en croit les analystes et journalistes politiques qui, d’une certaine manière, s’en donnent à cœur joie. C’est ainsi que Ségolène Royal aurait durement taclé ses deux principaux rivaux, Martine Aubry et François Hollande, en s’attaquant moins sur leur programme mais plus sur leurs personnalités, à tel point que la Haute autorité des primaires – l’organe qui fut spécialement créée par le PS pour s’assurer du bon déroulement de la campagne – est intervenue pour rappeler à l’ordre l’ancienne candidate à la présidentielle de 2007.

Des propos que l’actuelle présidente de la région Poitou-Charentes s’est empressée de corriger, dénonçant une manipulation du Figaro qui aurait déformé ses déclarations. En retour, les intéressés – c’est-à-dire Martine Aubry et François Hollande – ont fait mine de minimiser la polémique, histoire de ne pas empoisonner la campagne semi-interne et se concentrer sur l’essentiel.

Ceux qui espéraient – ou espèrent encore – que les socialistes que nous sommes s’en prennent plein la figure risquent d’être bien déçus dans la mesure où les déclarations de Ségolène Royal, réutilisées par Le Figaro, n’avaient que pour but de créer une énième zizanie du sein du Parti socialiste dans un contexte où le mouvement semble gagner en unité et en crédibilité même si le cadre des campagnes incite à une certaine compétition, ce qui est normal et tout à fait logique en soi. Qui plus est, il n’est dans l’intérêt d’aucun des candidats à la primaire socialiste de semer le désordre en s’en prenant directement à ses concurrents dans la mesure où un tel comportement ne serait pas accepté par nos compatriotes qui attendent bien mieux du premier parti de gauche.

Dès lors, on ne cherche qu’à monter en épingle des déclarations, sans doute sortis de leur contexte, afin de voir des socialistes retomber dans leurs vieux démons, à la grande joie de certains journalistes, sans doute mal à l’aise avec l’image d’un PS optant pour la carte de l’unité et de la cordialité malgré le contexte des primaires. Aubry, Hollande et même Royal l’ont bien compris et savent qu’ils auront cruellement besoin des autres au matin du 17 octobre pour mener la campagne et préparer l’alternative que notre pays a cruellement besoin. Polémiquer sur les petites phrases de Ségolène Royal aurait été un cadeau donné à la presse, un cadeau que la majorité n’aurait pas manqué d’exploiter à terme.

Ségolène Royal, Martine Aubry et François Hollande lors de l’université d’été du Parti socialiste en août dernier

Toutefois, si l’unité et la cordialité doivent être de mise, cela ne veut pas dire que les primaires doivent rester statiques et dépourvues de débat. Les détracteurs des primaires dénonçaient le côté destructeur de ce type d’élection où les questions de personnes allaient prendre le dessus sur la question des idées. Il n’en demeure pas moins qu’à partir du moment où on opte pour ce type de désignation pour présenter notre candidat à la présidentielle, il faut accepter la confrontation, pourvue qu’elle se fasse dans un respect mutuel, ce qui juste ici semble être plutôt réussi.

Et si elle les coiffait au poteau ?

Alors que la campagne interne pour la désignation du candidat socialiste pour l’élection présidentielle de l’année prochaine a débuté au Parti socialiste avec le meeting de François Hollande à Clichy-la-Garenne, d’autres font tranquillement leur petit bonhomme de chemin dans la course à la candidature, en se faisant notamment plus ou moins discrets.

Ségolène Royal, candidate PS à la présidentielle de 2007, actuelle présidente de la région Poitou-Charentes et candidate à l'investiture socialiste à la présidentielle de 2012

C’est notamment le cas de Ségolène Royal. Après des semaines, voire des mois de retrait, l’ancienne candidate du PS pour les élections de 2007 et actuelle présidente de la région Poitou-Charentes, refait progressivement surface dans les médias, profitant au passage pour égratigner certains médias et autres instituts de sondages.

En effet, et si on se réfère aux différentes enquêtes d’opinion, la présidente de région semble à la traîne face à DSK mais aussi son ex-compagnon, François Hollande, challenger de plus en plus dangereux dans cette course à la candidature. A tel point que certains se demandent si elle ne devrait pas jeter l’éponge pour mieux négocier son ralliement avec le ou la future vainqueur.

On a tout dit sur Ségolène Royal, en bien comme en mal d’ailleurs. Pour ma part, je tiens à le redire, je ne suis pas un partisan de l’ancienne députée des Deux-Sèvres et pour être franc avec vous, je ne sais même pas encore pour qui je vais voter pour les primaires dans la mesure où d’autres candidats supposés comme déclarés ont ma préférence et ont toutes les qualités requises pour porter la campagne et mener les socialistes à la victoire.

Cependant, il n’en demeure pas moins que derrière ce retrait, la candidate Royal use d’une certaine stratégie visant à privilégier le fond de son programme et de sa pensée en distillant ci et là des propositions montrant qu’elle est avant sur le terrain et à la rencontre des Français, loin des sondages d’opinion qui placent un jour, tel candidat en tête et un autre jour, un autre candidat en première place.

Une situation qui diffère fortement avec celle de 2005/2006 dans la mesure où Ségolène Royal était en position de favorite et tout particulièrement dans les médias dont certains se risquaient même de l’imaginer en successeur de Jacques Chirac. En 2011, Ségolène Royal est en position de challenger avec peu de troupes et aucun contrôle sur le Parti socialiste, ce qui la contraint à se distinguer sur le plan des idées mais aussi sur la forme.

Et c’est un détail qui peut faire mouche le moment venu, c’est-à-dire lors de la dernière phase de la campagne interne à l’automne 2011. Forte de son expérience de 2007, elle pourra mettre en avant le fait qu’elle a mûri ses idées et ses propositions pour la France, loin du jeu médiatique autour de la personne de DSK ou de François Hollande. Un détail qui pourrait séduire plus de personnes qu’on pourrait le penser surtout s’ils privilégient le fond et pas seulement l’image !

C’est cette carte que Ségolène Royal pourrait utiliser notamment si on considère que les Français veulent avant tout un président qui préside et non seulement un président qui fasse bien sur les photos officielles à l’international. Qui plus est, l’histoire a souvent démontré que ceux qui étaient roi durant un certain temps, ne l’étaient plus forcément au moment venu. Une donnée à prendre en compte surtout si on rappelle que Ségolène Royal possède une qualité qui pourrait bien lui être utile dans les semaines à venir : l’intuition.

La stratégie Royal(e)

Il aura fallu que quelques jours seulement pour qu’un pacte qui semblait à peine scellé, vole en éclat et d’une manière assez brutale. Et il aura fallu ce laps de temps pour que Ségolène Royal prenne tout le monde de court et sorte du bois.

L’actuelle présidente de la région Poitou-Charentes a donc déclaré sa candidature à l’investiture socialiste pour l’élection présidentielle d’avril – mai 2012, remettant au passage le pacte qui avait été – semble-t-il – conclu entre elle, Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn. Une candidature à laquelle elle a murement réfléchi et qui la remet au centre du jeu au sein du Parti socialiste.

Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes et ancienne candidate PS à la présidentielle (2007)

La candidature de l’ancienne députée des Deux-Sèvres (1988 – 2007) était attendue dans la mesure où Ségolène Royal s’était présentée en 2007 et qu’elle est une personnalité majeure du Parti socialiste. Toutefois, celle qui semblait avoir soufflé le chaud et le froid à propos d’une éventuelle participation aux primaires socialistes a une nouvelle fois étonné son monde en répondant à l’affirmative, obligeant sans doute ses concurrents directs – Martine Aubry et DSK en tête – à se dévoiler et à faire part de leurs réelles intentions.

A dix-huit mois de la présidentielle, Ségolène Royal se trouve dans une situation qui n’a rien à voir avec 2006, date à laquelle elle avait remporté la primaire interne avec 60% des voix face à DSK et Laurent Fabius. Depuis, il s’en est passé des choses aussi bien au sein du PS qu’en dehors. Jouant un peu à « je t’aime, moi non plus ! », elle s’est contentée de jouer les trouble-fêtes au sein de notre parti, le tout avec une certaine intelligence afin d’imposer peu à peu ses idées. Ainsi, sur la sécurité ou bien encore la question environnementale où les solutions prônées par l’actuelle présidente de région se sont finalement imposées au Parti socialiste.

Toujours est-il que je m’interroge sur la candidature de Royal dont certains considèrent qu’elle intervient de manière un peu précipitée mais suffisamment pour forcer ses rivaux directs à prendre leurs responsabilités. En effet, les candidatures de François Hollande, de Martine Aubry ou bien encore de DSK ne sont que des candidatures supposées tandis que celle de Manuel Valls, Arnaud Montebourg ou bien encore Pierre Moscovici peinent à s’imposer comme l’évidence, dans la mesure où ces « quadras » apparaissent comme de gentils outsiders.

La candidature de Ségolène Royal a au moins un mérite : celui de remettre les cartes sur la table et de les redistribuer entre candidats à la candidature supposés ou réels. Toutefois, l’arrivée de Ségolène Royal est à double-tranchant. D’un côté, c’est la garantie qu’il s’agira bien de primaires ouvertes et totalement transparentes, libres de tout arrangement, attitude dénoncée par François Hollande ou bien encore Manuel Valls. Mais de l’autre, c’est aussi le risque de voir exacerbé le concours des ego, prenant ainsi l’ascendant sur le débat d’idées et la défense du projet.

Car c’est un problème qu’on ne peut nier : Ségolène Royal clive, les passions s’enflammant à l’évocation de son nom. Incompétente pour certains, stratégique et visionnaire pour d’autres, Ségolène Royal ne part pas forcément favorite à mon sens. Mais elle a un atout et un statut précieux : celui d’avoir été candidate à la présidentielle de 2007 et d’avoir affronté Nicolas Sarkozy, très probable candidat de la droite en avril 2012. Une donnée qu’on aurait tort d’écarter dans la mesure où au fond, seule Ségolène Royal connaît les travers du président de la République. Sans compter qu’elle a une certaine légitimité, l’ayant déjà affronté.

Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal durant le débat de l'entre-deux-tours, le 2 mai 2007

Toujours est-il que notre agité de l’Elysée suit cela avec attention. A ce titre, il aurait tort de penser qu’une candidature de Ségolène Royal en 2012 face à lui, lui assurerait un prolongement de son bail. Car d’une part, 2012 ne sera pas 2007 et que d’autre part, il pourra difficilement s’imposer comme recours au regard de son bilan pour le moins désastreux. Et puis, la Ségolène Royal de 2012 ne sera assurément pas la même que celle de 2007.

Mais pour cela, elle devra s’assurer d’un large soutien des cadres du PS mais aussi montrer bel et bien qu’elle a de sérieuses chances de gouverner notre Hexagone. Les primaires et la façon dont elle va les gérer, devraient nous fixer.