Le changement se confirme en Seine-Saint-Denis

Carte des législatives en Seine-Saint-Denis au lendemain du second tour avec en rose, les circonscriptions PS, en violet, les circonscriptions du Front de gauche et en bleu, celle du Nouveau-Centre/UMP

Le résultat des élections législatives a également conforté, pour ne pas dire renforcé, le poids du Parti socialiste dans mon département de naissance et de résidence, la Seine-Saint-Denis

Avec désormais neuf députés sur douze (et malgré la suppression d’une circonscription, décidée par l’ancien secrétaire d’Etat Alain Marleix, sans oublier les redécoupages plus ou moins contestables), le Parti socialiste a réalisé des résultats inédits dans l’histoire politique de ce département.

En effet, le PS a nettement progressé en dépit de la nouvelle carte électorale, au point de conquérir la quasi-totalité des circonscriptions détenues par la majorité sortante. Ainsi, les 8ème, 12ème et surtout 10ème circonscriptions basculent à gauche, une première depuis longtemps. Un salut et à un bravo tout particulier à Elisabeth Pochon et à Pascal Popelin qui ont réussi l’exploit de battre respectivement Patrice Calméjane et Eric Raout, tous deux députés sortants et membres de la Droite populaire, la branche conservatrice de l’UMP, à force de ténacité mais aussi et surtout de présence active sur le terrain. La gauche socialiste progresse également dans des circonscriptions et villes historiquement communistes tel Saint-Denis où Mathieu Hanotin a été élu député face à Patrick Braouzec, Montreuil où Razzye Hamadi conquiert son siège de député au détriment de Jean-Pierre Brard et ma camarade et amie Elisabeth Guigou qui a brillement conquis la sixième circonscription (celle d’Aubervilliers-Pantin)

Cette progression de la gauche socialiste ne s’explique pas uniquement en raison du score exceptionnel qu’a réalisé François Hollande lors de l’élection présidentielle, faisant de la Seine-Saint-Denis, le second département ayant voté massivement pour l’actuel président de la République. Cette progression est aussi le résultat de la politique au niveau local depuis 2008 par le Conseil général mené par Claude Bartolone, donnant ainsi un nouveau souffle, une nouvelle image mais également une nouvelle ambition pour ce jeune département après plus de quarante ans de présidence communiste.

Dès lors, avec neuf députés, la Seine-Saint-Denis se donne des moyens supplémentaires pour peser au sein de la nouvelle majorité présidentielle et parlementaire, notamment en étant à l’initiatrice de projets ou bien encore de politiques. Et parmi les nouveaux élus de la République que sont Mathieu Hanotin, Elisabeth Pochon, Pascal Popelin et Razzye Hamadi, des personnes qui connaissent parfaitement notre département et les attentes de nos concitoyens.

Claude Bartolone, député de la neuvième circonscription félicitant, Elisabeth Pochon, Mathieu Hanotin et Pascal Popelin désormais députés, le 17 juin dernier

Alors, c’est avec joie que je félicite nos quatre nouveaux députés ainsi que les cinq confirmés dont Elisabeth Guigou mais aussi et surtout Claude Bartolone et Daniel Goldberg, désormais député de la dixième circonscription, une circonscription qu’il a largement conquise au détriment de Gérard Gaudron qui tentait en vain de remettre en cause sa légitimité.

Toutefois, je ne pouvais conclure cet article sans adresser un salut particulier à Milouda Latrèche qui a mené un combat extraordinaire face à Jean-Christophe Lagarde, le député néo-centriste et surtout sarkozyste convaincu, malheureusement réélu et qui n’a pas hésité à user de tous les stratagèmes pour décrédibiliser la candidate socialiste. En dépit de la défaite sans appel, les socialistes de Bobigny, de Drancy et du Bourget peuvent être fiers du travail accompli, là où François Hollande a quand même fait plus de 65% des voix au second tour de la présidentielle !

Plus qu’un changement, c’est la confirmation de celui-ci en Seine-Saint-Denis, ce département que j’ai à cœur et dont j’espère me rendre utile et servir d’une manière ou d’une autre dans les semaines et mois à venir.

Gaudron, député légitime ?

Les présidentielles achevées, place aux législatives. Comme vous le savez, l’Assemblée nationale sera une nouvelle fois renouvelée et nous élirons nos représentants pour les cinq années à venir. L’occasion pour les quelques neuf mille candidats d’arpenter les rues et lieux de la circonscription dans laquelle ils se présentent afin de convaincre les électeurs.

Pour rappel, la ville de Bondy – là où je réside actuellement – a été scindée et désormais à cheval sur deux circonscriptions, conséquence de la révision (très contestée) de la carte électorale en 2009 – 2010. C’est ainsi que le canton sud-est de la ville a été rattachée à la dixième circonscription (Aulnay-sous-Bois, Pavillons-sous-Bois) tandis que le canton nord-ouest reste la neuvième.

Et c’est dans la dixième que je vote et que j’ai reçu dans ma boite aux lettres, un tract de candidat UMP et député sortant, Gérard Gaudron, la première depuis janvier. Un tract politique classique dans lequel il se présente comme un « député légitime », un point qui m’a immédiatement suscité l’attention.

L’ancien maire d’Aulnay-sous-Bois – battu en 2008 – est donc un député légitime, comprenez face à Daniel Goldberg, le candidat socialiste et lui aussi député sortant qui ne l’est pas. Pour étayer et renforcer ses arguments, le député Gaudron nous parle de proximité, de son expérience d’élu pour mieux cogner sur son challenger socialiste qui n’est là qu’au titre d’un « parachutage » et d’un « arrangement entre amis », pour reprendre l’expression de Katia Coppi, sa suppléante et première adjointe au maire des Pavillons sous Bois, faisant clairement référence à la nomination mouvementée de Goldberg à l’hiver dernier.

Un argument néanmoins à double-tranchant dans la mesure où si Gérard Gaudron est effectivement légitime, Daniel Goldberg l’est tout autant dans la mesure où tous deux sont membres (sortants) de la représentation nationale et qu’ils tirent leur légitimité de l’ensemble du peuple français (et pas seulement des administrés de leur circonscription). C’est d’ailleurs tout le sens d’une élection législative où si la dimension locale reste présente, la dimension nationale reste prépondérante. Qui plus est, Daniel Goldberg tire également sa légitimité du fait qu’il a désigné par les militants des sections socialistes de la circonscription (soit Bondy, Aulnay et Pavillons-sous-Bois). Un détail qui compte et qui remet à plat toute question relative à la légitimité ou non de tel ou tel candidat.

En mettant en avant sa légitimité en tant que député sortant, Gérard Gaudron cherche sans doute à faire diversion notamment par rapport à un bilan plus ou moins maigre au sein de l’Assemblée nationale durant les cinq dernières années. En face, Daniel Goldberg a non seulement un bilan, mais aussi des propositions pour la prochaine législature, un (autre) détail qui compter au moment du vote. C’est d’autant plus cocasse surtout quand on sait que Gérard Gaudron s’est particulièrement foulé à l’Assemblée nationale (pratiquement pas d’interventions en séance plénière ou en commission, et seulement trois rapports rédigés en cinq ans) là où Daniel Goldberg a un bilan plutôt impressionnant : plus de trois mille amendements cosignés, deux propositions de loi, interventions régulières en commission et en plénière, quatre rapports rédigés, 450 questions au gouvernement (écrites et orales). Un bilan impressionnant qui le place parmi les 150 députés les plus actifs de l’Assemblée nationale et le second en Seine-Saint-Denis, là où Gérard Gaudron est bon dernier.

Gaudron comme Goldberg sont légitimes in fine. Toutefois, la légitimité ne s’acquiert pas seulement sur le terrain ou par le vote, elle s’acquiert aussi par le travail effectué. Qui plus est, la légitimité n’est jamais acquise et peut facilement se perdre. Une donnée que Gérard Gaudron devrait prendre en considération s’il ne souhaite pas se retrouver dépourvu en juin prochain ! Et pendant que nous y sommes, espérons que le candidat UMP trouvera la même énergie pour s’interroger sur la candidature de François Fillon dans la seconde circonscription de Paris, l’ancien Premier ministre étant, tout le monde le sait, largement légitime, à tel point que Rachida Dati avait sérieusement envisagé de se présenter contre le député sortant de la Sarthe pour finalement renoncer à sa candidature.

Un choix de raison

Daniel Goldberg, député PS de Seine-Saint-Denis, candidat dans la dixième circonscription (Aulnay - Pavillons - Bondy sud-est)

Daniel Goldberg aura finalement l’opportunité de défendre son bilan de membre de la représentation nationale tout en portant les couleurs du Parti socialiste en Seine-Saint-Denis. En effet, il a été investi par les militants de la dixième circonscription (Aulnay-sous-Bois, Les Pavillons-sous-Bois et le canton de Bondy sud-est) et aura l’honneur de porter nos valeurs face au probable candidat et député sortant UMP, Gérard Gaudron.

C’est donc la fin d’un vaudeville qui durait depuis bien longtemps, à mon goût. Des semaines de psychodrames mais aussi de magouilles et de déclarations potaches en tout genre qui ont quelque peu terni l’image de mon parti dans le département. A titre personnel, j’accueille favorablement l’arrivée de Daniel dans notre circonscription, cette dernière pouvant être représentée par un homme de qualité, travailleur (il fait partie des 150 députés sur 577 les plus présents et actifs à l’Assemblée nationale) et natif du département.

Le choix de Daniel n’était pas évident, lui qui souhaitait défendre son mandat à Aubervilliers, ville de l’ex-troisième circonscription dans laquelle il avait débuté son militantisme politique et à laquelle il fut très attaché. A ce titre, je m’étais montré très réservé pour ne pas dire sceptique quant à une éventuelle candidature dans la dixième circonscription non pas en raison de sa compétence mais au nom d’une certaine logique. C’est donc un choix de raison qui a finalement été privilégié et dicté par le fait qu’il aurait été injuste pour un homme qui a renoncé à tous ses mandats pour se consacrer pleinement à sa vie parlementaire de ne pas poursuivre son action en faveur des séquano-dyonisiens, tâche qu’il a toujours fait avec sérieux et efficacité jusqu’ici notamment dans le cadre du dossier de l’usine PSA d’Aulnay ou encore du RER B.

Comme le précise si justement Daniel sur son blog, sa «candidature n’a pas été imposée par les instances nationales, mais souhaitée puis soutenue par tous les responsables socialistes locaux, puis par les militants des trois sections qui m’ont jugé le meilleur candidat pour battre la droite ». Qui plus est, les militants que nous sommes – et moi le premier – ont été touchés par sa démarche et sa volonté de consulter l’ensemble des adhérents socialistes de la circonscription avant de prendre une décision.

Daniel Golberg lors d'une conférence en compagnie de Latifa Bezzaouya-Cotrie, secrétaire de la section d'Aulnay sous Bois, Gérard Ségura, maire d'Aulnay sous Bois et Sylvine Thomassin, maire de Bondy

Bien que l’annonce de sa venue ne semblait plus faire de doute depuis un moment, il n’en demeure pas moins que celui ne peut qu’être un plus pour notre circonscription qui a besoin d’un grand bol d’air après le bilan bien maigre de Gérard Gaudron à la députation. Désormais, il est temps de tourner la page et nous tourner résolument vers l’avenir en aidant Daniel à conquérir la dixième circonscription et permettre à ce dernier de poursuivre le travail monstre qu’il fait à l’Assemblée nationale. Un combat qui ne sera pas simple, pour ne pas dire hardi mais qui en vaut la peine surtout lorsqu’on connait l’homme, un homme accessible et à l’écoute portant au cœur la Seine-Saint-Denis et ceux qui y vivent.

Alors avec Daniel et Latifa (sa suppléante et secrétaire de la section d’Aulnay) pour donner un nouveau souffle à Aulnay – Pavillons et (désormais) Bondy sud-est en juin prochain !

Un jeu de billard à trois bandes (suite et… fin ?)

Qui pour défendre les couleurs du Parti socialiste dans la dixième circonscription de Seine-Saint-Denis ?

Une question pertinente et qui a toujours du sens puisqu’on ne sait toujours pas – à l’heure où je rédige cet article – qui sera le candidat de notre parti pour les législatives de juin prochain.

En effet, la question reste de mise, Elisabeth Guigou ayant été investie dans la sixième circonscription par les militants d’Aubervilliers et de Pantin et Claude Bartolone dans la neuvième circonscription. La dixième (Bondy sud-est, Pavillons-sous-Bois, Aulnay) n’étant toujours pas pourvue, reste à savoir qui pourrait bien l’occuper.

Daniel Goldberg, actuel député de la troisième circonscription de Seine-Saint-Denis

A ce titre, nombreux sont ceux parmi mes camarades et les élus socialistes qui citent le long de Daniel Goldberg, l’actuel député d’Aubervilliers et surtout grand perdant du redécoupage mais surtout de ce jeu de billard à trois bandes dans lequel il fut tout bonnement sacrifié. Ainsi, et en guise de compensation, certains imagineraient un parachutage de ce dernier à Aulnay sous Bois afin de défier l’ancien maire et actuel député UMP, Gérard Gaudron.

Une hypothèse que certains croient dur comme fer mais qu’il convient de fortement nuancer à mon sens. En effet, je ne suis pas tellement persuadé que Daniel souhaitera se rendre dans la dixième circonscription au risque de se contredire, lui qui a tellement insisté sur le parachutage d’Elisabeth sur son territoire. Autrement dit, cela serait un non-sens politique. Qui plus est, une éventuelle candidature de ce dernier pourrait être mal interprétée par les habitants d’Aulnay, de Pavillons et du canton de Bondy sud-est mais en revanche synonyme de cadeau pour Gérard Gaudron qui pourra toujours s’appuyer sur son enracinement local, ce qui pourrait faire tâche.

Aussi, d’autres mettent en avant une éventuelle candidature de Gérard Ségura, actuel maire d’Aulnay et conseiller général de Seine-Saint-Denis. Une candidature séduisante et plus « acceptable » mais reste peu probable. De fait, et à mon sens, l’actuel premier magistrat ne prendrait le risque de se présenter aux élections et de quitter son mandat en cas de victoire en juin prochain. Maire d’Aulnay depuis un peu plus de trois ans et demi, il serait plus intéressant pour lui, d’un point de vue stratégique, qu’il reste à sa mairie pour mieux préparer 2014 et renforcer le poids du Parti socialiste dans sa ville (qui pour rappel a été durant vingt-cinq ans dirigée par la droite)

Gérard Ségura, actuel maire d’Aulnay sous Bois et conseiller général de Seine-Saint-Denis

Dès lors, il reste une dernière hypothèse que personne n’évoque jusqu’ici mais qui pourrait mettre tout le monde d’accord et surtout s’avérer utile pour la suite : l’éventualité d’une candidature d’Harlem Désir.

L’actuel député européen a l’avantage d’être numéro deux du Parti socialiste, et surtout d’être un habitant d’Aulnay sous Bois sans compter sa notoriété qui n’est plus à faire. Une telle candidature qui aurait l’avantage de rassembler notre camp mais également l’ensemble de la gauche notamment face à Gérard Gaudron. En clair, une candidature pour le moins sérieuse et surtout crédible.

Harlem Désir, actuel député européen et numéro deux du Parti socialiste en charge de la coordination

Reste à savoir si cette hypothèse ira jusqu’aux oreilles du bureau national du PS. Curieusement, ni ce dernier, ni les élus ou encore les militants ne soulèvent ou soutiennent cette idée, certains souhaitant recaser Daniel Goldberg au risque qu’il y aille au casse-pipe pour les raisons que j’ai évoquées précédemment. Toujours est-il qu’il faudra bien trouver une solution à ce véritable casse-tête, histoire qu’on mette surtout fin à ce vaudeville, le Parti socialiste ayant bien mieux à offrir que cet affligeant spectacle, surtout ici en Seine-Saint-Denis.

Au fait, on vote ce dimanche !

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué mais ce dimanche, certains d’entre nous seront appelés aux urnes à l’occasion des élections cantonales.

Un scrutin qui brille par son absence médiatique. En effet, peu de reportages et d’analyses, peu d’interviews des candidats et surtout peu ou pratiquement pas de têtes d’affiches, autrement dit des seconds couteaux qui se lancent dans l’arène pour des scrutins très locaux pour une portée très nationale.

Au sein du conseil général de Seine-Saint-Denis

Car à quelques treize mois du premier tour de la présidentielle, nombreux seront les analystes ainsi que les états-majors politiques qui auront une interprétation toute différente des résultats des 13 et 20 mars prochains notamment dans un contexte marqué par l’impopularité persistante de l’exécutif sarkozyste.

Dès lors, certains partis politiques s’attendent à une défaite, voire à une déroute notamment l’UMP dont les candidats ne prennent même plus soin de marquer leur appartenance à la majorité, du moins de façon ouverte. Pour limiter la casse et sans doute par crainte d’un rejet massif de nos concitoyens, on préfère jouer sur le local et sur son nom, histoire de ne pas associer la politique menée par le gouvernement actuel à sa campagne locale. Mieux, certains candidats n’hésitent pas à brouiller les cartes en utilisant certaines couleurs tendances comme le vert d’Europe-Ecologie – Les Verts par exemple comme François-Xavier Dugourd, candidat de la majorité dans le sixième canton de Dijon en Côte d’Or.

Car qu’on le veuille ou non, le contexte national a un impact sur les cantonales. D’ailleurs, c’est l’occasion pour nos compatriotes d’envoyer un nouvel avertissement à l’actuel exécutif tout en profitant pour encourager les politiques menées par les majorités de gauche dans la plupart des exécutifs départementaux.

C’est notamment le cas en Seine-Saint-Denis où la majorité, menée par le Parti socialiste, a entrepris d’importantes politiques en matière d’innovation, de logement sans oublier l’éducation et les transports, afin de rendre notre département toujours plus attractif, et lui donner une autre image, celle d’une collectivité riche par sa jeunesse et son dynamisme, très ouverte sur le monde et les autres, un véritable département-citoyen.

Aussi, face à une droite qui n’en a cure des pouvoirs locaux – ce qui explique également sa volonté de fusionner régions et départements dans le cadre des futurs conseils territoriaux, au risque d’éloigner encore un peu plus le citoyen de ses représentants – le vote pour une majorité de gauche et de progrès est d’une nécessité afin de non seulement garantir des garde-fous et des contrepoids à la politique inique menée par l’exécutif mais aussi de préparer l’alternative pour 2012. Les départements comme auparavant pour les régions sont de véritables laboratoires d’idées pour la gauche, notamment en matière économique et social, dans la perspective de 2012.

Alors, si vous êtes concernés par les cantonales, n’hésitez pas et déplacez-vous ce dimanche. Je pense notamment à mes concitoyens vivant en Seine-Saint-Denis où le Conseil général reste un des meilleurs garde-fous face à la politique menée par le gouvernement et dont on n’en finit pas de mesurer les désastres sur le terrain au quotidien

Philippe Vachieri, candidat socialiste à Rosny-sous-Bois (second en partant de la gauche) en compagnie des militants socialistes de Bondy, de Claude Bartolone, député et président du conseil général de Seine-Saint-Denis (au centre) et de Jean Paul Huchon, président du conseil régional d'Ile de France (troisième en partant de la droite), le 27 février dernier (photo prise par la section PS de Bondy)

PS : à titre d’info, voici une vidéo explicative sur les élections cantonales réalisée par le Parti socialiste.

De l’amertume d’une défaite

Article rédigé le 14 décembre 2010.

Alda Pereira-Lemaitre, maire de Noisy le Sec de mars 2008 à décembre 2010, tête de liste PS-PRG-MRC lors des municipales partielles des 5 et 12 décembre derniers.

Bien que vivant à Varsovie et donc loin de mon département d’origine, je n’en oublie pas pour autant ma Seine-Saint-Denis et me tient au courant de son actualité politique.

Et c’est ainsi que j’ai appris les résultats des municipales partielles qui se sont tenues à Noisy-le-Sec et qui ont vu la victoire sans appel de la liste Modem – Nouveau Centre – UMP dirigée par Laurent Rivoire, le fils de l’ancien maire, Nicole Rivoire entre 2003 et 2008.

Noisy-le-Sec n’est pas une ville comme les autres puisqu’elle forme avec Bondy et Romainville, l’actuelle neuvième circonscription du département à l’Assemblée nationale, et dont notre députée est Elisabeth Guigou. Une ville ancrée à gauche depuis des années, qui a toujours porté la gauche à de très haut scores, toutes élections confondues.

En votant pour la liste de centre-droite, les Noiséens ont clairement sanctionné une gauche partie en ordre dispersée et dont certains de ses éléments n’ont pensé qu’à régler leurs comptes tout en souhaitant être calife à la place du calife. Ainsi les communistes menés par le conseiller général, Gilles Garnier, et les Verts d’Anne Déo, qui ont préféré provoquer ces élections anticipées en démissionnant en bloc et jouer la carte de la division faisant clairement le jeu de la droite.

Gilles Garnier, actuel conseiller général de Seine-Saint-Denis et tête de liste PCF-Verts lors des municipales partielles de Noisy le Sec

Le Parti communiste n’a en réalité jamais digéré que le Parti socialiste s’empare d’une ville qu’il a perdue en 2003 après plus de quarante ans de pouvoir sans partage et pour ce faire, il n’a pas hésité à bousculer l’équipe municipale menée par la maire sortante, Alda Pereira-Lemaitre, jusqu’au point de non-retour, à savoir une démission en bloc des communistes et des écologistes qui nous ont mené au résultats que l’on connaît. Tout comme il n’a jamais digéré le fait que les socialistes sont actuellement majoritaires au sein de l’assemblée départementale, les communistes considérant la Seine-Saint-Denis comme étant leur pré-carré électoral, ce qui ne manque pas de rappeler en refusant par exemple de voter en faveur de plusieurs mesures proposées par l’équipe dirigée par Claude Bartolone, au risque de mettre en péril, la cohésion de la majorité à la grande joie de l’opposition.

Nombreuses sont les leçons à tirer de ce scrutin partiel et nombreuses sont les responsabilités notamment celle du PS local dont le comportement n’a pas toujours été exemplaire. Mais il n’en demeure pas moins que la défaite de la gauche dans une commune de gauche a été le résultat d’une sanction des électeurs, excédés par tant de règlement de compte et de divisions.

La gauche ne peut être forte qu’en étant unie et rassemblée dès le premier tour. A Bondy, ma commune d’origine, c’est cette stratégie qui a permis à notre maire, Gilbert Roger, d’être élu dès le premier tour, il y a deux ans, les électeurs plébiscitant une telle initiative. La leçon que nous ont infligée les électeurs noiséens, dimanche dernier, doit nous servir amplement pour les années à venir. Elle doit aussi être l’occasion de faire le point avec nos partenaires communistes et écologistes sur le département en leur faisant comprendre que jouer la carte de la division n’est profitable à personne, sinon au camp d’en face. A dix-sept mois d’une élection présidentielle capitale, il n’est pas inutile de rappeler cela.

D’ici là, il faudra faire avec ce gâchis. En tout cas, je profite de mon blog pour soutenir ma camarade et amie, Alda, pour tout le travail accompli au sein de ta commune que je trouve agréable lorsque je m’y rends et ce, de façon régulière. Je sais que tu trouveras les ressources nécessaires pour rebondir et préparer avec les socialistes noiséens, un projet ambitieux pour Noisy-le-Sec à l’horizon 2014.

Je t’embrasse camarade !

Un métro à Bondy ?

L'actuelle Gare RER de Bondy, là où pourrait s'arrêter la ligne de métro automatique à l'horizon 2020 - 2025

C’est le débat du moment dans ma commune d’origine. Y’aura-t-il une ligne de métro à Bondy d’ici à l’horizon 2020 – 2025 ?

Dans le cadre du Grand Paris, deux projets de ligne de métro automatique sont actuellement en discussion. Le premier est soutenu par le gouvernement et vise à relier les grands ensembles économiques de la région Ile de France. Conçu sous forme de grand huit, cette ligne passerait en Seine-Saint-Denis en reliant l’aéroport Charles de Gaulle à l’actuelle gare RER de Noisy-Champs via Clichy sous Bois et Montfermeil.

L’autre projet est défendu par la région Ile de France. Baptisé Arc Express, il reprend l’idée de ligne contournant la capitale afin d’améliorer les relations de banlieue à banlieue. Si le tracé n’est pas encore définitif, il semblerait que Bondy est sur les rails puisque cette ligne pourrait faire deux arrêts sur la commune, l’un au Pont de Bondy (où passe l’actuelle ligne de tramway et en future correspondance avec la ligne de bus en site propre) et l’autre à l’actuelle gare RER et tramway.

Tracés des deux projets de métro automatique sur le département de Seine-Saint-Denis

Bien qu’habitant Bondy de manière très discontinue, il n’en demeure pas moins que je reste concerné par les évolutions actuelles et à venir de ma commune d’origine. Ainsi, le projet de métro circulaire me semble une opportunité énorme à saisir pour la ville dans la mesure où cela améliorait fortement le réseau de transport. Car si Bondy, situé en plein cœur du département, reste correctement desservi (deux lignes de tramway, une ligne de RER, un réseau de bus assez bien réparti, un important réseau autoroutier), il n’en demeure pas moins que quelques failles subsistent. Ainsi, pas de ligne de métro, la ligne la plus proche se situant à la préfecture de Bobigny, à dix minutes de chez mes parents (quand cela roule bien). A cela ajoutez le dernier RER qui passe aux alentours d’une heure du matin et une ligne qui s’arrête au centre de la capitale (à la station Hausmann-St Lazare, en attendant son prolongement à Mantes-la-Jolie via La Défense), vous comprendrez qu’il n’est pas si aisé de circuler en transport en région parisienne.

Et cela d’autant plus vrai en Seine-Saint-Denis où, réseau en étoile convergeant vers la capitale oblige, pour aller de Bondy à Saint-Ouen ou à Aubervilliers, vous êtes obligé de passer par Paris si vous voulez gagner du temps, la rocade nord du tramway n’étant pas très efficace. Une aberration qui n’en finit pas d’étonner plus d’un notamment les délégués de Quartiers en Crise, une association regroupant les collectivités territoriales de périphérie en Europe. Lors de sa présence sur notre département dans le cadre du congrès annuel de l’association, les membres étaient assez frappés par les anomalies du réseau parisien, un réseau pourtant jugé comme performant.

D’où l’intérêt ô combien majeur pour notre département que l’un de ces deux projets de métro automatique soit réalisé. Pour ma part, j’ai une préférence pour le projet proposé par la région dans la mesure où 1) il reprend en grande partie le tracé du projet proposé par le gouvernement et 2) il passe par Bondy, ce qui faciliterait grandement la mobilité des Bondynois notamment des jeunes qui, pour se rendre à l’Université Paris XIII de Villetaneuse ou à l’Université Paris VIII de Saint-Denis, sont contraints de passer par la capitale et multiplier les correspondances. Mais au bout du compte, ce que reste primordial, c’est l’amélioration et le désenclavement de notre département d’ici à quinzaine d’années, élément important pour le développement et le rayonnement de ma Seine-Saint-Denis et la région Ile de France.

Retour aux 4000 ?

Nicolas Sarkozy a effectué une visite surprise en Seine-Saint-Denis et notamment à la Cité des 4 000 à La Courneuve aux alentours de 23 heures.

Capture d'écran du reportage de France 3 Paris-Ile de France, sur la venue de Nicolas Sarkozy à La Courneuve (Source : Le Monde.fr)

Une visite qui en a surpris plus d’un dans la mesure où personne ne semblait être au courant de la venue du président de la République, que cela soit du côté des forces de l’ordre comme des élus locaux. Pour preuve, le maire PCF de La Courneuve, Gilles Poux, n’a été prévenu de la présence de l’ancien ministre de l’Intérieur que quelques minutes seulement. Quant aux habitants, c’est en s’apercevant d’un certain grabuge dans la cité, qu’ils se sont rendus compte qu’ils avaient un invité de marque.

Le chef de l’Etat est venu sans caméras et journalistes pour venir parler avec les jeunes de la cité mais aussi éviter la population, une population qui attend toujours que les 4000 soient nettoyés au Karcher, en référence à la déclaration choc de l’ancien locataire de la place Beauvau, au lendemain de la mort du jeune Sidi Ahmed en juin 2005, victime d’une fusillade entre bandes rivales.

Que Sarkozy vienne en banlieue, cela n’est pas en problème. J’ai presque même envie de dire : « Tant mieux, depuis le temps qu’il promettait de revenir ! » Cependant, la méthode et surtout le fond restent vraiment à désirer. En effet, le président de la République s’est promené en Seine-Saint-Denis comme on se promène dans un parc d’attraction. C’est notamment le cas pour les 4000 où j’ai la fâcheuse impression que Nicolas Sarkozy s’y est rendu comme s’il faisait sa promenade du soir, à un moment où les habitants sont tout simplement chez eux. D’ailleurs, ces derniers ne s’y sont pas trompés, recevant la nouvelle avec indifférence.

Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, en juin 2005 devant la barre Balzac, quelques jours après la mort de Sidi Ahmed (Crédit : blog : "Urbains sensibles")

Le président de la République a voulu se rendre en banlieue, histoire de dire qu’il s’y est rendu au moins une fois durant son mandat. Seulement, sans mesure et surtout résultats concrets, ce qui pose problème lorsqu’on prétendait il y a cinq ans vouloir apporter des solutions concrètes aux habitants en nettoyant la cité des 4000 au Karcher. D’ailleurs, si notre agité de l’Elysée a voulu montrer ses gros bras en étant accompagné de Brice Hortefeux, l’actuel ministre de l’Intérieur et de Christian Lambert, l’actuel préfet de Seine-Saint-Denis, aucune présence de Fadela Amara, la secrétaire d’Etat chargée de la politique de la Ville, bien occupée à loger ses frères dans un appartement de fonction qu’à être présente auprès des habitants des quartiers.

La Cité des 4000 en janvier 2006, lors d'une perquitision (AFP Photos)

Comme je vous l’ai dit, ces derniers ne sont pas dupes, lassés par quarante ans de visites ministérielles et présidentielles, avec le même constat et le même discours[1]. Dès lors, Nicolas Sarkozy était bien à La Courneuve jeudi soir mais pas aux 4000, dans le sens où il a rencontré les barres d’immeuble et non les habitants !


[1] Je vous conseille, à ce sujet, un excellent article d’Aline Leclerc, journaliste au Monde sur son blog en cliquant ici

Mais où va le monde ? (conférence-débat avec Hubert Védrine)

Crédit : Section du PS Bondy

Hier soir s’est tenu à l’espace Marcel Chauzy, une conférence d’Hubert Védrine consacré à la nouvelle vision du monde adoptée par les Etats-Unis depuis l’élection de Barack Obama.

Invité par la section PS de Bondy et devant une cinquantaine de camarades, l’ancien conseiller diplomatique de François Mitterrand, secrétaire général de l’Elysée et ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement de Lionel Jospin, est notamment revenu sur la politique de l’actuel président des Etats-Unis vis-à-vis de l’Iran, au Proche-Orient, en Afrique et en Asie sans oublier l’Europe.

Une vision et un point de vue que j’ai particulièrement apprécié d’autant que la réputation d’Hubert Védrine en matière de politique étrangère n’est plus à démontrer. En effet, l’ancien chef de la diplomatie française (1997 – 2002) a livré un discours singulier notamment sur le Proche Orient et a tenu à répondre à l’ensemble des questions posées par les sympathisants et militants socialistes présents.

Pour ceux qui n’étaient pas là, je vous mets en ligne quelques photos de la soirée-débat en présence d’Hubert Védrine.

Arrivée d'Hubert Védrine, en compagnie de Magid Tabouri (sécrétaire de la section PS de Bondy), Elisabeth Guigou (députée de Seine-Saint-Denis et ancienne ministre) et de Gilbert Roger (maire de Bondy et premier vice-président du Conseil général de Seine-Saint-Denis)

En compagnie d'Hubert Védrine et d'un militant bondynois (Photo prise de mon téléphone portable)

La valse des préfets

En pleine révision et en plein partiels, il est quelque peu difficile pour moi de faire le tour de l’actualité politique et internationale. Je voudrais notamment parler du nuage de cendres qui n’en finit pas de semer la pagaille sur le continent européen (comme quoi, un simple nuage peut faire le zouk dans nos sociétés modernes organisées) mais bon, cela sera pour plus tard !

Nicolas Sarkozy, en compagnie de Christian Lambert, nouveau préfet de la Seine-Saint-Denis, lors de l’installation de ce dernier ce mardi à la préfecture de Bobigny (en second plan, Nacer Meddah, son prédécesseur)

Malgré tout, je ne pouvais pas faire l’impasse sur l’installation de Christian Lambert à la préfecture de Seine-Saint-Denis mais aussi de la venue du président de la République au sein de notre département.

Alors, voilà ! Christian Lambert a été installé en grandes pompes à Bobigny ce mardi par un Nicolas Sarkozy et un ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, venus nous faire un nouveau numéro de « Shérif, fais-moi peur » devant les élus séquano-dionysiens. Un numéro qui, s’il a été applaudi par les élus UMP du département, a largement gon… euh pardon ! agacé les élus socialistes, communistes et citoyens présents hier. Ainsi, Gilbert Roger, maire de Bondy et premier vice-président du Conseil général a dénoncé à, juste titre, la valse des continuelle des préfets.

En l’espace de dix ans en effet, ce ne sont pas moins de sept préfets qui se sont succédés dans le 9-3, soit une durée sur place de ces derniers d’un an et demi à peine, ce qui est bien léger pour connaître et surtout un département comme la Seine-Saint-Denis. Qui plus est, la nomination d’un préfet dans mon département d’origine n’est jamais dénuée d’arrière-pensées politiques. Ainsi en décembre 2008, le prédécesseur de Christian Lambert, Nacer Meddah, avait été présenté comme un symbole de l’intégration républicaine, ce qui ne laissait aucune place au doute quant au message politique adressé aux jeunes du 9-3, notamment dans le cadre du Plan Banlieues.

La nomination de Christian Lambert est également politique dans la mesure où ce dernier était le numéro deux de la préfecture de Police de Paris et qu’il est réputé pour être un homme à poigne. Autrement dit, le préfet Lambert a pour mission de mater la racaille au karcher dans les cités du 9-3 et ce, suite notamment aux derniers cas de délinquance notamment à Tremblay en France où plusieurs bus des CIF (Courriers d’Ile de France) ont été brûlés.

Dès lors, l’arrivée de Christian Lambert cache mal un certain mépris dans la mesure où le président de la République ignore superbement les élus locaux et leurs politiques accomplies jusqu’ici. En effet, le chef de l’Etat s’est tout simplement déplacé pour égrainer son discours sécuritaire et montrer qu’il en a dans le pantalon, ce qui peut toujours servir à bientôt deux ans de la présidentielle, histoire de se rappeler au bon souvenir de son électorat.

Alors peu importe qu’on méprise et qu’on caricature une fois encore, la Seine-Saint-Denis, un département que j’aime ! La valse des préfets dans le 9-3 montre en tout cas que l’Etat n’agit qu’en fonction des évènements et surtout de ses intérêts pratiques et non de ceux des Séquano-dionysiens qui auraient tout intérêt d’avoir un représentant de l’Etat stable et inscrit dans la durée. Dommage parce que Nacer Meddah commençait à prendre ses marques et dommage aussi, car dans le temps, la visite du président s’avère au bout du compte être un non-évènement !